Audi enregistre un exercice 2015 sans faste, mais va continuer à investir

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Avec le Q2, Audi veut aller sur un segment où il n'était pas présent, et où aucun de ses concurrent premium n'est présent.
Avec le Q2, Audi veut aller sur un segment où il n'était pas présent, et où aucun de ses concurrent premium n'est présent. (Crédits : DR)
Le constructeur automobile européen a vu ses ventes progresser de 8,6% à 58,6 milliards d'euros. Le bénéfice est toutefois en baisse, ainsi que la marge opérationnelle. Le groupe n'attend pas d'améliorations substantielles de ses indicateurs de profitabilité à moyen terme, car il fait le choix assumé d'investir massivement.

Volkswagen a décidé de reporter ses publications de résultats, sans mystère, en raison de l'impact financier du scandale des moteurs truqués. En attendant, les analystes pourront s'appuyer sur les résultats d'Audi, la filiale la plus profitable du groupe.

Difficile de dégager une tendance tranchée sur les résultats de marque aux anneaux. Car si le chiffre d'affaires enregistre une nette hausse (58,4 milliards d'euros, soit une hausse de 8,6%), le bénéfice opérationnel, lui, ressort à 4,83 milliards d'euros soit une baisse de 6,1%. On peut aisément imaginer qu'Audi subit l'impact du scandale Volkswagen. Sauf qu'en dehors des éléments exceptionnels, le bénéfice opérationnel s'élève à 5,13 milliards d'euros, soit une baisse de 0,3%. Il s'agit d'une contre-performance par rapport à la progression des ventes.

L'impact dérisoire du scandale des diesels truqués

Audi a provisionné 228 millions d'euros pour couvrir "sa" part de l'affaire Volkswagen qui comprend le rappel des voitures dotées d'une motorisation V6, les dépenses techniques inhérentes aux réparations et mise à jour logiciel des voitures incriminées, ainsi que les frais juridique. À cela, il faut ajouter une provision de 70 millions d'euros d'un plan de rappel préventif de voitures équipées d'airbags Takata.

Tout cela n'est pas sans impact sur la marge opérationnelle. Celle-ci passe de 9,6% à 8,3%, soit une baisse de 1,3 point. Elle atteint toutefois 8,8% si on ne tient pas compte des provisions. Pour Axel Strotbek, membre du directoire d'Audi AG en charge de la finance, la marge opérationnelle d'Audi est en phase avec l'objectif fixé il y a dix ans : "nous sommes bien dans le couloir de 8 à 10%, et avec notre performance reste solide". Alex Strotbek conçoit toutefois que cette marge pourrait se maintenir dans le tiers inférieur de cette fourchette compte tenu des projets d'investissements à venir que ce soit dans les nouvelles motorisations (le tout électrique, ou l'hydrogène), les nouveaux modèles ou dans les capacités de production.

Audi puise dans sa trésorerie pour investir

La trésorerie nette est en baisse de 45% à 1,6 milliard d'euros. Ce poste est impacté par la prise de participation d'Audi dans le rachat de Here, le service de cartographie de Nokia, et qui s'élève à 668 millions d'euros. Le groupe a d'ailleurs indiqué qu'il continuerait à financer ses investissements sur ses fonds propres. Il faut dire que la marque continue à générer énormément de cash-flow. En 2015, il a produit 7,2 milliards d'euros de cash flow, en baisse de 2,9%.

Audi n'est pas extrêmement optimiste pour l'année en cours. Il prévoit une croissance "modérée" de ses ventes cette année tout en annonçant une hausse de ses investissements. Il prévient ainsi qu'il ne faudra pas attendre d'amélioration substantielle sur le cash-flow.

La marque rappelle néanmoins que si les indicateurs de profitabilité sont moins bons que dans le passé, ils restent néanmoins à un niveau très élevé.

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Commentaires
a écrit le 05/03/2016 à 18:16 :
Il y a un problème Audi, trop de produits, trop de marketing, peu de fiabilité, un design daté qui ne sait pas fiche le peps, comment s' étonner que la marque piétine et trébuche face à des confrères plus enthousiastes sur tous ces sujets.. ?

On comprends qu' Audi peine malgré ses promesses à se défaire de la grosse tête et bien que des gages qui aient été donné par une direction qui sort d' un épisode sinon meurtrier en tout cas compliqué.
Réponse de le 06/03/2016 à 18:35 :
AUDI groupe VW vit une communication quelque peu compliquée par les évènements récents et les révélations sur les logiciels truqués. Comment communiquer sur de gros moteurs polluants sans se retrouver associer à l' affaire qui court ? Une gymnastique qui revient à s 'installer au départ du 100 m haie en habit de scaphandrier..
a écrit le 05/03/2016 à 9:23 :
Il faut dire que visuellement les carrosseries Audi ne sont pas très innovantes et ceci depuis quelques années déjà contrairement à Mercedes ou BMW. D'où l'apathie actuelle des clients. Apparemment, ils ont du mal à investir et donc leurs difficultés risquent fort de perdurer.
a écrit le 04/03/2016 à 20:00 :
Audi subit le contrecoup de cette délicate aventure des rejets mais plus traumatisant se voit dépassé dans ses efforts par ses deux confrères allemands Bmw et Mercedes et pas seulement en volume et résultats...

La fiabilité à la traine de la marque rejoint un effet de lassitude porté par un design lourd, empesé, bref sans imagination et qu' on voudrait néanmoins caler dans une fourchette de prix premium.

Un challenge somme toute insurmontable, une forme de quadrature du cercle dont il faudra bien un jour ou l' autre définir les contours pour s' en extirper...
a écrit le 04/03/2016 à 12:01 :
Il faut voir un résultat mieux que bien, des ventes et un chiffre d'affaire en hausse, un bénéfice qui reste dans le haut des constructeurs,

Bmw reste la firme automobile qui tient le haut du pavé,

Mercedes ne doit ses résultats qu'à sa descente dans le low cost bas de gamme avec ses moteurs provenance Daciarenault dans les classe pas class A B et C ... qui deviennent invendables en occasion,
il font la perte des clients grugés qui découvrent ces moteurs Renault sous le capot d'une prétendue étoile

a côté les résultats de Renault sont fragiles, ceux de PSA au raz des pâquerettes
Réponse de le 04/03/2016 à 19:34 :
Je comprends votre grand désarroi, Audi marge à 8.3 % c' est à dire bien moins que ..DACIA qui oscille selon les produits , à partir de 9 % parfois très au-dessus, 12 % sur DUSTER, Volkswagen s' incline à 2.5 % voire un léger moins.. quand RENAULT et PSA sont à 5 %..!!

L' épisode des logiciels truqués n'a rien arrangé car maintenant il faut consentir des efforts commerciaux hors norme pour durer..!!
Réponse de le 04/03/2016 à 20:48 :
@Liberty le 04/03/2016 à 19:34 :

Vous ne pouvez convaincre personne car vous répétez les mensonges des cadres dirigeants de Renault qui dissimulent les comptes en pertes récurrentes de Dacia,

depuis le lancement de Dacia, Renault a régulièrement présenté des comptes en pertes à peine compensées par les dividendes de Nissan ;

Renault doit ajouter le désastre industriel en cours avec Lada Avtovaz en Russie ...
Réponse de le 05/03/2016 à 18:22 :
@balivernes Vous portez bien votre nom, intéressez-vous donc à l' analyse conjoncturelle de la presse automobile, RENAULT est attendu à + 17 % pour l' exercice 2016 quand VW est envisagé à - 10 %... Et sans augurer pour ce dernier des pénalités encourues ...

Cela fait un large moment sur VW group ne donne plus le la en Europe sauf au chapitre pleurs et repentirs...
a écrit le 04/03/2016 à 10:47 :
Une "panzer" stratégie donc en sommes, logique.
a écrit le 04/03/2016 à 10:36 :
Un exercice sans faste, des automobiles sans faste, des marges loin derrière BMW et MERCEDES, qu' est ce qui ne va donc plus chez l' allemand ?
a écrit le 04/03/2016 à 10:02 :
Une marque sans entrain, les produits naissent démodés, sans vraie fiabilité en tout cas bien moins que sa petite soeur Skoda sur le chapitre, comment voulez-vous sauf à vous faire embarquer dans un mauvais choix dicté par le marketing ...???
Réponse de le 04/03/2016 à 19:27 :
Quand on aime on fait partager...!

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