La ministre de la Santé veut rendre 11 vaccins obligatoires, les labos en profiteront-ils ?

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Les onze vaccins qui pourraient devenir obligatoires: poliomyélite, tétanos, diphtérie, coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C.
Les onze vaccins qui pourraient devenir obligatoires: poliomyélite, tétanos, diphtérie, coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C. (Crédits : Ricardo Moraes)
La ministre de la Santé veut rendre onze vaccins infantiles obligatoires, contre trois aujourd’hui. Cette mesure de santé publique ne devrait pas doper significativement les ventes de vaccins, d'autant qu'elle ne concerne pas les tranches d'âges les moins vaccinées.

C'est une prise de position qui, si elle se concrétise, pourrait marquer un tournant dans la couverture vaccinale en France. Agnès Buzyn a déclaré dans une interview au Parisien, vendredi 16 juin, réfléchir à rendre huit vaccins infantiles obligatoires, en plus des trois qui le sont déjà aujourd'hui (diphtérie, tétanos,poliomyélite), suite à "la demande du Conseil Etat formulée au gouvernement de "revoir sa copie sur les vaccins pour les nourrissons"

"Nous réfléchissons à rendre obligatoires les onze vaccins (poliomyélite, tétanos, diphtérie, coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C) pour une durée limitée, qui pourrait être de cinq à dix ans", a indiqué la ministre, ajoutant que "l'Italie l'a fait la semaine dernière".

Selon elle, il s'agit d'une mesure importante contre "un problème de santé publique" qui se matérialise par des décès d'enfants de rougeole ou de méningite.

Un marché sous le demi-milliard d'euros en France

Dans cette interview, Agnès Buzyn refuse que la question de la vaccination soit réduite "à l'intérêt des laboratoires". Aujourd'hui, une poignée de géants mondiaux de la vaccination, se partagent la majeure part des revenus des huit vaccins qu'Agnès Buzyn veut rendre obligatoires. Pour le Méningocoque C -un vaccin contre la méningite-, on recense le Neisvac de Pfizer et le Menjugatekit de Novartis. Pour le pneumocoque, vaccin pour contre la pneumonie, Pfizer (Prenar 13), MSD (Pneumovax) et Sanofi (Pneumo 23) se partagent le marché. Concernant la rougeole, les oreillons et la rubéole, on retrouve encore Sanofi (R.O.R. VAX) et MSD (M-M-RVAXPRO ).

C'est toutefois loin d'être le marché le plus juteux en France pour les laboratoires. Les prix de ces hui vaccins oscillent entre 10 et 40 euros en général, si l'on se base sur les tarifs diffusés par l'Institut Pasteur. Par ailleurs, le marché officinal total en 2015, des vaccins (en ajoutant tous les vaccins contre la fièvre jaune, l'hépatite A,...) et des sérums représentent 1,9% du chiffre d'affaires du seul marché officinal qui atteint 20,5 milliards d'euros en 2015, selon le Leem. Cela représente un peu moins de 400 millions d'euros. Et selon l'Agence nationale de la sécurité des médicaments, ce n'est que le 17e domaine thérapeutique en termes de chiffre d'affaires en ville.

Peu d'impact sur la couverture vaccinale

La décision d'Agnès Buzyn pourrait-elle faire décoller ce marché ? " Cela va donner plus de lisibilité et clarifier la politique de vaccination", concède un représentant des industriel du médicament, qui souhaite garder l'anonymat. "Mais il ne faut pas voir cela comme un coup de boost pour le marché du vaccin en France. C'est avant tout une décision de santé publique". Et d'arguer: "Cette décision est temporaire et la couverture vaccinale dépasse déjà les 80% chez les enfants de 24 mois en ce qui concerne les huit vaccins recommandés. L'enjeu économique est faible, cela ne représente qu'une faible partie d'une classe d'âge"'Selon l'Insee, il y aurait au 1er janvier 2016 1,5 millions d'enfants âgés de 0 à 24 mois. La couverture vaccinale pour cette classe d'âge dépasse parfois les 90% pour certains vaccins, à l'instar de l'hépatite B chez les nourrissons.

La couverture vaccinale progresse dans certains cas, mais enregistre des résultats contrastés, comme l'explique le rapport Hurel sur le sujet, remis à la Marisol Touraine en 2016, alors ministre de la Santé. Pour le méningocoque C, la couverture atteint 64% pour les enfants de 24 mois au 31 décembre 2014, et 28,4% chez les 10-14 ans. Ou encore, la couverture vaccinale totale (injection des deux doses) du ROR (rougeole, oreillons, rubéole) dépasse à peine les 70% pour les enfants de 24 mois nés en 2012.

Faible couverture pour les plus âgés

Les laboratoires espèrent que la couverture des enfants plus âgés et des adultes devienne de plus en plus importante. Celle-ci est en général bien plus faible que celle des enfants en bas âge. Par exemple, les enfants de 11 ans sont à jour de leur vaccin à 45% pour l'hépatite B. Et la couverture vaccinale pour le méningocoque C dépasse à peine les 5% pour les 20-24 ans.

Plus encore qu'un remboursement à 100% des vaccins qui ne provoque pas une meilleure couverture que celui à 65%, selon le rapport Hurel, les laboratoires réclament "plus d'actions des autorités publiques pour faire reculer la défiance vis-à-vis des vaccins", nous explique l'acteur de l'industrie du médicament. Quatre Français sur dix estiment que les vaccins ne sont pas sûrs, selon une étude du journal scientifique EBioMedicine. Un des arguments qu'ils avance est un lien suspecté mais encore non prouvé entre le vaccin contre l'hépatite B et le risque de développement de scléroses en plaque. Ou encore, ces derniers évoquent des cas de narcolepsie  après des vaccinations contre la grippe A (H1N1).

Et, dans une moindre mesure, la défiance existe du côté des médecins. Une étude de la Société française de médecine générale (SFMG) de 2016 montrait que 10% des médecins étaient neutres voire défavorables aux vaccins. Un quart d'entre eux étaient méfiant vis-à-vis du vaccin pneumocoque, et un quart étaient défavorables aux adjuvants que contiennent ces produits thérapeutiques. Marisol Touraine avait lancé une première action en 2016, une consultation nationale sur la politique de vaccination visant à écouter les patients inquiets.

Plus de vaccins et de nouvelles pénuries ?

Plus de vaccins obligatoire pose aussi une autre problème potentiel: le risque de créer de nouvelles pénuries, déjà régulières en ce qui concerne les vaccins contre l'hépatite B et la coqueluche ?

 "Celles-ci sont dues à l'instabilité des produits biologiques que représentent les vaccins et des temps de production plus longs.Un problème dans un lot de production, et c'est un rappel mondial. La meilleure façon d'éviter une rupture c'est l'harmonisation des calendriers vaccinaux européens. il existe 23 calendriers différents. Plus de spécification nationale harmonisé permettent aux laboratoires d'anticiper", fait valoir le représentant de l'industrie du médicament.

On compterait près d'un vaccin sur quatre en pénurie de stock dans les pharmacies françaises. Le rapport Hurel accuse les laboratoire d'effectuer desdéclarations de pénurie tardives "ce qui ne laissait pas le temps de mettre en place suffisamment tôt des stratégies adaptées à la situation". Les grossistes sont accusés également de privilégier les commandes de vaccins à l'étranger, où les prix sont plus élevés qu'en France.

Le gouvernement de Marisol Touraine avait évoqué en 2016 de possibles sanctions contre les laboratoires. Le président du Leem faisait alors valoir l'importance d'une clarification de l'offre et de la demande pour éviter ces désagréments. Parmi les points qui posaient problème: la différenciation entre les vaccins obligatoires et recommandés. Si la ministre de la Santé tient sa ligne, ces derniers auront droit à un premier signal positif.

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Commentaires
a écrit le 18/06/2017 à 18:49 :
Enfin un parti qui va prendre ses responsabilités et mettre de l'ordre. Si on peut éviter des maladies, alors qu'on le fasse, prétendre que ce sont des lobbies c'est juste une annonce sans preuve. Nos nouveaux ministres ne sont pas les anciens qui avaient des "relations" qui guidaient leurs idées, ils sont motivés et indépendants. Ils sont décidés à agir et ils vont faire le nécessaire. 11 vaccins pour sauver des vies, aucune raison de s'en priver au contraire, en plus la sécurité sociale ne s'en portera que mieux.
Réponse de le 19/06/2017 à 9:23 :
Bon, d'accord, cher "courage" ! Si vous voulez vous persuader que des vaccins peuvent "sauver des vies", c'est votre problème. Et, franchement, c'en est un fameux ! Aujourd'hui, comme bien d'autres médocs, les vaccins commercialisés par l'industrie pharma sont hautement toxiques et très dangereux pour la santé. En cause, entre autres, l'utilisation d'adjuvants à base d'aluminium alors que tout le monde sait - ce qui est d'ailleurs sans cesse confirmé par des vrais scientifiques honnêtes, compétentes, intègres et indépendants de l'industrie concernée - que l'alu est à toutes les doses toxiques. C'est un grave perturbateur endocrinien et l'un des éléments favorisant l'apparition et l'aggravation de la maladie d'Alzheimer. Entre autres. Dans le temps, les vaccins contenaient des adjuvants naturels et ceux-ci n'ont été remplacés par des adjuvants toxiques à base d'alu que pour des vulgaires raisons de profits. Depuis lors, le rapport bénéfices / dangers des vaccins penche toujours en leur défaveur. En un mot comment en cent : il est dangereux de se faire vacciner et une telle "décision" politique ne peut être motivée que par des raisons liées à des conflits d"intérêt pour le moins douteux. Perso, je n'ai aucun vaccin et j'ai refusé tous les vaccins pour mes enfants. Bien que voyageant beaucoup avec eux dans diverses régions du monde, nous sommes - eux et moi - en parfaite santé. Comme je les aime et tiens à préserver leur bonne santé, je refuse de les faire sciemment intoxiquer par de l'alu toxique à toutes les doses (celles-ci s'accumulant dans l'organisme, ce qui est un facteur aggravant). Libres à vous de vous faire vacciner et de provoquer votre intoxication. Il est anormal et malhonnête de vouloir imposer cela à tout le monde et donc de mettre sciemment la santé des citoyens en grave danger. Le vrai ... "courage"... cher ami est d'oser penser par soi-même. Et pour cela, il n'y a malheureusement ps de vaccin,n sinon je vous le conseillerais sans hésiter ! Passez une excellente journée.
a écrit le 18/06/2017 à 18:31 :
Rougeole, coqueluche, rubéole ne sont parfois mortels que pour les enfants de certaines populations d'immigrés et sont bénignes pour la plupart des enfants français. L'efficacité et la dangerosité des vaccins antiviraux est très aléatoire, et aucune étude d'impact sur les diverses populations et leurs gènes, n'a jamais été faite. Le vaccin contre la rougeole est très utilisé en Afrique équatoriale où il apporte un plus de santé publique. Le vaccin contre la rage est bien trop dangereux pour être généralisé. Le vaccin contre la variole, bien que dangereux, aurait permis d'éradiquer cette maladie. Mais sa dangerosité a condamné son utilisation actuelle. Certains de ces vaccins sont réputés sûrs comme celui de la polio, mais après de nombreuses avanies. Le vaccin ne peut remplacer les efforts que doivent fournir les pouvoirs public pour la qualité de l'eau responsable de la propagation de la méningite C et de l'hépatite B. Quant aux papilloma virus et herpes qui provoque parfois des mutations génétiques cancéreuses, ou des troubles systémiques, leurs vaccins ont des chances de provoquer des effets de même nature. Se faire administrer un vaccin représente toujours un risque pour l'individu, fonction de son patrimoine génétique, mais pas forcement un plus pour la santé publique. Le vaccin de la grippe est à ce titre exemplaire.
a écrit le 18/06/2017 à 16:40 :
Cette défiance vient principalement de l'histoire du H1N1.Qui se souvient de Roselyne Bachelot en 2009 devant les caméras se faire vacciner pour bien montrer qu"elle était forte en prenant ce vaccin et qu'il n’y avait aucun risque .Puis on apprenait le lendemain qu'elle avait eue celui sans adjuvant contrairement au reste de la population.
Résultat des courses 3 ans plus tard.
La Cour des comptes estime dans un rapport remis au Sénat que la campagne de vaccination lors d'épidémie de grippe pandémique H1N1 a coûté entre 685 et 756 millions d'euros pour un résultat peu probant: seulement 5 millions de Français ont été vaccinés, soit 8,5% de la population.
a écrit le 18/06/2017 à 9:06 :
Dans les années 50, il n'était pas question de demander son opinion à chaque français, et la vaccination de masse a fait disparaitre de nombreuses maladies qui sévissent encore dans les pays dont nous accueillons les réfugiés. Plus que jamais il est indispensable de vacciner tout le monde. Honte aux parents qui laissent courir des risques énormes à leur progéniture.
Réponse de le 18/06/2017 à 9:38 :
Dans les années 50, il y avait 3 vaccins obligatoire via le DTPolio de Sanofi-Pasteur, pas 11.
Réponse de le 18/06/2017 à 17:48 :
Sauf que quand on voit les courbes d'incidence et de mortalité pour ces maladies, on constate qu'elles avaient déjà très fortement diminué avant l'introduction du vaccin. Donc, il est clair que ces maladies n'ont pas disparu grâce aux vaccins.

Par ailleurs, la syphilis a pratiquement disparu dans les pays occidentaux alors qu'elle est extrêmement contagieuse. Et pourtant, il n'y a pas de vaccin contre la syphilis.

Donc, le vaccin sauveur de l'humanité, mon oeil.
a écrit le 18/06/2017 à 4:11 :
Courage 5 ans c'est long...
a écrit le 17/06/2017 à 18:55 :
Madame la fraiche Ministre, l'encre du décret de sa nomination n'est pas sèche, ex médecin peut être désœuvrée ou dont les patients fuyaient et faisaient défaut dans son cabinet, cette madame cède allègrement aux lobbyistes de l'industrie et des laboratoires pharmaceutiques ...

pour le moins c'est suspect, il conviendrait d'enquêter sur les possibles conflits d'intérêts de madame elle même et AUSSI de son entourage proche, mari, enfants, frères, sœurs, cousins, cousines et cercle amicale ;
a écrit le 17/06/2017 à 11:40 :
Les associations de consommateurs et autres acteurs défenseurs des citoyens doivent saisir les tribunaux contre ces mesures autoritaires initiées en sous main par les lobbies !
Réponse de le 17/06/2017 à 16:18 :
nous fait rappeler les péripéties des vaccins sous la ministre madame Bachelot !
a écrit le 17/06/2017 à 9:30 :
"La ministre de la Santé veut rendre 11 vaccins obligatoires"

Avec les adjuvants à base d'aluminium ?
a écrit le 17/06/2017 à 8:59 :
En France, la loi dit que : « Une intervention dans le domaine de la santé ne peut être effectuée qu'après que la personne concernée y a donné son consentement libre et éclairé. »
(Décret n° 2012-855 du 5 juillet 2012 - Chapitre II : Consentement - Article 5)

« Cette personne reçoit préalablement une information adéquate quant au but et à la nature de l'intervention ainsi que quant à ses conséquences et ses risques. »

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026151968

Comment, notre ministre de la santé peut-elle alors instaurer une obligation vaccinale?

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