Bâtiment : Bouygues s'attaque au recyclage des déchets de chantier

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Comme nous l'avons été pour les bâtiments à énergie positive, nous voulons être parmi les pilotes de la transition vers l'économie circulaire, affirme Franck Hélary, directeur général pour la métropole du Grand Paris chez Bouygues Immobilier.
"Comme nous l'avons été pour les bâtiments à énergie positive, nous voulons être parmi les pilotes de la transition vers l'économie circulaire", affirme Franck Hélary, directeur général pour la métropole du Grand Paris chez Bouygues Immobilier. (Crédits : Augusto Da Silva/Graphix-Images)
Le constructeur français a lancé en Hauts-de-Seine une expérimentation destinée à amorcer la construction d'une filière de recyclage de l'ensemble des matériaux issus de la démolition. Sur un site d'un hectare, il compte en valoriser 80%.

D'une part, des objectifs ambitieux à des échéances très courtes: 70% des déchets du bâtiment valorisés d'ici 2020, selon la loi de transition énergétique de 2015. De l'autre, une industrie très en retard en matière d'économie circulaire, ne valorisant encore qu'environ un tiers des 38 millions de tonnes de déchets produits annuellement. Et à l'horizon, le gigantesque chantier du Grand Paris, impliquant la gestion d'énormes flux de matériaux.

Conscient de l'urgence de résoudre ces contradictions, Bouygues Immobilier commence enfin à explorer les solutions. Le constructeur français vient de lancer un premier test à l'échelle industrielle de la valorisation de ses déchets de chantier.

Tous les acteurs réunis

L'expérience, "unique à cette taille", est menée à Bagneux (Hauts-de-Seine), sur un ancien site du groupe pharmaceutique Sanofi de près d'un hectare. D'ici 2019, Bouygues Immobilier va y construire 5.000 mètres carrés de bureaux, quelque 200 logements, une résidence étudiante et des jardins partagés. Lors de la démolition des anciens bâtiments, inoccupés depuis 2010 - et dont un seul sera partiellement conservé -, le promoteur immobilier s'est fixé comme objectif de recycler 80% des matériaux du site. Une obligation de résultat fixée en fonction des lieux, mais en même temps plutôt cohérente avec les préconisations du projet Démoclès, issues d'une étude collaborative menées par une quarantaine d'organismes et administrations sur 19 chantiers.

"Comme nous l'avons été pour les bâtiments à énergie positive, nous voulons être parmi les pilotes de la transition vers l'économie circulaire", affirme Franck Hélary, directeur général pour la métropole du Grand Paris chez Bouygues Immobilier. Cette ambition demande de "monter une véritable filière de recyclage créatrice de valeur économique et réunissant tous les acteurs: maîtres d'ouvrage, bureaux d'étude, entreprises de transformation et revalorisation des déchets, éco-organismes, associations", explique-t-il. C'est justement sa structure qui est ébauchée à Bagneux.

Des cahiers de charges exigeants

Après avoir recensé les divers matériaux présents dans les 27.000 mètres carrés de surface de plancher du site, la société ACI, missionnée par Bouygues pour la maîtrise d'ouvrage, est donc partie à la recherche de partenaires. Recyclum, Eco-systèmes, Saint-Gobain figurent parmi ceux ayant accepté de contribuer au recyclage des déchets du site. ACI s'est chargée de définir en amont la logistique permettant de respecter leurs cahiers de charges : modalités de curetage des bâtiments, de stockage sur place des matériaux, de transport par camion jusqu'aux industriels, autant d'étapes pouvant influer sur la qualité des matériaux transmis au recycleur.

"Saint-Gobain craignait notamment que notre verre ne contienne des cailloux, ce qui aurait engendré un arrêt de tout son processus de production. C'est pourquoi, nous avons décidé que les fenêtres des divers immeubles ne seront démontées qu'après avoir terminé leur curetage", illustre Sébastien Fauchois, fondateur d'ACI. L'objectif est de récupérer 80 tonnes de verre. De même, il a fallu assurer au même industriel que le plâtre destiné à être transformé en plaques sera conservé au sec, et vérifier que préalablement au recyclage il était bien possible de séparer mécaniquement les chevilles encastrées dans les anciens carreaux...

Chantier Bagneux Bouygues

360 tonnes de plâtre

Depuis janvier 2017, date de début des opérations, le processus de déconstruction validé en 2013 a néanmoins dû être revu à plusieurs reprises, pour faire face à la réalité du chantier. Alors que selon les prévisions initiales le curetage devait être entièrement effectué à la main, la nécessité de tenir les délais a notamment imposé d'intégrer une partie de démolition industrielle, en trouvant des engins dimensionnés aux locaux des bâtiments. La découverte de quelques gaines en amiante a imposé l'adoption de précautions particulières.

Cependant, en trois mois, 360 tonnes de plâtre ont déjà pu être récupérées, ainsi que 480 tonnes de bois, 54 tonnes de ferraille, 4,30 tonnes de tubes néon et de disjoncteurs, 170 tonnes de dalles de moquettes et 384 tonnes de déchets industriels banals (bois en mauvais état, doublages etc.). Mais surtout, "aucun retour négatif des partenaires n'a été enregistré", souligne Sébastien Fauchois.

Chantier Bagneux Bouygues

Quelque 80% des 24 personnes ayant travaillé à la déconstruction étaient par ailleurs en insertion, met encore en avant Bouygues. Le béton, qui sera démoli une fois le curetage terminé, sera concassé sur le site, et utilisé pour les remblais: ainsi, au total, 80% des matériaux récupérés sera réutilisé sur place.

Une opération rentable?

Même si un véritable bilan ne pourra être réalisé qu'à la fin, l'opération se révèle par ailleurs pour le moment économiquement viable. S'agissant d'un démonstrateur, Bouygues n'a au départ pas posé de limites de coûts, témoigne Sébastien Fauchois. Mais, pour le moment, l'enveloppe des frais lui semble "cohérente avec celle d'une simple démolition". Le surplus de main d'oeuvre requis par le curetage paraît en effet compenser les coûts de la mise à la décharge traditionnelle.

Franck Hélary estime même que, à plus long terme, la démarche pourrait devenir rentable, notamment dès lors que le processus sera suffisamment fiable pour que les matière récupérées puissent être commercialisées. "L'essentiel consiste dans l'anticipation", souligne-t-il. Le test de Bagneux vise justement à convaincre les "sceptiques", encore nombreux dans le secteur de la démolition selon Sébastien Fauchois.

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a écrit le 20/03/2017 à 14:12 :
Le système de double fret est également a multiplier car çà évite des décharges sauvages pur une multitude de petites entreprises. Les déchets inertes (béton, brique, cailloux, terre ou enrobé de trottoir) arrivent sur la plateforme de recyclage de 20 000 m². Ils sont concassés et passés à la cribleuse, avant d’être triés, recomposés en matériaux de seconde génération et reconditionnés. Ils sont aussitôt disponibles. Le camion dépose ses gravats dans la plateforme de recyclage et repart plein de cailloux, de béton, de terre ou de brique. En somme, la plateforme fait passer les gravats de l’état de déchet à l’état de matériau. Voir : http://www.sudouest.fr/2016/12/01/il-a-trouve-la-solution-pour-aider-le-btp-a-mieux-recycler-ses-dechets-2587152-4945.php
a écrit le 20/03/2017 à 8:43 :
Bonne initiative c'est évident mais qu'est-ce que c'est tardif et isolé.

Oui vu le niveau des décideurs il est évident que cela ne devrait pas se généraliser de suite, nous sommes au tout début du début de quelque chose si on impose pas aux entreprises de recycler ou du moins de réfléchir à la gestion de leurs déchets on y arrivera pas.

Production de déchets par habitant et par an 400 kg

Production de déchets de l'industrie par habitant et par an 14 tonnes.

On ne peut pas se contenter de la bonne volonté des uns et des autres d'autant que si bouygues s'y met c'est parce qu'à un moment des gens hauts placés ont enfin percuté mais c'est loin d'être la généralité. Le but étant de générer une certaine dynamique dans ce domaine quasi inexistante au sein de notre économie de rentiers.

On a un peu l'impression de s'adresser à des enfants, de les éduquer en rabâchant années après années qu'il faut dire bonjour s'il vous plait merci et au revoir, qu'il ne faut pas ouvrir la bouche en mangeant et-c...

Nos vies sont suspendues aux décisions aléatoires de décideurs puérils.
Réponse de le 20/03/2017 à 14:19 :
Même pas capable de faire un compliment sans envoyer des rafales de commentaires négatifs.
Les décideurs font ce qu'ils peuvent, dans un environnement complexe.
On a vu avec l'EcoTaxe Poid Lourd que nos décideurs "non puérils" ont du faire marche arrière sur un projet environnementale. Et de ce fait cela a régressé.
Nos décideurs ne sont pas puérils, ils font "au mieux", et c'est loin d'être simple.
Réponse de le 21/03/2017 à 9:45 :
"Même pas capable de faire un compliment sans envoyer des rafales de commentaires négatifs."

Désolé je n'aime pas les raisonnements binaires qui mènent irrémédiablement vers l'erreur et je comme je n'aime pas me tromper et que je ne suis pas payé pour faire des commentaires faussés, j'analyse à la NIetzsche, de façon la plus objective possible mais il est évident que cela irrite les commentateurs à gages payés à se tromper et tromper les autres.

Vous avez votre apport à la vérité à la géométrie variable selon le montant du chèque que vous recevez, pour ma part je n'ai que la volonté d'analyser les phénomènes en essayant de me tromper le moins possible.

"Les décideurs font ce qu'ils peuvent, dans un environnement complexe."

Alors là comme phrase qui ne veut rien dire chapeau ! Mais merci j'ai bien ri.

"On a vu avec l'EcoTaxe Poid Lourd que nos décideurs "non puérils" ont du faire marche arrière sur un projet environnementale. "

Hou là ça sent votre éternelle obsession ça non ?

"Et de ce fait cela a régressé."

Excellent ! Ou inversement ! :D

"Nos décideurs ne sont pas puérils, ils font "au mieux", et c'est loin d'être simple."

Ah ben s'ils font "au mieux" comme vous nous le faites là on comprend mieux en effet !

Merci beaucoup vous devriez vraiment vous dirigez vers le comique ! :-)

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