Le suisse Petroplus met trois raffineries à l'arrêt, discute avec les banques

Petroplus va mettre à l'arrêt trois de ses cinq raffineries de pétrole, invoquant les conditions économiques, la disponibilité limitée du crédit, ainsi qu'un approvisionnement en pétrole insuffisant depuis que ses banquiers ont gelé un milliard de dollars de lignes de crédit.
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Le raffineur suisse, qui cherche à restaurer ses capacités de crédit et à assurer la poursuite de ses activités, a fait savoir vendredi qu'il comptait poursuivre les discussions avec ses banques dans les jours qui viennent, après avoir parlé de négociations pour l'instant "constructives".

"D'ici (l'aboutissement des discussions), l'entreprise va commencer des arrêts économiques temporaires des raffineries de Petit-Couronne (France), d'Anvers (Belgique) et de Cressier (Suisse) en janvier 2012", déclare Petroplus dans un communiqué.

La raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime) emploie 550 salariés, pour une production de 162.000 barils par jour.

A Paris, le ministère de l'Economie a fait savoir par un communiqué que le PDG de Petroplus, Jean-Paul Vettier, serait reçu en début de semaine prochaine par le ministre chargé de l'Industrie, Eric Besson, pour faire le point sur les perspectives du site de Petit-Couronne.

Petroplus, premier raffineur indépendant en Europe, ainsi que des représentants de gouvernements européens, sont en discussions avec les 13 banques qui ont gelé un milliard de dollars de lignes de crédit dont le groupe avait besoin pour s'approvisionner en pétrole.

Une source proche du dossier a indiqué vendredi à Reuters que le groupe suisse avait obtenu un accord de financement provisoire de la part de son consortium bancaire en attendant qu'une solution soit trouvée concernant sa viabilité opérationnelle.

Parmi les 13 principales banques de Petroplus figurent Credit Suisse, Morgan Stanley et Deutsche Bank, ainsi les français BNP Paribas, Société générale et Natixis.

La situation de Petroplus a amené le gouvernement français a saisir le médiateur du crédit.

Les autorités locales suisses ont quant à elles fait savoir qu'elles plaidaient auprès des banquiers helvétiques pour qu'ils revoient leur décision.

"J'ai téléphoné hier aux deux banques suisses, UBS et Credit Suisse, pour insister sur l'importance locale et stratégique de la raffinerie de Cressier", a déclaré Thierry Grosjean, ministre de l'Economie du canton de Neuchâtel, où est située la raffinerie de CRessier.

L'action Petroplus a gagné 6,1% à 1,74 franc suisse, après avoir perdu plus de la moitié de sa valeur depuis l'annonce du gel de crédit mardi.

POURQUOI MAINTENANT ?

Alors que la raison qui a poussé les banques à geler les lignes de crédit reste peu claire, des traders et des analystes citent parmi les explications possibles la dégradation des perspectives du secteur et une pression de la part des gouvernements pour renforcer leurs fonds propres.

Un acteur de l'industrie des prêts n'était toutefois pas de cet avis.

"Pour moi, c'est un signal clair que quelque chose est arrivé. Les banques ne font tout simplement pas ce genre de chose, à moins qu'un événement ne soit survenu. C'est très atypique. Il manque clairement une pièce du puzzle", a expliqué sous couvert d'anonymat un chef de file d'un syndicat bancaire qui n'est pas impliqué dans le dossier Petroplus.

Contacté par Reuters par téléphone et courrier électronique, Petroplus n'a pas répondu, et n'a pas souhaité fournir d'autres informations que celles qu'il a diffusées dans son communiqué du 27 décembre, puis dans celui de ce vendredi.

Les agences Moody's et Standard & Poor's ont abaissé jeudi les notes de crédit qu'elles accordent à Petroplus en raison des incertitudes concernant la capacité du groupe à financer la poursuite de ses activités.

Petroplus contrôle 4,4% de la capacité de raffinage en Europe. Outre les sites de Petit-Couronne, Anvers et Cressier, il dispose d'une raffinerie à Coryton, au Royaume-Uni, et à Ingolstdt, en Allemagne.

Marie Mawad pour le service français, avec Cyril Altmeyer, édité par Dominique Rodriguez

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Commentaires 3
à écrit le 02/01/2012 à 15:34
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Oui,mais les syndicats sont à caresser dans le sens du poil. Alors la logique industrielle que nenni. vive le monde Blingbling et >rolex. le reste paiera. mais dans 5 mois......

à écrit le 02/01/2012 à 11:43
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qu'on ferme ca et qu'on n'en parle plus; de toute facon il y a surcapacite, et c'est pas rentable...

à écrit le 02/01/2012 à 10:21
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Les capacités de raffinage sont de toutes les façons pléthoriques et ça ne risque pas de s'arranger; alors à quoi bon maintenir cette société sous perfusion.

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