Levothyrox : vers une action de groupe contre Merck KGaA et sa nouvelle formule

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Les avocats espèrent une décision judiciaire dans les 12 mois suivant la saisine du tribunal.
Les avocats espèrent une décision judiciaire dans les 12 mois suivant la saisine du tribunal. (Crédits : © Ralph Orlowski / Reuters)
Des avocats projettent d'attaquer le laboratoire allemand pour défaut d'information sur la nouvelle formule traitement pour les problèmes de thyroïde, accusée d'être responsable de maux de tête et vertiges, entre autres. Ils réclament 10.000 euros d'indemnités pour chaque plaignant.

Après Sanofi, le laboratoire Merck KGaA devrait faire face à une action de groupe en France. Des avocats projettent de lancer une action collective au civil contre le laboratoire allemand visant à obtenir rapidement l'indemnisation des malades de la thyroïde souffrant d'effets secondaires liés à la nouvelle formule du Levothyrox.

"Nous lançons cette action collective conjointe pour défaut d'information de la part du laboratoire et préjudice d'angoisse", a annoncé mardi 20 septembre lors d'une conférence de presse à Toulouse Me Christophe Lèguevaques. Selon l'avocat, les personnes qui désirent s'y engager peuvent depuis mardi s'inscrire sur une plateforme dévolue à ce genre d'actions, Mysmartcab. La date limite de dépôts des dossiers est fixée au 1er décembre, sauf prorogation, pour atteindre le seuil minimal de 500 demandeurs.

"Le changement de formule du Levothyrox a été fait dans des conditions anormales puisque l'information des malades n'a pas été réalisée par le laboratoire, or la loi prévoit une obligation d'information", a dit l'avocat.

Un manque d'informations pointé du doigt

Selon lui, la notice ne répertorie pas tous les effets secondaires dont se plaignent de très nombreux malades depuis le lancement sur le marché, en mars, de la nouvelle formule : maux de tête, vertiges, prise de poids notamment.

"Le symptôme majeur, c'est la fatigue", a témoigné une des avocats regroupés autour de Me Lèguevaques, Me Sophie Descat. Elle-même prend ce traitement depuis 17 ans et a fait état de "symptômes de fatigue intense et de crampes musculaires".

"Je n'ai pas été informée du changement", a-t-elle déploré. Or une information précise lui aurait permis "d'être moins angoissée". "J'aurais mis du sens à ce que je vivais", a-t-elle assuré.

9.000 personnes - sur environ 3 millions de patients prenant ce médicament en France - ont signalé des effets indésirables.

L'action au civil se distinguera des plaintes au pénal déjà déposées et à la suite desquelles la justice a ouvert une enquête. Au pénal, l'instruction peut prendre de très nombreuses années, ont précisé les avocats. L'action au civil doit permettre "une indemnisation rapide" des demandeurs, a souligné Me Romain Sintès.

Une décision attendue dans les 12 mois à venir

Les avocats demanderont une indemnité de 10.000 euros pour chaque plaignant, soit 5.000 euros pour le préjudice résultant du défaut d'information et autant pour le préjudice d'angoisse. Ils espèrent une décision judiciaire dans les 12 mois suivant la saisine du tribunal.

D'autres actions pourront éventuellement être proposées à certains patients pour couvrir des préjudices spécifiques qui devront être déterminés au cas par cas et après expertise.

Face à la colère de très nombreux patients, le gouvernement a annoncé la remise prochaine sur le marché de l'ancienne formule du Levothyrox, et des alternatives médicamenteuses dans quelques semaines.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 21/09/2017 à 20:52 :
J'en ai marre marre de ce nouveau traitement levothyrox .je ne supporte pas euthyral.que faire.vous nous tuez a petit feu.
a écrit le 20/09/2017 à 20:29 :
Depuis que j'utilise la nouvelle formule les problèmes sont : Perte de mémoire ne trouve pas le mot que je veux dire, vertiges ai été transportée au chu par le samu, problèmes de vue, nombreuses bouffées de chaleur. Je crois que l'on nous prend pour des cobails..
La santé pour eux ils n'en ont rien à faire, c'est le fric qui compte.
a écrit le 20/09/2017 à 12:38 :
Merk a agi à la de demande de l'Anses qui est la garante des medicaments en France .Sa nouvelles formule qui ne concerne pas le produit actif mais les adjuvants a été autorisé par ce meme organisme .Le labo est donc completement couvert car en ce qui concerne les effets secondaires il aurait fallu mener avant sa mise sur le marché à des années d'observation en milieu hospitalier et c'est pas le labo qui decide mais l'ANSES .Des avocats verreux vont donc faire cracher du fric à une clientele naive .C'est pas beau la vie !!!!!!!

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