La résistance aux antibiotiques entrainerait une crise économique majeure, selon la Banque Mondiale

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La résistance aux antibiotiques pourrait également provoquer une baisse annuelle d'entre 2,6% à 7,5% du volume de bétail et de la production de viande, prévoit la Banque mondiale.
La résistance aux antibiotiques pourrait également provoquer une baisse annuelle d'entre 2,6% à 7,5% du volume de bétail et de la production de viande, prévoit la Banque mondiale. (Crédits : Reuters)
L'organisation estime que le PIB baisseraient de 1,1% à 3,8% en 2050 à cause de la résistance microbienne. La Banque Mondiale appelle à une action immédiate sous peine de revivre une crise économique d'une ampleur comparable à celle de 2008.

Les infections résistantes aux antibiotiques pourraient, d'ici 2050, avoir des effets dévastateurs sur l'économie mondiale, d'une ampleur comparable à ceux de la crise financière de 2008, met en garde la Banque mondiale qui appelle à l'adoption de mesures urgentes.

Cette étude de l'organisme international de développement publiée lundi 19, au premier jour de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, conclut que la résistance microbienne pourrait accroître la pauvreté en touchant surtout les pays les plus démunis.

"L'ampleur et la nature de cette menace économique pourraient effacer les gains de développement économique durement obtenus et nous éloigner des objectifs visant à mettre fin à l'extrême pauvreté et à accroître la prospérité", a déclaré le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.

"Les nations les plus pauvres n'ont pas les moyens du coût de l'inaction et nous devons agir au plus vite pour éviter une crise potentielle", a-t-il insisté.

28 millions de personnes précipitées dans la pauvreté

Cette étude montre que selon le pire scénario, la résistance microbienne aux antibiotiques et à d'autres antibactériens pourrait entraîner une chute de plus de 5% du PIB dans les pays à bas revenus et précipiter jusqu'à 28 millions de personnes dans la pauvreté d'ici 2050.

A la différence de la crise financière de 2008, la plus grave depuis la grande dépression des années 1930, il n'y aurait pas de possibilité de reprise cyclique à moyen terme puisque l'impact coûteux de la résistance microbienne aux traitements persisterait, souligne la Banque mondiale. A noter que les conclusions du rapport sont basées sur les projections économiques mondiales de l'institution allant de 2017 à 2050.

Un PIB mondial secoué

Ces chiffres indiquent aussi que d'ici le milieu du siècle, le PIB global de la planète diminuerait de 1,1% selon un scénario de faible impact de la résistance microbienne et de 3,8% dans le pire des cas.

Le rapport conclut également que les dépenses de santé mondiales pourraient augmenter de 300 milliards à plus de mille milliards de dollars par an d'ici 2050, selon les différents scénarios de perte d'efficacité des antimicrobiens.

"Moyen Âge de la médecine"

La résistance aux antibiotiques pourrait également provoquer une baisse annuelle d'entre 2,6% à 7,5% du volume de bétail et de la production de viande, prévoit la Banque mondiale.

Les autorités sanitaires mondiales mettent en garde contre le danger de ce phénomène grandissant, surtout dû à un mauvais usage des antibiotiques, qui en continuant au rythme actuel pourrait rendre la médecine impuissante face à des infections banales et renvoyer le monde "au Moyen Âge de la médecine".

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Commentaires
a écrit le 20/09/2016 à 12:11 :
Encore un délire de prophètes de l'Apocalypse. Mais on est quand même en droit de se demander si les grands laboratoires pharmaceutiques, qui gagnent bien leur vie en ce moement, font vraiment leur boulot : développer de nouveaux antibiotiques, par exemple.

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