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EDF, dont une partie des équipes a toujours été hostile au réacteur EPR, développé par Areva et Siemens, propose une porte de sortie à l'affrontement entre Verts et PS sur l'EPR de Flamanville, en affichant sa volonté de laisser tomber ce modèle. Hervé Machenaud, membre du comité exécutif d'EDF, en charge de la production et de l'ingénierie, a commencé à dévoiler cette ligne lors d'une conférence de presse jeudi sur le chantier de Flamanville (Manche). « Un réacteur, quel qu'il soit, n'est jamais la fin d'une histoire technologique. L'EPR est le modèle dont on dispose en ce moment, que nous construisons ici et en Chine, bientôt j'espère en Grande-Bretagne, mais aussi en Pologne et en République tchèque. Mais cela ne veut pas dire qu'il faille s'arrêter dans la réflexion sur le modèle suivant. »
En clair : EDF propose l'EPR tant qu'il n'aura pas un autre modèle dans ses cartons. Et l'électricien y travaille déjà. « Ce n'est pas grave. C'est comme dans l'automobile, il y a des modèles qui marchent plus ou moins », relativise-t-on chez EDF. L'électricien planche avec son partenaire, l'électricien chinois CGNPC, sur un autre réacteur, plus petit (1.000 MW contre 1.700 MW pour l'EPR). « Et celui-ci n'aura pas grand-chose à voir avec l'EPR », affirme un proche du dossier. Chez Areva, on s'affiche persuadé du contraire. « Nous travaillons avec EDF et les Chinois au développement d'un nouveau réacteur, pour lequel l'Atmea (version de l'EPR en 1.000 MW) servira de base », affirme Claude Jaouen, directeur réacteurs et services chez Areva. « En aucun cas. L'Atmea est un réacteur dessiné par des vendeurs, pas par des exploitants », rétorque-t-on chez EDF. « On remet tout à plat avec CGNPC. La première phase de conception est en cours, le ?basic design? devrait être terminé fin 2013 », ajoute-t-on chez l'électricien. Ce développement franco-chinois a été décidé il y a un an par les deux présidents de la République, qui en ont confié la responsabilité aux deux électriciens EDF et CGNPC. Pour tenter d'apaiser les tensions avec Areva, l'Élysée a chargé le CEA de superviser le tout. La tâche ne s'annonce pas aisée.
La pression des verts
En renonçant à bâtir une vaste série d'EPR, EDF ne cède pas à la pression des Verts. Une partie des équipes nucléaires de l'électricien juge depuis le début trop coûteux et trop sophistiqué ce réacteur, conçu sans eux. La conception de cet « European Power Reactor » a été lancée par Framatome (ex-Areva) et Siemens au début des années 1990 dans le cadre du rapprochement franco-allemand mené par Mitterrand et Kohl. Pragmatiquement, il s'agissait de préserver le savoir-faire des équipes d'ingénierie françaises au moment où le programme nucléaire hexagonal se terminait, et où l'Allemagne hésitait, déjà, sur le sort du sien. « L'EPR a été conçu principalement en Allemagne, sur le modèle du réacteur allemand Konvoi, deux fois plus cher que les centrales françaises », souligne un spécialiste du secteur. Tenu à l'écart, EDF ne l'a jamais digéré.
Le ressentiment a tourné à la franche animosité au début des années 2000 lorsque l'EPR, fraîchement dessiné, est venu représenter les couleurs françaises en Chine contre l'AP1000 de l'américain Westinghouse. Un casus belli sur un terrain où EDF, pionnier du programme nucléaire chinois, régnait en maître « En 2003, les Chinois étaient au bord d'opter pour la généralisation de la dernière génération de centrales françaises, dites N4, lorsque les Américains ont fait le forcing et surtout Anne Lauvergeon est venue s'opposer au N4 pour vendre son EPR », se souvient un ancien d'EDF en Chine. Le bilan des deux chantiers d'EPR en France et en Finlande, où délais et facture ont doublé, passant de quatre à huit ans et de 3 à 6 milliards d'euros, ont achevé de sceller le sort de l'EPR chez EDF. Accessoirement, chez l'électricien, on veut croire qu'une promesse du style « on finit Flamanville, mais on ne construit pas d'autres EPR » pourrait fournir un terrain d'entente entre Verts et PS, et préserver le futur du nucléaire en France.
fred a écrit le 14/11/2011 à 13:28 :
Deux points : à chaque fois que nos dirigeants n'ont pas de plus hautes ambitions que de se mettre à la remorque de l'allemagne, l'euro, les débuts d'eads (alors qu'auparavant du temps d'aerospatiale tout allait bien), et maintenant cet EPR ..., ça plante ... Ensuite quand on a les trois quarts de l'électricité qui vient du nucléaire, ca veut dire qu'on va avoir les centrales nucléaires qui vont tourner en sous-capacité une bonne partie du temps (quand la consammation d'électricité est inférieure aux 3/4 de la normale ), alors plutôt que de vouloir encore développer de nouvelles centrales , ne vaudrait il pas mieux mieux utiliser celles qu'on a déja, en développant la voiture électrique par exemple, voitures à charger de nuit quand les centrales sont en sous-charge.
clem a écrit le 14/11/2011 à 12:40 :
c'est du chantage, EDF s'invite dans la campagne présidentiel
ovate a écrit le 14/11/2011 à 12:18 :
après le charles de gaulle......
gerardc27 a écrit le 14/11/2011 à 10:55 :
A la lecture de cet article , il est plus aisé de comprendre pourquoi cet EPR est si compliqué à construire. Il a été pensé par les allemands, qui (malheureusement )en limites technologiques fabriquent des usines à "gaz". Siemens "dépassé" a abandonné le projet en route et comme toujours "l'arrogance technique "des français a fait le reste.
A Mr Rada a écrit le 14/11/2011 à 10:50 :
Cher "Dr" RADA, expliquez moi pourquoi la centrale SUPERPHENIX dans l'Ain n'a pas été démantelée alors qu'elle n'a jamais fonctionné ? Et sa voisine du Bugey qui a 30 ans et que les fans du nucleaire souhaitent prolonger de 20 ans ... C'est cela avoir une vision ...
arzi77 a écrit le 14/11/2011 à 10:42 :
Bien sur, les ingénieurs peuvent produire "tous seuls comme des grands"... des catastrophes industrielles... notamment en situation ou la "concurrence librement faussée"... et la libre circulation des capitaux, (en clair la "libre prédation"...), rendent obligatoire la "chasse aux sur-qualités"... pour reprendre la novlangue managériale en usage. Ce mot d'ordre, (et la "simplification"... des procédures de maitrise des risques qu'il implique), est partout à l'oeuvre, hélas, notamment pour détruire des décennies de culture de la sécurité, dans les services publics. Lors des "Fukushima de demain"... à l'hopital, à la SNCF, ou en centrales nucléaires... on nous ressortira les grands discours en "langue d'ébène"... à base de "combinaison totalement imprévisible de causes indépendantes"... (un séisme et un tsunami, par exemple ?), et surtout... "d'erreurs humaines" ! (ce refuge commode pour responsables... irresponsables !) Quand à se demander ce qui existait avant que l'exigence de rentabilité a 2 chiffres ne vienne déclencher la "chasse aux sur-qualités"... (et si cela aurait pu éviter la catastrophe), il n'en sera aucunement question ! Enfin... lorsque les politiques viennent interférer dans les choix techniques... alors, il semble que la qualité du désastre puisse... "encore progresser" ! Mitterrand et Lauvergeon... même combat ? ! *«L'EPR a été conçu principalement en Allemagne, sur le modèle du réacteur allemand Konvoi, deux fois plus cher que les centrales françaises », souligne un spécialiste du secteur. Tenu à l'écart, EDF ne l'a jamais digéré.* On est vraiment heureux d'apprendre avec 20 ans de décalage, quels furent les éléments ("indépendants de de notre volonté" ?), qui ont déterminé notre avenir ! Dans la "même [dé]veine"... on connait l'histoire du lanceur Ariane 5... cette autre décision prise pour raisons politiques, à l'époque Mitterrand. Ce bijou technologique a ~10 milliards est totalement inutilisable pour les missions de service public ! (Il ne peut servir qu'a améliorer les dividendes des actionnaires du secteur des télecoms). Au point que l'on fut obligé, à peine quelques mois après avoir démantelé la filière Ariane 1 à 4, (qui n'avait de commun avec Ariane 5 que... la dénomination de cette famille de lanceurs !), de décider la construction d'une base de lancement Soyouz à Kourou !
2ranc a écrit le 14/11/2011 à 10:35 :
Quand on lit un tel article on est effrayé et, si c'est vrais, on comprend mieux le déclin de la France sur les marchés internationaux. Areva contre EDF à l'export, Dassault contre un cafouillage de première pour la vente des rafales... Bravo continuez comme cela et bientôt nous serons plus pauvre que le Mali. A quand un dirigeant pour la France qui puisse remettre de l'ordre à coup de pieds dans le c..
mimi76 a écrit le 14/11/2011 à 10:06 :
Merci Dr RADA enfin des paroles sensées, oui les Français sont des veaux, le programme Allemand sur les éoliennes n'a jamais été rentable, et équilibré, ils reviennent aujourd'hui au thermique, est ce que l'on veut, nos écologistes fringants n'en sont pas à une ineptie près, la loi Cochet sur le rachat de l'électricité éolienne a fait qu'elle est 3 fois plus chère que celle produite par EDF, et que les panneaux photovoltaïques construits à base de silicium, sont une pollution d'une rare intensité, bien sûr dans les pays producteurs, la où la misère sévit le plus,donc méfions nous des réflexions à court terme, dont on nous rebat les oreilles à grand renfort de médias, aujourd'hui la France(EDF) n'en déplaise à d'aucuns, vend son électricité à toute l'Europe, et nous nous la payons la moins cher du monde!!!!!!!!
Arnaud a répondu le 14/11/2011 à 10:37 :
oula, beau résumé de la propagande d'EDF/AREVA D'une part nous ne payons pas l'électricité la moins chère du monde mais l'une des moins chères d'europe, Américains, pays du golfe, Australiens, Chinois ont de l'électricité bien moins chère que la notre grace au charbon, pétrole et gaz de schiste... le silicium ne pollue pas et se recycle très facilement, il y en a d'ailleurs pas mal dans l'ordinateur que vous utilisez. l'éolectricité éolienne terrestre est au même prix que l'électricité nucléaire construite aujourd'hui, vous ne pouvez pas comparer des réacteurs amortis depuis des années à des éoliennes construites aujourd'hui? D'ailleurs l'électricité nucléaire amortie est délivrée à 40/42? le MWh pour 80? l'éolien d'aujourd'hui. Le facteur est donc de 2 et non pas de 3. Et l'éolien amorti (plus de 10 ans) décroit jusqu'à 26? le MWh, presque 2 fois moins cher que le nucléaire. Quand aux allemands ils ont doublé la part d'ENR dans leur mix électrique, ils en ont aujourd'hui plus que nous!
EIFFEL a répondu le 14/11/2011 à 10:51 :
Et en plus, le retraitement des déchets, le stockage des déchets radioctifs, le démantèlement des vieilles centrales sont des poisons pour les générations actuelles et futures pour des milliers d'années
Oldtimer a répondu le 14/11/2011 à 11:07 :
Propagande contre propagande?
Démosthène a écrit le 14/11/2011 à 09:52 :
Il est important qu'EDF se tienne à l'écart de la politique. L'EPR eszt une avancée qui ne tient sans doute pas toutes ses promesses.Ce n'était semble-t-il qu'une évolution des modèles précédents. Il a coûté fort cher, mais c'est cela la recherche. Il faut l'assumer. Il faut sans doute maintenant chercher de nouvelles voix, plus performantes, plus sures. Si le PS et les Verts se chipotent ou s'étripent, EDF n'a pas à s'en mêler ou les aider à trouver des compromis fallacieux. Ces gens là sont trop dangereux pour le pays.
Laurent68 a écrit le 14/11/2011 à 09:20 :
Vous etes tous fou ? Vous partez tous du principe d'arreter le nucléaire pour des solutions alternatives qui ne sont pour l'instant ni crédibles ni raisonnables (écologiquement et économiquement). Contrairement a l'Allemagne, nous ne disposons par d'énormes ressources en lignite, car c'est bien ca la vraie alternative Allemande : un programme de construction de 55 nouvelles centrales au lignite a débuté... je ne vous parle pas du bilan carbone ! Les reves c'est chouette mais imaginer que le photovotaique et que les éoliennes sont la solution c'est simplement ridicule: ce type de production sera une bonne solution lorsqu'on pourra garer sa voiture electrique devant chez soi et la connecter a ses propres panneaux solaires ou à sa propre mini éolienne mais actuellement ce n'est ni possible ni légal. Reste les usines marée motrices: modifier le rythmes des marées en créant des courants contre nature a eu des conséquences dramatiques au Mont saint Michel par la construction d'une simple digue: imaginez la contruction d'usines énormes capables de produire autant qu'une centrale nucléaire... Aucune solution miracle n'existe pour remplacer le nucléaire, en attendant nous devons donc poursuivre du mieux possible a exploiter cette ressource énergétique.
Oldtimer a répondu le 14/11/2011 à 11:00 :
C'est le bon sens!
Greengrunt a répondu le 14/11/2011 à 11:36 :
Bien au contraire d' après des études indépendantes, à capitaux investis égaux, les énergies renouvelables (uniquement dans le cadre des technologies actuelles) arrivent d' ores et déjà au double de production énergétique... La propagande française sur le nucléaire est ridicule est vise seulement à convertir la population aux agissements immoraux d' une "élite" ("amortir" des investissements de longue date en vendant des technologies obsolètes à des pays émergeant).
pmxr a écrit le 14/11/2011 à 09:17 :
Si c'est le cas ... que de fric gaspillé !!!!! (nos impôts)
Conscience a écrit le 14/11/2011 à 08:06 :
L'image d'EDF se dégrade tous les jours et la confiance aussi. Nucléaire ou pas le prix de l'électricité va grimper en flèche pour renflouer le gouffre financier généré par les mauvais choix d'investissements. Il y a bien longtemps qu'il aurait fallu investir en dehors du nucléaire alors qu'on ne sait toujours pas démanteler les centrales en fin de vie et que cela coûtera plus cher que de les construire. Un référendum ? si c'est encore pour ne pas respecter le choix qui en résulterait ... A Fukushima rien n'est réglé et la population Japonaise continue d'être sacrifiée lentement parce qu'il n'y a aucune autre solution. C'est pour quand en France ?
EIFFEL a écrit le 14/11/2011 à 07:56 :
L'EPR est une invention suicidaire qui devra être combattu par tous les Français et tous les citoyens du monde qui aspirent tout simplement à vivre. Henri Proglio a une attitude inqualifiable en voulant développer une filière aussi mortifère.
Démosthène a répondu le 14/11/2011 à 11:49 :
Vous semblez être ignorant du sujet. L'EPR n'est pas vraiment une technique nouvelle, ce n'est donc pas une "invention". C'est simplement l'évolution naturelle des techniques actuelles.
fred a répondu le 14/11/2011 à 13:19 :
Contre-sens : proglio veut précisément ne plus développer l'epr, contre areva, relisez l'article.
Pierre Nathan a écrit le 14/11/2011 à 00:53 :
Ça serait qu'EDF se décide à abandonner cette confusion permanente des rôles entre exploitant, concepteur et VRP international, pour tout miser sur la maîtrise de la sureté de fonctionnement et de la qualité d'exploitation. Retards de livraison à répétition, incidents de fonctionnement répétés, absence de maîtrise des sous-traitants...la qualité de réalisation fait frémir. Sans parler de la culture des voyants verts et du secret. Il est grand temps de mettre aux voix du référendum le débat et l'action sur la stratégie nucléaire, et de faire d'EDF non l'ambassadeur du nucléaire, mais un exploitant et distributeur local ouvert à la diversité énergétique et qui fasse évoluer ses réseaux pour accepter d'abord l'autoproduction, ensuite les renouvelables décentralisées en masse. Sortir de l'EPR semble urgent et indispensable, mais remettre à plat le modèle d'EPR est également nécessaire, économiquement, industriellement et démocratiquement.
revolution a écrit le 13/11/2011 à 23:41 :
C'est clair que si l'EPR n'est qu'un ersatz de résidu de centrale Allemande maintenant abandonné par l'Allemagne et qui de surcroit coute toujours deux fois trop cher .. il est temps d'abandonner ce projet au plus vite !!
French flair a écrit le 13/11/2011 à 22:31 :
Tout ca pour ca, vive la France médiocre. En plus des 4 milliards d'euros de pénalité de retard à payer aux Finlandais pour leur EPR toujours pas en marche ... Maintenant on va se faire pomper par les chinois ... Fais bon d'etre expatrié !!!
Dr RADA a répondu le 14/11/2011 à 09:08 :
@ Conscience , revolution.. Je suis toujours amusé de lire les gens bien pensants , informés avec un avis éclairé mais qui me rappellent une phrase du Général De gaulle. Les francais sont des veaux. Vous en faites partie, ne serait ce qu'à l'évocation d'un référendum.
arnaud a répondu le 14/11/2011 à 10:40 :
vous avez raison, surtout pas de démocratie dans le nucléaire, tout cela est bien mieux quand le nucléaire est opaque et que tout se décide entre industriels et politiques conservateurs, ne surtout pas essayer d'aller vers un modèle propre et renouvelable, décentralisé et démocratique.
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La filière des centrales à l'Uranium est révolues depuis Fuckushima. Trop de risques. Trop peu abondant sur la terre. Et comme nous le montre l'Iran un risque non négligeable d'application militaire. C'est la filière au Thorium qui a le vent...
par palap le 14/11/2011 à 15:36
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palap a écrit le 14/11/2011 à 15:36 :
La filière des centrales à l'Uranium est révolues depuis Fuckushima. Trop de risques. Trop peu abondant sur la terre. Et comme nous le montre l'Iran un risque non négligeable d'application militaire. C'est la filière au Thorium qui a le vent en poupe. Beaucoup moins dangereuse. Reserve de combustible infiniment plus abpndante ( on en trouve partout à bas coût. Aucun risque de fabriquer du Plutonium avec. Et ça les Chinois et les Indiens le mettent déjà en pratique. J'espère pour EDF qu'il prendra le virage à temps sinon nos prochaines centrales seront "made in China" ....