Biotechnologies

L'Etat et les industriels s'unissent pour financer les "start up" de la santé

Audrey Tonnelier | 12/01/2012, 08:02 - 507 mots

Inserm Transfert Initiative, un fonds qui soutient les biotechnomogies en phase de démarrage, annonce ce jeudi la levée de 33,5 millions d'euros auprès de la Caisse des Dépôts, de l'Inserm et de sept laboratoires français et étrangers.
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C'est une seconde naissance pour Inserm Transfert Initiative (ITI). Cette filiale de l'Inserm, créée en 2005 pour financer les premières années de vie des sociétés de biotechs - la période dite d'"amorçage" - ne disposait jusqu'ici que de 4,2 millions d'euros pour investir dans les "start up" issues de la recherche académique hexagonale. Elle annonce ce jeudi la levée de 33,5 millions supplémentaires. Un montant apporté par le Fonds national d'amorçage (15 millions), géré par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), dont c'est la première opération, la CDC elle-même au titre du FSI (5 millions), l'Inserm (5 millions) mais aussi sept laboratoires privés associés à l'assureur Sham, pour un total de 8,5 millions. Parmi ces derniers, de grands groupes français (Sanofi, Ipsen et le LFB) et des étrangers (les américains Abbott et Merck, le britannique GSK et le fonds de capital-risque de l'allemand Boehringer Ingelheim). "Cette levée nous place à égalité de moyens avec les fonds de capital-risque positionnés en amorçage dans la santé", s'est félicité le directeur des investissements d'ITI, Matthieu Coutet, lors d'un entretien exclusif à La Tribune.

Car l'argent est le nerf de la guerre pour les biotechs. Il n'est pas rare qu'entre l'idée d'un chercheur et la commercialisation d'un traitement une dizaine d'années s'écoule, sans revenus fixes pour la société. La phase d'amorçage, qui précède les essais cliniques, est la plus critique. "Elle coûte cher, présente un risque maximal et est perçue comme très technique", explique Cécile Tharaud, présidente du directoire d'Inserm Transfert, la structure dédiée à la valorisation des découvertes de l'Inserm. Le phénomène est aggravé par le retard structurel de la France en matière de capital-risque. "Sur un portefeuille de dix à quinze sociétés, on peut s'attendre à ce qu'un tiers reste bloqué dans son développement ou disparaisse faute de financement", regrette Matthieu Coutet.

Se rapprocher des cibles

Avec moins de 25% de la mise, les "big pharma" font toutefois pâle figure dans cette opération. C'est que l'industrie préfère investir en direct dans des sociétés, plutôt que dans des fonds gérés par un tiers. Quant aux suisses Roche ou Novartis, ils disposent de leurs propres fonds de capital-risque. Les laboratoires qui ont répondu à l'appel y voient, eux, l'opportunité de se rapprocher de cibles potentielles. D'autant qu'ils joueront aussi un rôle de conseil opérationnel des "start up". "Nous avons intérêt à voir se développer autour de nous un écosystème de biotechs de qualité", indique le responsable des affaires scientifiques d'Ipsen, Christophe Thurieau. "La France reste attractive pour notre maison mère même si la complexité de l'univers académique hexagonal nous est encore reprochée", fait valoir le patron France d'Abbott, Denis Hello.

Avec cette recapitalisation, ITI, qui dispose d'un portefeuille de quatorze sociétés, compte investir dans quinze à vingt nouvelles "biotechs" dans la pharmacie, le diagnostic ou les services de santé. Les tickets moyens seront de 2 millions d'euros sur cinq ans. "Nous investirons cette somme progressivement, d'abord en consolidant l'équipe managériale et le plan de développement, et en partenariat pour des tours de tables de 5 à 6 millions au total", explique Matthieu Coutet.

Commentaires

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Couts DOUBLES TRIPLE !!! a écrit le 12/01/2012 à 13:14 :

Lorsque l'Etat finance des laboratoires qui vont mettre sur le mraché des produits souvent peu efficients voir inutiles, qui sont remboursés par la Sécurité Sociale ensuite, ce sont les citoyens français qui paient 2 fois, la 1ère fois les aides, la seconde fois les remboursements de la sécurité Sociale, et SOUVENT, une 3ème fois pour soigner les conséquences de la surabondances de médicaments, MAL TRèS FRANçAIS... mais voilà, les partis politocards ont besoins de rétro-commissions et de caser les petits copains / copines ...

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Antoine destael a écrit le 12/01/2012 à 11:09 :

Toutes ces mesures sont bonnes car elles financent des entreprises de croissance porteuses d avenir. Toutefois elles occultent un certains nombre de sujets déterminant quant à l avenir du financement de l'amorçage sur notre territoire .Plusieurs constats: A)  Les études annuelles de l?AFIC et d?Ernst & Young nous apprennent de l?investissement d?amorçage en France génère des rendements structurellement négatifs sur 10 et 20 ans. La défaillance des investissements d?amorçage en France soulève la question de l?environnement de croissance (fiscal, social, administratif, environnemental) que nos dirigeants politiques sont capables/ souhaitent offrir aux entreprises d?avenir. Apporter une réponses aux facteurs d'inertie qui brident l'initiative individuelle et restreignent l'expansion des entreprises d'avenir est bien plus compliqué (politiquement) que de  s'engager symboliquement sur le transfert des technologies.   B) A titre de comparaison, bien que le secteur soit extrêmement différent notamment en matière de cycle, ce sont les Zinga, Groupon, Facebook, Linkedin, Twitter, Google, Amazon...qui permettent aux acteurs du capital amorçage américain de retourner un rendement positif à leurs souscripteurs. Ce sont ces retours sur investissement qui permettent l'afflux de capitaux pour financer l'amorçage. L'écart considérable qui existe entre les montants investis aux états unis et ceux investis en Europe est étroitement liées à ce différentiel de gain pour les investisseurs. Ainsi, si nous souhaitons favoriser le financement de l'amorçage en France, il est impératif de raisonner sur les facteurs déterminants du succès d'une entreprise de croissance. C'est la meilleure prise en compte de ces facteurs qui déterminera l'arrivée de capitaux et non l'inverse. C) si nous considérons que la réflexions sur le facteurs de croissance ne s'impose pas aux entreprises de biotechnologie et que, dans tous les cas, l'investissement dans ce secteur n'est pas ou mal adapté au modèle économique des fonds d'investissement privés (importance des sommes à investir, longueur des cycles de RD) il dès lors surprenant de constater que l'investissement cumulé de l?état (disons 20 M?) au travers de ses filiales est à la fois symbolique et absolument marginal à l?échelle d?une nation. Pire, il est parfaitement marginal à l?échelle même d?une Start Up (1 seul tour de table porte sur plusieurs millions d?euros dans les Biotechs). De deux choses l?une, soit l?état ne peut pas tout en matière financière (ce que nous croyons au regard notamment de sa dette colossale), soit l?état n?a aucune intention, au-delà d?un engagement symbolique, de favoriser les transferts de technologie vers l?industrie. D) Enfin, il est toujours plaisant de constater que les seules ressources longues, l'épargne des ménages, dont nous disposons pour financer l'innovation en France, et de manière générale les entreprises de croissance, est de moins en moins incitée fiscalement à s'investir dans les PME non cotées,sacrifiée sur l'hôtel des niches fiscales. A ce titre, l?étude Oseo/Afic sur l?impact économique des FCPI Français de 1997 à 2009 est à ce titre édifiante. Jugez plutôt : entre 1997 et 2009, 40 sociétés d?investissement françaises ont investi 3,3 Mds? dans plus de 1 000 PME hexagonales. Ces entreprises, dont la moitié avaient moins de 4 ans lors de l?investissement, ont réalisé plus de 10 Mds? de CA en 2009 et emploient 54 000 personnes. Ces chiffres témoignent à la fois de l?extraordinaire puissance économique pour la France d?un investissement en fonds propres dans les PME de croissance, de la qualité du travail réalisé par les sociétés d?investissement privées, mais aussi de la neutralité fiscale du mécanisme pour la collectivité. En effet, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les seules recettes (fiscales) dégagées par la croissance des PME accompagnées sont largement supérieures aux réductions d?impôts consenties aux souscripteurs lors de l?investissement initial dans ces fonds. Dès lors, pourquoi diable nos dirigeants politiques souhaitent-ils restreindre les avantages fiscaux dont bénéficient les particuliers lorsqu?ils investissent leur épargne directement dans les PME ou au travers de fonds défiscalisant ? En réduisant l?attractivité de ces placements pour les épargnants à grands coups de rabots fiscaux, nos dirigeants tarissent une ressource unique pour les PME françaises et fragilisent ainsi notre tissu industriel.

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