La vente en ligne de substances illicites décolle en Europe

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Les ventes « secrètes » en ligne se déroulent surtout sur des sites qui ne sont pas accessibles via des navigateurs ordinaires et de nombreux outils permettent de dissimuler les identités des utilisateurs et l'emplacement physique des serveurs. (Photo: comprimés d'amphétamine MDMA (ecstasy), une drogue dite récréative mais aux effets incontrôlables)
Les ventes « secrètes » en ligne se déroulent surtout sur des sites qui ne sont pas accessibles via des navigateurs ordinaires et de nombreux outils permettent de dissimuler les identités des utilisateurs et l'emplacement physique des serveurs. (Photo: comprimés d'amphétamine MDMA (ecstasy), une drogue dite récréative mais aux effets incontrôlables) (Crédits : Reuters)
Les ventes de substances illicites sur Internet augmentent, selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. Une tendance qui a pour effet de multiplier l’éventail de produits disponibles. Un article de notre partenaire Euractiv.

Si la plus grande partie des drogues et produits illégaux est toujours achetée en personne, les ventes en ligne sont sur le point de révolutionner le marché, grâce aux nouvelles technologies, à la mondialisation et à l'innovation commerciale, assure l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA).

Les ventes en ligne pourraient donc bientôt avoir le même effet sur le marché des substances illicites que eBay, Amazon et PayPal ont eu sur les marchés légaux, estiment les experts de l'EMCDDA dans un nouveau rapport, Internet et les marchés des drogues (en anglais).

Evolution numérique

« Presque tous les types de produits illégaux peuvent aujourd'hui être achetés sur Internet et livrés par la poste, sans aucune interaction directe entre vendeur et client », explique Dimitris Avramopoulos, commissaire européen à la migration, aux affaires intérieures et à la citoyenneté. « Le marché illicite évolue et nos moyens de lutte doivent évoluer de la même manière. »

Les ventes « secrètes » en ligne se déroulent surtout sur des sites qui ne sont pas accessibles via des navigateurs ordinaires et de nombreux outils permettent de dissimuler les identités des utilisateurs et l'emplacement physique des serveurs.

Les médias sociaux et applications sont à présent également de plus en plus utilisés, souligne le rapport. Des ventes ont ainsi lieu dans des petits groupes sur les réseaux sociaux, grâce à la langue vernaculaire du secteur.

Il y a dix ans, les produits médicinaux les plus souvent achetés en ligne étaient des produits thérapeutiques naturels ou à base de plantes, des produits de désaccoutumance au tabac et des produits de beauté ou d'amélioration des performances sexuelles. Plus récemment, l'EMCDDA a vu augmenter en flèche les ventes de médicaments visant à gagner du muscle ou perdre du poids.

Marché virtuel de la drogue

« Qu'il s'agisse de vente dans l'espace public ou dans l'appartement d'un dealer, l'achat de drogue est traditionnellement associé à des personnes en chair et en os et à des lieux précis. Si la majorité des échanges se font encore dans le monde physique, les marchés virtuels sont en pleine croissance et offrent un éventail de produits plus large aux acheteurs », explique Alexis Goosdeel, directeur de l'EMCDDA.

Cette évolution est particulièrement « inquiétante », parce que la maîtrise du numérique est de plus en plus répandue et que l'éventail de produits disponibles est de plus en plus large, souligne-t-il.

[Cet article est également disponible en anglais.]

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CONTEXTE

L'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) existe depuis 1993. Cette agence européenne décentralisée a été inaugurée à Lisbonne en 1995.

L'EMCDDA a pour mission de donner à l'UE et à ses États membres une vision factuelle des questions liées à la drogue et aux substances illicites et des éléments concrets sur lesquels baser le débat.

Les législateurs se servent des données fournies par l'EMCDDA pour élaborer des lois et stratégies informées sur la drogue. L'agence aide également les professionnels et praticiens à déterminer les meilleures pratiques et à délimiter de nouveaux sujets de recherche.

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PROCHAINES ÉTAPES

  • 5 avril : L'EMCDDA, Europol et le commissaire aux affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, présenteront le nouveau rapport sur Internet et les marchés de la drogue.

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DOCUMENT DE RÉFÉRENCE

   EMCDDA

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Par Henriette Jacobsen, EurActiv.com (traduit par Manon Flausch)

(Article publié le 12 févr. 2016)

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Euractiv

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a écrit le 17/02/2016 à 10:35 :
légaliser toutes les drogues est vraisemblablement ce qui devra être fait, car la guerre contre les drogues est perdue et coûte très cher aux contribuables des pays concernés.
Mais en reour, il faudra que nos politiciens soient très attentifs à ne pas reporter le coût de cette guerre perdue sur le traitement des ravages que font ces drogues. le coût des traitement médicaux ne devr apas être pris en charge par les systèmes de sécurité sociale: les consomateurs de drogue devront avoir contracté une assurance qui prendra en charge ces coûts. Ce principe est admis pour les activités sportives à risque, tels que les sports d'hiver, etc, il devra être étendu à toutes les activité dont le risque sur la santé est avéré. A titre d'exemple, les effets du tabagisme et de l'alcoolisme sont à la charge de la sécu: les traitemetn des cancers dus au tabas et de la cyrose du foie ne devraient plus être pris en charge par la sécu
a écrit le 15/02/2016 à 16:27 :
Il est temps de légaliser les drogues et je dis bien toutes les drogues, la guerre contre la drogue lancée par je ne sais plus quel président, reagan je suppose, depuis donc maintenant 30 ans est perdue, jamais les cartels n'ont été aussi puissants, la mafia est particulièrement présente dans les institutions mexicaines par exemple et on sait que l'argent de la drogue se mélange à l'argent de la finance ce qui fait qu'au final on n'arrive même plus à distinguer les circuits de blanchiments d'argents.

C'est loin d'être pour moi une action militante hein, je ne suis naturellement pas pour voir l'héro se développer en part de marché mais cela fait tellement de siècles, peut-être, qu'elle circule déjà et fait ses ravages que de toutes façon on n'y peut rien on n'empêchera jamais un consommateur de drogue de consommer et ce n'est pas les 120000 décès due à l’héroïne en russie, pays particulièrement intolérant dans le domaine pourtant, qui me contrediront. http://www.planetoscope.com/drogues/1097-nombre-de-morts-dus-a-l-heroine-en-russie.html

Cela arrive doucement, avec les budgets étatiques chaque année de plus en plus sanctionnés par la crise de la dette on voit de plus en plus de pays, d'états américains légaliser carrément la marijuana voyant ainsi leurs caisses se remplir tout en voyant leurs prisons se vider. Encore mieux certains états gagnent tellement d'argent qu'ils vont peut être finir par en redistribuer une partie. http://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/etats-unis-le-colorado-ne-sait-plus-quoi-faire-de-l-argent-du-cannabis_815389.html

La seule raison que l'on peut avoir pour conserver cette pénalisation stérile et coûteuse est de vouloir entretenir le milieu mafieux volontairement par peur ou par intérêts donc, je n'en vois aucune autre.
Réponse de le 16/02/2016 à 18:55 :
@zorro : tout à fait d'accord avec la légalisation, mais sans doute pas pour les mêmes raisons :-) Le problème de la vente en ligne est déjà connu, en particulier dans le domaine des méicaments. Des gens vendent en ligne (à prix d'or) des médicaments qui n'en sont pas et il faut s'attendre à la même chose avec la drogue. Ne pas savoir ce qui est vendu présente en effet un danger énorme. On est plutôt dans le domaine du grand banditisme et le meilleur moyen est sans doute de légaliser pour garder le contrôle du marché aussi bien fiscalement que sanitairement :-)
Réponse de le 17/02/2016 à 9:37 :
Justement avec une légalisation de la vente de drogue on pourrait sans problème contrôler ces méthodes de ventes.

Ça nous permettrait de gérer ce flux et donc d'empêcher que les gens achètent n'importe quoi à n'importe qui.

Si ces sites existent c'est à cause de la lâcheté avérée de nos politiciens incapables de prendre une mesure que l'on aurait du prendre il y a 20 ans et dont nous payons chaque jour un peu plus le prix.
a écrit le 15/02/2016 à 15:40 :
On nous a dis que L état s urgence réglerait tout !
H à bon ! On nous appris pour des brêles ! Heureux que ça soit dit !💉💊⚗🕳🍾🤓

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