La Chine songe à son tour à interdire les voitures à essence ou diesel

Par latribune.fr  |   |  469  mots
Le régime communiste a entrepris de sabrer les incitations pour les consommateurs sur les véhicules à moteur thermique, et veut désormais forcer la main aux constructeurs.
Pékin se dit prêt à emboîter le pas à la France et au Royaume-Uni, qui ont récemment fait part de leur intention d'interdire la vente des voitures diesel ou essence sur leurs marchés d'ici à 2040. Quel que soit le calendrier envisagé par les autorités chinoises, le défi à relever s'annonce herculéen: 28 millions de véhicules (dont 24,38 millions de voitures individuelles) ont été vendus l'an dernier en Chine, en hausse de 14%.

Le premier marché automobile pourrait bannir les voitures à essence ou diesel d'ici à 2040. La Chine a en tout cas annoncé travailler à un calendrier "pour une interdiction" de la production et de la vente de voitures à carburants fossiles - un objectif titanesque destiné à doper dès à présent le développement de l'auto électrique.

Le ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'information (MIIT) a "entamé des recherches" sur le sujet et "va établir un calendrier en lien avec les administrations concernées", a assuré ce week-end le vice-ministre de l'Industrie Xin Guobin, devant un forum automobile à Tianjin (est), selon des extraits de son discours rapportés par les médias d'Etat. Pékin se dit donc prêt à emboîter le pas à la France et au Royaume-Uni, qui ont récemment fait part de leur intention d'interdire la vente des voitures diesel ou essence sur leurs marchés d'ici à 2040.

"Les entreprises devront, conformément aux exigences, améliorer le niveau d'économies d'énergie des voitures traditionnelles et développer vigoureusement les véhicules à énergies propres", a martelé le vice-ministre.

Ce discours a contribué à faire bondir le titre de BYD, constructeur chinois spécialiste de l'auto électrique, lundi à la Bourse de Hong Kong: il grimpait d'environ 6% vers 04h00 GMT.

Près de 30 millions de véhicules commercialisés

Quel que soit le calendrier envisagé par les autorités chinoises, le défi à relever s'annonce herculéen : 28 millions de véhicules (dont 24,38 millions de voitures individuelles) ont été vendus l'an dernier en Chine, en hausse de 14%.

Sur ce total, les voitures propres représentent encore une goutte d'eau (1,7%), mais le créneau est attractif: les ventes de véhicules "à énergie nouvelle" ont ainsi bondi de 53% en Chine en 2016, à 507.000 unités, grâce à des primes gouvernementales et à des facilités d'immatriculation.

Des incitations bientôt en place pour les constructeurs

Le régime communiste a entrepris de sabrer les incitations pour les consommateurs, et veut désormais forcer la main aux constructeurs : il a introduit en juin un projet de règlement pour leur imposer un quota de "voitures propres" qui débuterait dès 2018. Il s'agirait d'un système complexe où chaque véhicule vendu représenterait un certain nombre de crédits, plus généreux pour les voitures électriques. Avec pour obligation pour un constructeur d'accumuler dès l'an prochain 8% de crédits "véhicules verts" sur le total de ses ventes.

De quoi affoler certains groupes automobile, comme l'allemand Volkswagen (4 millions de véhicules vendus en Chine l'an dernier), et inciter l'ensemble des constructeurs à gonfler au plus vite leur offre de voitures propres dans l'Empire du milieu.

La politique entrera en application "dans le futur proche", a confirmé le ministre de l'Industrie et des Technologies de l'information ce week-end, selon l'agence officielle Chine nouvelle.

(avec AFP)