Volvo redevient (un peu) suédois après une augmentation de capital

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Arrivé deuxième au concours de la voiture de l'année 2016, le XC90 a rencontré un succès considérable, supérieur aux attentes de la marque elle-même.
Arrivé deuxième au concours de la voiture de l'année 2016, le XC90 a rencontré un succès considérable, supérieur aux attentes de la marque elle-même. (Crédits : Volvo)
La marque automobile suédoise a levé 500 millions d'euros sur les marchés, diluant très peu la part du groupe chinois Geely, jusqu'ici propriétaire à 100%. Volvo n'a cessé de recourir aux marchés cette année pour financer son développement. Les investisseurs saluent les performances financières de la marque, mais également le succès de son repositionnement sur le haut-de-gamme.

"Un effet dilutif insignifiant", tient à préciser Volvo Cars dans son communiqué, à propos de la baisse de la participation de Zhejiang Geely Holding. Le groupe automobile chinois détenait jusque-là 100% du capital de la marque suédoise depuis son rachat en 2010 à Ford.

Des fonds suédois...

En tout cas, c'est un premier coup de canif, même si le groupe n'a pas précisé l'ampleur de la baisse de participation. Ce sont des investisseurs suédois qui mettent la main à la poche pour financer cette augmentation de capital de 5 milliards de couronnes suédoise (SEK) soit 511,48 millions d'euros, notamment trois institutionnels : AMF, First Swedish National Pension Fund (deux fonds de pension) et Folksam (une compagnie d'assurance, suédoise également).

Cette augmentation de capital survient après deux émissions obligataires cette année: la première en mai, d'un montant de 500 millions d'euros, et la seconde en novembre, de 307 millions. Là encore, ce sont des fonds suédois qui ont été sollicités pour financer Volvo Cars. Au final, le constructeur aura levé près de 1,3 milliard d'euros en huit mois.

Le constructeur automobile suédois revendique une forte performance financière pour justifier l'attrait des investisseurs. Avec un bénéfice d'exploitation de 788 millions d'euros sur les trois premiers trimestres, Volvo Cars fait mieux que tout l'exercice 2015 où il avait enregistré un bénéfice de 698 millions d'euros seulement, et 224 millions en 2014. Au premier semestre, la marge opérationnelle est ressortie à 6,7% alors que celle-ci n'était que de 2,2% en 2015.

Un repositionnement premium réussi et à approfondir

Volvo veut profiter de ces performances pour gagner en "flexibilité financière" et ainsi poursuivre et accélérer son développement. "Volvo Cars est parvenu à créer une réelle dynamique autour de sa transformation depuis son acquisition par Geely, élan porté par le renouvellement actuel de sa gamme de produits, de ses motorisations et chassis et de ses technologies liées à la sécurité et à la connectivité", écrit dans son communiqué Folksam. Qui ajoute, pour justifier cette boulimie de cash :

"Volvo Cars compte poursuivre le repositionnement de sa marque afin de concurrencer ses rivaux mondiaux sur le segment premium, de relancer ses activités aux Etats-Unis, de développer sa présence industrielle dans le monde, de stimuler sa croissance en Chine, et de doubler sa part de marché en Europe."

Des voitures reconnues par la presse spécialisée

La refonte de la stratégie produit de Volvo a porté ses fruits. Plus haut-de-gamme et bardés d'innovations, les nouveaux modèles de la marque ont impressionné les professionnels de l'automobile si bien que, deux années de suite, un produit Volvo a été finaliste au concours de la voiture de l'année. Au premier semestre, le XC90, le gros SUV de la marque suédoise arrivé deuxième au concours de la voiture de l'année 2016, s'est vendu à 44.000 unités, soit un total de 84.500 unités depuis son lancement en 2015. Cette performance a surpris jusqu'au constructeur lui-même qui ne s'attendait pas un tel succès. Ce succès ne pouvait donc pas échapper à l'œil des investisseurs...

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