La Tribune

La guerre du gaz russe reprend, cette fois avec la Biélorussie

Source Reuters  |   -  594  mots
Une réunion de crise a été convoquée ce lundi entre experts européens et russes pour évaluer les conséquences d'un conflit gazier russo-biélorusse, alors que Minsk promet de régler se dette envers Moscou. Les contentieux entre Moscou et ses voisins à propos du prix du gaz sont devenus un sujet de préoccupation récurrent. En janvier 2009, la Russie avait interrompu ses livraisons pendant près de deux semaines en raison d'une controverse avec l'Ukraine sur le prix du gaz et sur les conditions de son transit.

Alors que le ton monte entre la Russie et la Biélorussie sur les livraisons de gaz, Minsk vient de promettre ce lundi après-midi de payer sa dette envers Moscou d'ici deux semaines.

Et, signe que ce conflit inquiète l'UE, une réunion de crise a été convoquée ce lundi aussi entre experts européens et russes pour évaluer les conséquences de ce nouveau différend, susceptible de perturber l'approvisionnement de trois pays européens (Lituanie, Pologne et Allemagne), a indiqué Bruxelles. Le vice-Premier ministre russe, Igor Setchine, a informé lundi matin le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, de la réduction de ses livraisons gazières vers Minsk.

"Nous suivons la situation de très près et nous estimons que les livraisons de gaz russe transitant par la Biélorussie ne seront pas perturbées par le conflit", a précisé une porte-parole de la Commission européenne. 

La société Gazprom avait réduit lundi matin ses livraisons de gaz à la Biélorussie de 15% en raison d'un différend commercial avec Minsk, à qui elle réclame 192 millions de dollars d'impayés. Initialement, le géant gazier avait menacé la Biélorussie de réduire ses livraisons à hauteur de 85%.

"La dette n'a pas été honorée et à partir de 10h00 (6h GMT), ce lundi 21 juin, une réduction de 15% des livraisons de gaz à la Biélorussie a été mise en place", a déclaré le directeur général de Gazprom, Alexeï Miller, interrogé par des chaînes de télévision publiques.Le responsable de la société russe a par ailleurs expliqué que la réduction des fournitures de gaz se ferait de manière graduelle et qu'elle pourrait atteindre à terme un niveau de 85%.Un peu plus tôt dans la journée, le président russe, Dmitri Medvedev, avait demandé à Gazprom la mise en place de telles sanctions.

Les contentieux entre Moscou et ses voisins à propos du prix du gaz sont devenus un sujet de préoccupation en Europe. En janvier 2009, la Russie avait interrompu ses livraisons pendant près de deux semaines en raison d'une controverse avec l'Ukraine sur le prix du gaz et sur les conditions de son transit. De nouvelles tensions avaient eu lieu quelques mois plus tard, résolues plus rapidement.

"PAS DE PERTURBATIONS MAJEURES"

Dimanche, la Biélorussie avait dépêché une délégation à Moscou pour une réunion d'urgence destinée à résoudre le conflit. Miller a précisé lundi que les autorités biélorusses ont reconnu être en dette. "Ils ont proposé de payer avec des machines, des équipements et d'autres produits", a expliqué Miller, ajoutant que les discussions n'avaient pas abouti à un accord.

Selon Gazprom, la Biélorussie a acheté son gaz 150 dollars les 1.000 mètres cubes cette année alors que le prix était de 169,20 dollars pour le premier trimestre et de 184,80 dollars pour le deuxième trimestre.

L'Europe, sévèrement touchée en 2009 par une crise similaire avec Kiev, a peu de chances d'être concernée cette fois-ci, même en cas de durcissement des sanctions envers la Biélorussie, par laquelle transite seulement un dixième des exportations de gaz destinées au Vieux continent.

"Nous n'anticipons pas de perturbations majeures pour les mois d'été en raison de la baisse de la demande européenne et des capacités dont dispose l'Ukraine pour le moment", estime un analyste d'une société de courtage, Alexander Bourganski. "Nous pensons que la crise sera terminée à l'automne", précise-t-il.

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