Le charbon a encore de beaux jours devant lui

 |   |  501  mots
Infographie La Tribune/B.HEDOUIN
Infographie La Tribune/B.HEDOUIN
L'augmentation de la consommation d'électricité et les inquiétudes au sujet du nucléaire après l'accident de Fukushima offre de belles perspectives au charbon.

Avec la plus grande discrétion, le charbon reste encore le fournisseur de la majeure partie de l'électricité mondiale. Son impact sur l'effet de serre a beau être le pire de tous les hydrocarbures, il reste l'énergie la moins chère, donc la plus utilisée pour la génération d'électricité, qui est sa principale utilisation (près de 90 %). Et ce ne sont pas la catastrophe nucléaire au Japon ou les tensions dans les pays arabes producteurs de pétrole qui vont l'affaiblir, bien au contraire.

La croissance des besoins énergétiques de la planète se traduit surtout par une progression des besoins d'électricité dans les pays émergents. Or le charbon est de loin l'énergie la plus abondante : les réserves prouvées font état de 180 années de consommation au rythme actuel contre 40 années pour le pétrole et 70 années pour le gaz (ces deux derniers chiffres restant toutefois très controversés).

Mieux encore, le charbon est réparti relativement uniformément sur tous les continents, alors que pétrole et gaz sont concentrés dans quelques centres névralgiques. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la Chine, qui génère plus de 70 % de son électricité avec du charbon, devrait construire plus de 600 gigawatts de capacité de production dans les deux décennies à venir - ce qui représente autant de centrales que ce qui existe aujourd'hui dans toute l'OCDE ! « L'augmentation de la consommation de la Chine sur deux ans représente la consommation totale des États-Unis », relève Carlos Alvarez, responsable des marchés du charbon à l'AIE.

Violentes variations de prix

« La Chine a besoin de 5 à 7 % de charbon de plus par an, et doit donc en importer des quantités croissantes chaque année. En 2011, ce sera 233 millions de tonnes, ce qui est plus que les capacités d'exportation mondiales actuelles », assure la société de gestion Berhneim Dreyfus, qui conseille d'investir dans des mines de charbon puisque nombre d'entre elles sont amenées à fusionner. Et qu'elles risquent d'être durement sollicitées dans les années à venir. « Pour suivre la demande, les principaux pays exportateurs comme l'Indonésie, l'Afrique du Sud et l'Australie vont devoir investir dans des chemins de fer supplémentaires. S'ils ne le font pas assez vite, il y a un risque de création de goulets d'étranglement », prévient Carlos Alvarez.

Or, même s'il est abondant, le charbon subit de violentes variations de prix pour des raisons principalement logistiques. Ainsi, malgré une demande en berne en Europe cet hiver, les prix restent accrochés à des niveaux historiquement élevés, soit plus de 115 dollars la tonne, parce que l'offre de charbon peine à suivre. La tonne de charbon à coke, un combustible de très bonne qualité dont la moitié des mines sont concentrées dans le Queensland en Australie, a bondi début 2011 après les inondations gigantesques subies par cet État. Des signes de tension qui pourraient devenir récurrents.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/03/2011 à 15:35 :
Article truffé d erreurs et d approximations.
le charbon n est pas un hydrocarbure, 43 années de réserves de pétrole, gaz relativement bien réparti et plus de réserves en incluant le non conventionnel (ce qui doit etre le cas aujourd'hui), pas de charbon au Moyen Orient et peu en Afrique et Amérique Latine... ca fait beaucoup d erreurs...
a écrit le 21/03/2011 à 17:28 :
Pas de commentaires...Ah, si les écolos détestaient autant le charbon que le nucléaire!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :