Vers un plan national de lutte contre la surconsommation d'alcool ?

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L'alcool est la première cause d'hospitalisation (580.000 patients par an) et représente un surcoût annuel de 2,6 milliards d'euros pour les hôpitaux.
L'alcool est la première cause d'hospitalisation (580.000 patients par an) et représente un surcoût annuel de 2,6 milliards d'euros pour les hôpitaux. (Crédits : Flickr/austin.happel. CC License by.)
Les associations contre l'alcoolisme se sont réunies mardi afin de proposer des mesures pour s'attaquer à la surconsommation de boissons alcoolisées. Celles-ci pourraient être reprises dans un plan national, selon une source proche du dossier. Il y a quelques mois, l’État était épinglé par la Cour des comptes pour son manque d'investissement à ce sujet...

Les lobbies de l'alcool en France doivent-ils s'inquiéter ? D'après nos informations, les principales associations de prévention et de lutte contre l'alcoolisme (Anpaa, SFA...) se sont réunies mardi 14 mars afin de formuler des propositions pour lutter contre la surconsommation. La réunion interassociative a été organisée "en vue de l'élaboration d'un plan national alcool", a expliqué à La Tribune une personne préférant rester anonyme, et dont l'organisation était partie prenante de cette réunion. "Les choses se mettent en place. Dans quelques jours ou semaines, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca, NDLR) devrait faire des annonces, dont certainement une journée sans alcool", a-t-elle ajouté.

Contactée par La Tribune, la Mildeca confirme simplement "un travail collectif sur des mesures de lutte contre les consommations excessives d'alcool". Mais elle assure "qu'il n'y a pas de préparation de plan, à proprement parler".

"Les discussions et les débats ont tourné autour de la prévention, des soins, de recherche, de l'implication des usagers, soit toute la palette d'une politique de santé", dit à La Tribune le docteur Bernard Basset, vice-président de l'Association nationale de prévention en alcoologie, qui a participé à la réunion. La forme sous laquelle les mesures définies seront relayées est encore floue, ajoute le docteur Bernard Basset. "Rapport complet, livre blanc... Ce n'est pas encore défini. Le résultat de ces discussions sera finalisé au printemps. Il sera prêt pour la prochaine mandature", estime-t-il. Il n'a néanmoins pas confirmé qu'un plan national alcool concret était en cours d'élaboration.

"Il y a un vrai problème de santé publique majeur, ne l'évitons plus !"

L'Etat pourrait donc serrer la vis après avoir été vivement critiqué sur sa politique de santé publique sur l'alcool dans un rapport de la Cour des comptes, il y a quelque mois. Les sages de la rue Cambon jugent que "l'État ne s'est pas donné les moyens d'infléchir les comportements à risque".

Le document déplore "une tolérance générale vis-à-vis de la consommation d'alcool"  due à un "héritage social et culturel, renforcé par les enjeux économiques". Le secteur des boissons alcoolisées génère pas moins de 22 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel et représente plus de 550.000 emplois directs et indirects.

Deuxième cause de mortalité en France

La Cour des comptes regrette, en outre, des "assouplissements" de la loi Évin du 10 janvier 1991 encadrant la publicité des boissons alcoolisées avec, notamment, la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016, qui inclut une mesure pour la défense des terroirs et de l'oenotourisme. Pour Bernard Basset, il est grand temps de sortir de l'attentisme face à la surconsommation: "Il y a une grande timidité des politiques sur ces questions. L'alcool est la deuxième cause de mortalité en France (49.000 morts par an. Il y a un vrai problème de santé publique majeur, ne l'évitons plus !"

L'alcool est la première cause d'hospitalisation (580.000 patients par an) et représente un surcoût annuel de 2,6 milliards d'euros pour les hôpitaux, selon un rapport de Institut de veille sanitaire, publié en 2015. Le professeur François Paille, coauteur de l'étude, estimait que l'ensemble du coût sanitaire et social de l'alcool "est de l'ordre de 20 milliards d'euros" par an.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2017 à 18:26 :
Bon, j'ai eu des ancêtres viticulteurs et pas de la m!, des vins de garde sur 20 ans et plus.
Ce que j'en pense: la chasse aux degrés depuis les années 60, un très bon vin n'a pas besoin de dépasser 11,5 alors que 13 voire plus est banal donc 20% d'alcoolisation en plus, c'est pas rien.
Noter que aucun vin rouge en france n'est proposé en demi-sec donc 11,5°
Ben oui le jus de raisin c'est 16/18% de sucre, si le vin est doux, c'est que moins de sucre a servi à faire de l'alcool, or on impose des rouges secs sans raison valable.
Plus ces sulfites idem depuis les années 60, un truc dégueu qui tue les levures bonnes pour la santé remplacées par un "jaja" cancérogène possible et éventuel qui donne un goût infect .
Bien sur on aurait du arracher les piquettes du midi et planter autre chose.
D'ou l'axiome en pays de loire "le vin du pays de ?, l'est tellement bon qu'il sert de déherbant!
Ce qui m'irrite et qui doit être strictement interdit sont les promos du genre une bouteille, la 2ème gratuite, une valise de bière achetée une de gratuite, etc, c'est du pousse à picoler.
Si du jour au lendemain il était strictement interdit de mettre du jaja (sulfites) dans le vin, champagnes mousseux et cidres, il y aurait d'énormes progrès pour la lutte contre l'alcoolisme et passer à peu mais du bon!
a écrit le 16/03/2017 à 15:08 :
Monsieur le journaliste qui critique des consommateurs d'alcool alors qu'il doit lui même picoler comme un Polonais! L'hypocrisie totale..
Réponse de le 20/03/2017 à 13:12 :
S'il picolait autant qu'un Polonais, il aurait beaucoup de mal à écrire !
a écrit le 16/03/2017 à 11:09 :
C'est faux ! L'état lutte activement contre l’alcoolisme en rendant les français suffisamment pauvres pour qu'ils n'aient plus les moyens d'acheter des spiritueux. Quelle mauvaise foi des lobby qui critiques nos institutions qui les gavent de subventions payés par la TVA sur la vente d'alcool... L'objectif de ces lobby est-il de terroriser le consommateur pour faire appliquer la charia en France ?
a écrit le 16/03/2017 à 10:49 :
Pourquoi seulement maintenant ?
a écrit le 15/03/2017 à 23:34 :
Sujet amusant car chaud. Et vu la crise économique mondiale en cours, vous allez pénaliser les producteurs ou les consommateurs..?? Car dans un cas comme dans l'autre, c'est pas gagné...
a écrit le 15/03/2017 à 19:42 :
Simplissime :
Faisons comme les SUISSES et autorisons la vente légale de certains cannabis .Plus besoin de RICARD ensuite !
a écrit le 15/03/2017 à 18:40 :
Allez, 550.000 chomeurs de plus pour la partie emergee du glaçon...
Plus tous les emplois induits... (ça inclut les hopitaux et les associations anti-alcool!)
ya qu'a aller planter de vignes en chine... et puis chez nous, on va remplacer tout ça par du canabis... trop cooooool
a écrit le 15/03/2017 à 18:35 :
N'est il pas de plus en plus affligeant de voir tous ces gens soi disant bien pensant qui veulent réduire les libertés des Français ?
a écrit le 15/03/2017 à 17:04 :
On vous veux que du bien... après la cigarette voici maintenant l'alcool dans le collimateur de notre état omnipotent. Je vous donne déjà la conclusion : augmentation des taxes et restriction de la vente. Dans Quel monde merveilleux allons nous vivre....Manger des pommes de terre bio dans son bout de jardin, cette technique a déjà été éprouvée, pour empêcher les mineurs de fonds d'aller boire au bistrot.
a écrit le 15/03/2017 à 17:04 :
On vous veux que du bien... après la cigarette voici maintenant l'alcool dans le collimateur de notre état omnipotent. Je vous donne déjà la conclusion : augmentation des taxes et restriction de la vente. Dans Quel monde merveilleux allons nous vivre....Manger des pommes de terre bio dans son bout de jardin, cette technique a déjà été éprouvée, pour empêcher les mineurs de fonds d'aller boire au bistrot.
a écrit le 15/03/2017 à 16:30 :
La journée sans alcool, ce sera un double apéro pour moi...
a écrit le 15/03/2017 à 16:18 :
On va finir par vivre vieux (projet de loi sur l interdiction de mourir avant 90 ans avec peine de prison à la clef), mais alors qu est ce qu on va s ennuyer. C'est fou cette propension de l état à son immiscer dans la sphère privée.
Réponse de le 15/03/2017 à 16:49 :
J'aurais tendance à penser comme vous mais soyons honnêtes 2 minutes. L'Homme est il suffisamment responsable pour le laisser faire ce qu'il veut ? La réponse est non car son irresponsabilité pénalise avant tout les autres et non lui même
a écrit le 15/03/2017 à 16:06 :
Un plan contre la "surconsommation d'alcool ?" Je m'interroge, cela fait maintenant 5 ans que les Français sucent de la glace grâce à Hollande !

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