Seat lance son premier SUV pour sceller son repositionnement

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L'Ateca doit sortir Seat des voitures compactes pour le faire entrer dans l'univers des SUV.
L'Ateca doit sortir Seat des voitures compactes pour le faire entrer dans l'univers des SUV. (Crédits : Seat)
La marque espagnole, filiale du groupe Volkswagen, serait sur le point de récolter les fruits d'un ambitieux plan de repositionnement commercial. Nouveau look, nouveaux modèles... Seat semble retrouver des couleurs, même s'il est encore loin d'être réellement sorti d'affaire...

Volkswagen avait posé un ultimatum ! Seat devait impérativement se retrouver une santé à horizon 2015, faute de quoi, la maison-mère ne répondrait plus de sa pérennité. C'était le dernier avertissement lancé par la firme de Wolfsburg, lassée de renflouer sa filiale déficitaire depuis 2003, et plusieurs fois empêchée de la fermer, parfois après des pressions politiques. Il semblerait que cette fois, la marque soit résolument sur le chemin du redressement.

Ses ventes ont atteint 400.000 unités en 2015, soit une progression de 2,4% en un an. La marque espagnole doit ce succès d'abord à la reprise du marché automobile européen. Mais le succès de Seat ne repose pas uniquement sur cet effet conjoncturel. La marque a bel et bien posé les bases de son repositionnement. Lancée en 2014, la dernière Leon incarne parfaitement ce succès, avec des ventes sans cesse en hausse, et ce, alors qu'il se place sur un segment particulièrement concurrentiel. Les ventes ont ainsi atteint 160.000 unités en 2015, en hausse de 4,4%.

Un nouveau Seat

Nouvelles lignes, nouveau style, nouveau cachet, les consommateurs approuvent la nouvelle griffe plus sportive et moins hispanisante de Seat. D'ailleurs, les origines latines de la marque ne font plus partie des arguments de la maison. Fin 2014, Alexandre Lacombe, patron de Seat France de l'époque, reconnaissait dans une interview à La Tribune que désormais Seat était surtout devenue « une marque allemande ». L'époque où la marque proclamait « auto emocion » est ainsi définitivement révolue, et d'entendre désormais « technology to enjoy » dans les publicités télévisées avec un accent américain à peine exagéré. Seat assume désormais que toute la mécanique soit purement issue de sa maison-mère allemande pour en faire un véritable argument qualitatif. Car Seat ne veut plus être la marque entrée de gamme de la constellation Volkswagen. Sans rivaliser avec ses consoeurs Premium, la marque espagnole veut se tailler une nouvelle identité dans l'univers très disputé des marques généralistes. Telle est en tout cas la mission du nouveau patron de Seat, Luca de Meo, arrivé en septembre 2015.

Capitaliser sur le look de la Leon

Pour cela, la marque veut capitaliser sur le succès du nouveau style incarné par la Leon en lançant de nouveaux modèles. Attendue en 2017, une nouvelle Ibiza est évidemment inscrite au plan produit de la marque. Ce modèle historique, cœur de gamme et best-seller de la marque espagnole est un immanquable. Mais le plan produit de Seat est beaucoup plus ambitieux. Il s'agit désormais de sortir la marque du piège d'un confinement sur deux modèles, qui plus est, installés sur des segments très concurrentiels.

La filiale de Volkswagen a donc décidé de se lancer sur le créneau le plus en vogue en Europe, les SUV. Elle vient ainsi de lever le voile sur Ateca, un SUV fabriqué sur la plateforme MQB (Tiguan, Audi A3, et la Leon). Ce SUV compact affrontera directement les majors du segment comme Nissan Qashqai ou le très ambitieux Kadjar de Renault. Le succès de ce dernier a prouvé que le marché était prêt à accueillir de nouveaux acteurs sur ce créneau y compris ceux qui n'ont pas de légitimité historique dans les SUV. Ce qui est le cas de Seat puisque Ateca sera le premier SUV de son histoire. Seat ne compte d'ailleurs pas s'arrêter là puisqu'il a prévu de lancer un autre SUV en 2017. Là encore, il sera face à Renault et son Captur dont le succès est spectaculaire.

L'international en vue...

Pour Seat, il y a donc deux priorités : confirmer son repositionnement commercial, et étoffer son offre catalogue. Le constructeur pourra alors envisager un nouveau plan de développement et notamment repasser à l'offensive à l'international. En 2012, la marque avait été contrainte à un repli tactique sur son marché traditionnel européen, abandonnant les expériences russes et chinoises. En cas de succès, la marque espagnole pourrait revenir sur ces deux marchés. Ce sera peut-être le bon moment car ils sont actuellement en pleine déconfiture dans le cas russe, et en plein ralentissement et extrêmement concurrentiel et réglementé dans le cas chinois. Seat pourrait ainsi devenir un moteur de croissance du groupe Volkswagen après avoir longtemps été un tonneau des Danaïdes. Mais le chemin est encore long et le temps très limité pour l'entreprise qui s'est vu assignée la mission d'atteindre les 800.000 immatriculations en 2018...

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a écrit le 16/02/2016 à 9:19 :
Les ventes de VW se cassent la figure à échelle planétaire, les volumes sont en janvier à peine sauvés par la Chine, ce produit d' une grande banalité fera t-il exception..? A titre personnel et compte tenu de mes familiales origines charcutières, je ne peux qu' en douter, c'est un jamon..
Réponse de le 19/02/2016 à 9:25 :
" c'est un jambon " ...?
mon cher , nous sommes en Espagne ...c'a ne va peut etre pas etre un
" pata-negra " , mais par contre un excellent " serrano " .
a écrit le 15/02/2016 à 16:41 :
On ne connait pas encore son prix mais j'ai comme l'impression que le groupe redistribue ses cartes...le Tiguan devient un concurrent du Q5 avec les tarifs qui vont avec et laisse le créneau d'un SUV moins cher à Seat...
Reste à savoir si l'écart de prix vaudra la peine de se rabattre sur l'Ateca ce qui est loin d'être le cas de Skoda face aux tarifs Volkswagen.
Bref! ça sent le brouillage de cartes :-)
a écrit le 15/02/2016 à 15:28 :
A l'évidence le nouveau venu Ateca de Seat va réveiller le segment, avec d'excellents finitions et un style sportif équilibré, un succès annoncé ^pour Seat

le Nissan Qashqai et Kadjar de Renault sont déjà démodés, leur style alambiqué passe très vite de mode, les mécaniques vieilles génération des Renault Nissan ont été contrôlées positives en dépassement au dela des normes anti pollution,
Réponse de le 16/02/2016 à 9:08 :
Il "bénéficie" des mauvais gènes de la mère au contraire du KADJAR et QASHQAI, des logiciels tricheurs, d' une fiabilité pressentie aussi catastrophique que les autres produits vw group, d' un intérieur sordide, autant d' éléments que même que même un marketing forcené ne saurait compenser.. En conclusion, l'affaire est loin d' être dans le sac....!!
Réponse de le 16/02/2016 à 9:15 :
Un produit "bénéficiant" de l' affaire des logiciels tricheurs, d'un intérieur sordide, de lignes absconses, d'une fiabilité pressentie très en-dessous de la moyenne comme tant d' autres produits Vw groupe.... Un produit destiné à qui en fait...??
a écrit le 15/02/2016 à 12:58 :
Cela reste de la camelote VW assemblée en Tchéquie ou Hongrie à cote des autres daubewagen du groupe (TIGUAN Q5 macam etc ..)
Réponse de le 16/02/2016 à 15:15 :
Vous y allez un peu fort dans la forme mais le fond reste lui très documenté...
a écrit le 14/02/2016 à 14:41 :
SEAT n' a guère sa place dans la compétition européenne, c'est plutôt l' acteur de trop. Il n' en demeure pas moins que ce produit est stylistiquement au-dessus des fades leon et ibiza mais en en effet en retrait de l' ambitieux KOLEOS.
Réponse de le 19/02/2016 à 9:36 :
juste un petite conseil , si je puis me permettre :
regardez les chiffres d'augmentations des ventes europeennes ( 6,3 % )
regardez ou se font les + grosses croissances ( Italie & Espagne )
regardez les faibles croissances des marques françaises ...
.../... je ne sais pas si SEAT " n'a guere sa place ..." mais j'ai fortement l'impression qu'il sont entrain de sa la créer , leur place .
a écrit le 14/02/2016 à 11:59 :
Je pense que, vu les contraintes énergétiques (haro sur le diesel, hausse de la fiscalité Tipp...) et politiques (abaissement des émissions de CO2), ainsi que du maintien (au mieux) du pouvoir d'achat d'une grande partie des salariés, l'avenir serait à des petites voitures urbaines, de petite cylindrée, légères et peu gloutonnes en carburant. Une manière de concilier tous ces objectifs, en permettant au citoyen urbain ou périurbain de circuler à moindre coût.
Réponse de le 15/02/2016 à 12:44 :
Oui. En théorie.
En pratique, c'est pas si simple. Pourquoi les constructeurs proposent des SUV ? Parce qu'il y a des clients qui en veulent ! Et aussi par ce que la marge est plus importante que sur les petites citadines et que ça devient une histoire de survie pour les constructeurs. Sans les 2008 et 3008, Peugeot ne serait pas loin du gouffre...
Réponse de le 15/02/2016 à 14:00 :
Survivre pour une boîte ne veut il plus dire anticiper la demande ? Voir s'adapter rapidement aux contraintes du marché ? Certes, certains veulent des SUV, sauf que ce type de véhicule ne sera sûrement pas l'automobile du futur. Rien que sur le parking d'entreprise où je me gare, les emplacements deviennent trop petits pour ce type de caisse... Ma prochaine voiture sera une petite cylindrée économique et facile à garer. Voire facile à recycler. Le standing, pour moi et contrairement à certains, importe peu...

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