Bruno Le Maire lance la French Fab pour relancer l'industrie

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Pour la réussite de son projet de relance industrielle baptisée French Fab et symbolisée par un coq bleu, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a dressé une liste de sept défis à relever et annoncé la création « d'un fonds de 10 milliards d'euros pour [financer] l'innovation de rupture. Dont 200 à 300 millions seront disponibles dès 2018 ».
Pour la réussite de son projet de relance industrielle baptisée "French Fab" et symbolisée par un coq bleu, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a dressé une liste de sept défis à relever et annoncé la création « d'un fonds de 10 milliards d'euros pour [financer] l'innovation de rupture. Dont 200 à 300 millions seront disponibles dès 2018 ». (Crédits : DR)
Lancé en grandes pompes aujourd'hui à Bercy par Bruno Le Maire, le label "French Fab", représenté par un coq bleu, a vocation à devenir la vitrine des savoir-faire industriels français. Avec l'espoir de réitérer dans l'industrie le succès acquis dans le numérique avec la French Tech.

Avec le label de la French Tech, lancé fin 2013 par Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'économie numérique, la France est passée de la poussiéreuse "informatique" au "numérique" - bien plus sexy. On ne parle plus de TPE ou de PME, mais de "startup"... On ne compte plus les prix gagnés par des "jeunes pousses françaises" fortement représentées au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas. Certains patrons de la French Tech ont même acquis une notoriété de "rock star", tel Frédéric Mazzella (Blablacar) ou Ludovic Le Moan (Sigfox).

Inspiré par ce succès, le président fraîchement élu, Emmanuel Macron, a fait part de son rêve en juin dernier lors du salon VivaTech où exposaient 5.000 startups :

« Je veux faire de la France une Startup Nation. Une nation qui pense et bouge comme une startup. »

Nouvelle vitrine internationale des savoir-faire industriels français

Pour concrétiser ce rêve, il fallait jouer sur un nouveau terrain, remodeler la Nouvelle France Industrielle d'Arnaud Montebourg, rebaptisée "Industrie du futur" par Macron lorsqu'il lui a succédé à Bercy. Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances d'Emmanuel Macron, a repris le flambeau en lançant aujourd'hui ce lundi 2 octobre la "French Fab" en présence de nombreux patrons de l'industrie et de représentants des grandes filières industrielles. Ce mouvement a vocation à devenir la nouvelle vitrine internationale des savoir-faire industriels français et de remettre la France parmi les leaders mondiaux de l'industrie.

French Fab, coq bleu,



Il était temps ! Selon un rapport d'Accenture, EY et Roland Berger, daté de juin dernier, la valeur ajoutée de l'industrie française est restée stable depuis les années 2000. Pis, elle souffre d'un sous-investissement chronique ainsi que d'un outil obsolète - d'un âge moyen de 19 ans ! Bref, on est loin de l'intelligence artificielle, de la cobotique, des nanomatériaux et de l'industrie 4.0 d'Angela Merkel... A l'inverse, « c'est une réalité méconnue, mais il existe une industrie française moderne, internationale avec des ETI qui réalisent 30% de leur chiffre d'affaires à l'export, fait valoir Élizabeth Ducottet, co-présidente du Mouvement des entreprises intermédiaires (ETI) et Pdg de l'entreprise Thuasne, présente à la conférence, qui ajoute :

"L'année dernière, il s'est créé plus de nouvelles usines qu'on n'en a vu disparaître. »

Chasser en meute pour grandir

Encore faut-il aider les PME-PMI à grandir. Clémentine Gallet, directrice de Coriolis Composites (25 millions d'euros de chiffre d'affaires, 130 salariés) qui fabrique des machines de production de pièces en composites, en témoigne :

« J'ai créé mon entreprise en sortant de mon école d'ingénieur il y a 15 ans. Nous sommes un pur produit de l'écosystème du financement de l'innovation et nous réalisons 80% de notre chiffre d'affaires à l'export. Mais je vends plus en Turquie qu'à mes copains français. »

Doubler le nombre d'ETI

Chasser en meute sous la même bannière pour grandir, c'est justement l'un des enjeux majeurs de la French Fab qui nourrit l'ambition de fédérer toutes les entreprises industrielles : de la TPE jusqu'aux grandes multinationales en passant par les acteurs du développement local dans les régions. Si, avec le coq bleu de la French Fab, le gouvernement réussit ce rassemblement, il pourra rééditer le succès de la French Tech et de son coq rose. Il faut dire que cette initiative a longuement mûri au sein, entre autres, de l'Alliance pour l'Industrie du Futur, du Cercle de l'Industrie, du Conseil national de l'industrie, du groupe des fédérations industrielles et de Bpifrance, qui cherchait à mettre en avant les ETI hébergées dans ses accélérateurs. Avec l'objectif de créer « 2.000 ETI qui sont accompagnées aujourd'hui par Bpifrance aujourd'hui et demain : 4.000 », détaille Bruno Lemaire.

Un fonds de 10 milliards pour l'innovation de rupture

Le ministre de l'Économie et des Finances a dressé une liste de sept défis à relever pour que réussisse la French Fab : la priorité à la formation (notamment en rappelant le dispositif de 15 milliards d'euros déjà annoncé dans le Grand plan d'investissement) ; la compétitivité fiscale, en ramenant l'impôt sur les sociétés de 33,33% à 25% « comme celui de nos voisins » ; la baisse du coût du travail, notamment en sanctuarisant le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) ; l'innovation, en simplifiant le processus d'accès du crédit d'impôt recherche (CIR) en faveur des TPE et PME.

A cet égard, Bruno Le Maire annonce la création « d'un fonds de 10 milliards d'euros pour [financer] l'innovation de rupture. Dont 200 à 300 millions seront disponibles dès 2018 ». Cinquième défi, la mise en cohérence des filières, du simple rivet jusqu'au système de communication en passant par des microprocesseurs toujours plus sophistiqués. Concernant le défi européen, attendu au tournant sur les affaires Alstom-Siemens et STX-Fincantieri, le ministre invoque la nécessité, pour les Européens, de peser lourd face aux concurrents américains et chinois. Dernier défi, et pas le moindre, retrouver une culture industrielle française pour que « ce coq bleu [chante] haut et fort à l'échelle de la planète toute entière. »

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Commentaires
a écrit le 04/10/2017 à 3:20 :
Donc, au lieu de bâtir l'Europe, le Monde et la Paix, on entretient la guerre économique.
a écrit le 03/10/2017 à 8:50 :
Utiliser l'anglais pour spécifier une "volonté française" nous éclaire sur les commanditaires!
Réponse de le 03/10/2017 à 10:08 :
Que vous le vouliez ou non l'anglais est la lingua franca (sic) du commerce mais pas que, des sciences et techniques également...
Heureusement nos valeureux ancêtres ont grandement influencé le vocabulaire de la couronne britannique... ce qui nous permet de faire illusion en laissant croire que nous ne sommes pas pour rien dans les découvertes du transistor, des progrès du radar, de l’électronique, de l'informatique (bull versus intel, qualcomm ou Arm) de la robotique... etc... la liste est longue...
La langue du maitre... lui meme d'ailleurs n'est pas tout à fait maitre chez lui mais c'est une autre histoire...
Réponse de le 03/10/2017 à 14:44 :
L'anglais permet à nos cadres supp et chef de projet de délocaliser plus facilement ensuite des pans d'activité de l'entreprise dans les pays à bas coût qui parlent très bien anglais après avoir touché le CICE bien sur..
a écrit le 03/10/2017 à 7:44 :
C'est un problème lié au prix de l'énergie. Il faut appliquer la note n°6 du CAE qui consiste à répartir les charges sociales sur le travail et sur le prix de l'énergie. Qui veut en débattre?
a écrit le 02/10/2017 à 23:22 :
Gros coup de com mon Nono, comment comptes-tu faire pour concurrencer l' hinterland de l' est de Frau Karamel avec ses salaires à 400 euros qui nous a dépouillé de nos emplois industriels ..?
a écrit le 02/10/2017 à 21:22 :
c'est leur fameux plan : 50% d'emplois mondiales en moins.
en Europe les salariés reviennent trop cher , ils vont délocaliser en Afrique ...
a écrit le 02/10/2017 à 20:21 :
Dans le temps il y avait les cocottes en papier, maintenant voici les coqs en papier.
a écrit le 02/10/2017 à 19:52 :
hahahaha!
loi florange, exit tax, irpp a 75%, loi dailymotion, delit d'entraves en penal, etc etc etc!
il croit vraiment que brasser du pipo ca va faire venir les gens ou donner aux locaux envie de faire?
les gens prennent des faits, pas du brassage!
et la, pour la france, la messe est dite! et on se charge de faire savoir a ceux qui hesiteraient!
Réponse de le 03/10/2017 à 11:30 :
Mais là aussi vous brassez, contentez-vous de regarder les chiffres et ils sont là... la French Tech même si elle a servi aussi les dessins politiques de certains a créé une vraie dynamique de création...
... alors oui peu d'emplois mais là le point est toujours le même : le coût du travail.
+ 20 000 chômeurs en septembre = arrêt du processus d'aide à l'embauche pour les PME = dans ma TPE ce sont 2 postes en moins depuis l'arrêt de l'aide au 30 juin... et ce seront 2 à 3 de plus quand les baisses de charges seront votées.
Oui des faits...
a écrit le 02/10/2017 à 19:05 :
Elles sont implantées où ces usines du futur ?
En France ou à l’étranager?
Réponse de le 03/10/2017 à 11:27 :
A deux pas de chez vous pour qui sait faire preuve de curiosité et d'ouverture d'esprit..
Réponse de le 03/10/2017 à 15:34 :
La mode actuelle pour rassurer le salarié qui perd son emploi est de lui dire que son activité délocalisée reste en Europe .Ouf

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