PSA trébuche en Bourse sur des rumeurs d'une cession de la part de l'Etat

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L'Etat pourrait tirer une coquette plus-value en cédant en ce moment sa participation dans PSA. Pourtant, l'opération ne semple pas si opportune que cela.
L'Etat pourrait tirer une coquette plus-value en cédant en ce moment sa participation dans PSA. Pourtant, l'opération ne semple pas si opportune que cela. (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
Sur les marchés, des rumeurs prêtent à l'Etat l'intention de céder sa participation dans le capital du constructeur automobile français. Le timing ne plaide pas en faveur d'une telle opération. Peugeot-Citroën perd 3% à la Bourse de Paris.

Peugeot-Citroën est la cible de rumeurs de marchés. Selon celles-ci, l'Etat serait sur le point de céder sa participation de 13% qu'il a acquise il y a deux ans dans le cadre du sauvetage du constructeur automobile. Il avait alors acquis cette participation simultanément avec le chinois Dongfeng (les deux parties prenaient 14% du capital chacune) dans le cadre d'une augmentation de capital de 3 milliards d'euros.

Belle plus-value pour l'Etat, mais pourrait mieux faire

Si l'Etat enclenchait une telle cession, il vendrait au moment où l'action accuse une baisse de près de 22% de sa valeur depuis le 1er janvier. Certes, il resterait nettement bénéficiaire dans cette opération puisqu'il avait déboursé 800 millions d'euros en février 2014 pour recapitaliser le constructeur en grande difficulté. Au cours actuel, sa participation est valorisée environ 1,3 milliard d'euros.

     | Lire aussi: Valeurs automobiles: jusqu'où s'arrêtera la dégringolade?

Certes, la plus-value serait confortable, pourtant une telle cession aujourd'hui pourrait s'avérer inopportune alors que le secteur automobile subit une sévère correction que les analystes jugent provisoire. Trois arguments mettent cependant en doute la faisabilité d'un tel scénario.

La jurisprudence Renault montre que l'Etat veut céder ses participations au meilleur prix. Ainsi, le gouvernement n'a toujours pas cédé les 5% du capital de Renault achetés au printemps 2015 afin de forcer l'Assemblée générale des actionnaires à adopter les dispositions de la loi Florange sur les droits de vote double. Emmanuel Macron a promis de revenir à 15% du capital de Renault, mais le ministre de l'Economie attend le meilleur moment en terme de valorisation.

Les résultats financiers pour l'année 2015 de Peugeot-Citroën sont prévus le 24 février prochain et devraient clore la saison des résultats pour le secteur après ceux de Faurecia, Renault et Valeo. Ils seront déterminants pour la valorisation de l'entreprise. Difficile d'imaginer une quelconque opération avant cette date.

Enfin, l'Etat risque de briser l'équilibre capitalistique qui permet de contre-balancer le poids et l'influence de Dongfeng dans le capital du constructeur automobile français.

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Commentaires
a écrit le 16/02/2016 à 21:15 :
L'Etat français se comporte comme un raider de la plus pure espèce. Les français attendent plutôt un état régulier, fidèle à ses choix et régulateur dans un monde de plus en plus incertain.
a écrit le 16/02/2016 à 16:22 :
Amusant, rumeur de sortie de l'état, le titre baisse; De ce que je comprends du libéralisme, le marché devrait se réjouir de la sortie d'un état, de surcroit aux mains des socialistes...
Réponse de le 16/02/2016 à 19:51 :
La montée en participation de l'état a permise d'équilibrer avec Dong Feng et sécuriser la valeur de l'entreprise par rapport à la finance folle.
L'Etat et DF ont injecté pour redresser Peugeot, à parts égales et à égalité décisionnaire.
Pour rappel, les scooters Peugeot qui étaient n°1 en Europe, sont maintenant indiens. C'est le résultat de votre libéralisme, lorsque les dirigeants privés sont nuls et que l'état laisse faire.
a écrit le 16/02/2016 à 15:58 :
Aux USA les experts financiers disent que le parmesan que l'on met sur ses macaroni est fait de sciure de bois, bon, c'est une rumeur....
a écrit le 16/02/2016 à 14:07 :
Et on continu de brader tout les actifs de la France... A quand le jugement pour haute trahison de tout les politiques de ces 30 dernières années?
a écrit le 16/02/2016 à 14:01 :
L'état qui se désengage d'une multinationale pour tous nos décideurs privés néolibéraux, se disant libéraux donc, devrait être une excellente nouvelle et attirer en masse du coup les capitaux des investisseurs privés et bien non, raté encore une fois, cela effraie les investisseurs en fait.

On recherche la main invisible des marchés qui nous a imposé TINA svp...

Notre économie cette vaste supercherie.
a écrit le 16/02/2016 à 13:51 :
Les rumeurs de marché permettent en général aux gros actionnaires de ramasser devant de belles perspectives. En effet les chinois sont cloués tout comme l'état, l'effet de levier pour les autres est considérable. L'argent ne dort jamais dit Gordon Gekko dans le film Wall Street. On veut bien le croire, il faut donc rester éveillé.
a écrit le 16/02/2016 à 13:08 :
Anticiper a un possible reaction du Bruxelles régardé des subversions illegales?

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