La Tribune

Les profits de Volkswagen résistent... grâce à Porsche

Troisième producteur auto mondial vise la première place d'ici à 2018
Troisième producteur auto mondial vise la première place d'ici à 2018
Alain-Gabriel Verdevoye  |   -  524  mots
Le bénéfice opérationnel du groupe Volkswagen a fléchi légèrement sur neuf mois. Mais c'est l'intégration de Porsche qui sauve la mise au groupe auto allemand.

Volkswagen voit son bénéfice opérationnel baisser légèrement sur neuf mois. Le constructeur auto allemand a affiché en effet un profit de 8,56 milliards d'euros sur les neuf mois de 2012, en recul limité de 3,4%. Mais ces résultats comprennent 1,9 milliard de bénéfice apporté par Porsche, qui n'a été intégré au groupe qu'en août 2012. Sans cette intégration, les profits de Volkswagen seraient... nettement en berne sur ces trois premiers trimestres de l'année, reflétant la crise en Europe.

Profits des marques en recul

En effet, toutes les marques de voitures particulières du consortium Volkswagen sont en recul ... sauf Porsche et le label de luxe anglais Bentley, dont les chiffres restent toutefois insignifiants. Le label Volkswagen lui-même (voitures particulières) a affiché un bénéfice opérationnel sur neuf mois de 2,1 milliards d'euros seulement, en recul de 800 millions sur un an. Même chose pour Audi (3,7 milliards, en retrait de 500 millions), Skoda (371 millions, en baisse de presque 200 millions). L'espagnol Seat conserve, lui, les mêmes niveaux de pertes (93 millions) que l'an dernier.

Du côté des véhicules commerciaux, Volkswagen (utilitaires) améliore légèrement son bénéfice opérationnel à 342 millions, tout comme le producteur suédois de camions Scania (691 millions). En revanche, la filiale poids-lourds allemande MAN voit ses résultats réduits quasiment à zéro

Bénéfice net en berne

Le bénéfice net de Volkswagen sur neuf mois plonge pour sa part de 67% à 6,7 milliards. Mais il n'est pas significatif. Le chiffre de l'an dernier avait été gonflé artificiellement par un gain exceptionnel de plus de 12 milliards d'euros avant impôts lié à l'intégration de Porsche, explique le groupe Volkswagen.

Hausse des ventes

Alors, bons ou mauvais in fine, les résultats du troisième producteur auto mondial qui aspire à prendre la première place d'ici à 2018? En réalité, compte tenu de la conjoncture européenne, les résultats du groupe demeurent très honorables. Les ventes mondiales ont progressé de 3,8% à 7.2 million de véhicules sur neuf mois. Et le chiffre d'affaires a crû de 1%. Il reste donc une croissance. Pas si mal. La marge opérationnelle sur neuf mois ressort à 5,9%, un taux que bien des constructeurs généralistes lui envieraient.

Co-entreprises profitables en Chine

Ces résultats n'incluent pas, en outre, les 3,5 milliards d'euros de bénéfices tirés des très profitables co-entreprises en Chine (contre 2,8 milliards un an auparavant). Enfin, les liquidités de la division automobile se montaient à 16,6 milliards d'euros à fin septembre, en nette amélioration (+80%). Un beau trésor de guerre.

Perspectives prometteuses

Le premier constructeur automobile européen table du coup sur une année 2013 "convenable" avec une hausse du chiffre d'affaires annuel, des ventes record et un bénéfice d'exploitation au niveau de celui de l'an dernier (11,5 milliards d'euros, un pic historique). Il y a pire comme prévisions. Alors, évidemment, on peut dire que l'intégration du très rentable constructeur de voitures sportives Porsche est pour beaucoup dans ces perspectives prometteuses. Mais, après tout, il fait partie pleine et entière du groupe de Basse-Saxe...

 

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