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Procès des pesticicides : l'agriculteur gagne contre Monsanto

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latribune.fr avec Reuters  |   -  1149  mots
La première condamnation judiciaire de Monsanto en France a été prononcée ce lundi mais, au-delà de l'affaire qui oppose le géant américain à un agriculteur, c'est l'impact des pesticides sur la santé des agriculteurs qui est visé. Monsanto va faire appel.

Le groupe Monsanto, géant américain des pesticides, va faire appel de sa condamnation prononcée lundi à Lyon pour l'intoxication d'un agriculteur charentais, qui est la première du genre, a annoncé un représentant mardi.

Le groupe a été jugé responsable par le tribunal de Lyon, qui a ordonné une expertise des préjudices subis par Paul François, un céréalier de 47 ans. Il a subi de graves troubles neurologiques après avoir inhalé en 2004 du "Lasso", pesticide aujourd'hui interdit. "Monsanto va faire appel de cette décision. Nous sommes déçus par la décision du tribunal", a dit sur France info Yann Fichet, directeur des relations institutionnelles de Monsanto France. Le procès en appel se déroulera dans un délai de plusieurs mois à un an.

Il déclare que les produits pesticides ne sont pas "anodins" mais souligne que les utilisateurs en sont informés par l'étiquetage et juge que la preuve n'a pas été apportée de la culpabilité du Lasso. "Une analyse approfondie du dossier ne révèle à notre sens pas d'élément suffisant démontrant un lien de causalité entre l'utilisation de ce désherbant et les symptômes rapportés par M. François", a-t-il dit.

Une maladie neurologique

"Le tout chimique" en agriculture est de plus en plus critiqué en France, où les autorités cherchent à établir le lien entre l'usage répété des produits phytosanitaires et certaines pathologies des agriculteurs, les cancers en particulier.

Le tribunal de grande instance de Lyon a jugé Monsanto responsable de l'intoxication au Lasso de Paul François, un agriculteur charentais qui a connu de graves troubles neurologiques après avoir inhalé en 2004 ce pesticide aujourd'hui interdit . Il se bat désormais pour faire reconnaître en France la toxicité de ces produits.

"Moi je suis vivant aujourd'hui mais il y a une partie de la population agricole qui va être sacrifiée, qui va en crever", estime Paul François, invalide à 50% en raison d'une maladie neurologique qui provoque notamment fatigue et fortes douleurs.

En nettoyant le fond d'une cuve contenant du Lasso, ce céréalier de 47 ans a subi une intoxication aiguë lui permettant d'impliquer directement ce produit. Un cas presque inédit, dit-il : la grande majorité des agriculteurs ont été exposés à différents pesticides, parfois pendant des dizaines d'années.

"Nous n'avions pas idée que l'accumulation de ces produits allait avoir des effets vingt, trente ans après. Dans cette génération qui a commencé à travailler avec des pesticides dans les années 80, beaucoup sont en train de souffrir dans leur coin."

Avec d'autres malades, il a créé en 2011 Phyto'Victimes qui aide les agriculteurs à faire reconnaître leur pathologie comme une maladie professionnelle. Les demandes affluent à l'association qui traite selon lui une centaine de dossiers et recense déjà quatre décès parmi ses membres.

SEULEMENT 47 CAS RECONNUS

La Mutualité sociale agricole (MSA), la sécurité sociale des agriculteurs, a mis en place un réseau de vigilance à partir de 1996. Anonymement, les agriculteurs peuvent témoigner des incidents qu'ils ont pu constater en utilisant des pesticides.

"Depuis la mise en place de ce réseau, 2.700 signalements ont été enregistrés, soit près de 200 par an en moyenne", explique Yves Cosset, médecin en chef de la santé et de la sécurité au travail à la MSA. "Ils concernent surtout des irritations cutanées, les troubles digestifs comme les diarrhées ou les problèmes neurologiques."

Au-delà de la veille et de la prévention, la MSA est également chargée d'accorder ou non le statut de maladie professionnelle. Pour l'association Phyto'Victimes, près de neuf demandes sur dix sont rejetées, faute de figurer dans la grille des pathologies liées aux pesticides.

"Le taux de refus est inférieur à 10%", rétorque Yves Cosset, qui juge que le nombre de dossiers déposés est stable.

Au cours des dix dernières années, seulement 47 cas ont été reconnus. Principalement des cancers du sang, de la vessie ou des troubles respiratoires, explique le médecin.

En 2012, la maladie de Parkinson doit être ajoutée aux tableaux et des réflexions sont en cours concernant d'autres pathologies, dit Yves Cosset sans pouvoir préciser lesquelles.

UNE AIGUILLE DANS UNE BOTTE DE FOIN

Face aux difficultés administratives, certains agriculteurs malades disent faire le choix de ne pas entamer une procédure longue et coûteuse en énergie, notamment parce qu'ils utilisent plusieurs produits et ce depuis de nombreuses années.

"C'est comme être couché sur un tas d'épines et tenter de savoir laquelle vous a piqué", témoigne un agriculteur d'une cinquantaine d'années qui a soigné un cancer de la prostate.

Il reconnaît pourtant que les pesticides ont aussi permis d'augmenter fortement les rendements dans tous les secteurs.

Un argument repris par les fabricants de phytosanitaires de l'Union de l'Industrie de Protection des Plantes (UIPP).

Ce syndicat se retranche derrière l'autorisation de mise sur le marché (AMM) que lui délivre pour chaque produit le ministère de l'Agriculture. Mais il assure que dès qu'un produit est reconnu cancérigène pour l'homme, il est retiré du marché.

"Je pense que si on avait un problème fort sur la santé avec les pesticides on l'aurait déjà vu", estime Jean-Marie Bocquet, directeur général de l'UIPP, précisant que 75% environ des substances, parmi les plus toxiques, ont été retirées en application de la réglementation européenne.

"CRIMINEL"

"Aujourd'hui les études ne sont pas suffisamment spécifiques pour pointer une, deux ou trois molécules. Ce n'est pas satisfaisant pour nous", ajoute-t-il.

En complément des études partielles déjà menées en France, l'Agence nationale de la sécurité sanitaire (Anses) a décidé de s'autosaisir pour mener une enquête globale sur la santé des agriculteurs, dont les conclusions sont attendues d'ici 2013.

Le ministère de l'Agriculture n'a pas été en mesure de fournir une position sur le sujet. Le ministre Bruno Le Maire a cependant fait ajouter la prévention des risques liés à l'utilisation des pesticides au plan Ecophyto 2018, d'abord censé réduire leur utilisation dans un but environnemental.

En attendant la reconnaissance des autorités, un deuxième agriculteur s'est lancé dans une bataille judiciaire contre Monsanto, qui n'a pas donné suite aux demandes d'interview.

Jean-Marie Desdions veut prouver que c'est une exposition sur le long terme au Lasso qui a provoqué son myélome, un cancer des os. Les analyses ont retrouvé le même principe actif, le monochlorobenzène, dans son organisme.

"Quand une firme écrit noir sur blanc qu'il ne faut pas de protection vu les faibles doses de monochlorobenzène, c'est criminel", estime ce céréalier du Cher qui a subi huit ans de chimiothérapie et trois greffes de moelle.

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Commentaires

PourLavie  a écrit le 13/04/2012 à 10:36 :

Monsanto c'es les roi du business, la pollution de notre mère la terre peu lui importe, le rendement des bénéfices oui, il est aussi celui qui fabrique et vend les OGM et l'aspartame, éloquent.
L'aspartame a été inventé par la compagnie G. D. Searle (acquise par Monsanto en 1985). Durant plus de 16 ans, la FDA a refusé de l'approuver jusqu'à ce que le Commissaire Arthur Hull Hayes décide en 1981 de rejeter les conclusions de son propre conseil consultatif (Public Board of Inquiry) et de l'approuver en dépit des protestations de l'American Soft Drink Association. Les résultats des tests soumis par Searle étaient si épouvantables que, pour la première fois de son histoire, la FDA a dû demander au ministère américain de la justice de poursuivre un fabriquant pour fraude. Les avocats de la poursuite, Sam Skinner et William Conlon, furent alors embauchés par les avocats de la défense et la cause se termina une fois la période de prescription écoulée. Lorsque le Parrain embauche les avocats représentant le ministère de la justice, ne vous attendez surtout pas à ce qu'il y ait une condamnation !

La toxicité de l'aspartame a été établie par plusieurs des médecins les plus réputés au monde ! Consultez le site anglophone http://www.dorway.com pour accéder à des centaines de pages de preuves, à la liste des plaintes reçues par la FDA, à ce qu'en disent les médecins, et à des liens vers plus de 200 sites Web, un groupe de soutien et des listes de textes publiés sur le sujet par des experts médicaux. Si votre médecin n'est au courant de rien de tout cela, c'est une honte car il risque alors d'établir un diagnostic erroné pour nombre de ses patients présentant des symptômes de fatigue, maux de tête, douleurs articulaires, perte de mémoires, détérioration de la vue, et d'apoplexie du fait que les «autorités» médicales ne lui ont sans doute jamais communiqué toute l'information pertinente à ce sujet. Faites-lui part de ce que vous savez et demandez-lui de se brancher sur Internet pour y trouver la confirmation de vos dires.

Faites sortir l'aspartame de votre école!
Faites sortir l'aspartame de votre cafétéria!
Faites sortir l'aspartame de votre maison!
Retournez tous les produits empoisonnés à l'aspartame et exigez d'être remboursé(e)!

Sauvez des vies en informant tous les gens que vous connaissez. C'est trop cher payer que de risquer l'invalidité ou la mort pour satisfaire la cupidité de ces compagnies.

Si votre enfant est sous médication, rappelez-vous que l'aspartame est un produit qui, à l'origine, devait être un médicament mais que l'on a retiré afin de pouvoir le mettre en marché comme additif alimentaire, ce qui n'exige aucun suivi pour déceler de possibles effets secondaires. L'interaction avec les médicaments inclut notamment des réactions avec les inhibiteurs d'oxydase de monoamine, d'alpha-méthyldopa et de L-dihydroxphénylalanine,
sans compter de nombreux autres !

bert  a écrit le 14/02/2012 à 16:17 :

Si vous prouvez vos affirmations vous gagnerez!Une information sur la perte des abeiiel !Aux USA la decouverte d'une minisculess guepess (pas le véroa) qui diminue leur nombre ,a suivre.........

Scientifique  a répondu le 14/02/2012 à 16:54:

La cause de la perte des abeilles est identifiée : pesticides = infections = disparition. Toutes les zones où il n'y a pas de pesticides, même en ville les abeilles survivent. Partour ailleurs où il y a des pesticides elles sont fragilisées et meurent.

apiculteur  a écrit le 14/02/2012 à 13:10 :

A quand le procès de la destruction des abeilles ?
L?agriculture intensive est nocive pour la santé de tous et les chambres d?agriculture devraient enfin se saisir du sujet.
J?en ai assez de devoir repeupler mon rucher année après année, sans qu?il y ait la moindre remise en cause des agriculteurs. Ils portent des masques à gaz quand ils traitent leurs champs !!
Plus d?abeilles, plus de fruits, plus de miel. Tout le monde s?en fiche !
Un procès en Italie a permis après des années de condamner quelqu?un pour mise en danger de la vie d?autrui sur le dossier de l?amiante. A quand un procès pour les pollueurs des campagnes ?

bob  a écrit le 13/02/2012 à 16:20 :

Bon j'ai voulu faire un max de profits a coup de truc chimique et...bah chui malade dit donc! Y a 20 ans les viticulteurs avaient le meme probleme en coupant le vin au lave-glasse, ils etaient tout etonnés des problemes. Connerie quand tu nous tiens.

tambi  a écrit le 13/02/2012 à 14:01 :

Enfin ! pourtant ce n?est pas Monsanto qu?il faut condamner mais nos politiques agricoles qui ont bénéficiés des contreparties.

Mordrakheen  a répondu le 14/02/2012 à 10:52:

je sais pas trop sur ce coup là il y a une dizaine d année je suis tombé par hasard sur un documentaire sur Monsanto aux USA je ne connaissais meme pas la société , je peux vous dire qu il faisait froid dans le dos ce doc

gnazert  a répondu le 14/02/2012 à 16:04:

Mosanto est condamné par manque d'information sur le produit ,information de sécurité qui doivent etre marquée sur le bidon ,pas sur la dangerosité du produit !Des produit dangereux il y en a partout dans les maisons par exp.......Il faut savoir decrypter une etiquette et prendre les mesure de prcautions necessaires .Si le fabriquand ne dit rien sur tel risque ,il est en tort.

Yves  a écrit le 13/02/2012 à 13:55 :

Il n'y a pas de salade vierge de pucerons, qui ne soit copieusement arrosée de pesticides. Moralité, il faudra s'habituer à manger des pucerons...

yvan  a répondu le 13/02/2012 à 14:59:

Yves, si vous avez la flemme de laver une salade, sachez que vos parents le faisaient. Vous parlez tout de même ... à vos parents..??

Niala  a écrit le 13/02/2012 à 13:20 :

"c'est l'impact des pesticides sur la santé des agriculteurs qui est visé"...Certes pour le procès mais que de choses non dites. Il faut réagir vite à ce fléau des phytos. Les indicateurs de danger(s) sont maintenant suffisamment forts Du courage MM les politiques et vous MMmes les candidats à la présidentielle, la santé humaine et notre environnement n'ont pas de prix face aux mécréants de la chimie.

JB38  a écrit le 13/02/2012 à 13:05 :

"Produits chimiques", donc pas naturels. Si la nature avait eu besoin de produits chimiques, elle les aurait inventé (Depuis le temps!!!!). La nature n'a pas besoin des produits chimiques, elle se débrouille toute seule, tout au plus peut-on l'aider en la respectant. Ceux qui ont besoin des produits chimiques, ce sont les marchands, les financiers, rien de naturel donc.

cryter  a répondu le 14/02/2012 à 15:52:

Faux !les produits chimiques sont fait pour que les prix de vente soient bas pour profiter aux consommateurs de maniere à ce qu'ils puissent acheter autre chose ,que vous faites peut etre dans votre metier!Vous bossez vous faites quoi ?

Agro  a répondu le 14/02/2012 à 16:58:

Il y a bien d'autres solutions aux pesticides chimiques mais on cherche à vendre, c'est comme le télé-achat on pousse à la consommation de choses inutiles. D'autres modes d'agriculture ont fait leurs preuves et à moyen terme c'est plus rentable mais çà ferait disparaître les groupes d'agrochimie.

zenith09  a écrit le 13/02/2012 à 12:53 :

"Moi je suis vivant aujourd'hui mais il y a une partie de la population agricole qui va être sacrifiée, qui va en crever", estime Paul François !!!!!,
et nous pauvres consommateurs de leurs produits ou riverains des parcelle qu'ils arrosent copieusement sans se préoccuper des dégâts commis à leurs voisins ,s'approchant le plus près possible de la limite afin de bien marquer leur territoire et projetant sans vergogne leurs poisons sur le terrain d'autrui , pelouse , potager ou autres ..

crusery  a répondu le 14/02/2012 à 15:47:

Ils ne peuvent asperger leurs cultures avec un vent supérieur à 30 km/h!Organisez vous pour avoir des preuves et ils serront condamnés..........