Santé : qu'apporte la mission de Thomas Pesquet à la recherche ?

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Le Cnes et l'Inserm sont associés depuis plus d'un an pour que les données médicales et physiologiques recueillies sur les spationautes au sein de l'SS se traduisent par des avancées dans la recherche médicale.
Le Cnes et l'Inserm sont associés depuis plus d'un an pour que les données médicales et physiologiques recueillies sur les spationautes au sein de l'SS se traduisent par des avancées dans la recherche médicale. (Crédits : ESA/NASA)
Durant les six mois passés au sein de la Station spatiale international, Thomas Pesquet et les autres spationautes ont subi de nombreux tests médicaux. Les données extraites devraient aider à comprendre le vieillissement des os et du cœur, et feront progresser la recherche en radiothérapie.

Qu'apporte le voyage dans l'espace de Thomas Pesquet à la médecine ? Plusieurs chercheurs de l'Inserm et du Centre national d'études spatiales (CNES) étaient réunis au sein de l'Institut de France, mardi 10 octobre, pour tenter de répondre à cette question, en présence du spationaute français. Au cours de sa mission de six mois au sein de la Station spatiale internationale (ISS), Thomas Pesquet a subi avec d'autres spationautes une batterie de test médicaux pour comprendre la réaction de leur corps aux conditions d'impesanteur et d'accélération.

"L'accélération du processus de vieillissement dans l'espace permet de mieux comprendre comment certaines pathologies se forment afin de trouver des solutions médicales", détaille Yves Lévy, PDG de l'Inserm. Et plus particulièrement, ce vieillissement "est accéléré pour certains organes et parties du corps, notamment les os" renchérit Laurence Vico, chercheuse à l'Inserm et spécialisée dans la recherche autour des tissus osseux. "En apesanteur, les cosmonautes voient les ostéocytes (cellules responsables des activités de formation et de résorption osseuse) mourir prématurément." Et cela pousse l'Inserm à orienter ses recherches sur l'utilisation de "l'hypergravité". "On y tend de plus en plus. On teste déjà des niveau de gravité de 2G sur des rongeurs avec un système de plateforme d'hypergravité", ajoute la scientifique. Cette méthode pourrait être utilisée pour améliorer la condition des patients souffrant d'ostéoporose.

Autre partie du corps touchée par le vieillissement dans l'espace et un environnement de microgravité : le cœur. L'équipe de Pierre Boutouyrie, cardiologue à l'Inserm, a pu s'en rendre compte en étudiant les réactions cardiaques de Thomas Pesquet lors de son voyage.

Des bénéfices pour la télémédecine et la radiothérapie ?

La mission spatiale représente également un intérêt dans l'optique de l'évolution des technologies médicales. "Si on peut les transmettre de l'espace vers la terre des données individuelles en télémédecine, cela peut aider à améliorer le transfert de données médicales à des professionnels de santé à 200-300 km dans l'Hexagone", explique Yves Levy. De quoi potentiellement trouver des solutions aux problèmes de connexions dans certains déserts médicaux où la fibre manque cruellement...

Autre élément, les données obtenues dans le domaine de la radiothérapie. Comme l'explique, Nicolas Foray membre de l'Inserm spécialisé en radiologie, la radioactivité dans l'espace est deux fois plus importante que la plus importante mesurée sur terre. L'organisme peut-il s'y adapter ? Suite au voyage de Thomas Pesquet et des autres spationautes, il estime que, malgré la courte durée périple, "on peut présumer que l'organisme humain peut s'y adapter, du moins en partie".

Si pour le moment il est encore tôt pour que les chercheurs avancent des avancées concrète, Yves Lévy rappelle que les précédents voyages dans l'espace ont beaucoup apporté à la médecine. Ils ont "permis de développer des pompes cardiaques, des connaissances primordiales sur les ultrasons, de développer des échographes plus performants et également des pacemakers".

[ VIDEO ] Revoir la conférence du 10 octobre 2017 à l'Académie des Sciences en présence de Thomas Pesquet (à partir de la 31e min) et en partenariat avec l'ESA, le CNES et l'Inserm.

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Commentaires
a écrit le 11/10/2017 à 19:52 :
Il est impossible de générer durablement une hyper gravité, condition sine qua none pour parler de traitement.
a écrit le 11/10/2017 à 14:59 :
Intéressant, en dehors des avancées technologiques, cela exacerbe également l'esprit de découverte et de conquête.
Par contre vu le prix de l’expérience, ne pourrait-on mieux utiliser cet argent ?
Pour exemple, si on avait consacré la même somme à recruter des infirmièr(e)s, des médecins et des préventeurs, le bilan en termes de vie humaines sauvées serait probablement meilleur.

Sans compter qu’il n’y a pas spécialement besoin d’envoyer des gens dans l’espace pour savoir si leurs corps résistent aux conditions d'apesanteur et d'accélération et si l’on peut communiquer avec eux. Un séjour dans une quelconque administration pourrait suffire. (désolé pour la plaisanterie, ça allait tellement de soi).
Quand à la deuxième affirmation : "on peut présumer que l'organisme humain peut s'y adapter, du moins en partie » ça laisse pantois, c'est de la science ?

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