Technologies médicales : un record de levées de fonds en trompe-l'œil

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Dix levées de fonds représentent 64% des 3,8 milliards dollars collectés au premier semestre dans le secteur des medtechs.
Dix levées de fonds représentent 64% des 3,8 milliards dollars collectés au premier semestre dans le secteur des medtechs. (Crédits : Reuters)
Quelque 3,8 milliards de dollars ont été levés au premier semestre 2017 dans le secteur des dispositifs médicaux, un record. Mais les gros acteurs, comme la filiale d'Alphabet (Google), se sont emparés de la plus grosse part du gâteau, selon une étude du cabinet EP Vantage. La majorité des startups concevant des technologies médicales connaissent en parallèle des difficultés pour se financer.

L'argent des sociétés du capital-risque coule à flots dans le secteur des medtechs, mais pas pour toutes les entreprises. C'est du moins ce qu'avance le dernier rapport du cabinet EP Vantage qui a publié un bilan du premier semestre des sociétés concevant de technologies médicales, jeudi 3 août.

On y apprend qu'au premier semestre 2017, les sociétés concevant des technologies médicales ont levé pas moins de 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) auprès de fonds d'investissement. Un record absolu. Ce montant égale quasiment les sommes levées sur toute l'année 2016 (4 milliards de dollars au total).

Medtech capital risque

Lorsque l'on regarde ces transactions de plus près, il s'avère que les poids lourds du secteur sont ceux qui en ont le plus profité. Ainsi, Life Verily Science, filiale d'Alphabet (Google) a levé en janvier 800 millions de dollars auprès de Temasek, un fond souverain de Singapour. Grail, société américaine concevant des diagnostics pour détecter précocement les cancers, a collecté 900 millions de dollars, principalement auprès d'Arch Venture Partners et Johnson & Johnson. On peut également citer Guardant Health, fabricant de séquenceurs ADN, qui a levé 360 millions de dollars en mai.

Les deux tiers des levées de fonds issues d'une dizaine de transactions

In fine, 64% des 3,8 milliards dollars proviennent des dix levées de fonds les plus importantes du premier semestre 2017. Les autres entreprises se sont partagées 1,26 milliard de dollars. L'année dernière, le top 10 des deals représentaient 22% des 4 milliards de dollars levées. les sociétés restantes se partageaient donc 3,1 milliards de dollars. Autre chiffre peu encourageant, le nombre de levée de fonds : au second trimestre 2017, EP Vantage n'en recense que 48, ce qui en fait le plus faible nombre depuis 2006.

En clair, les jeunes sociétés et celles de taille modeste peinent à se financer, selon l'étude. Une tendance que le lobby des medtech AdvaMed évoquait dans un rapport publié à l'automne 2016. "La part de capital-risque dédié aux sociétés en cours de développement mais ne commercialisant pas ses produits est passé de 10% en 1993 à 3% en 2014", était-il alors souligné. Le groupe d'intérêt avançait que la majorité des levées de fonds étaient inférieures à 5 millions de dollars.

Stagnation du nombre de sociétés de technologies médicales

Selon EP Vantage, "l'argent ne revient pas aux sociétés qui en ont le plus besoin" ce qui les "prive des financements nécessaires pour se maintenir à flot". Et d'ajouter : cette tendance "risque de diminuer les chances de voir un fort développement de la nouvelle génération des technologies médicales". Le cabinet craint une surmortalité des startups et in fine la baisse du nombre de medtechs en Europe et aux Etats-Unis.

Néanmoins, nous n'en sommes pas encore là. On constate pour le moment une stagnation du nombre de sociétés, qui peut s'expliquer par les multiples fusions récentes. En 2015 on comptait 455 medtechs en Europe et aux Etats-Unis, soit deux de plus qu'en 2014, une période faste en termes de fusions-acquisitions. Leur nombre a augmenté régulièrement depuis 2012, année où l'on en recensait 381.

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Commentaires
a écrit le 06/08/2017 à 11:19 :
Notre pays a besoin d'une fiscalité attractive et de fonds de pension tricolore qui pourraient financer nos jeunes pousses. Macro devrait dynamiser notre pays en réduisant les charges, les impôts payés sur l'épargne et les salaires. Enfin, doter le pays d'universités capables de rivaliser avec les plus grandes mondiales et d'attirer les meilleurs professeurs.
a écrit le 05/08/2017 à 19:46 :
"l'argent ne revient pas aux sociétés qui en ont le plus besoin"

Pathologie chronique du néolibéralisme et de l'accaparement des capitaux dans les mains de quelques uns, nous reposant sur la bonne volonté de milliardaires qui n'en ont bien souvent que faire de la santé du plus grand nombre.
Réponse de le 07/08/2017 à 12:51 :
Merci beaucoup de m'encourager à continuer, vous déplaire est le signe que je dois continuer mais votre commentaire n'étant que du trollage, la seule expression de votre volonté de m'empêcher d'écrire, je le signale comme tel.
a écrit le 04/08/2017 à 22:15 :
merci
j'aime les gens qui vont voir le detail, ca nous evite bavasseries et debilites
a écrit le 04/08/2017 à 19:48 :
Oui mais d'un côté l'évolution technologique va trop vite, comme des chercheurs en Israël qui ont inventé la machine à détecter plusieurs maladies par la respiration et les odeurs.
C'est un secteur qui bouge trop vite c'est risqué d'investir beaucoup.
Réponse de le 05/08/2017 à 11:53 :
Merci pour votre remarque de bon sens, l'investissement dans les start up est risqué, formidable avancée de l'analyse financière ;-)

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