Comment Toyota produit des petites voitures en France

 |   |  780  mots
La Toyota Yaris sur le site français de Valenciennes
La Toyota Yaris sur le site français de Valenciennes (Crédits : DR)
Didier Leroy, président de Toyota Europe, explique comment l'usine de Valenciennes (Nord) peut produire des petites Yaris en France. Outils de fabrication plus simples, site plus compact, organisation "maigre" permettent même au japonais d'accroître sa production et d'embaucher!

Alors que PSA va arrêter la production des petites voitures (généralistes) en France et que Renault en fabrique déjà l'essentiel hors de l'Hexagone, Toyota, lui, persiste et signe. Pas question en effet pour le groupe japonais de stopper les petites Yaris "made in France". Mais comment fait donc le premier constructeur automobile mondial ? Importation massive de composants d'Europe de l'est, cadences infernales avec des jeunes surexploités sur la chaîne... ? Didier Leroy, président de Toyota Europe et "créateur" du site de la firme nippone à Valenciennes (Nord) s'agace de telles suspicions.

"C'est une question d'organisation", lâche cet ancien de Renault avant de tordre le cou à ces légendes malveillantes.. Les pièces importées? "Totalement faux. Nous avons une cinquantaine de fournisseurs français, plus d'une quarantaine de fournisseurs britanniques. Contre une vingtaine en Europe de l'est, une quinzaine en Turquie. 150 sur 200 fournisseurs ne proviennent pas de pays à bas coûts".  La Yaris a d'ailleurs obtenu en 2013 le label "Origine France Garantie" (OFG).

Outils plus simples et moins chers

Jeunes surexploités sur une chaîne ultra-rapide? "Nous avons une grosse proportion de salariés sur les lignes à Valenciennes entre 35 et 50 ans. Nous n'avons pas recruté que des jeunes. Nous avons une pyramides âges équilibrée", assure Didier Leroy à latribune.fr. Même si, forcément, la moyenne d'âge y est plus faible que dans des usines plus anciennes comme celles de Renault à Flins ou Douai. Et, contrairement à ce que certains écrivent, les syndicats sont bien représentés sur place, avec parfois des grèves.

Alors, quels sont donc les fameux ingrédients qui permettent à Toyota de produire contre vents et marées des petits véhicules dans l'Hexagone, en gagnant de l'argent? C'est essentiellement un problème de "conception de l'usine. La main d'oeuvre, c'est 8 à 15% des coûts totaux d'une voiture selon les modèles. Mais 8 à 15% proviennent du coût d'amortissement des machines. Ca, c'est lié au niveau d'investissement. 2 à 3% sont générés par les coûts de l'énergie. Il y a donc beaucoup de paramètres".

Or, Valenciennes a été conçu comme une usine "maigre" avec des "outils plus simples et moins chers. Cela tient à la conception plus simple de nos voitures. Nous avons aussi un taux de fiabilité supérieur des robots, car nous faisons en interne un certain nombre de développements. Tout ça génère des économies", explique Didier Leroy.

Beaucoup moins de retouches

Dans les ateliers de peinture, "nous avons prévu de la place pour 37 voitures en stock, contre 250 à 500 chez les concurrents. Nous faisons plus compact, donc moins cher", plaide le dirigeant, avec une fougue qui montre que le sujet lui tient à coeur. Forcément, Valenciennes, c'est son bébé. Autre exemple: quand on "fait bien du premier coup, on retouche moins les modèles en bout de chaîne. Nous avons à Valenciennes une zone de retouches de 45 places à peine, contre 450 dans une usine standard. Vous faites là de sacrées économies de place, donc vous réduisez à aussi vos coûts". Il y a  aussi des  "questions de management. Si vous créez un contexte de motivation dans l'usine et que vous acceptez de vous remettre constamment en cause, vous réalisez des économies là aussi".

En tous cas, le succès de la petite Yaris III, surtout en version hybride (essence-électrique), permet au site Toyota de Valenciennes... d'augmenter ses capacités de production. L'usine du Nord a annoncé en février dernier qu'elle recrutait plus de 500 opérateurs (intérimaires dans un premier temps), portant les effectifs à plus de 4.000 personnes. "Les prévisions de ventes nous conduisent à augmenter notre production de l'ordre de 15 % pour 2014, soit un volume de production de 220 000 unités", affirmait dernièrement  Koreatsu Aoki, responsable des activités industrielles de Toyota en France, qui compte "produire près de 1.100 Yaris par jour en trois équipes à partir de juin prochain, contre 840 actuellement en deux équipes".

Des profits en hausse de 56%

L'année record pour le site tricolore a été 2007 (262.000 unités). Le point bas a été atteint en revanche en 2011 (150.000). Toyota a démarré son activité à Valenciennes le 31 janvier 2001. Le site produit des Yaris pour les marchés européen mais aussi nord-américain. Il a fabriqué plus de 2,4 millions de Yaris à ce jour, exportées à 84%. Les investissements s'élèvent à plus d'un milliard d'euros.

Et qu'on ne dise pas à Didier Leroy que l'usine est déficitaire. Il balaye l'argument avec exaspération. "Sur les neuf premiers mois fiscaux de 2013 (exercice fiscal du 1er avril 2013 au 31 mars 2014), le bénéfice opérationnel de Toyota Europe progresse de 56% à 327 millions d'euros. Soit une marge de 2,18%", souligne-t-il.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/03/2014 à 19:29 :
fsdfs
a écrit le 07/03/2014 à 10:52 :
moi ça me fait rire. je me rappelle quand les japonnais voulaient implanter des usines en Europe. Les europeens disaient qu'il fallait se mefier et qu'ils allaient perdre des parts de marché, être envahis par le péril jaune etc...

Maintenant ils pleurent quand meme mais sont contents d'avoir des usines japonnaises dans leurs pays. finalement c'est pas les Japonnais qui les menacent ahahaha...
Réponse de le 07/03/2014 à 19:06 :
Les japonnais sont indissociables du péril jaune... ahah
a écrit le 07/03/2014 à 7:21 :
@margarett, effectivement, remarque opportune s'il en est une, je crois que ce monsieur directeur nous raconte un peu ce qu'il veut...!!! Et l'explication de @tentative d'explication est également très pertinente, un site neuf est ultra compétitif en comparaison de structures anciennes...
Réponse de le 07/03/2014 à 19:24 :
Salut Godrev, tentative d'explication c'était moi. Cet article est une tribune "offerte", une page de promotion, j'ai bien aimé la précision sur le personnel embauché, mais embauché en intérim, une vaste blague. Comme le directeur qui clame qu'une grande partie des pièces proviennent de France, et qu'il exporte 84% de sa production, pourtant les douanes disent le contraire, avec des importations bien supérieures aux exportations... j'ai tendance à croire les douanes, et à la vue de l'écart, cette usine importe beaucoup qu'elle n'exporte!
a écrit le 07/03/2014 à 7:13 :
La principale raison est l'organisation japonaise et la réduction des coûts qualité par une réaction rapide et immédiate de tous les intervenants. Il y a trois concepts à retenir de la philosophie de gestion Toyota :
Une préoccupation pour l'amélioration continue (Kaisen en japonais);
Le respect des personnes et du travail d'équipe : ce sont les acteurs en place qui sont les mieux placés pour trouver des solutions aux problèmes de production;
L'importance du superviseur de premier niveau pour l'identification et l'amélioration des standards de production et pour la formation directe du personnel de son équipe.
Tout ceci apporte de la flexibilité et de l'efficacité et donc des coûts moindres.
a écrit le 07/03/2014 à 0:17 :
Si les pièces ne sont pas importées alors pourquoi après le terrible séisme au Japon en 2011, les usines de Toyota en France ont été obligé de suspendre leur production, faute de pièces détachées.
Réponse de le 07/03/2014 à 7:08 :
Une voiture comprend plusieurs pièces et il suffit qu'une seule manque pour empêcher la production. Les segments de piston viennent notamment du Japon et même s'ils ne représentent pas grand chose dans le prix de la voiture, ils sont nécessaires à son fonctionnement.
Votre argument n'est pas très démonstratif.
Réponse de le 07/03/2014 à 18:59 :
D'après les douanes, l'usine de Toyota Valenciennes importe beaucoup plus que ce quelle exporte. Ne pas croire toutes les Pubs que l'on vous présente sous le nez.
a écrit le 07/03/2014 à 0:06 :
L'usine de Toyota Valenciennes est moderne, inaugurée en 2001 si j'ai bonne mémoire, donc construire et prévue selon des normes récentes, et un outillage plus compact, automatisé et moderne. A contrario, vous y faites référence, l'usine de Renault Flins a été inaugurée en 1952, il y a plus de 60 ans, un tel site nécessite des remises aux normes constantes en matière de sécurité, remises à niveau électrique, sécurité incendie, modernisation des outillages (sécurité et automatismes), traitement des déchets... etc... etc... tout ceci réclame une énergie considérable, rien qu'au niveau de l'isolation potentiellement amianté, la réfection est extrêmement contraignante et chère, de nombreux sites industriels "anciens" sont contraints à toutes ces adaptations, ce qui est très long, réclame des ajustements en terme de production, et nécessite des investissements constants.
a écrit le 06/03/2014 à 19:30 :
vive le made in france !!!! roulez made in france !!!!!!!!!
a écrit le 06/03/2014 à 16:51 :
Ce qui est heureux c'est que Toyota europe soit dirigé par un ingénieur français qui a été débauché de chez Renault !!!
Cela prouve que les formations de nos écoles sont reconnues par les chefs d'entreprises étrangers .....et qui plus est l'exprérience acquise dans nos grandes entreprises l'est tout autant ...de quoi désespérer tous les dénigreurs pathologiques !!!
Réponse de le 06/03/2014 à 17:45 :
Les formations techniques et notamment les écoles d'ingénieurs sont excellentes et assez recherchées. Le français est cartésien et productif. Je n'en dirais pas autant du management à la française.
Réponse de le 06/03/2014 à 18:25 :
Je trouve ça triste on garde les mauvais et les bons gars intelligents ils Partent appliquer leur bonne méthode a l étranger On devrait peut être mettre ce Me leroy a la tête de Renault le Carlos est usé
Réponse de le 06/03/2014 à 20:12 :
pol
a raison, Toyota a recruté les meilleurs,

et Renault a gardé les bons à rien et les mauvais à tout carriéristes, et imbus d'eux mêmes à souhait, qui ont précipité Renault dans le bas du bas de gamme et les pertes récurrentes.
Réponse de le 07/03/2014 à 19:12 :
Le gars voulant faire carrière c'est fait virer de chez Renault et cherche à se sauver la face en déclarant que Renault garde les bons à rien... ahah... Renault forme, et le salarié n'étant pas enchainé à son entreprise, il est normal que certains continuent leur carrière dans le même secteur mais dans d'autres entreprises, Tavares en est une belle illustration. Preuve que Renault forme bien ses employés, puisque les entreprises concurrentes les recrutent.
a écrit le 06/03/2014 à 16:41 :
Toyota n'a pas dégagé de bénéfice en europe depuis plusieurs années malgré les aides perçues lors de son implantation ,malgré ses méthodes industrielles performantes et la spécialisation de ses usines par modèle .
Autant dire que le marché européen de l'automobile est trés difficile pour les constructeurs qui ne sont pas présents sur les marchés porteurs.
a écrit le 06/03/2014 à 15:18 :
Ch'tis + Nippons = bosseurs + qualité = succès

Y a pas photos, ils ont raison sur toute la ligne.
a écrit le 06/03/2014 à 14:55 :
Consommateur averti et soucieux de mes sous, je vous dit, mais vous n'êtes pas obligé de me croire:
Je n'ai rien a faire des querelles de zozos qui se disputent inutilement comme des nases dans un stade de foot.
Mettez votre derrière pendant six mois au moins dans une Prius, Auris ou Yaris et vous découvrirez pourquoi comme moi qu'il ne faut pas acheter autre chose. Cela fait quatorze ans. Zéro panne à chaque fois sur 100000 km et bonne revente. Silence de roulement et confort plus basse consommation en ville. Continuez à faire les cons sur la route eu croyant que vous des Sena en puissance. Une voiture est faite pour ce déplacer d'un point A à un point B sans créer des accidents.
Réponse de le 06/03/2014 à 15:06 :
Pourtant la différence de confort entre une Toyota et une Renault ou une PSA est flagrante ! Les japonaises comme les allemandes sont terribles pour les dorsales.
Réponse de le 06/03/2014 à 17:47 :
Chacun a ses avantages. La tenue de route des 308 par exemple est exceptionnelle. Ce qui est mieux que le silence des roulements pour vous rendre d'un point A au point B en toute sécurité.
a écrit le 06/03/2014 à 14:31 :
et les charges patronales sur l'ensemble des salaires payées par l'état français, pourquoi vous n'en parlez pas??
a écrit le 06/03/2014 à 13:51 :
C'est pas la solution qu'il faut copier mais l'ambition!
a écrit le 06/03/2014 à 13:25 :
La vraie question est pourquoi il y a si peu de "retouches" dans cette usine...
Réponse de le 06/03/2014 à 13:45 :
Ben voilà les yaris son tellement petit qu il y a presque pas de peinture a faire lol !!! Renault devrait réfléchir a cette question c sur !!! Mais il préfère le loobing dans les ministères on se refait pas
Réponse de le 06/03/2014 à 14:52 :
Parce que la qualité est assurée tout au long de la chaïne
Réponse de le 06/03/2014 à 16:44 :
Toyota ne fait pas de retouche il préfère les rappels de masse !!!!
Réponse de le 06/03/2014 à 18:25 :
Ca n'a rien à voir!!!! Les rappels de masse sont dus à une politique de souci du client. D'autres constructeurs préfèrent ne rien annoncer et le client trinque. Toyota est le numéro 1 mondial pour la fiabilité selon toutes les enquêtes mondiales, ex aequo avec Honda...
Réponse de le 07/03/2014 à 19:17 :
Pour un problème de fiabilité ou de dangerosité (cf: VW avec certains véhicules qui perdent leurs lumières, la nuit ça doit être génial...), n'est pas un soucis du client, mais plutôt une politique de lancer des produits mal finis et de rattraper les dégâts par la suite.
a écrit le 06/03/2014 à 13:23 :
Bravo me leroy On parle enfin d industrie Pas de politique d ancien énarques ou copain de politicard. Le coût de main d œuvre 8 a 15 % d une voiture doit faire réfléchir . Une remise de 5 % sur le prix de vente c la moitié de ma main d'œuvre .le problème étant comme dans toute l industrie la qualité et le design
a écrit le 06/03/2014 à 12:38 :
Toyota donne une leçon industrielle magistrale aux dirigeants et cadres subalternes vaut rien des constructeurs français, Renault en tête, qui se pâment dans leurs bureaux luxueux et se contentent de gérer leur carrière personnelle et leurs salaires disproportionnés et avantages abusifs aux regard de leurs piètres résultats...

Bravo aux vrais dirigeants cadres et salariés très méritants de Toyota France.
Réponse de le 06/03/2014 à 13:57 :
@leçon Trollwagen l'hybride, la martingale de Toyota, tant mieux pour Valenciennes et pour les clients de constructeur lorsqu'ils sont contents... !!! Mais vous Trollwagen pourquoi encore vous commettre à de grosses bêtises comme celles-là...!!!
Réponse de le 14/03/2014 à 12:09 :
Je vous obsède n'est ce pas? Et non Godrev ce commentaire n'est pas de moi.
a écrit le 06/03/2014 à 12:34 :
toyota n'embauche pas du personnel ayant deux mains gauches , nombre de mains gauches dans nos chomeurs ?
Réponse de le 06/03/2014 à 14:04 :
@pme. Votre commentaire est à la fois déplacé et insultant. La plupart des demandeurs d'emplois sont des chercheurs d'emploi, et ne rechignent pas à la tâche. Et certes si certains profitent du système, ils sont très minoritaires...
Quant aux mains gauches... On reconnaît votre ignorance. En ce qui concerne le site TOYOTA de Valenciennes, étant dans la région au moment du démarrage du projet, je peux vous dire que d'énormes efforts de formation ont été faits par la région, par pôle emploi et par Toyota, afin de subvenir aux besoins prévisionnels en ce domaine. Avec un engagement de Toyota é l'époque de parvenir à terme à 2000 emplois créés. Et l'on parle maintenant de 4000... Donc vos mains gauche, vous investissez un peu et vous les transformez en mains droites...
Réponse de le 06/03/2014 à 14:39 :
Les gros gros profiteurs du chômage, ce sont avant tout ceux qui touchent d'énormes indemnités chômage, c'est à dire les cadres et cadres supérieurs ... et ce sont les mêmes qui font des missions "au gris" pour mettre du beurre sur leur caviar.

un smicard au chômage, il touche in finé de quoi survivre, mais pas de quoi vivre.
Réponse de le 07/03/2014 à 10:20 :
@Réalité: Votre commentaire prouve que vous êtes totalement ignorant de la réalité. Sur les 3,3 millions de chômeurs indemnisé, seuls 1400 touchent ce que vous appelez d'énormes indemnités de chômage, plafonnées je le rappelle à quelque 6000 €. Mais 6000 € quand vous en gagniez 12000 auparavant... je vous laisse faire le calcul.
Donc, ces "privilégiés" selon vous, ne représentent qu'une goutte d'eau... Et je vous rappelle également, que bien que ultra minoritaires, ces "privilégiés" cotisent beaucoup plus que les autres. Et qu'ils restent aussi beaucoup moins longtemps au chômage.
Quand au Smicard... Il faut savoir que proportionellement, il est mieux indemnisé (en %) que les cadres et cadres sup,
Alors quand vous faites des commentaires, renseignez vous d'abord, avant de dire des âneries...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :