L'équipe de France du nucléaire va devoir jouer plus collectif

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Le gouvernement français a annoncé lundi soir un programme de rationalisation de sa filière nucléaire civile et demandé à ses grands acteurs de travailler ensemble au lieu de se lancer dans des projets rivaux.

C'était l'un des points les plus attendus de la réunion du Conseil de politique nucléaire (CPN). Réuni à l'Elysée autour du président Nicolas Sarkozy, le CPN a demandé à EDF et GDF-Suez de coopérer à la mise au point du réacteur de moyenne puissance Atmea, développé par Areva avec le japonais Mitsubishi Heavy Industries. La construction d'un premier exemplaire de ce réacteur en France sera mise à l'étude, précise un communiqué de la présidence de la République française.

Inversement, le développement d'un autre réacteur de moyenne puissance (1.000 MW) envisagé par EDF avec la Chine se fera dans le cadre d'un partenariat global avec Pékin, auquel tous les acteurs de l'industrie nucléaire française seront associés. L'administrateur général du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) sera chargé de négocier ce partenariat, dont le projet a été annoncé lors de la visite en France du président chinois, Hu Jintao, en novembre.

Le gouvernement demande par ailleurs à Areva de transformer en filiale son activité dans les mines d'uranium, en "préalable à l'examen et à la mise en oeuvre des scénarios stratégiques et financiers permettant d'en assurer le développement". Cette filialisation pourrait être le prélude à l'ouverture du capital de cette activité minière, qui suscite l'intérêt d'EDF et d'investisseurs étrangers comme le Qatar.

EDF désigné comme chef de file

Le CPN demande également à Areva de conclure un accord d'approvisionnement en uranium de long terme avec EDF, opérateur des 58 centrales nucléaires françaises. ll tire aussi les leçons de l'échec français aux Emirats arabes unis, qui ont retenu fin 2009 une offre sud-coréenne plutôt que le réacteur EPR d'Areva, pour quatre centrales nucléaires. Pour éviter de nouvelles déconvenues, EDF sera désormais "le chef de file" de toute l'industrie nucléaire française à chaque fois que "la France est sollicitée pour ses compétences d'architecte ensemblier". Le rôle de leader du premier électricien mondial est également conforté par l'annonce de la nomination de son PDG, Henri Proglio, comme numéro deux d'un nouveau "Comité stratégique de l'énergie nucléaire". Ce comité, qui sera présidé par le ministre de l'Industrie Eric Besson, aura pour mission de "renforcer les relations et les partenariats entre les différents acteurs du secteur".

Le sort d'Anne Lauvergeon n'a pas été évoqué

Le communiqué de l'Elysée ne fait aucune allusion à la succession d'Anne Lauvergeon, dont le mandat à la tête d'Areva prend fin en juin. Des rumeurs d'éviction d'"Atomic Anne" ont régulièrement circulé depuis plus d'un an, sur fond de conflits récurrents avec Henri Proglio. Nicolas Sarkozy devrait recevoir dans les jours ou les semaines à venir une liste de candidats potentiels à sa succession. Mais il n'est pas exclu qu'elle fasse elle-même partie de cette liste.

Présidé par le chef de l'Etat, le CPN comprend le Premier ministre, le ministre chargé de l'énergie et ceux des Affaires étrangères, de l'Économie, de l'Industrie, du Commerce extérieur, de la Recherche, de la Défense et du Budget. Il comprend également le chef d'état-major des armées, le secrétaire général de la Défense nationale et l'administrateur général du CEA.
Sa réunion avait été préparée par une rencontre des industriels concernés - Areva, EDF, GDF-Suez, Alstom, CEA - vendredi, autour du ministre de l'Industrie.

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a écrit le 23/02/2011 à 18:49 :
Contrairement à Lauvergeon, Proglio, qui vient de Véolia, n'a aucune expérience du nucléaire. Dans la logique Sarkozienne, il est donc l'homme tout désigné pour diriger le nucléaire...
a écrit le 23/02/2011 à 4:44 :
La casse continue !
a écrit le 22/02/2011 à 20:30 :
Depuis le temps qu?Alstom (31% Bouygues) veut prendre pieds chez Areva ; le dernier obstacle, Anne Lauvergeon, bientôt levé en Juin, le nucléaire civil Français et sa production d?énergie sera en totalité aux mains du privé. EDF ou GDF en tant que Producteurs historiques n?existent plus (ErdF , GrdF, Suez GdF) Qu?adviendra-t?il des Centrales à démanteler ? J?ai malheureusement ma petite idée. Nous, citoyens, con-tribuables mettrons la main à la poche.

Réponse de le 22/02/2011 à 22:17 :
Depuis quand GDF est-il considéré comme un producteur historique du nucléaire français ?
Le passage au privé peut effectivement paraître inquiétant mais d'un autre côté cela semble nécessaire pour qu'Areva puisse se lancer dans la concurrence pour la construction de centrales nucléaires générations III aux USA...
Réponse de le 23/02/2011 à 8:46 :
Réponse à Thomas; bel optimisme que de penser que des capitaux Français vont pouvoir concurrencer les capitaux Internationaux! En parlant de GdF, je voulais signaler que la structure historique (Nationale) avait déjà été bradée au Privé(s)
Je remarque aussi dans l'article " Le gouvernement demande par ailleurs à Areva de transformer en filiales.........Quatar"
Bonjour le bradage!!!! et la libre concurrence! Amitiés quand même
Daniel
Réponse de le 23/02/2011 à 16:24 :
Je parlais plutôt de la structure légale de l'entreprise car côté financement, il existe quand même les prêts-export Coface et Areva, même privatisé, bénéficiera toujours de l'imbrication dans le système étatico-industriel qui est une assurance risque implicite (cela peut lui permettre de proposer des centrales "clé en main" à prix garanti ce qui semble être le principal avantage concurrentiel du marché).
Je suis contre la libéralisation des marchés électriques européens mais dans le cas d'un constructeur nucléaire spécialisé la démarche n'est peut-être pas vouée à l'échec.
Je serai content d'avoir votre opinion là-dessus ! Bien cordialement.
a écrit le 22/02/2011 à 18:36 :
La photo est explicite ,personne ne regarde dans la même direction ,il y a du boulot sur la planche. Quand a les traiter de bon à rien ,je taxerais vos propos de malhonete vu leur passé .Reprenez le parcours de Proglio par exemple ,et essayer d'en faire ne serai ce que le dix millième.
a écrit le 22/02/2011 à 16:40 :
oh la belle brochette de bons a rien copains de sarkozy et des guerini mais bons a rien
a écrit le 22/02/2011 à 16:32 :
Si j'ai bien compris EDF doit vendre à la Chine les secrets de fabrication d'AREVA pour que cette dernière vienne, demain, nous concurrencer.
Bravo monsieur Sarkozy ça c'est de la stratégie industrielle.
a écrit le 22/02/2011 à 14:45 :
Un peu plus de casse Sarkosienne !
a écrit le 22/02/2011 à 11:23 :
Voici une belle photo de la France qui marche d'une seule main, je veux dire d'un seul pied. Totalisons leur rémunération et divisions par le smic, ça doit faire quelque chose comme ... zut ma calculette n'a pas assez de chiffres;
a écrit le 22/02/2011 à 8:44 :
mais bon sang on a l'impression que c'est l'Etat qui mène les activités des ces entreprises ; et sarko fait ce qu'il veut
Réponse de le 22/02/2011 à 9:24 :
ludo31.
Vous avez raison; c'est cela la ROYAUTE et lorsque vous écrivez quelque-chose qui dérange (même très poliment) on ne le publie pas. Le Rescapé de la Bombe
Réponse de le 22/02/2011 à 16:48 :
Evidemment, Areva c'est le nucleaire ! C'est sous controle partiel de l'etat ! C'est stratégique les techno de fabrication de bombe !
Edf, c'est tratégique le courant ! Si plus de courant plus de France ! Et pas de ré election !
a écrit le 22/02/2011 à 7:25 :
Pour un enjeu majeur, il est incroyable de constater les difficultés que nos entreprises étatiques fleuron pour notre indépendance et nos emplois soient si difficile à mettre au diapason et en ordre de bataille.
Il est vrai que l'on va bien au but quand la cible est claire.
EDF et ces clients Français vont devoir financer allégrement les concurrents fictifs d'EDF suite aux rapts de l'UE à travers la loi NOME, du coup on comprend mieux les hésitations etn les yeux doux faits aux capitaux des pays pétroliers afin de financer la filière.....Avec plus d'efficacité et de volonté politique la France n'aurait pas besoin de ces financements externes qui à termes seront une plaie.
a écrit le 22/02/2011 à 7:13 :
Quand je pense que toute la politique de l'Europe est de dire les privatisations sont la garantie de la baisse des prix et ne peuvent que bénéficier aux citoyens!

Que font nos députés européens pour dire que le bilan de cette politique est inverse?
Ne pas réagir, c'est préparer la mort de l'Europe et de toute ses pays.
Réponse de le 22/02/2011 à 7:35 :
Pour nuancer les propos de CAPCHA, la loi NOME votée en décembre dans l'indifférence des citoyens Français, à pour but de détruire encore l'efficacité d'EDF qui fait tache, et contrairement aux principes de base de l'ue, on vient détruire ici le concept du monopole, afin d'augmenter le prix de l'éléctricité et le ramener au prix moyen Européen plus élévé qu celui de la France.
25% de la production nucléaire Française vendue à prix coutant à la concurrence.
L'astuce du gouvernement maintenant est de mettre un prix de vente qui satisfera EDF, l'Europe, et engraissera les faux concurrents. Tous les Francais payeront une augmentation substancielle pour le même service, cces recettes sont en grande partie perdue pour le dployment de nos industries.

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