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Gaz de schiste : l'Algérie prête à se lancer dans son exploitation

Gaz naturel de schiste / Photo Reuters
Gaz naturel de schiste / Photo Reuters (Crédits : Bloomberg)
Hamid Guemache  |   -  424  mots
Selon le gouvernement algérien, les réserves de gaz non conventionnel sont aussi importantes que celles des États-Unis. Problème, l'eau pourrait faire défaut dans ce pays semi-aride.

Alger ne souhaite pas laisser passer une telle opportunité énergétique. Le gouvernement algérien veut exploiter ses gisements de gaz de schiste. Et ce d'autant que, selon le ministre algérien de l?...


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Commentaires

AN  a écrit le 04/12/2014 à 14:16 :

02/03/2011 à 10h10
Le « WikiLeaks » des gaz de schiste sur la radioactivité
Sophie Caillat | Journaliste ,paru dans L’OBS rue 89

• enquête sur les gaz de schiste publiée par le New York Times est une nouvelle bombe lancée sur cette technique d’extraction contre laquelle la mobilisation grandit en France. Non seulement les preuves d’effets sur la santé se multiplient, mais l’enquête révèle que l’eau rejetée par les puits est radioactive.
Le quotidien américain a consacré de gros moyens au déchiffrage des quelque 30 000 pages de documents confidentiels provenant de l’agence américaine de protection de l’environnement, l’EPA, et de différentes sources internes à l’industrie, qu’il s’est procurés. Une méthode « à la manière de WikiLeaks », mais avec le professionnalisme des équipes du journal, qui ont ajouté aux données brutes :
o une infographie interactive : une carte recense la radioactivité présente dans 149 des quelque 200 puits installés dans l’Etat de Pennsylvanie et recense 42 puits dont l’eau rejetée dépasse la norme autorisée pour l’eau potable en radium, 4 dans le cas de l’uranium, 41 dans celui du benzène, 128 les dépassent pour le « gross alpha » (des radiations causées par les émissions d’uranium et de radium) ;
o un reportage vidéo où l’on voit des habitants des montagnes rocheuses (Colorado) obligés de déménager parce que les gaz de schiste les ont « empoisonnés ». Nausées, diarrhées, saignements de nez... ils se disent contaminés par les fuites provenant des extractions autour de chez eux ;
o et un fichier excel d’analyse de plus de 200 échantillons pris dans les puits : les taux de radium et d’uranium sont mentionnés ainsi que le cancérigène benzène.
La fracturation hydraulique, la technique des mini-séismes
Pour bien comprendre comment l’extraction peut se répercuter sur la santé, il faut avoir en tête tout le processus bien particulier de la fracturation hydraulique, la méthode non conventionnelle qui permet d’aller chercher dans des poches géologiques très profondes le gaz naturel.
Comme l’explique l’infographie, les derricks temporairement installés en surface creusent un puits à plusieurs milliers de mètres sous terre, un puits vertical puis horizontal (en forme de L) à l’endroit où le gaz est présent.
Parfois, le forage traverse des nappes phréatiques. Du ciment sert à étanchéifier le puits, mais il se peut qu’il soit poreux et que les produits chimiques injectés pour faire exploser la roche contaminent les nappes d’eau souterraines (celles qui servent à l’eau potable).
La technique de la fracturation hydraulique provoque une explosion de la roche perméable grâce à l’injection à très haute pression de millions de litres d’eau chargée en produits chimiques, une méthode qui s’assimile à la création d’un mini-tremblement de terre.
Cette eau contenant 500 à 2 000 produits, dont une partie sont des cancérigènes connus, tels le benzène (mais d’autres seraient pires encore) est injectée en profondeur pour maintenir le puits ouvert et permettre l’extraction. Puis une bonne partie (peut-être la moitié) des eaux usées remonte à la surface, l’autre restant sous terre au risque de contaminer les nappes.
L’eau remontée contient parfois des substances radioactives à des taux qui dépassent plus de mille fois les seuils autorisés pour l’eau potable. Elle n’est certes pas bue, mais décante dans des bassins de rétention, susceptibles de fuir, par exemple lors de grosses averses.
Le New York Times a beau avoir enquêté pendant des mois, interviewant toutes les sources qui voulaient bien s’exprimer (riverains, industrie, agence de l’environnement, centres de recherche), il reste prudent sur les conclusions à tirer : il ne dit pas qu’il faut cesser immédiatement d’extraire cette énergie qui crée des emplois et promet au pays une plus grande indépendance énergétique, mais dénonce la complaisance des autorités avec l’industrie.
Les répercussions sur la santé
Comme l’avait montré le documentaire « Gasland », la fracturation hydraulique a rendu l’eau imbuvable dans nombre d’endroits des Etats-Unis. Parfois même, l’eau est tellement chargée de gaz quand elle sort du robinet, qu’elle brûle au contact d’une allumette.
Le quotidien insiste sur le fait que les 493 000 puits en exploitation aux Etats-Unis génèrent des quantités faramineuses d’eaux usées (jusqu’à 4 millions de litres par puits). Ces eaux très chargées en sels corrosifs et en produits cancérigènes et parfois radioactifs (certains naturellement présents dans le sol et remontés avec l’eau comme le radium) décantent dans des stations d’épuration avant de rejoindre les rivières puis les robinets des gens.
L’industrie avoue dans des documents internes ne pas savoir totalement éliminer la radioactivité de ces eaux usées. Problème : les stations de potabilisation situées en aval des bassins de décantation ne testent pas toujours la radioactivité. Par exemple en Pennsylvanie, aucun prélèvement n’a été fait depuis 2006.
L’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) se dit préoccupée par les gaz de schiste, d’autant qu’un certain nombre d’installations « sont probablement hors la loi » en ce qui concerne les normes de pollution.
Si aucun cancer lié au gaz de schiste n’est encore avéré, des constats inquiétants sont relevés. Ainsi, au Texas (93 000 puits de gaz de schiste), un hôpital a recensé 25% d’enfants asthmatiques dans la population des six contés voisins, contre une moyenne de 7% dans l’état.
Les Etats-Unis commenceraient-ils à douter de la fiabilité de cette technique d’extraction qui fait si peur à la France ? « On brûle les meubles pour chauffer la maison », constate John H. Quigley, qui était jusqu’il y a peu secrétaire du département de Conservation des ressources naturelles. Entre le charbon sale et la dangereuse fracturation hydraulique, il semble que ce soit la peste ou le choléra.

AN  a écrit le 30/11/2014 à 18:36 :

L’économie de la valeur ajoutée n’est décidément pas pour demain en Algérie, le pays au vu des réductions substantielles de ces rentes d’hydrocarbures, cherche a en perpétuer les flux par le développement des hydrocarbures non conventionnels quitte à détruire par la pollution, définitivement l’écosystème et réduire à néant la viabilité et l’avenir des générations futures.



Nordine Ait-Laoussine

En effet, devant le 18eme Sommet international du gaz et de l’électricité, tenu les 5 et 6 novembre derniers à Paris, un ex-ministre algérien de l’énergie, devenu chef d’entreprise, Nordine Ait-Laoussine, s’est fait enthousiaste avocat, du gaz de schiste, spécialement en Algérie.

Nordine Ait-Laoussine qui est président de la société Nalcosa s’est alarmé devant les conférenciers : «On ne peut pas continuer à exporter du gaz naturel et ne pas développer le gaz de schiste».

«Si on ne commence pas à exploiter le gaz de schiste, autant commencer à réduire les capacités d’exportation, pour que nos enfants puissent avoir du gaz naturel», a-t-il souligné.

Loin de toute volonté de se créer une économie de production et de valeur ajoutée, qui favoriserait l’emploi et l’implication du peuple dans la marche de son pays par une expression démocratique saine, le pouvoir en place persiste à faire valoir ses richesses naturelles, comme unique source de revenu et unique garantie de son existence.

Ainsi, l’Algérie se complait dans sa maladie hollandaise en vantant ses réserves estimées à 600 trillions m3 de gaz de schiste, au taux de récupération de 20%.

En septembre dernier, Youcef Yousfi, ministre de l’énergie, avait indiqué que «dans notre stratégie, les projets d’hydrocarbures non conventionnels s’inscrivent comme des projets incontournables».

AN  a écrit le 16/11/2014 à 20:23 :

Les modeles Canadiens et Americains ne sont pas transposables n’importe ou`.
- Les premiers ont du sable bitimeux a ciel ouvert ou juste quelques metres sous terre.Ce qui leur donne un avantage considerable dans cette nouvelle technologie energetique.
- Les second doivent forer de 1 a` 5 Km sous terre pour arriver a la roche dure de schiste.Ce qui est un peu plus complique’,dans le processus d’extraction et d’exploitation.

AN  a écrit le 16/11/2014 à 20:21 :

Les 500 produits chimiques ou plus,melanges’ a des tonnes d’eau,de sable et billettes d’acier,qui sont injectes a` une tres forte pression a` 2 jusqu'à 5 Km,sous terre est une reaction chimique exogenes. Qui se produit a` une tres haute temperature 300 a` 600 degrees Celsuis,dans un milieu confine’.Cette temperature est capable de faire fondre la plupart des metaux conventionels a l’exception des metaux speciaux ou alliages composes’.
C’est une simulation d’un petit reacteur nucleaire ,dont les risques d’explosion ne sont pas a exlure.
De ce fait, l’explosion dans des puits de petrole lors de la prospection ou en cours de l’exploitation n’est pas eminente mais elle reste toujours, probable.
Si,l’on considere les caracteristiques techniques d’un forage non-conventionel,cites’ ci-avant. On n’est pas loin d’une simulation d’un reacteur nucleaire de petite puissance.Tout ce qui manque au schemas directeur d’une centrale nucleaire :c’est la Turbine et la salle des commandes,specifique.

AN  a écrit le 16/11/2014 à 20:19 :

Rien, ne peut remplacer le Petrole et Gaz conventionels ni techniquement,scientifiquement,medicalement ou economiquement.

AN  a écrit le 16/11/2014 à 16:43 :

Le probleme des residus ou dechets toxiques n’est pas resolu convenablement :
1- le stockage a` l’air libre (effet d’evaporation)
2- le roufoulement dans le sous-sol

Ne sont pas des solutions definitives.

AN  a écrit le 15/11/2014 à 21:48 :

Les 500 produits chimiques ou plus,melanges’ a des tonnes d’eau,de sable et billettes d’acier,qui sont injectes a` une tres forte pression a` 2 jusqu'à 5 Km,sous terre est une reaction chimique exogenes. Qui se produit a` une tres haute temperature 300 a` 600 degrees Celsuis.Cette temperature est capable de faire fondre la plupart des metaux conventionels a l’exception des metaux speciaux ou alliages composes’.
C’est une simulation d’un petit reacteur nucleaire ,dont les risques d’explosion ne sont pas a exlure.
De ce fait, l’explosion dans des puits de petrole lors de la prospection ou en cours de l’exploitation n’est pas eminente mais elle reste toujours, probable.
Si,l’on considere les caracteristiques techniques d’un forage non-conventionel,cites’ ci-avant. On n’est pas loin d’une simulation d’un reacteur nucleaire de petite puissance.Tout ce qui manque au schemas directeur d’une centrale nucleaire :c’est la Turbine et la salle des commandes.

AN  a écrit le 13/11/2014 à 18:10 :

La chimie est la meme au Canada,USA ,Chine,Egypte,URSS,France,Japan,etc……
Sur le tableau de Mendeleev, il y’a au maximum,entre 180 a` 200 elements chimiques,stables.
Or,dans cette industrie de schiste en parle de
- 500 puis 750 ou encore 900 produits chimiques.
- Il faut prendre le temps de les etudier en details dans les laboratoires de vos universites’.Afin, de determiner les side-effects et leurs reactions ou impact sur les humains,les animaux,la nature et l’ecosysteme en general.

Une etude pluridisciplinaire est necessaire : scientifique,chimique,technique,economique et medicale.Certains produits chimiques sont frappes’ du secret de fabrication mais on peut toujours etudier le reste.C’est la seule facon de tirer ses propres conclusions.
Vous n’etes pas oblige’ de suivre ce que disent les Canadiens et les Americains.
Prenez le courage de formuler vos propres decisions dans le cas echeant, d’ici 15 a` 20 ans vous allez tout simplement accuser les Americains de mauvaise foi ou de sabotage.
Dans la vie,il ne s’agit pas de tout connaitre mais de savoir poser des questions avec politesse.
Madame,vous confondez un element fondamental dans cette technologie :Le serieux des Americains et Canadiens avec celui des Algeriens.Je vous laisse le soin d’elaborer !
Par politesse ,respect et consideration, vous avez 20 universites a` votre disposition,leurs analyses passent en priorite’,l’apport de l’expertise etrangere n’est pas a exclure dans le cadre de la complementarite’,
C’est ce qui caracterise le serieux de tout chef de projet ou administrateur de l’etat,dans le monde civilise’.
Finalement le Canada et les USA ont des parametres naturels ( eau/ocean/glacier,climat froid.,pluviometrie abondante,etc ) qui favorisent l’emergence d’une telle industrie.C’est ce qui fait la difference entre les pays arides et semi-arides.
Economiquement, ca pourait etre rentable pour les premiers pays cites mais pas necessairement pour les derniers.

AN  a répondu le 15/11/2014 à 19:28:

- ...... Lire:

Finalement le Canada et les USA ont des parametres naturels ( eau/ocean/glacier,geologie-MDS ,climat froid.,pluviometrie abondante,etc ) qui favorisent l’emergence d’une telle industrie.C’est ce qui fait la difference entre les pays arides et semi-arides,dont la structure geologique est certainement differente de meme que les ressources hydriques.

AN  a répondu le 16/11/2014 à 20:10:

....... Lire:

Finalement le Canada et les USA ont des parametres naturels ( eau/ocean/glaciers,geologie-MDS ,climat froid.,pluviometrie abondante,etc ) qui favorisent l’emergence d’une telle industrie.C’est ce qui fait la difference entre les pays arides et semi-arides,dont la structure geologique est certainement differente,de meme que les ressources hydriques.

AN  a répondu le 01/12/2014 à 14:57:

correction de la ponctuation:

Par politesse ,respect et consideration, vous avez 20 universites a` votre disposition,leurs analyses passent en priorite’.L’apport de l’expertise etrangere n’est pas a exclure dans le cadre de la complementarite’.

AN  a écrit le 07/11/2014 à 20:07 :

Au Dakota du Nord, les vaches perdent leur queue.

L’exploitation du gaz et du pétrole de schiste aux Etats-Unis provoque d’importants dégâts environnementaux. Dans le Dakota du Nord, les autorités détournent le regard.
par Maxime Robin, août 2013

La ferme de Mme Jacki Schilke est la seule habitation à trente-cinq kilomètres à la ronde. Cette agricultrice des environs de Williston a toujours refusé que les compagnies forent son terrain, mais plusieurs infrastructures pétrolières jouxtent ses pâtures. Depuis 2011, certaines de ses vaches sont atteintes d’un mal étrange : elles maigrissent, et parfois perdent leur queue. Elle fait donc appel aux autorités du Dakota du Nord pour expertiser son terrain. Dépêchés sur place, les inspecteurs ne trouvent rien d’anormal.
Mme Schilke contacte alors un expert indépendant de Detroit, qui, dans un échantillon d’air prélevé au-dessus de la ferme, décèle plusieurs substances : benzène, méthane, chloroforme, butane, propane, toluène et xylène — tous communément associés à l’extraction d’hydrocarbures par fracturation hydraulique, ou fracking. Dans son puits sont aussi détectées d’importantes quantités de sulfates, chrome et strontium. Des liaisons neurotoxiques sont découvertes dans son cerveau, et, dans son sang, des traces de plusieurs métaux lourds. En tout, elle a perdu cinq vaches, deux chiens, plusieurs poules et une partie de sa santé.
Plusieurs témoignages semblables au sien mettent en lumière la difficulté du Dakota du Nord à protéger sa terre, alors qu’un boom pétrolier n’en finit pas d’ébaudir les médias. Depuis 2011, en effet, les mêmes images tournent en boucle : les derricks parsemant la vaste prairie, les immenses files de camions, les camps de travailleurs logés à la hâte dans des caravanes, etc. Le coût environnemental de cette ruée reste en revanche un mystère. Le gouvernement local ne connaît pas la quantité de pétrole et de produits chimiques répandus à la surface de la prairie fortuitement ou par négligence, et les rapports d’accident industriel, que les entreprises remplissent elles-mêmes, sont souvent falsifiés. A tout cela une raison : ce petit Etat agraire, dont la capitale politique, Bismarck, n’excède pas soixante mille habitants, est un paradis politique et judiciaire pour les compagnies pétrolières.
Le débat sur la pollution des sols liée à la fracturation hydraulique repose sur un malentendu de départ, entretenu par les exploitants et les autorités régulatrices. Les gisements du Dakota du Nord se situent en effet à environ trois kilomètres sous terre. Selon le discours officiel, les multiples couches géologiques qui séparent le schiste profond de la nappe phréatique empêchent toute contamination des nappes et des sols. Sauf que la pollution vient d’ailleurs. Pour Anthony Ingraffea, professeur en ingénierie à l’université Cornell, qui a contribué à perfectionner la technique pour la société Schlumberger avant de militer pour son interdiction, « la pollution environnementale ne provient pas de la fracturation elle-même, mais de ce qui se passe avant et après », notamment lors du transport et du stockage des énormes quantités de déchets chimiques générées par l’industrie.
Exploiter un seul puits de pétrole par hydrofracturation au Dakota du Nord nécessite en moyenne vingt millions de litres d’eau, deux cent trente-cinq tonnes de sable et un million deux cent mille litres d’additifs chimiques pour augmenter la viscosité de l’eau. Après injection à haute pression de ce cocktail, surnommé slickwater, pour fracturer la roche, un déchet liquide, composé entre autres d’hydrocarbures, de métaux lourds radioactifs extraits de la croûte terrestre et d’aquifères salins emprisonnés sous le schiste, rejaillit à la surface en même temps que le pétrole.
Les Etats-Unis produisent chaque jour deux milliards et demi de barils de ce déchet baptisé « saumure ». Une partie de la saumure est réutilisée pour refracturer la roche, mais son stockage et son recyclage balbutient encore. « On s’en servait aussi pour saler les routes l’hiver, avant que le Dakota du Nord ne l’interdise », indique M. Joe Martin, un chauffeur routier venu travailler pour rembourser les traites de sa maison de West Fargo. La solution la plus courante consiste à réinjecter le liquide dans le sol à travers des « puits d’injection » où ils demeureront indéfiniment. Sur les routes défoncées du Dakota du Nord, le trafic est dense et les accidents nombreux. Payé au baril de liquide transporté, M. Martin roule entre douze et quatorze heures par jour. Il déplore que certains de ses collègues « dégazent » leur chargement toxique le long des voies, « plutôt que d’attendre leur tour plusieurs heures, en file indienne, devant les puits d’injection pour y enfouir les déchets ».

Maxime Robin
Journaliste.

AN  a écrit le 07/11/2014 à 17:31 :

Le gaz de schiste est une arnaque, une bulle financière qui pourrait péter dans 2 ans
25 Août 2014

Voici les explications:
Le gaz de schiste est une arnaque, une bulle fiancière qui pourrait péter dans 2 ans


La fracturation hydraulique est un non sens économique, énergétique et écologique. En clair, c’est une arnaque, une bulle financière qui pourrait exploser d’ici deux ans. Explications dans l’émission Keiser Report du 19 août dernier.

WIKILEAKS ÉCLATE UNE BULLE DE SCHISTE - owni.fr

L’économie des gaz de schiste est une bulle. Les Etats-Unis avaient été prévenus, dès 2009, comme le révèlent des télégrammes diplomatiques d’un consulat américain en Arabie Saoudite.
Dès septembre 2009, l’ancien vice-président de la société pétrolière saoudienne Aramco, Ibrahim al-Husseini prévenait les États-Unis de la surévaluation des capacités du gaz de schiste. Selon lui, le boom de l’industrie des gaz de schiste était une bulle. Dans un télégramme diplomatique du consulat américain de Dharan (en Arabie Saoudite) publié par WikiLeaks, l’analyse de ce membre de la famille régnante, ingénieur pétrogazier d’expérience, n’est pas flatteuse :
Les réserves de gaz de schiste […] sont largement surestimées.
Une conclusion à laquelle se rangeaient de nombreux cadres de l’industrie pétrogazière et de la finance, dont le New York Times a révélé une partie des échanges entre 2009 et 2011. Alertée sur une possible bulle financière autour des gaz de schiste, l’autorité des marchés financiers américaine (la SEC) a depuis assigné en justice de nombreuses compagnies dont Chesapeake, ExxonMobil et Southwestern Energy.
Dans ces dossiers, la SEC exige de connaître la réalité des réserves en gaz de schiste dont les compagnies se sont vantées ; leur permettant de réaliser de copieux profits boursiers.
Folles spéculations
L’enquête apparaît d’autant plus justifiée à la lecture de ces nouveaux éléments apportés par WikiLeaks. En septembre 2009, al-Husseini condamnait cette nouvelle ressource et les folles spéculations dont elle faisait l’objet, avec un argument certes un peu technique, mais imparable :
Alors comme ça, la Marcellus shale [gisement du gaz de schiste du Nord Est des États-Unis] contiendrait plus de gaz que les champs Nord du Qatar ?
Eh bien, c’est formidable, mais même à un rythme de 3,4 millions de pieds cube par jour (scfd) [soit 0,1 million de mètres cubes environ] par an et par puits, ça va prendre un sacré temps pour remplacer un champ de 900 milliards de pieds cube de réserves. Dans le même temps, les États-Unis consomment 63 milliards de scfd de gaz, ce qui nécessiterait quelque chose comme 20 000 puits avec une production de 3 millions de scfd chacun. Et, à la vue de la baisse rapide de production des puits, cela nécessiterait de creuser quelque chose comme 10 000 nouveaux puits par an pour être à l’équilibre.
Fin 2009, déjà, 26 000 puits avaient été fracturés et le rythme n’a fait que s’accélérer depuis. En août 2009, un spécialiste de Anglo-European Energy avait tranché dans le vif :
Je connais bien les caractéristiques des bons puits [d'hydrocarbures] (lent déclin de la production, faible coût d’exploitation, production importante) et, comme vous le savez, les gisements de gaz de schiste n’ont aucune de ces caractéristiques.
Une information inaccessible aux autorités américaines à l’époque mais qui était, au même moment, transmise par la voie d’un document diplomatique à Washington. Télégramme terminé par une considération personnelle du consul de Dharan :
Le scepticisme [sur les ressources pétrolières] hors OPEP et sur ressources d’énergie non-conventionnelle présente un certain intérêt.
Pas sûr que Washington ait su le saisir à temps.

AN  a écrit le 06/11/2014 à 18:26 :

Bouleversement énergétique ou feu de paille financier ?

Gaz de schiste, la grande escroquerie

Energie bon marché contre pollution prolongée : aux Etats-Unis, le dilemme relatif à l’exploitation des gaz et pétrole de schiste n’a tourmenté ni les industriels ni les pouvoirs publics. En moins d’une décennie, ces nouvelles ressources auraient aiguillé l’Amérique sur les rails de la croissance, dopé l’emploi, rétabli la compétitivité. Et si cette « révolution » n’était qu’une bulle spéculative sur le point d’éclater ?

par Nafeez Mosaddeq Ahmed, mars 2013


A en croire les titres de la presse américaine prédisant un essor économique dû à la « révolution » des gaz et pétrole de schiste, le pays baignera bientôt dans l’or noir. Le rapport « Perspectives énergétiques mondiales 2012 » de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) annonce en effet qu’à l’horizon 2017 les Etats-Unis raviront à l’Arabie saoudite la place de premier producteur mondial de pétrole et accéderont à une « quasi autosuffisance » en matière énergétique. Selon l’AIE, la hausse programmée de la production d’hydrocarbures, qui passerait de quatre-vingt-quatre millions de barils par jour en 2011 à quatre-vingt-dix-sept en 2035, proviendrait « entièrement des gaz naturels liquides et des ressources non conventionnelles » (essentiellement le gaz et l’huile de schiste), tandis que la production conventionnelle amorcerait son déclin à partir de… 2013.
Extraites par fracturation hydraulique (injection sous pression d’un mélange d’eau, de sable et de détergents destinés à fissurer la roche pour en chasser le gaz), grâce à la technique du forage horizontal (qui permet de fouailler plus longuement la couche géologique voulue), ces ressources ne s’obtiennent qu’au prix d’une pollution massive de l’environnement. Mais leur exploitation aux Etats-Unis a entraîné la création de plusieurs centaines de milliers d’emplois et offre l’avantage d’une énergie abondante et bon marché. Selon le rapport 2013 « Les perspectives énergétiques : un regard vers 2040 » publié par le groupe ExxonMobil, les Américains deviendraient exportateurs nets d’hydrocarbures à partir de 2025 grâce aux gaz de schiste, dans un contexte de forte croissance de la demande gazière mondiale.
Et si la « révolution des gaz de schiste », loin de fortifier une économie mondiale convalescente, gonflait une bulle spéculative sur le point d’éclater ? La fragilité de la reprise autant que les expériences récentes devraient inciter à la prudence vis-à-vis de tels engouements. L’économie espagnole, par exemple, naguère si florissante — quatrième puissance de la zone euro en 2008 —, se délabre depuis que la bulle immobilière à laquelle elle s’accrochait aveuglément a éclaté sans prévenir. La classe politique a tiré peu d’enseignements de la crise de 2008 ; la voilà sur le point de répéter les mêmes erreurs dans le secteur des énergies fossiles.
Une enquête du New York Times de juin 2011 révélait déjà quelques fissures dans la construction médiatico-industrielle du « boom » des gaz de schiste, en ébruitant les doutes nourris par divers observateurs — géologues, avocats, analystes des marchés — quant aux effets d’annonce des compagnies pétrolières, soupçonnées de « surestimer délibérément, et même illégalement, le rendement de leurs exploitations et le volume de leurs gisements (1) ». « L’extraction du gaz depuis les schistes du sous-sol, écrivait le quotidien, pourrait se révéler moins facile et plus coûteuse que ce que prétendent les compagnies, comme l’indiquent des centaines de courriers électroniques et de documents échangés par les industriels à ce sujet, ainsi que les analyses des données recueillies sur plusieurs milliers de forages. »
Début 2012, deux consultants américains tirent la sonnette d’alarme dans Petroleum Review, la principale revue de l’industrie pétrolière britannique. Tout en s’interrogeant sur « la fiabilité et la durabilité des gisements de gaz de schiste américains », ils relèvent que les prévisions des industriels coïncident avec les nouvelles règles de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’organisme fédéral de contrôle des marchés financiers. Adoptées en 2009, celles-ci autorisent en effet les compagnies à chiffrer le volume de leurs réserves comme bon leur semble, sans vérification par une autorité indépendante (2).
Pour les industriels, la surestimation des gisements de gaz de schiste permet de faire passer au second plan les risques liés à leur exploitation. Or la fracturation hydraulique n’a pas seulement des effets délétères sur l’environnement : elle pose aussi un problème strictement économique, puisqu’elle génère une production à très faible durée de vie. Dans la revue Nature, un ancien conseiller scientifique du gouvernement britannique, David King, souligne que le rendement d’un puits de gaz de schiste décroche de 60 à 90 % au terme de sa première année d’exploitation (3).
Une chute aussi brutale rend évidemment illusoire tout objectif de rentabilité. Dès qu’un forage s’épuise, les opérateurs doivent à toute vitesse en creuser d’autres pour maintenir leur niveau de production et rembourser leurs dettes. Quand la conjoncture s’y prête, pareille course en avant peut faire illusion pendant quelques années. C’est ainsi que, combinée à une activité économique chétive, la production des puits de gaz de schiste — atone sur la durée, mais fulgurante à brève échéance — a provoqué une baisse spectaculaire des prix du gaz naturel aux Etats-Unis, passés de 7 à 8 dollars par million de BTU (British Thermal Unit) en 2008 à moins de 3 dollars en 2012.
Les spécialistes en placements financiers ne sont pas dupes. « L’économie de la fracturation est une économie destructrice, avertit le journaliste Wolf Richter dans Business Insider (4). L’extraction dévore le capital à une vitesse étonnante, laissant les exploitants sur une montagne de dettes lorsque la production s’écroule. Pour éviter que cette dégringolade n’entame leurs revenus, les compagnies doivent pomper encore et encore, en compensant les puits taris par d’autres qui le seront demain. Hélas, tôt ou tard, un tel schéma se heurte à un mur, celui de la réalité. »
Géologue ayant travaillé pour Amoco (avant sa fusion avec BP), M. Arthur Berman, se dit lui-même surpris par le rythme « incroyablement élevé » de l’épuisement des gisements. Evoquant le site d’Eagle Ford, au Texas — « la mère de tous les champs d’huile de schiste » —, il indique que « la baisse annuelle de la production dépasse les 42 % ». Pour s’assurer des résultats stables, les exploitants vont devoir forer « presque mille puits supplémentaires chaque année sur le même site. Soit une dépense de 10 à 12 milliards de dollars par an… Si on additionne tout cela, on en arrive au montant des sommes investies dans le sauvetage de l’industrie bancaire en 2008. Où est-ce qu’ils vont prendre tout cet argent ? (5) ».
La bulle gazière a déjà produit ses premiers effets sur quelques-unes des plus puissantes compagnies pétrolières de la planète. En juin dernier, le président-directeur général d’ExxonMobil, M. Rex Tillerson, criait famine en expliquant que la baisse des prix du gaz naturel aux Etats-Unis était certes une chance pour les consommateurs, mais une malédiction pour sa société, victime d’une diminution drastique de ses revenus. Alors que, devant ses actionnaires, ExxonMobil prétendait encore ne pas avoir perdu un seul centime à cause du gaz, M. Tillerson a tenu un discours presque larmoyant devant le Council on Foreign Relations (CFR), l’un des think tanks les plus influents du pays : « On est tous en train d’y laisser notre chemise. On ne gagne plus d’argent. Tout est dans le rouge (6). »
A peu près au même moment, la compagnie gazière britannique BG Group se voyait acculée à une « dépréciation de ses actifs dans le gaz naturel américain à hauteur de 1,3 milliard de dollars », synonyme de « baisse sensible de ses bénéfices intermédiaires » (7). Le 1er novembre 2012, après que la compagnie pétrolière Royal Dutch Shell eut enchaîné trois trimestres de résultats médiocres, avec une baisse cumulée de 24 % sur un an, le service d’information du Dow Jones rapporta cette funeste nouvelle en s’alarmant du « préjudice » causé par l’engouement pour les gaz de schiste à l’ensemble du secteur boursier.
De la panacée à la panique
Pourtant pionnière dans la course aux gaz de schiste, Chesapeake Energy n’échappe pas non plus à la bulle. Ecrasée sous le poids de ses dettes, l’entreprise américaine a dû mettre en vente une partie de ses actifs — des champs gaziers et des pipelines pour une valeur totale de 6,9 milliards de dollars — afin d’honorer les traites de ses créanciers. « La compagnie réduit un peu plus ses voiles, alors que son président-directeur général en avait fait l’un des leaders de la révolution des gaz de schiste », déplore le Washington Post (8).
Comment les héros de cette « révolution » ont-ils pu tomber aussi bas ? L’analyste John Dizard observait dans le Financial Times du 6 mai 2012 que les producteurs de gaz de schiste avaient dépensé des montants « deux, trois, quatre, voire cinq fois supérieurs à leurs fonds propres afin d’acquérir des terres, de forer des puits et de mener à bien leurs programmes ». Pour financer la ruée vers l’or, il a fallu emprunter des sommes astronomiques « à des conditions complexes et exigeantes », Wall Street ne dérogeant pas à ses règles de conduite habituelles. Selon Dizard, la bulle gazière devrait pourtant continuer de croître, en raison de la dépendance des Etats-Unis à cette ressource économiquement explosive. « Compte tenu du rendement éphémère des puits de gaz de schiste, les forages vont devoir se poursuivre. Les prix finiront par s’ajuster à un niveau élevé, et même très élevé, pour couvrir non seulement les dettes passées, mais aussi des coûts de production réalistes. »
Il n’est pas exclu néanmoins que plusieurs grosses compagnies pétrolières se retrouvent confrontées simultanément à une même débâcle financière. Si cette hypothèse se confirmait, dit M. Berman, « on assisterait à deux ou trois faillites ou opérations de rachat retentissantes, en vertu de quoi chacun reprendrait ses billes et les capitaux s’évaporeraient. Ce serait le pire des scénarios ».
En d’autres termes, l’argument selon lequel les gaz de schiste prémuniraient les Etats-Unis ou l’humanité tout entière contre le « pic pétrolier » — niveau à partir duquel la combinaison des contraintes géologiques et économiques rendra l’extraction du brut insupportablement difficile et onéreuse — relèverait du conte de fées. Plusieurs rapports scientifiques indépendants parus récemment confirment que la « révolution » gazière n’apportera pas de sursis dans ce domaine.
Dans une étude publiée par la revue Energy Policy, l’équipe de King parvient à la conclusion que l’industrie pétrolière a surévalué d’un tiers les réserves mondiales d’énergies fossiles. Les gisements encore disponibles n’excéderaient pas huit cent cinquante milliards de barils, alors que les estimations officielles parlent de quelque mille trois cents milliards. Selon les auteurs, « si d’immenses quantités de ressources fossiles restent certainement nichées dans les profondeurs de la Terre, le volume de pétrole exploitable aux tarifs que l’économie mondiale a l’habitude de supporter est limité et voué à décliner à court terme (9) ».
En dépit des trésors de gaz arrachés aux sous-sols par fracturation hydraulique, la diminution des réserves existantes se poursuit à un rythme annuel estimé entre 4,5 et 6,7 % par an. King et ses collègues récusent donc catégoriquement l’idée selon laquelle l’exploitation des gaz de schiste pourrait résoudre la crise énergétique. De son côté, l’analyste financier Gail Tverberg rappelle que la production mondiale d’énergies fossiles conventionnelles a cessé de progresser en 2005. Cette stagnation, dans laquelle il voit l’une des causes majeures de la crise de 2008 et 2009, annoncerait un déclin susceptible d’aggraver encore la récession actuelle — avec ou sans gaz de schiste (10). Ce n’est pas tout : dans une recherche publiée dans la foulée du rapport de l’AIE, la New Economics Foundation (NEW) prévoit l’émergence du pic pétrolier pour 2014 ou 2015, lorsque les coûts d’extraction et d’approvisionnement « dépasseront le coût que les économies mondiales peuvent assumer sans porter un dommage irréparable à leurs activités (11) ».
Ces travaux n’ont retenu l’attention ni des médias ni des milieux politiques, submergés par la rhétorique publicitaire des lobbyistes de l’énergie. C’est regrettable, car leur conclusion se comprend facilement : loin de restaurer une quelconque prospérité, les gaz de schiste gonflent une bulle artificielle qui camoufle temporairement une profonde instabilité structurelle. Lorsqu’elle éclatera, elle occasionnera une crise de l’approvisionnement et une envolée des prix qui risquent d’affecter douloureusement l’économie mondiale.

Nafeez Mosaddeq Ahmed
Politiste, directeur de l’Institute for Policy Research and Development de Brighton (Royaume-Uni).

AN  a écrit le 04/11/2014 à 15:19 :

Tunisie: Vérités et mensonges sur le gaz de schiste

, Dossiers, Économie, News | a. | 29 octobre, 2013 à 17:22


En dépit de la médiatisation des polémiques sur le gaz de schiste, que sait-on vraiment aujourd’hui sur les méfaits de l’exploitation de ce combustible ? Où en sont arrivées les négociations du ministère de l’industrie tunisien avec Shell ? Qu’en est-il des 742 puits qui devraient être creusés entre Kairouan et Sfax sur une durée de 50 ans ? D’éventuelles recherches et exploitations du gaz de schistes seraient-elles à l’origine de secousses séismiques réitérées et inhabituelles, tel qu’il a été affirmé par certains médias ?
En effet, dans le cadre des polémiques sur l’exploitation de ressources de gaz de schiste tunisien, des associations avaient invoqué, il y a deux ans, la catastrophe environnementale que provoquerait une telle entreprise. Dernièrement l’accent a été mis sur la possibilité d’effets séismiques, ce qui a donné une dimension apocalyptique à l’exploitation de ce gaz.
Mais avant de s’aventurer dans un tel problème, il faut savoir si l’extraction du gaz a vraiment commencé en Tunisie.
Asma Mdelgi, chercheuse et présidente de l’association AgriEcoForest, nous affirme qu’une opacité totale règne sur ce sujet, malgré le fait que le gouvernement ait donné son accord de principe à Shell. Il est étonnant qu’aucune étude d’impact n’ait jamais été effectuée jusqu’à aujourd’hui. Excepté le nombre de puits de forage qui s’élèvera à 742 entre Kairouan et Sfax, il n’y aurait aucune information sur les modalités de travail, ni de la part de Shell ni de la part du gouvernement. Mdelgi est néanmoins convaincue, à travers plusieurs indices, que la phase de prospection est déjà commencée, phase qui peut facilement déboucher en catimini sur l’exploitation. Lors d’une conférence de presse, elle avait posé une question cruciale au représentant en Tunisie du géant pétrolier, à laquelle il n’a pas su répondre:
Comment savez-vous qu’il y aura exactement 742 puits de forage si vous n’avez jamais fait de prospection ?
Or, le fait que la phase de prospection soit commencée impliquerait nécessairement, selon certains, l’utilisation de la fameuse méthode controversée de la fracturation hydraulique. Cette méthode consiste à fissurer les roches avec injection de grandes quantités d’eau et de produits chimiques à très haute pression, pour disloquer des formations géologiques et libérer les hydrocarbures. Elle s’est révélée nocive pour l’homme et la nature, tellement nocive qu’elle a été interdite en France en 2013. Certains affirment également qu’il est mensonger de dire que la prospection se fait sans fracturation hydraulique. En France, le leader du parti écologiste, Pascal Durand, avait critiqué avec virulence ce genre de « mensonges éhontés » :
« Il n’y a actuellement, nulle part dans le monde, dans aucun labo de recherche, la capacité d’aller fracturer (…) les minéraux pour aller chercher les gaz de schiste en dehors du procédé de fracturation hydraulique. »
Mais ce genre de propos fustigé par Durand, s’il étonne lorsqu’il est véhiculé par un gouvernement républicain qui se réclame de gauche en France, peut être considéré comme normal dans une Tunisie en période de transition, une Tunisie où aucune étude n’a été commandée jusqu’à aujourd’hui à l’Agence nationale de protection de l’environnement, où le ministère de l’environnement n’a plus de ministres a temps plein et où une ambiguïté législative règne sur le domaine des énergies.
Le géant pétrolier Shell, selon Asma Mdelgi, a un lobbying fort dans plusieurs médias et institutions tunisiennes. Et lorsqu’on voit la prestation écologique de Shell au Niger, on a le droit d’être méfiants.
Il y a donc une certitude pour la présidente d’AgriEcoForest : la fracturation hydraulique a bien eu lieu et le mal est fait.
D’ailleurs, selon elle, des exemples concrets et des rapports scientifiques sérieux affirment que cette méthode provoque à la fois des dommages environnementaux graves et des secousses séismiques. Les quatre fortes secousses enregistrées dans la région de Monastir pourraient venir du démarrage de la fracturation dans la région de Kairouan.
Plusieurs rapports étrangers confirment le danger de la fracturation hydraulique pour l’homme et tissent une relation entre ce genre d’activités et les séismes. Ces preuves sont citées par des journaux réputés sérieux tels que Le Monde ou le New-York Times.
En Grande-Bretagne, un forage à la recherche de Gaz de Schiste avait provoqué des secousses séismiques dans la région du Lancashire. Aux Etats-Unis, dans la ville de Prague dans l’Oklahoma, la même chose s’est passée en 2011. Un article du monde a révélé en mars 2013 que :
« Dans une étude publiée mardi 26 mars par la revue Geology, Katie Keranen (Université de l’Oklahoma) et ses coauteurs de l’université Columbia à New York ont analysé la séquence d’événements ayant précédé et suivi le séisme. Les auteurs concluent à un lien causal entre l’injection de fluides de fracturation usés dans le sous-sol et la survenue du tremblement de terre. Non loin de Prague, un ancien gisement pétrolier, désormais épuisé, est en effet utilisé depuis plusieurs années comme site d’injection d’eaux souillées issues d’opérations de fracturation hydraulique – la technique d’exploitation du gaz de schiste. »
L’article ajoute :
« En 2012, au congrès annuel de la Société géologique américaine, l’US Geological Survey (USGS) a présenté des travaux montrant qu’en Oklahoma le nombre annuel de séismes de magnitude supérieure à 3 a été multiplié par 20 entre 2009 et 2011, par rapport au demi-siècle précédent. Selon l’USGS, l’Arkansas, le Texas, l’Ohio et le Colorado, où se déroulent des opérations d’injection ou de fracturation, connaissent une situation comparable. »
Le New-York Times avait, quant à lui, publié en mars 2013 des documents confidentiels de l’agence de protection de l’environnement américaine qui montraient que « les eaux rejetées par les forages de gaz de schiste sont radioactives à des taux qui peuvent atteindre 1.000 fois les limites autorisées pour l’eau de boisson. »
Cela dit, une source de Tunisie Numérique à l’ETAP (Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolière), contredit avec ironie ces études qui auraient dû être soumises à l’esprit critique des journalistes avant d’être publiées. Pour lui, ce genre d’étude est très influencé, voire même commandé, par les différents lobbies énergétiques qui se concurrencent.
« Les journalistes n’ont aucune connaissance de ce domaine. Cela ne les empêche pas de sortir des informations totalement erronées en s’appuyant sur des pseudo-preuves qu’ils ne comprennent pas. J’aimerai tellement qu’il y ait des journées de formation des journalistes où on les conduirait vers des puits de gaz et de pétrole, où ils verraient sur place comment ça marche vraiment. »
Lorsque nous contactons Shell Tunisie et le ministère de l’industrie, les responsables nient laconiquement toute activité. Malgré cela, les informations contradictoires ne s’arrêtent pas de se propager. Par exemple outre Shell, la société Perenco aurait commencé des forages dans le sud sous le règne de Ben Ali en 2010 et qui se sont poursuivis après la révolution. Immédiatement après l’évocation de cette information par certains médias, le ministre nahdhaoui du gouvernement Jébali, Lamine Chakhari, ainsi que Perenco ont catégoriquement démenti.
Selon Ridha Bouzouada, géologue et directeur des hydrocarbures à l’ETAP, il y a eu beaucoup de désinformations et de fantasmes sur cette l’affaire de la part des médias:
« Rien n’a été signé ni avec Shell ni avec Perenco ni avec aucune société, donc rien n’a commencé. » affirme-t-il.
Plus clairement, Shell a déposé une demande officielle de prospection que le gouvernement Jébali avait, il est vrai, ratifié. A présent, la société est en train de réunir les documents nécessaires pour signer un contrat de 5 ans de prospection sur seulement 2 puits et non pas 742 comme il a été dit par certains. Si les résultats se révèlent concluants, Shell devra redéposer une demande afin de passer à la phase d’exploitation. Pour l’instant, le dossier de Shell est prêt mais aucun contrat n’a été signé avec le ministère parce que la situation politique est fluctuante. Ceci veut dire qu’il n’y a jamais eu ni prospection ni extraction par Shell, malgré toutes les affirmations qui crient au complot.
Quant à Perenco, elle est présente sur deux endroits du sud depuis 1983: Franig et Bagel. Elle y exploite exclusivement le gaz naturel.
Lorsque nous l’interrogeons sur les modalités de la recherche du gaz de schiste, Ridha Bouzouada nous assure qu’elle peut très bien se faire sans fracturation hydraulique. C’est une sorte de prélèvement qui se fait en profondeur sur les roches, avant une analyse dans les laboratoires. Mais, prudent, il insiste :
« Encore une fois, cette phase n’a même pas commencé parce que Shell et le gouvernement sont dans des négociations qui risquent de durer longtemps. Vous imaginez bien qu’en tant que responsable, si je vous mens sur cette affaire, je risque d’aller en prison! »
Finalement toute cette confusion a l’air d’être née d’un climat de méfiance entre une société civile qui veut la transparence totale d’un côté et un gouvernement transitionnel qui communique mal, de l’autre. Une absence de stratégie énergétique claire, une politisation de l’affaire, des risques environnementaux réels liés à la fracturation hydraulique, l’insensibilité des responsables aux questions de l’environnement et la mauvaise réputation des compagnies pétrolières ont envenimé la situation de ce dossier complexe.
Ceci n’empêchera pas les médias et la société civile de continuer à suivre de près le développement de cette affaire car, malgré leurs prestations perfectibles, ils devront certainement être les garde-fous contre toutes dérives environnementales et financières.

AN  a écrit le 03/11/2014 à 0:20 :

Reticences Europeennes
Les ministres allemands de l’Economie et de l’Energie Sigmar Gabriel et sa consœur de l’Environnement Barbara Hendricks veulent encadrer plus étroitement le recours à la fracturation hydraulique voire l’interdire au moins jusqu’en 2021. Dans un courrier daté du 4 juillet 2014 révélé par le site du Figaro et adressé aux députés de leur parti, le SPD social-démocrate siégeant au Bundestag, ils expliquent que « les projets de fracking pour exploiter le gaz de schiste…au-dessus de 3000 mètres seront interdits.» et détaillent les principaux points de la législation à venir sur ce sujet.
Les ministres affirment d’une part qu’ils «prennent très au sérieux les inquiétudes de la population » et d’autre part disent que « la protection de la santé et de l’eau potable ont une priorité absolue. » En 2021, un rapport doit faire le point sur « l’état des connaissances et des technologies et le Bundestag examinera à nouveau la loi ».
Ainsi, comme en France, Berlin ferme la porte à ce gaz enfoui très profond dans le sous-sol. C’est peut-être ce qui a amené Mme Connie Hedegaard**, la commissaire européenne chargée de l’action climatique à exprimer de fortes réserves quant à l’exploitation du gaz de schiste dans les pays de l’Union Européenne. Stéphane Foucart écrit dans le Monde (30 août 2014, p. 18) : «Les réticences de Mme Hedegaard sont pourtant scientifiquement tout à fait recevables : elles tiennent aux différences entre l’Europe et les Etats Unis au plan de la densité du peuplement (et donc des risques induits par les forages) ou de la nature des formations géologiques (et donc des bénéfices attendus)». On ajoutera qu’aux Etats Unis la législation concernant les activités minières et pétrolières et la propriété du sous-sol diffèrent d’un Etat à un autre. En outre, le lobby pétrolier américain est arrivé à se libérer du carcan de la loi sur l’eau potable (Safe Drinking Water Act ou SDWA).
Du reste, l’exploitation du gaz de schiste reste une affaire typiquement nord-américaine. Sur les 6000 puits exploités dans le monde, seule une poignée de 100 forages est située en dehors du Nouveau Monde.
Mais cette exploitation ne va pas sans accidents. Une explosion sur une plateforme de la société Chevron près de Dunkard en Pennsylvanie a provoqué un incendie et mort d’homme. En 2010, trois explosions et des incendies se sont produits à Marcellus Shale dans les Appalaches faisant 11 blessés et deux morts.


Le gaz de schiste a Stockholm
La Semaine Mondiale de l’Eau – une manifestation internationale très courue- n’a pas manqué de traiter du gaz de schiste.
Andreas Lindström, un responsable du SIWI parlant du gaz de schiste à la Semaine Mondiale de l’Eau de la capitale suédoise avertit qu’il ne faut pas se précipiter sur le cas étasunien ni se laisser éblouir par le feu de ses torchères ! Il a déclaré à la Fondation Thomson Reuters « Nous devons d’abord clairement comprendre l’impact d’une telle extraction. Nous devons concevoir des politiques enracinées dans ce savoir et, si faisable, de procéder de la manière la plus précautionneuse vis-à-vis de l’environnement.»
Dans un rapport rendu public début septembre, le SIWI remarque que l’impact sur le climat de l’exploitation du gaz de schiste est encore inconnu. Il y a libération du méthane (qui a un grand effet gaz de serre) dont la combustion- si elle a lieu sur site- libère du gaz carbonique. De même, il y a les risques de contamination de l’eau et de réduction des nappes ou du débit des cours d’eau.
Lindström, un des signataires du rapport du SIWI, pense que peu de recherches ont été faites sur les nouvelles technologies utilisées lors du fracking. Il affirme cependant que de nombreux signes montrent que l’exploitation à grande échelle porte atteinte à l’eau notamment dans les zones où il y a un stress hydrique important comme au Texas (Etat Unis). Il ajoute que l’expertise manque pour étudier les effets des produits chimiques utilisés ainsi que les implications du gaz de schiste dans des phénomènes sismiques. Enfin, il relève que les compagnies procédant au fracking ont une grande base de données et la première étape devrait être le partage de ce savoir avec la communauté scientifique afin que l’on sache de quoi il retourne. Pour de nombreux spécialistes, cette situation doit cesser. Aujourd’hui, les entreprises fournissent volontairement ces données mais cela doit devenir obligatoire. Encore faut-il convaincre les tenants du secret commercial et de la protection des brevets!
De son côté, Peter Gleick, le directeur du fameux Pacific Institute (Californie) – un think tank dévolu aux pratiques environnementales durables- est d’avis qu’on a besoin de plus de données relativement au fracking. Il propose que les gouvernements s’attellent à définir une check list internationalement acceptée pour les évaluations environnementales, avec la participation des pétroliers. « Les Etats ont besoin de superviser et de réglementer l’usage de l’eau utilisée pour le fracking et ils doivent surveiller la façon dont elle est stockée après usage. »
Kandeh Yumkella, sous-secrétaire général de l’ONU est d’avis qu’il faut plus faire connaître les dangers possibles du fracking pour protéger les populations, l’eau et l’environnement en général.
Espérons que le débat national envisagé tienne compte de ses rapports- on ne peut plus sérieux et adopte l’idée d’une check liste internationale!

Mohamed Larbi Bouguerra

AN  a écrit le 03/11/2014 à 0:05 :

Un documentaire sur "YUTUBE" interessant de voir et de comprendre:

- Maroc,Gaz de schiste ce que l'on vous cache.

Universitaires et Ecologistes prenez vos propres responsanilites'.

AN  a écrit le 01/11/2014 à 17:05 :

Tunisie: Vérités et mensonges sur le gaz de schiste

, Dossiers, Économie, News | a. | 29 octobre, 2013 à 17:22


En dépit de la médiatisation des polémiques sur le gaz de schiste, que sait-on vraiment aujourd’hui sur les méfaits de l’exploitation de ce combustible ? Où en sont arrivées les négociations du ministère de l’industrie tunisien avec Shell ? Qu’en est-il des 742 puits qui devraient être creusés entre Kairouan et Sfax sur une durée de 50 ans ? D’éventuelles recherches et exploitations du gaz de schistes seraient-elles à l’origine de secousses séismiques réitérées et inhabituelles, tel qu’il a été affirmé par certains médias ?
En effet, dans le cadre des polémiques sur l’exploitation de ressources de gaz de schiste tunisien, des associations avaient invoqué, il y a deux ans, la catastrophe environnementale que provoquerait une telle entreprise. Dernièrement l’accent a été mis sur la possibilité d’effets séismiques, ce qui a donné une dimension apocalyptique à l’exploitation de ce gaz.
Mais avant de s’aventurer dans un tel problème, il faut savoir si l’extraction du gaz a vraiment commencé en Tunisie.
Asma Mdelgi, chercheuse et présidente de l’association AgriEcoForest, nous affirme qu’une opacité totale règne sur ce sujet, malgré le fait que le gouvernement ait donné son accord de principe à Shell. Il est étonnant qu’aucune étude d’impact n’ait jamais été effectuée jusqu’à aujourd’hui. Excepté le nombre de puits de forage qui s’élèvera à 742 entre Kairouan et Sfax, il n’y aurait aucune information sur les modalités de travail, ni de la part de Shell ni de la part du gouvernement. Mdelgi est néanmoins convaincue, à travers plusieurs indices, que la phase de prospection est déjà commencée, phase qui peut facilement déboucher en catimini sur l’exploitation. Lors d’une conférence de presse, elle avait posé une question cruciale au représentant en Tunisie du géant pétrolier, à laquelle il n’a pas su répondre:
Comment savez-vous qu’il y aura exactement 742 puits de forage si vous n’avez jamais fait de prospection ?
Or, le fait que la phase de prospection soit commencée impliquerait nécessairement, selon certains, l’utilisation de la fameuse méthode controversée de la fracturation hydraulique. Cette méthode consiste à fissurer les roches avec injection de grandes quantités d’eau et de produits chimiques à très haute pression, pour disloquer des formations géologiques et libérer les hydrocarbures. Elle s’est révélée nocive pour l’homme et la nature, tellement nocive qu’elle a été interdite en France en 2013. Certains affirment également qu’il est mensonger de dire que la prospection se fait sans fracturation hydraulique. En France, le leader du parti écologiste, Pascal Durand, avait critiqué avec virulence ce genre de « mensonges éhontés » :
« Il n’y a actuellement, nulle part dans le monde, dans aucun labo de recherche, la capacité d’aller fracturer (…) les minéraux pour aller chercher les gaz de schiste en dehors du procédé de fracturation hydraulique. »
Mais ce genre de propos fustigé par Durand, s’il étonne lorsqu’il est véhiculé par un gouvernement républicain qui se réclame de gauche en France, peut être considéré comme normal dans une Tunisie en période de transition, une Tunisie où aucune étude n’a été commandée jusqu’à aujourd’hui à l’Agence nationale de protection de l’environnement, où le ministère de l’environnement n’a plus de ministres a temps plein et où une ambiguïté législative règne sur le domaine des énergies.
Le géant pétrolier Shell, selon Asma Mdelgi, a un lobbying fort dans plusieurs médias et institutions tunisiennes. Et lorsqu’on voit la prestation écologique de Shell au Niger, on a le droit d’être méfiants.
Il y a donc une certitude pour la présidente d’AgriEcoForest : la fracturation hydraulique a bien eu lieu et le mal est fait.
D’ailleurs, selon elle, des exemples concrets et des rapports scientifiques sérieux affirment que cette méthode provoque à la fois des dommages environnementaux graves et des secousses séismiques. Les quatre fortes secousses enregistrées dans la région de Monastir pourraient venir du démarrage de la fracturation dans la région de Kairouan.
Plusieurs rapports étrangers confirment le danger de la fracturation hydraulique pour l’homme et tissent une relation entre ce genre d’activités et les séismes. Ces preuves sont citées par des journaux réputés sérieux tels que Le Monde ou le New-York Times.
En Grande-Bretagne, un forage à la recherche de Gaz de Schiste avait provoqué des secousses séismiques dans la région du Lancashire. Aux Etats-Unis, dans la ville de Prague dans l’Oklahoma, la même chose s’est passée en 2011. Un article du monde a révélé en mars 2013 que :
« Dans une étude publiée mardi 26 mars par la revue Geology, Katie Keranen (Université de l’Oklahoma) et ses coauteurs de l’université Columbia à New York ont analysé la séquence d’événements ayant précédé et suivi le séisme. Les auteurs concluent à un lien causal entre l’injection de fluides de fracturation usés dans le sous-sol et la survenue du tremblement de terre. Non loin de Prague, un ancien gisement pétrolier, désormais épuisé, est en effet utilisé depuis plusieurs années comme site d’injection d’eaux souillées issues d’opérations de fracturation hydraulique – la technique d’exploitation du gaz de schiste. »
L’article ajoute :
« En 2012, au congrès annuel de la Société géologique américaine, l’US Geological Survey (USGS) a présenté des travaux montrant qu’en Oklahoma le nombre annuel de séismes de magnitude supérieure à 3 a été multiplié par 20 entre 2009 et 2011, par rapport au demi-siècle précédent. Selon l’USGS, l’Arkansas, le Texas, l’Ohio et le Colorado, où se déroulent des opérations d’injection ou de fracturation, connaissent une situation comparable. »
Le New-York Times avait, quant à lui, publié en mars 2013 des documents confidentiels de l’agence de protection de l’environnement américaine qui montraient que « les eaux rejetées par les forages de gaz de schiste sont radioactives à des taux qui peuvent atteindre 1.000 fois les limites autorisées pour l’eau de boisson. »
Cela dit, une source de Tunisie Numérique à l’ETAP (Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolière), contredit avec ironie ces études qui auraient dû être soumises à l’esprit critique des journalistes avant d’être publiées. Pour lui, ce genre d’étude est très influencé, voire même commandé, par les différents lobbies énergétiques qui se concurrencent.
« Les journalistes n’ont aucune connaissance de ce domaine. Cela ne les empêche pas de sortir des informations totalement erronées en s’appuyant sur des pseudo-preuves qu’ils ne comprennent pas. J’aimerai tellement qu’il y ait des journées de formation des journalistes où on les conduirait vers des puits de gaz et de pétrole, où ils verraient sur place comment ça marche vraiment. »
Lorsque nous contactons Shell Tunisie et le ministère de l’industrie, les responsables nient laconiquement toute activité. Malgré cela, les informations contradictoires ne s’arrêtent pas de se propager. Par exemple outre Shell, la société Perenco aurait commencé des forages dans le sud sous le règne de Ben Ali en 2010 et qui se sont poursuivis après la révolution. Immédiatement après l’évocation de cette information par certains médias, le ministre nahdhaoui du gouvernement Jébali, Lamine Chakhari, ainsi que Perenco ont catégoriquement démenti.
Selon Ridha Bouzouada, géologue et directeur des hydrocarbures à l’ETAP, il y a eu beaucoup de désinformations et de fantasmes sur cette l’affaire de la part des médias:
« Rien n’a été signé ni avec Shell ni avec Perenco ni avec aucune société, donc rien n’a commencé. » affirme-t-il.
Plus clairement, Shell a déposé une demande officielle de prospection que le gouvernement Jébali avait, il est vrai, ratifié. A présent, la société est en train de réunir les documents nécessaires pour signer un contrat de 5 ans de prospection sur seulement 2 puits et non pas 742 comme il a été dit par certains. Si les résultats se révèlent concluants, Shell devra redéposer une demande afin de passer à la phase d’exploitation. Pour l’instant, le dossier de Shell est prêt mais aucun contrat n’a été signé avec le ministère parce que la situation politique est fluctuante. Ceci veut dire qu’il n’y a jamais eu ni prospection ni extraction par Shell, malgré toutes les affirmations qui crient au complot.
Quant à Perenco, elle est présente sur deux endroits du sud depuis 1983: Franig et Bagel. Elle y exploite exclusivement le gaz naturel.
Lorsque nous l’interrogeons sur les modalités de la recherche du gaz de schiste, Ridha Bouzouada nous assure qu’elle peut très bien se faire sans fracturation hydraulique. C’est une sorte de prélèvement qui se fait en profondeur sur les roches, avant une analyse dans les laboratoires. Mais, prudent, il insiste :
« Encore une fois, cette phase n’a même pas commencé parce que Shell et le gouvernement sont dans des négociations qui risquent de durer longtemps. Vous imaginez bien qu’en tant que responsable, si je vous mens sur cette affaire, je risque d’aller en prison! »
Finalement toute cette confusion a l’air d’être née d’un climat de méfiance entre une société civile qui veut la transparence totale d’un côté et un gouvernement transitionnel qui communique mal, de l’autre. Une absence de stratégie énergétique claire, une politisation de l’affaire, des risques environnementaux réels liés à la fracturation hydraulique, l’insensibilité des responsables aux questions de l’environnement et la mauvaise réputation des compagnies pétrolières ont envenimé la situation de ce dossier complexe.
Ceci n’empêchera pas les médias et la société civile de continuer à suivre de près le développement de cette affaire car, malgré leurs prestations perfectibles, ils devront certainement être les garde-fous contre toutes dérives environnementales et financières.

AN  a écrit le 01/11/2014 à 16:27 :

L’exploitation du gaz de schiste en Algérie sera-t-elle vraiment rentable ?

Mots clés : Algerie, Hydrocarbures, Opep, Environnement, énergie, Gaz De Schiste, Pollution, Rentabilité

Par Le Matin | 14/10/2014 09:19:00 | 3282 lecture(s) | Réactions (5)

L’option du gaz de schiste n’est qu’une énergie parmi tant d’autres pour assurer la sécurité énergétique2020, dont la commercialisation selon le ministre de l’Energie ne se fera pas avant 2020 si les conditions de rentabilité et de protection de l’environnement sont remplies.
Au-delà des dégâts environnementaux de cette exploration, la rentabilité du gaz de schiste pose problème aussi.

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1.- Les données techniques du gaz de schiste
Le gaz non conventionnel est contenu dans des roches sédimentaires argileuses très compactes et très imperméables, qui renferment au moins 5 à 10% de matière organique. Généralement la profondeur d’exploitation des shale gas est de l’ordre, selon les gisements, de 500, souvent 1.000 à 3.000 mètres de profondeur, soit de un à plusieurs kilomètres au-dessous des aquifères d’eau potable, la profondeur étant moindre aux USA. La fracturation de la roche suppose par ailleurs d’injecter un million de mètres cubes d’eau douce pour produire un milliard de mètres cubes gazeux à haute pression et du sable. Une partie de l’eau qui a été injectée pour réaliser la fracturation hydraulique peut être récupérée (20 à 50%) lors de la mise en production du puits après traitement ce qui suppose des installations appropriées. Le sable injecté combiné d’additifs chimiques a pour but de maintenir les fractures ouvertes une fois la fracturation hydraulique effectuée, afin de former un drain pérenne par lequel le gaz va pouvoir être produit. De nombreux gisements sont enfouis sous des nappes phréatiques et avec la remontée du gaz, le liquide de fracturation peut parfois atteindre ces nappes, et se mêler à l’eau, qui devient alors impropre à la consommation. Selon un rapport rédigé par la commission de l’énergie et du commerce de la Chambre des représentants américaine, l’exploitation du gaz de schiste a entraîné l’utilisation de « plus de 2.500 produits pour la fracturation hydraulique, contenant 750 substances chimiques dont 29 sont connues pour être cancérigènes ou suspectées telles ou présentant des risques pour la santé et l’environnement. Pour le gaz de schiste, selon le rapport de l’AIE de 2013, il y aurait dans le monde environ 207 billions de mètres cubes réparties comme suit : la Chine 32, l’Argentine 23, l’Algérie 20, les USA 19, le Canada 16, le Mexique 15 ; l’Australie 12, l’Afrique du Sud 11, la Russie 8 et le Brésil 7 billions de mètres cubes. Les gisements de gaz de schiste en Algérie sont situés essentiellement dans les bassins de Mouydir, Ahnet, Berkine-Ghadames, Timimoun, Reggane et Tindouf. Ici s’imposent plusieurs précisions en rappelant que la fracturation est obtenue par l'injection d'eau à haute pression (environ 300 bars à 2 500/3000 mètres) contenant des additifs afin de rendre plus efficace la fracturation dont du sable de granulométrie adaptée, des biocides, des lubrifiants et des détergents afin d’augmenter la désorption du gaz.
2.- Les raisons de l’option du gaz de schiste
Le Conseil des ministres de mai 2014, en vertu de l’application de la loi des hydrocarbures votée en janvier 2013, a autorisé l’exploitation du gaz de schiste mais à une seule condition : aucun avis d’appel d’offres ne peut être retenu s’il s’avère qu’il détruit l’environnement notamment par la pollution des nappes phréatiques et s’il est fort consommateur d’eau.
Le ministre de l’Energie annonce officiellement lors de la conférence sur le gaz le 12 octobre 2014 que la consommation intérieure allait doubler horizon 2030 et tripler horizon 2040 dépassant largement les exportations actuelles, du fait des subventions, l’Algérie étant un des pays qui subventionne le plus les carburants dans le monde (voir dernier rapport du FMI), le prix de l’électricité étant plafonné depuis 2005, subventions et transferts sociaux étant évalués à 60 milliards de dollars soit environ 27/28% du produit intérieur brut (PIB). L’option de doubler la production d’électricité à partir des turbines de gaz en est une des explications. Dès lors il y a une tendance à l’épuisement des réserves de gaz et de pétrole traditionnel horizon 2030 au moment où la population approchera les 50 millions d’habitants, expliquant cette option pour la sécurité énergétique qui ne doit être qu'une variante parmi tant d'autres tenant compte de selon l'évolution des mutations énergétiques mondiales.
3.- La problématique de la rentabilité du gaz de schiste
Il faut savoir d’abord que le gaz de schiste est concurrencé par d’autres énergies substituables et que les normes internationales donnent un coefficient de récupération en moyenne de 15/20% et exceptionnellement 30%, ce qui donnerait entre 3000 et 4000 milliards de mètres cubes gazeux commerciales pour l’Algérie. Par ailleurs, pour les centaines de puits perforés la durée de vie ne dépasse pas cinq années, devant se déplacer vers d’autres sites assistant donc à un perforage sur un espace déterminé comme un morceau de gruyère. Variant selon la nature géologique, en moyenne 1000 puits donnent environ 50 milliards de mètres cubes gazeux par an. Au vu de la structure des prix actuels au niveau international, concurrencé pour l’Algérie, la rentabilité pour le conventionnel est un prix de cession de 12 dollars pour les canalisations et 15/17 le MBTU pour les GNLs. Le coût du forage d’un puits pour l’instant en Algérie selon les experts est estimé à 15 millions de dollars. La rentabilité implique pour le prix de cession du gaz de schiste une pondération de 20 à 25% par rapport au traditionnel.
En effet, 1000 puits est une hypothèse puisque même pour le gaz traditionnel, le maximum de forage n’a jamais dépassé 200 puits. Même dans cette hypothèse maximale de 200 puits cela donne 10 milliards de mètres cubes gazeux non conventionnel. Pour s’aligner sur le prix de cession européen actuel, le coût du forage d’un puits de gaz de schiste devrait être inférieur à 10 millions de dollars. L’exploitation de ce gaz implique de prendre en compte que cela nécessite une forte consommation d’eau douce, un million de mètres cubes pour un milliards de mètres cubes gazeux, et en cas d’eau saumâtre, il faut des unités de dessalement extrêmement coûteux, ainsi que les techniques de recyclage de l’eau. Il s’agira d’éviter des effets nocifs sur l’environnement, (émission de gaz à effet de serre), la fracturation des roches pouvant conduire à un déséquilibre spatial et de l’équilibre écologique avec des possibilités d’effondrement, et en cas de non maîtrise technologique, par l’injection entre 200 et 300 produits chimiques pour fracturer la roche combiné avec le sable, peut infecter les nappes phréatiques au Sud, l’eau devenant impropre à la consommation avec des risques de maladies, d’autant plus que cette ressource abondante en eau ne peu dynamiser l’agriculture saharienne. Par ailleurs, excepté pour les grands gisements, pour les gisements marginaux la règle des 49/51% est à revoir mais en introduisant la minorité de blocage, devant privilégier une balance devises excédentaire profitable à l’Algérie et le transfert managérial et technologique.
4.- La stratégie énergétique algérienne : le Mix énergétique
Il s‘agit ni d’être contre, ni d’être pour, l’objectif stratégique est de l’insérer dans le cadre de la transition énergétique reposant sur un Mix énergétique, étant selon les propos du gouvernement en phase d’exploration et que la commercialisation n’aura pas lieu avant 2020/2025. D’ici là, de nouvelles technologies, faisant confiance au génie humain, seront certainement mis en place préservant l’environnement et réduisant les coûts, comme cela s’est passé lors du passage de l’exploitation du charbon à l’exploitation des hydrocarbures. L’on devra pour l’Algérie forcément aller vers un MIX énergétique inséré dans le cadre de la transition énergétique elle-même insérée dans le cadre de la transition économique d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures fonction des avantages comparatifs mondiaux. Cela concernera les énergies renouvelables, le Ministère de l’énergie prévoyant qu’elles couvriraient 30% de la consommation globale, l’option de mini centrales nucléaires entre 2020/2025, sans oublier les techniques de récupération au niveau des gisements traditionnels et surtout l’efficacité énergétique qui est le plus gros gisement d’économies de l’énergie. Comment expliquer que la consommation des ménages soient supérieure à celle des segments productifs sinon par le dépérissement du tissu productif et le gaspillage du fait que le prix administré est déconnecté du prix économique? Comment peut-on programmer plus de deux millions de logements selon les anciennes méthodes de constructions fortes consommatrices d’énergie (généralisation des climatiseurs) de ciment et de rond à béton (la facture d’importation explose entre 2012/2014) alors que les nouvelles méthodes permettent des économies entre 15 à 25%, ce qui implique une coordination et cohérence gouvernementale dépassant le ministère de l’Energie. Sans la maîtrise technologique, il faut être très prudent. Et là on revient à la ressource humaine, pilier de tout processus de développement fiable, devant prévoir un co-partenariat incluant des clauses restrictives avec d’importantes pénalités en cas de non-respect de l’environnement et la formation des Algériens, pour tout opérateur étranger.
En résumé, d’où l’importance d’un Etat régulateur fort, qui n’est fort que par sa moralité, sa capacité à dialoguer et à convaincre de cette option, conciliant les coûts privés et les coûts sociaux, renvoyant à l’Etat de Droit et à la bonne gouvernance pour éviter les impacts négatifs de ce choix.
Évitons donc tant la sinistrose que l’autosatisfaction source de névrose collective. L’Algérie avec ses réserves de change de 200 milliards de dollars y compris les réserves d’or peut tenir jusqu’en 2019/2020, sous réserve d’une rationalisation de ses dépenses publiques. Au vu de ses réserves actuelles, elle a 15 années pour réaliser sa transition tant économique qu’énergétique. Cela nécessitera forcément un changement de cap de la politique socio- économique réhabilitant l’entreprise publique, privée locale et étrangère qu’il s’agit de dé- diaboliser en levant toutes les contraintes d’environnement notamment la bureaucratie étouffante, tout devant reposer sur l’économie de la connaissance.
Dr Abderrahmane Mebtoul (*)
(*) Professeur des Universités, Expert International, Directeur d’Etudes ministère Energie/Sonatrach 1974/1980-1990/1995-2000/2006 et membre de plusieurs organisations internationales.
(1) Débat avec les professeurs Antoine Halff (AIE) et Abderrahmane Mebtoul (Algérie) organisé par Radio France Internationale –siège RFI Paris le 25/10/2014 : "Enjeux géostratégiques, situation et évolution du marché mondial de l’Energie". Seront abordés les enjeux la situation actuelle, les perspectives et les mutations futures du marché mondial de l’Energie horizon 2020/2030 et les conséquences en cas de chute des cours des hydrocarbures traditionnels sur les économies des pays dépendants de cette ressource et les stratégies des pays de l’OPEP représentant que 35% de la commercialisation mondiale et hors OPEP. Du fait de sa situation mono-exportatrice, ce débat interpelle à plus d'un titre l’Algérie dans sa future trajectoire socio-économique, tant sa transition économique, que sa transition énergétique.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 19:39 :

Le gaz de schiste refait surface en Tunisie


# 13



• Date 11 Septembre 2014
Le gaz de schiste refait surface en Tunisie
Déclarations fortes du chef du gouvernement, article dans Essabah (4 septembre 2014), séance en vue dans une fondation bien connue, annonce par M. Majdoub du début des forages fin 2014 (Le Maghreb, 10 août 2014,p.16-17), le gaz de schiste refait surface chez nous- et c’est tant mieux !- en dépit du tourbillon électoral qui mobilise tant, absorbant toutes les énergies.
Mais l’Europe fait la moue face à cette technique et un tout récent rapport du célèbre World Resources Institute (WRI) de Washington montre que le talon d’Achille du fracking (forage et exploitation) du gaz de schiste est la disponibilité de l’eau. L’eau commande cette ressource : il peut y avoir des milliards de mètres cubes de gaz sous nos pieds mais si l’eau manque à l’appel, aucun espoir n’est permis.
Mais l’eau ressemble ici à Janus aux deux faces !
Des travaux récents montrent qu’il faut être particulièrement attentif à l’eau « produite » par le puits. Sa composition (radioactivité, métaux divers, bactéries…) nécessite un stockage particulièrement soigné pour éviter la contamination des nappes ou des cours d’eau d’autant qu’on a affaire à des millions de litres.
Enfin, lors de la Semaine Mondiale de l’Eau (WWW) à Stockholm en août dernier, l’Institut International de l’Eau de Stockholm (SIWI) a mis en relief, dans un rapport, les aspects négatifs du gaz de schiste.
Reticences Europeennes
Les ministres allemands de l’Economie et de l’Energie Sigmar Gabriel et sa consœur de l’Environnement Barbara Hendricks veulent encadrer plus étroitement le recours à la fracturation hydraulique voire l’interdire au moins jusqu’en 2021. Dans un courrier daté du 4 juillet 2014 révélé par le site du Figaro et adressé aux députés de leur parti, le SPD social-démocrate siégeant au Bundestag, ils expliquent que « les projets de fracking pour exploiter le gaz de schiste…au-dessus de 3000 mètres seront interdits.» et détaillent les principaux points de la législation à venir sur ce sujet.
Les ministres affirment d’une part qu’ils «prennent très au sérieux les inquiétudes de la population » et d’autre part disent que « la protection de la santé et de l’eau potable ont une priorité absolue. » En 2021, un rapport doit faire le point sur « l’état des connaissances et des technologies et le Bundestag examinera à nouveau la loi ».
Ainsi, comme en France, Berlin ferme la porte à ce gaz enfoui très profond dans le sous-sol. C’est peut-être ce qui a amené Mme Connie Hedegaard**, la commissaire européenne chargée de l’action climatique à exprimer de fortes réserves quant à l’exploitation du gaz de schiste dans les pays de l’Union Européenne. Stéphane Foucart écrit dans le Monde (30 août 2014, p. 18) : «Les réticences de Mme Hedegaard sont pourtant scientifiquement tout à fait recevables : elles tiennent aux différences entre l’Europe et les Etats Unis au plan de la densité du peuplement (et donc des risques induits par les forages) ou de la nature des formations géologiques (et donc des bénéfices attendus)». On ajoutera qu’aux Etats Unis la législation concernant les activités minières et pétrolières et la propriété du sous-sol diffèrent d’un Etat à un autre. En outre, le lobby pétrolier américain est arrivé à se libérer du carcan de la loi sur l’eau potable (Safe Drinking Water Act ou SDWA).
Du reste, l’exploitation du gaz de schiste reste une affaire typiquement nord-américaine. Sur les 6000 puits exploités dans le monde, seule une poignée de 100 forages est située en dehors du Nouveau Monde.
Mais cette exploitation ne va pas sans accidents. Une explosion sur une plateforme de la société Chevron près de Dunkard en Pennsylvanie a provoqué un incendie et mort d’homme. En 2010, trois explosions et des incendies se sont produits à Marcellus Shale dans les Appalaches faisant 11 blessés et deux morts.
L’eau, talon d’achille de l’exploitation du gaz de schiste
Le rapport du WRI de Washington s’est penché sur le cas de 20 pays dont les importantes ressources en gaz de schiste sont prouvées au plan international. Notre pays ne se trouve pas dans cette cohorte.
Cet Institut n’a pas étudié les questions de pollution de l’eau ou d’impacts sur le milieu mais souligne cependant que le gaz de schiste pose « des défis significatifs aux plans social, environnemental et financier. »
Les auteurs du rapport se sont uniquement souciés de la disponibilité de l’eau lors de la recherche et de l’exploitation du gaz de schiste.
Le WRI trouve que 40% de ces pays font face à un stress hydrique élevé ou des conditions arides comme c’est le cas de la Chine, de l’Algérie, du Mexique, de l’Afrique du Sud, de la Lybie, du Pakistan, de l’Egypte et de l’Inde. La Chine, par exemple, jouit des ressources mondiales les plus grandes en gaz de schiste mais 61% de cette manne se trouve dans des zones arides ou dans des régions accusant déjà un stress hydrique important. En Argentine, 72% du gaz de schiste se situe dans des régions souffrant plus ou moins de stress hydrique. Au Royaume Uni enfin, 34% de la ressource en gaz de schiste se trouve dans des zones où le stress hydrique est élevé. Or, un puits exige 25 millions de litres d’eau douce - si on veut le faire produire.
On relève dans ce rapport cette mise en garde : « En général, la production du gaz de schiste est vulnérable partout où les eaux de surface ou les eaux souterraines sont limitées. Avec l’augmentation de la demande en eau due à l’exploitation du gaz de schiste, les autres utilisateurs tels les agriculteurs et les ménages proches des gisements font face à une compétition plus forte pour la ressource. Ce qui est de nature à potentiellement créer des conflits autour de l’eau pour les 386 millions de personnes qui vivent au voisinage ou sur les champs de gaz de schiste et tout particulièrement dans les régions où le changement climatique agit sur les précipitations et les températures et pourrait ainsi affecter les réserves en eau »
Pour éviter les déconvenues pour les investisseurs comme pour les autres parties prenantes, le WRI recommande notamment :
1. De procéder à des évaluations des réserves d’eau en recourant par exemple à des outils comme « The Aqueduct Water Risk » pour s’assurer de la disponibilité de l’eau et réduire les risques pour le business
2. De prendre contact avec les autorités locales de régulation, les communautés (d’irrigants par exemple en Tunisie) et l’industrie pour apprendre le plus possible sur la demande en eau, les conditions hydrologiques, la réglementation dans chaque bassin versant. Ce faisant, il faut tout faire dans la transparence dès qu’il s’agit du gaz de schiste.
3. Il faut réduire au maximum l’emploi de l’eau douce pour le fracking. Il faut viser le recyclage et le réemploi de l’eau et utiliser les eaux saumâtres.
4. Tenir absolument compte des autres utilisateurs et réduire drastiquement l’impact sur le milieu, la faune, la flore.
Pour notre pays, les études évoquées dans de nombreuses déclarations officielles devraient d’abord se soucier des réserves en eau et parer aux conflits autour de la ressource (agriculture, ménages, tourisme, énergie). Celles-ci doivent être particulièrement protégées et surveillées car certaines entreprises injectent du diesel lors des forages. De plus, des travaux récents montrent que « l’eau produite » par le puits (eaux usées donc) contient des produits chimiques non rencontrés habituellement car provenant du métabolisme des microorganismes du sous-sol (The New York Times, 8 septembre 2014). Enfin, des travaux récents (voir par exemple Avner Vengosh et al.in Environmental Science and Technology, mars 2014) montrent qu’il y a risque d’une salinisation potentielle des aquifères peu profonds et leur contamination par les gaz libérés lors du fracking (stray gas contamination).
Or, il est de notoriété publique que notre pays n’est pas gâté par la Nature par rapport à l’élément liquide ! Il nous faut donc redoubler de vigilance.
Le gaz de schiste a Stockholm
La Semaine Mondiale de l’Eau – une manifestation internationale très courue- n’a pas manqué de traiter du gaz de schiste.
Andreas Lindström, un responsable du SIWI parlant du gaz de schiste à la Semaine Mondiale de l’Eau de la capitale suédoise avertit qu’il ne faut pas se précipiter sur le cas étasunien ni se laisser éblouir par le feu de ses torchères ! Il a déclaré à la Fondation Thomson Reuters « Nous devons d’abord clairement comprendre l’impact d’une telle extraction. Nous devons concevoir des politiques enracinées dans ce savoir et, si faisable, de procéder de la manière la plus précautionneuse vis-à-vis de l’environnement.»
Dans un rapport rendu public début septembre, le SIWI remarque que l’impact sur le climat de l’exploitation du gaz de schiste est encore inconnu. Il y a libération du méthane (qui a un grand effet gaz de serre) dont la combustion- si elle a lieu sur site- libère du gaz carbonique. De même, il y a les risques de contamination de l’eau et de réduction des nappes ou du débit des cours d’eau.
Lindström, un des signataires du rapport du SIWI, pense que peu de recherches ont été faites sur les nouvelles technologies utilisées lors du fracking. Il affirme cependant que de nombreux signes montrent que l’exploitation à grande échelle porte atteinte à l’eau notamment dans les zones où il y a un stress hydrique important comme au Texas (Etat Unis). Il ajoute que l’expertise manque pour étudier les effets des produits chimiques utilisés ainsi que les implications du gaz de schiste dans des phénomènes sismiques. Enfin, il relève que les compagnies procédant au fracking ont une grande base de données et la première étape devrait être le partage de ce savoir avec la communauté scientifique afin que l’on sache de quoi il retourne. Pour de nombreux spécialistes, cette situation doit cesser. Aujourd’hui, les entreprises fournissent volontairement ces données mais cela doit devenir obligatoire. Encore faut-il convaincre les tenants du secret commercial et de la protection des brevets!
De son côté, Peter Gleick, le directeur du fameux Pacific Institute (Californie) – un think tank dévolu aux pratiques environnementales durables- est d’avis qu’on a besoin de plus de données relativement au fracking. Il propose que les gouvernements s’attellent à définir une check list internationalement acceptée pour les évaluations environnementales, avec la participation des pétroliers. « Les Etats ont besoin de superviser et de réglementer l’usage de l’eau utilisée pour le fracking et ils doivent surveiller la façon dont elle est stockée après usage. »
Kandeh Yumkella, sous-secrétaire général de l’ONU est d’avis qu’il faut plus faire connaître les dangers possibles du fracking pour protéger les populations, l’eau et l’environnement en général.
Espérons que le débat national envisagé tienne compte de ses rapports- on ne peut plus sérieux et adopte l’idée d’une check liste internationale!
Mohamed Larbi Bouguerra
** Elle a été remplacée le 10 septembre 2014. Fait nouveau : l’Espagnol Miguel Arias Canete est maintenant commissaire européen à la fois pour l’Energie et pour le climat. Ce qui ne paraît pas être un progrès d’autant que M. Canete possède une entreprise pétrolière aux Canaries.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 19:28 :

Le gaz de schiste en Tunisie: aubaine ou cadeau empoisonné

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5

juillet

2014

à 09:39

Gaz-de-schiste-Banniere

Il ne s'agit pas de rejeter en bloc le gaz de schiste, mais d'analyser le rapport risques-bénéfices avant de décider. Or, il semble que les risques sont plus importants.

Par Dr Salem Sahli*

Largement inconnu du public tunisien il y a quelques mois, le gaz de schiste fait tourner la tête des industriels, tétanise la population, indispose le gouvernement et mobilise les partis politiques et la société civile. Il fait polémique en Tunisie et dans le monde. Mais savons-nous au moins de quoi il retourne? Quels sont les avantages et les inconvénients de l'exploitation de ce gaz? Est-ce une aubaine pour l'économie nationale ou bien s'agit-il d'une catastrophe à éviter?

Trésor empoisonné ou nouvel eldorado ?

Autant de questions mises en débat à l'occasion de la conférence du professeur Mohamed Larbi Bouguerra** intitulée «Gaz de schiste, trésor empoisonné ou nouvel eldorado pour la Tunisie?» co-organisée récemment par l'Association d'éducation relative à l'environnement (Aere) et le Rotary Club de Hammamet.

Un public nombreux, une conférence de haute facture et un débat et des échanges fort intéressants. Telle est l'impression à chaud de la majorité des participants à la sortie de Dar Sebastian au Centre culturel international de Hammamet, où s'est tenue la manifestation. M. Bouguerra a su merveilleusement bien simplifier et vulgariser un sujet pourtant complexe et très technique.

Mohamed-Larbi-Bouguerra

Mohamed Larbi Bouguerra: un homme de science s'invite au débat.

Sur le fond, voici en style télégraphique, les quelques points que j'en ai retenu...

- Nous ignorons encore les quantités de gaz de schiste dont recèle notre sous-sol.

- Nous devons toujours garder à l'esprit et ne jamais perdre de vue les enjeux géostratégiques qui se cachent derrière les projets d'exploration et d'exploitation du gaz de schiste.

- Les activités de forage ne sont pas très pourvoyeuses d'emplois et on estime à 3 le nombre de poste d'emploi créé par puits. En effet, un puits qui entre en service est par la suite automatisé et son exploitation ne requiert aucune embauche.

- Le méthane CH4, le principal gaz de schiste, est un gaz à effet de serre 25 fois plus nocif que le gaz carbonique CO2. Son impact sur le réchauffement climatique ne doit pas être sous-estimé.

- La fracturation hydraulique, procédé utilisé pour extraire le gaz de schiste, est très vorace en eau. Des milliers de m3 d'eau par forage sont en effet nécessaires. Or, la Tunisie vit depuis des décennies une situation de stress hydrique, elle ne peut donc pas se permettre un tel gaspillage de ses ressources en eau.

- Les produits chimiques mis en circulation sont nocifs pour la santé, certains sont même cancérigènes, d'autres sont perturbateurs endocriniens et on ignore les effets à long terme des métaux lourds et autres dérivés radioactifs mobilisés du sous-sol.

- La focalisation de l'attention sur le gaz de schiste entraîne un relâchement des efforts en matière de recherche et d'investissement dans le secteur des énergies renouvelables comme le solaire, l'éolien ou la biomasse. Il retarde par conséquent la transition escomptée vers une société post-énergie fossile, et ce, au grand dam des écologistes.

Information et la consultation du public

- Enfin, au-delà du scandale écologique, du scandale sanitaire, du scandale climatique, il est un scandale que nous n'avons pas le droit d'escamoter; il s'agit du scandale démocratique. Tout se passe dans l'opacité et dans le secret dans la nouvelle Tunisie post 14 janvier. C'est inacceptable et il nous faut exiger la transparence totale dans les attributions des permis d'exploration et d'exploitation aux groupes pétroliers. Les autorisations sont attribuées en catimini et nous manquons cruellement d'informations sur ce dossier, ce qui nous rend encore plus sceptiques et méfiants. Il faut exiger l'information et la consultation du public et des élus locaux, ceux-là mêmes qui auront à supporter les impacts de ces projets sur leurs territoires.

- Il ne s'agit pas de revenir à la bougie ni d'arrêter le progrès, mais d'analyser le rapport risques-bénéfices avant de décider. Or, il semble jusqu'à présent que les risques sont plus importants que les avantages.

Mettre le dossier du gaz de schiste sur la table, agir avec transparence permettra certainement aux populations, aux élus, à la société civile... de se faire une opinion et de distinguer le bon grain de l'ivraie.

Car il ne fait aucun doute que le gaz de schiste sert quelques intérêts privés à l'abri du débat public.

* Président d'Aere Hammamet.

** Diplômé de géographie et de psychopédagogie à l'Université de Californie du Sud à Los Angeles et docteur d'État ès sciences physiques en 1967 à la Sorbonne, Mohamed Larbi Bouguerra est un ancien professeur à la Faculté des sciences de Tunis où il a enseigné la chimie organique et la chimie de l'environnement. Il a également été directeur de recherche associé au CNRS, en France.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 19:23 :

Important (Le Matin)

“ALGERIENS, INDIGNEZ-VOUS … !” Lettre ouverte au président Bouteflika
Mots clés : Bouteflika, Tripoli, Algerie, Hydrocarbures, Gaz De Schiste, Pollution
Par Le Matin | 28/05/2014 20:37:00 | 34895 lecture(s) | Réactions (21)
Hocine Malti, ancien responsable de la société publique pétrolière algérienne Sonatrach, publie une lettre ouverte au président Bouteflika. Il appelle le président à reconsidérer l'exploitation des réserves de gaz de schiste et demande aux Algériens de s'insurger contre cette décision, lourde de conséquences.

Monsieur le Président de la République,
Vous venez d’autoriser l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste sur le territoire de notre pays à tous, l’Algérie. Nous avez-vous consultés, nous les citoyens, avant de prendre une décision aussi grave ? Avez-vous, ne serait-ce que pour la forme, consulté la représentation nationale ? Sachant à quel point vous et le régime dont vous êtes la façade avez travesti les règles de la démocratie dans notre pays, vous auriez probablement obtenu l’accord quasi-unanime de ceux qui sont censés nous représenter. Cela nous aurait cependant permis de repérer les quelques courageux qui auraient osé vous dire, non. Savez-vous ce qu’est le gaz de schiste, Monsieur le Président ? Savez-vous comment l’on procède pour extraire ce gaz de la roche qui le contient ? Savez-vous quels sont les dangers encourus lors de l’extraction ? Savez-vous de quelles réserves l’Algérie dispose ? Savez-vous quelles seront les retombées financières sur le pays, une fois l’exploitation entamée ? Savez-vous quelles décisions ont été prises en la matière par d’autres pays, censés disposer de réserves importantes de cette ressource ?
Les dangers de la fracturation
Vous souvenez-vous, Monsieur le Président, de l’ardoise que vous transportiez dans votre cartable d’écolier ? Imaginez plusieurs ardoises collées les unes aux autres jusqu’à constituer une couche épaisse de quelques dizaines de mètres située à deux ou trois mille mètres sous terre. La roche ainsi constituée s’appelle schiste. (D’autres roches identiques à l’ardoise de par leur consistance et leur dureté s’appellent également schiste. Ce sont celles-ci surtout qui sont présentes au Sahara, mais j’ai choisi l’ardoise car elle plus parlante pour le commun des mortels.) A l’intérieur de cette roche se trouvent des milliards de micropores, voire de nanopores qui contiennent du gaz : c’est le gaz de schiste. Vous est-il arrivé, Monsieur le Président, de faire tomber votre ardoise sur le chemin de l’école ? Pouviez-vous dire, à l’avance, si elle allait se briser en deux, trois ou plusieurs morceaux ? Et quelles seraient la taille et la forme de ces morceaux ? Bien évidemment, non. Afin de produire le gaz contenu dans cette roche très peu poreuse, on doit le libérer en provoquant par des techniques particulières un phénomène identique, on doit faire éclater la roche ; en jargon du métier on dit que l’on doit procéder à la fracturation du schiste. Tout comme dans l’exemple de l’ardoise qui se brise, on est dans l’incapacité de dire quel en sera le résultat, mais aussi et surtout, on ne pourra prédire jusqu’à quelle profondeur s’étendra la fracturation. L’opération est d’autant plus incontrôlable qu’elle se déroule dans les entrailles de la terre. On ne sait donc pas si seule la couche de schiste a été fracturée, tout comme on ne sait pas si, ce faisant, les fissures que l’on a créées ne sont pas devenues autant de canaux de communication vers d’autres couches plus poreuses situées au-dessus ou au-dessous de la couche porteuse. C’est malheureusement ce qui arrive dans la très grande majorité des cas car, sachez Monsieur le Président, que pour extraire le gaz de schiste, on doit pénétrer cette couche par un forage dit horizontal et procéder de proche en proche au plus grand nombre possible de fracturations qui peuvent alors atteindre d’autres niveaux. La fracturation en elle-même se fait par injection à très haute pression d’eau à laquelle on a additionné du sable et des composants chimiques extrêmement nocifs pour la santé des hommes et des animaux, mais aussi pour la végétation ; en effet, certains sont radioactifs, tandis que d’autres sont cancérigènes.
Gaspillage et pollution d’eau
Les quantités d’eau utilisées sont de l’ordre de quelques dizaines de milliers de mètres cubes par forage, ce qui est une quantité énorme, vu la rareté de cette denrée précieuse dans les zones arides sahariennes. De retour à la surface après usage, ce mélange eau-produits chimiques est généralement jeté dans la nature. Comme vous le voyez, Monsieur le Président, on a là un énorme gaspillage d’eau, qui s’infiltrera dans le sol, entrainant sa pollution avec elle et laissant derrière elle d’immenses décharges de produits chimiques. Je dois donc vous dire, Monsieur le Président, que si vous maintenez votre décision, l’Histoire retiendra que vous aurez semé la mort pour plusieurs décennies dans toutes les zones sur lesquelles auront travaillé les compagnies que votre gouvernement aura agrées ; et que vous aurez traité votre peuple de la même manière que l’a traité la puissance colonisatrice dans les années 1960, en procédant à des essais nucléaires au Sahara. Et ce n’est pas tout. L’eau polluée par les composants chimiques qu’elle contient, injectée sous très haute pression, pénètrera à travers les fractures qu’elle aura créées dans d’autres couches plus perméables et plus poreuses puis migrera probablement vers les trois grandes zones aquifères présentes dans le sous-sol saharien, dont la couche albienne notamment qui contient – je ne sais si vous le savez – des milliers de milliards de mètres cubes d’eau accumulés durant des siècles. C’est cela le plus grand risque que votre décision fait courir à la plus importante richesse que recèle le Sahara.
Dans les poches des compagnies étrangères
L’Histoire a déjà enregistré que vous et le système que vous représentez avez privé la génération actuelle d’Algériens du bien-être que leur aurait procuré la manne pétrolière du pays en bradant ses ressources en hydrocarbures[1] afin de satisfaire les appétits des majors pétroliers, américains notamment, dans le but affiché de vous acheter des alliances, mais aussi celui de gonfler les comptes en banque de vos proches et des mafieux qui vous entourent. De même, qu’elle retiendra que, pour les mêmes raisons vous aurez également privé les générations futures de l’eau, source de la vie. Comment peut-on qualifier cela, Monsieur le Président ? Non-assistance à personne en danger ? Crime contre l’Humanité ? Je vous laisse le choix du qualificatif. Ce n’est pas parce que vous avez donné comme instruction, lors du conseil des ministres du 21 mai 2014 qui a entériné la décision «de veiller à ce que la prospection, et plus tard l’exploitation des hydrocarbures schisteux soient menés en permanence avec le souci de préserver les ressources hydriques et de protéger l’environnement»
que vous vous serez délié de toute responsabilité en la matière. Car, plus que la corruption que vous et vos maîtres de l’ombre[2] avez instaurée comme méthode de gouvernance, plus que la maltraitance et le mépris avec lesquels vous avez traité votre peuple durant les quinze années de votre règne – et plus sachant que vous venez d’entamer un quatrième mandat – poussant notamment la jeunesse de ce pays vers l’exil, y compris sur une embarcation de fortune avec la mort au bout du voyage, c’est un crime autrement plus grave que vous allez commettre, Monsieur le Président. J’espère que vous êtes conscient que l’Histoire retiendra que ce crime vous est imputable à vous et à vous seul, car eux, vos maîtres de l’ombre, s’en laveront les mains bien sûr. D’autant plus que vous n’ignorez pas que les guerres du futur seront des guerres pour l’eau ; mais cela vous n’en avez cure visiblement, car ce ne seront pas vos guerres, ni même celles de votre descendance, car vous n’en avez pas. Au lieu de préserver ce bien précieux pour l’Humanité toute entière et pour des millions d’Algériens qui ne sont pas encore nés, vous nous dites : «Après moi le déluge !»
Stocks surestimés
Monsieur le Président,
Je suppose que l’on vous a dit que l’Algérie était classée en troisième position dans le monde pour ce qui est des réserves de gaz de schiste. Sachez que les chiffres qui vous ont été avancés émanent apparemment de rapports établis par le Secrétariat à l’Energie américain, dans lesquels il est bien spécifié qu’il s’agit là de réserves non prouvées, qu’elles seraient de l’ordre de 19 800 milliards de mètres cubes et qu’elles seraient situées en majorité au sud-est du Sahara dans une zone de 120 000 kms² environ. Aucune étude sérieuse, ni aucun travail de recherche sur le terrain ne sont venus, à ce jour, confirmer la véracité de ces chiffres. La lecture de ces rapports, qui utilisent tous des verbes déclinés au conditionnel, montre d’ailleurs bien que ce ne sont là que des estimations grossières, basées sur une superficie calculée très approximativement – je dirais même outrageusement gonflée – tout comme le sont les autres éléments (épaisseurs des couches, porosité, etc.), qui entrent en jeu dans les calculs. On ne peut par conséquent pas bâtir une politique d’exploitation, et encore moins prendre des engagements commerciaux sur la base de chiffres de réserves qui sont loin d’être prouvées, comme l’ont si bien souligné les auteurs des rapports en question. Ce qui est par contre toujours constaté dans le domaine du calcul des réserves en hydrocarbures, c’est que l’on aboutit généralement à des réserves prouvées 2,3 ou 4 fois inférieures, si ce n’est plus, à celles des réserves initialement estimées. Le fait que nous soient répétés sur tous les tons, tant par les responsables de Sonatrach, que par des membres de votre gouvernement, ou par certains médias algériens, des chiffres mirobolants de réserves qui flattent l’égo des Algériens, n’en fait pas pour autant des vérités.
Le schiste, même les Chinois n’en veulent pas
Saviez-vous, Monsieur le Président, que la Chine, que les mêmes milieux pétroliers américains classent en première position dans le monde pour ce qui est des réserves non prouvées de gaz de schiste, qu’ils estiment être de 32 000 milliards de mètres cubes, vient de signer un méga contrat de livraison de gaz naturel avec la Russie, qui lui livrera à compter de 2018 et pendant 30 ans des quantités qui iront crescendo jusqu’à atteindre 38 milliards de mètres cubes par an ? Pourriez-vous m’expliquer, Monsieur le Président, pourquoi les Chinois s’engageraient à ce point avec les Russes alors qu’ils disposeraient de réserves de gaz de schiste équivalentes à 1000 années d’importation depuis la Russie ? Visiblement les Chinois sont moins enthousiastes que les Américains sur l’estimation des réserves que recèlerait leur pays, mais surtout refusent de s’engager dans l’exploitation d’une ressource qui, dans les limites des connaissances actuelles, est dangereuse pour l’homme et son environnement, quitte à payer une énorme facture aux Russes. Pourriez-vous me dire aussi, Monsieur le Président, pourquoi la France, qui posséderait elle aussi des réserves importantes de gaz de schiste, a adopté un moratoire qui en interdit l’exploitation sur le sol français, tant que la technologie n’aura pas suffisamment évolué et permettra de protéger le peuple français contre un désastre écologique ? Quitte à continuer à payer dans ce cas-là aussi d’importantes factures à la Russie et à l’Algérie. Face à une telle interdiction, le groupe Total se dit alors : «Si on ne peut pas le faire chez nous, pourquoi n’utiliserions-nous pas comme laboratoire des pays moins regardants en la matière, tels que l’Algérie ?» et décida donc de venir polluer notre Sahara et semer la mort dans notre pays. Puis, au passage, Total testera de nouvelles techniques, moins polluantes, moins mortelles, qu’il utilisera en France lorsqu’il les aura mises au point et qu’il nous vendra très cher ce jour-là. Total n’est pas le seul groupe pétrolier à vouloir se lancer dans l’aventure du gaz de schiste en dehors des frontières de son pays. Les majors anglo-saxons en font de même.
Catastrophe environnementale
Alors de grâce, Monsieur le Président, évitez à ce pauvre peuple algérien une nouvelle catastrophe. Ne trouvez-vous pas qu’il a suffisamment souffert après avoir subi 132 années de colonialisme, après avoir payé un lourd tribu de quelques centaines de milliers de morts durant les 7 années et demie de la guerre de libération, après que 200 000 de ses enfants aient laissé leurs vies lors d’une guerre civile qui ne dit pas son nom, après que votre régime ait décidé d’innocenter les auteurs de tous bords des atrocités commises durant cette période, puis enfin après que la Cosa Nostra qui constitue l’ossature de votre pouvoir ait dépouillé, avec votre bénédiction, ce pauvre peuple d’une richesse que la Nature a attribué à toute la nation algérienne et pas uniquement à la caste que vous et vos maîtres de l’ombre avez constituée autour de vous ? Le gaz de schiste présent dans notre pays n’est pas votre propriété privée, vous ne pouvez donc pas en disposer et l’utiliser comme bon vous semble, comme vous le faites, Monsieur le Président.
Venons-en maintenant à l’aspect économique de la question. Aux Etats-Unis, pays pionnier en ce domaine, nombre de compagnies ont démarré voici plusieurs années une telle activité.Pour des raisons purement économiques bien entendu, puisqu’il n’y a - nous le savons tous - qu’un seul dieu qu’elles adorent, un dieu qui s’appelle Dollar. Or, les dollars n’étaient pas au rendez-vous, en tout cas pas autant qu’elles l’auraient souhaité. Pour une raison bien simple : les découvertes qu’elles avaient faites ne constituaient pas des gisements au sens où on l’entend habituellement ; ce ne sont que des poches de gaz qui recèlent des quantités qui ne justifient pas les énormes investissements qu’elles ont consentis pour les exploiter. Ceci est, sachez-le Monsieur le Président, un phénomène normal et connu en la matière, car la technique utilisée à ce jour ne permet de fracturer qu’une zone limitée et de ne drainer donc qu’un volume relativement restreint de gaz. Si l’on veut produire plus, il faudrait forer un nombre beaucoup plus grand de puits horizontaux, donc plus compliqués et plus chers, ce qui rendrait l’opération non rentable. Tant et si bien que nombreuses sont celles parmi ces compagnies, qui avaient sollicité des crédits bancaires pour lancer leurs opérations, qui aujourd’hui éprouvent de grosses difficultés à honorer leurs engagements de remboursement. Certaines ont dû tout simplement mettre la clé sous le paillasson, cesser toute exploitation de gaz de schiste. Certains experts disent même que cette histoire de gaz de schiste n’est, dans l’état actuel des connaissances, qu’une opération purement spéculative, une bulle qui finira par éclater un jour. Pourquoi, me diriez-vous alors, voudraient-elles démarrer en Algérie, une activité similaire à celle qui n’avait pas fonctionné comme elles l’auraient voulu chez elles ? Elles pensent probablement, que la configuration géologique du Sahara, la nature des roches qu’on y rencontre et la sédimentation qu’elles ont subie durant plusieurs millénaires rendent les gisements plus prolifiques qu’ils ne le sont dans les Montagnes Rocheuses du Colorado ou dans les plaines de l’Oklahoma. Elles sont surtout convaincues que la règlementation algérienne en matière d’écologie et d’environnement – dans la mesure où il en existe une - est moins contraignante qu’elle ne l’est aux Etats-Unis, ce qui rendrait rentable l’exploitation. Et puis, elles savent, qu’en tout état de cause, un gros paquet de dollars versés au compte du «parrain» du secteur, intronisé par votre régime, permettra de régler la question. Enfin, la dernière raison qui pousserait ces entreprises à venir exploiter notre gaz de schiste est celle déjà évoquée plus haut, à savoir que l’Algérie constituerait pour elles un laboratoire d’essais.
Quoiqu’il en soit, sachez Monsieur le Président, que les techniques que l’on utilise jusqu’à ce jour pour extraire le gaz de schiste en font une activité dévoreuse de capitaux. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que des milliards de dollars se mettent à pleuvoir sur les caisses du Trésor algérien, comme on vous l’a fait peut-être miroiter. On n’est pas aujourd’hui, comme on l’était en 1956, à la veille de la découverte d’un nouvel Eldorado au Sahara.
Priorité à la lutte anticorruption
Aussi, vous dirais-je que si ce qui motive votre décision c’est - comme je le suppose - le fait que l’Algérie va se trouver très bientôt dans l’impossibilité d’honorer ses engagements en matière de livraison de gaz naturel au marché intérieur et à l’exportation, la parade est pourtant simple. Engagez, tout d’abord, Monsieur le Président, une lutte impitoyable contre la corruption dans le secteur pétrolier, dans celui de la construction des autoroutes ou celui des caisses agricoles et vous économiserez immédiatement et au minimum, une bonne dizaine de milliards de dollars par an, qui viendront compenser les pertes qui résulteraient d’une éventuelle non livraison de gaz à certains clients. Demandez l’avis de Chakib Khelil, de Amar Ghoul, de Amar Saâdani et celui de votre frère Saïd sur la question, ils vous éclaireront certainement plus que je ne peux le faire Entreprenez également et dans les plus brefs délais une étude sérieuse du modèle énergétique que devrait adopter l’Algérie. Vous constaterez que l’on y produit des quantités de pétrole et de gaz qui ne sont nullement en adéquation avec les besoins financiers réels du pays, qu’une énorme gabegie règne dans ce secteur, que les recettes engrangées par les ventes d’hydrocarbures ne sont qu’un grand cache-misère qui donne l’impression que les Algériens vivent dans l’opulence, si l’on se réfère à la quantité et à la variété des produits que l’on trouve sur le marché. L’essentiel et le superflu, mais le tout entièrement manufacturé ailleurs. Vous parlez de plans quinquennaux ? Faites alors en sorte que par une série de mesures que vous adopterez dans le cadre de ces plans, une partie au moins de ces marchandises soit produite dans le pays. Et puis posez-vous la question, Monsieur le Président : l’Algérie est-elle condamnée à demeurer ad vitam aeternam un simple fournisseur d’énergie ? Et même si la réponse à cette question était « Oui », ce dont je doute personnellement, n’existe-t-il pas dans le pays d’autres sources d’énergie que les hydrocarbures, qu’ils soient conventionnels ou non ? Quid par exemple de l’énergie solaire dans un pays dont les 4/5 de la superficie sont inondés de soleil pratiquement 365 jours par an ?
A tous les Algériens : arrêtez la minuterie de cette bombe à retardement !
C’est maintenant à vous, mes compatriotes que je m’adresse. C’est pour faire savoir à toutes les Algériennes et à tous les Algériens quel sera le triste sort que réserve le régime en place aux générations futures, que j’ai interpellé d’une manière aussi violente, dira-t-on peut-être, le Président de la République. C’est animé d’une grande révolte et avec une énorme tristesse sur le cœur que j’ai écrit ces lignes. Encore que je n’ai pas décrit tous les dangers qui guettent notre pays et notre peuple. D’autres que moi se sont exprimés sur la question ces derniers temps ; il suffit simplement de lire ce qui a été publié sur le sujet par la presse algérienne dans le courant de la semaine écoulée pour se rendre compte que je n’ai nullement exagéré la description de la bombe à retardement que le gouvernement vient de planter au cœur du système hydrique de notre pays. Comme toute bombe à retardement, ce n’est pas dans l’immédiat qu’elle explosera ; c’est sur la durée que se feront sentir ses effets. Celle-ci est particulièrement traîtresse et pernicieuse ; c’est petit à petit et par petites doses presque imperceptibles qu’elle distillera son poison. Mais une fois qu’elle aura entamé son processus de destruction, plus rien ni personne ne l’arrêtera. Ce sera l’apocalypse, mais ce sera trop tard. C’est pourquoi je dis à tous les Algériens que c’est maintenant qu’il faut agir, c’est aujourd’hui qu’il faut empêcher qu’un tel crime soit commis contre notre descendance, contre nos enfants, contre nos petits-enfants et contre ceux qui arriveront plus tard. Je sais que les termes que j’ai utilisés sont très durs et je sais que je prends des risques en dénonçant de cette manière l’infamie que le régime s’apprête à accomplir en notre nom à tous. Je sais que l’on va m’accuser de tous les maux et de tous les vices de la terre. On les inventera s’il le faut. Je n’irai pas jusqu’à dire comme Amar Saâdani que s’il devait m’arriver quelque chose, c’est Tewfik ou quelqu’un d’autre qui en sera responsable. Je ne pouvais cependant pas me taire, car je sais quelles seront, sur le long terme, les conséquences de la décision prise lors de la dernière séance du conseil des ministres. C’est pourquoi je dis aux Algériens, à tous les Algériens, indignez-vous. Faites des pétitions, faites des manifestations, faites en sorte que le Président de la République renonce à cette fausse bonne idée d’accorder son feu vert à l’exploitation du gaz de schiste. Agissez de telle manière qu’il fasse ce qu’il a été poussé à faire en 2006 quand sous la pression à laquelle il a été soumis de toutes parts, il a été amené à renoncer à mettre en vigueur la loi scélérate sur les hydrocarbures de Chakib Khelil et ce malgré le soutien de la première puissance mondiale. Je suis pour ma part fier d’avoir alors participé par certains de mes écrits, pour une part aussi minime soit-elle, à la victoire qui a permis au peuple algérien de préserver ses richesses en hydrocarbures de la prédation par les multinationales pétrolières à laquelle les avait condamnées cette loi.
Alors je vous dis, Algériennes, Algériens, unissez-vous, obligez le pouvoir en place à renoncer à ce suicide collectif qu’il cherche à nous imposer. Indignez-vous ! Indignez-vous ! Indignez-vous !
Par Hocine Malti, 27 mai 2014
[1] Voir «Sonatrach, 50 ans après», par Hocine Malti, in mon blog sur Mediapart, in Algeria Watch, 22 décembre 2013, in El Watan, 23 décembre 2013 et autres.
[2] Il s’agit, vous m’avez compris, des généraux janviéristes qui vous ont installé à la tête de l’Etat.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 19:19 :

Exploitation des gaz de schiste
Quels risques sur les ressources en eau ?

le 03.09.14 | 10h00 2 réactions

La préservation des ressources hydriques dans les zones arides...
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World Ressources Institute estime que le stress hydrique peut limiter le développement de l’industrie des gaz de schiste.
L’exploitation des gaz de schiste risque-t-elle de mettre en péril les ressources hydriques ? La question préoccupe certains think tanks, à l’image du World Ressources Institute (WRI) qui a récemment publié une étude sur l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels dans les zones arides. Celui-ci démontre dans une analyse que 38% de ces ressources en hydrocarbures se situent dans des zones arides et subissent un haut degré de stress hydrique en Afrique, en Chine et au Mexique.
En classant les 20 pays disposant de réserves en hydrocarbures de schiste les plus importantes, le WRI estime que l’Algérie est l’un des pays subissant un important stress hydrique et exposés à l’aridité. Le think tank, qui se spécialise dans la gestion durable des ressources naturelles, estime que le stress hydrique peut limiter le développement de l’industrie des gaz de schiste. Il pose également la problématique de l’exploitation des gaz des schiste dans des zones peuplées, comme la Grande-Bretagne.
C’est ainsi que le groupe d’analystes basé à Washington précise, dans son rapport publié à l’occasion de la Semaine mondiale de l’eau, que la gestion des risques liés à la préservation des ressources hydriques et la gestion de ces ressources dans les zones arides constituent l’un des défis les plus importants auxquels l’industrie gazière et pétrolière doit faire face, mais souvent sous-estimé lorsqu’il s’agit des schistes. Et d’ajouter que 386 millions de personnes vivent dans des territoires renfermant des hydrocarbures de schiste et que les gouvernements et les entreprises font face à des choix critiques quant à la façon de gérer leurs besoins en énergie et en eau.
Selon le WRI, la fracturation hydraulique nécessaire pour l’extraction des gaz et des huiles de schiste nécessite jusqu’à 25 millions de litres d’eau par puits, les ressources de schiste peuvent être plus difficiles à se développer là où l’eau est rare. Selon les auteurs du rapport, l’étude a pour objectif de tirer la sonnette d’alarme quant à la nécessité de préserver les ressources hydriques dans les pays qui cherchent à développer le gaz de schiste, estimant que le développement des ressources énergétiques ne saurait se faire sans une gestion responsable des ressources énergétiques.
Le rapport publié hier précise ainsi que la Chine est le pays qui dispose des plus grandes réserves en gaz de schiste, néanmoins plus de 60% de ses ressources se situent dans des zones à fort stress hydrique. Si le document précise que l’Argentine qui dispose des secondes plus grandes réserves est exposée à des degrés de stress hydrique moyens, il considère que l’Algérie, qui est le 3e pays disposant des réserves les plus importantes, doit faire face au problème de l’aridité des zones d’exploitation.
Il est utile de rappeler dans ce sens que le ministre des Ressources en eau a affirmé en juin dernier que l’exploitation des gaz de schiste n’aura pas d’impact significatif et ne constitue pas un risque réel de pollution sur les ressources hydriques fossiles du Grand Sud algérien. Il a également défendu la décision du gouvernement pour l’exploitation des gaz de schiste estimant que c’est un choix «souverain, stratégique» et qui ne devrait pas poser de problème en ce qui concerne la gestion des ressources hydriques du pays.

Roumadi Melissa

AN  a écrit le 31/10/2014 à 19:16 :

Arnaque

L'algérie est entrain de se tirer une balle dans le pied avec les gaz de schistes. Son vaste potentiel minier n'est pas encore exploré, et elle gagnerait bcp à le faire pour découvrire d'autres gisements géants, dont le coût d'exploitation est moins important que pour le schiste, dont le coût de sacchage de l'environnement est immense. Et ce n'est certainement pas les sociétés américaines qui vont s'occuper de la dépolution.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 19:10 :

Pologne – Gaz de Schiste

Gaz de schiste : le dégrisement polonais
LE MONDE | 16.01.2014 à 12h25 • Mis à jour le 18.01.2014 à 12h00 | Par Gilles Paris




Fini l’euphorie dans laquelle baignait la Pologne voici à peine trois ans, lorsque certaines estimations – américaines – sur les ressources potentielles du pays en gaz de schiste avaient laissé entrevoir des perspectives flamboyantes.
Après les groupes nord-américains Marathon Oil, Talisman Energy et Exxon Mobil, c’est aujourd’hui au tour de l’italien ENI de s’apprêter à renoncer à explorer les gisements qui lui avaient été attribués. L’entreprise, qui détient trois concessions, dont une vient d’expirer et deux autres le seront prochainement, ne devrait pas demander aux autorités polonaises leur renouvellement.
« Nous avons été informés par ENI qu’ils n’allaient plus participer au programme de dialogue avec les habitants, car le groupe a décidé de ne pas prolonger sa concession de Mlynary [nord] », expirée le 5 janvier, a indiqué, mardi 14 janvier à l’AFP, Anna Miazga, responsable d’un programme gouvernemental visant à apaiser les tensions entre partisans et opposants de l’exploitation du gaz de schiste. ENI n’a officiellement fait aucun commentaire.
LES OBSTACLES SONT GÉOLOGIQUES ET JURIDIQUES
Pourtant, à Varsovie, le compte à rebours reste engagé pour une éventuelle révolution énergétique. Dans quelques semaines, le gouvernement aura dépoussiéré un code minier antédiluvien. Les règles du jeu seront clarifiées pour les investisseurs étrangers dont le pays a besoin pour réussir un pari encore incertain.
La difficulté ne vient pas, pour l’instant, d’opinions publiques inquiètes d’éventuelles conséquences pour l’environnement, comme ailleurs en Europe. Les obstacles sont géologiques et juridiques.
En 2011, l’agence américaine d’information sur l’énergie avait attribué généreusement à la Pologne 5 000 milliards de mètres cubes (m3) de réserves, suscitant l’enthousiasme.
« Pour trouver un phénomène comparable en Europe à celui créé alors par cette annonce, il faut remonter à la découverte des gisements de la mer du Nord », rappelle Pawel Poprawa, expert de l’Institut d’études sur l’énergie de Varsovie, un organisme privé.
LE SOUS-SOL POLONAIS PLUS CORIACE
Mais ce chiffre a été brutalement divisé par cinq un an plus tard par l’Institut polonais de géologie. Les écarts entre ces estimations rendent donc indispensable une exploration systématique de la bande de terre privilégiée qui prend en écharpe le pays, de la Baltique à l’Ukraine, le long d’un axe nord-ouest sud-est.
Or le sous-sol polonais, plus coriace que les grands champs américains, a découragé les grandes compagnies qui s’y étaient précipitées, à commencer par Exxon, dont le départ en juin 2012 a alimenté la déception. La compagnie pétrolière polonaise Orlen use d’une unité de mesure particulière lorsqu’elle veut faire la pédagogie du gaz de schiste.
Pour donner une idée de la profondeur à laquelle se trouve cette source d’énergie, elle compte en « Palais de la culture et de la science », bâtiment aussi austère que stalinien installé au cœur de Varsovie et qui culmine à plus de 230 mètres. Il faut ainsi l’équivalent de 17 Palais empilés les uns sur les autres pour atteindre en sous-sol la roche qui retient le gaz prisonnier.
50 MILLIONS DE DOLLARS PAR FORAGE
Wieslaw Prugar, le président d’Orlen Upstream (raffinage, pétrochimie), tout comme Konrad Borowski, de PGNiG, le puissant groupe énergétique contrôlé par l’Etat, considèrent que, s’il est encore trop tôt pour savoir si l’exploitation sera rentable, le gaz est là, et qu’il faut développer de nouvelles techniques pour s’adapter au terrain. Certains experts déplorent un excès de pessimisme succédant à un excès inverse.
Le départ de groupes étrangers, obligés d’arbitrer entre de multiples possibilités d’investissements, n’interdit pas leur retour si des progrès sont constatés.
Mais les compagnies étrangères restent indispensables pour mener à bien une campagne d’exploration qui suit actuellement un rythme beaucoup trop lent pour pouvoir produire une évaluation crédible des réserves de la Pologne en matière de gaz non conventionnel.
« Jusqu’à présent, la déception, pour nous, tient surtout au très faible nombre de puits creusés, assure Malgorzata Szymanska, directrice du département pétrole et gaz du ministère de l’économie. Cinquante puits, cela n’est pas assez. Il en faudrait au moins deux cents pour avoir une idée. »
A raison de 50 millions de dollars (36,7 millions d’euros) par forage, selon l’expert Andrzej Sikora, également membre de l’Institut d’études sur l’énergie de Varsovie, c’est une somme considérable qui doit être mobilisée pour pouvoir trancher la question cruciale des réserves, alors que le rythme des forages a été divisé par deux en 2013 (à 12) par rapport à 2012.
« TOUT EST ALLÉ TROP VITE »
Le professeur Jerzy Nawrocki, directeur de l’Institut géologique polonais, ne cache pas son pessimisme à la lumière des résultats enregistrés jusqu’à présent. « Tout le monde s’est emballé et il est désormais difficile de faire machine arrière, à commencer par le gouvernement. »
Les autorités polonaises ont-elles été enivrées par la perspective de revenus encore inimaginables en 2009, date de la parution d’un plan énergétique pour le pays qui ne mentionnait nulle part le gaz de schiste ? Le fait est qu’il n’est pas besoin de pousser le ministère de l’économie dans ses retranchements pour qu’il décline avec entrain l’affectation de revenus encore très hypothétiques – des collectivités locales à l’éducation en passant, modèle norvégien oblige, par l’alimentation d’un fonds pour garantir les retraites.
La réforme du code minier lèvera une partie des difficultés, veut croire Marcin Korolec, ancien ministre de l’environnement, le secteur ministériel qui décide de l’attribution des permis. « Nous nous sommes inspirés des exemples norvégien et néerlandais pour bâtir un cadre propre à ménager les intérêts de l’Etat, propriétaire du sous-sol et de ses ressources, et ceux des entreprises », raconte-t-il.
« Tout est allé trop vite et, maintenant, la situation est compliquée, déplore Tomasz Chmal, spécialiste de l’énergie auprès de l’Institut Sobieskiego, proche de l’opposition. Les grandes compagnies qui disposent de capitaux sont parties et les plus petites qui restent peuvent être vite fragilisées par des forages infructueux, surtout celles qui sont cotées en Bourse. »
LE RÊVE D’UN ELDORADO NON CONVENTIONNEL S’EST DISSIPÉ
M. Chmal convient que les obstacles géologiques ont leur part dans le désenchantement actuel, mais il estime que les autorités ont fait preuve de maladresse en se précipitant pour créer un régulateur étatique et en laissant se développer les rumeurs sur leur volonté de ponctionner les industriels. Ce que dément M. Korolec.
« Il faut des certitudes. Il faut d’abord avoir une production, et après on y verra plus clair sur sa rentabilité et sur les revenus que cela pourra éventuellement rapporter à l’Etat », affirme M. Chmal. « Il faut accélérer pour accéder aux économies d’échelle, renchérit Adam Czyzewski, chef économiste d’Orlen, sinon ce gaz ne sera jamais rentable. »
Même si le rêve d’un eldorado non conventionnel s’est dissipé, l’ajout d’une nouvelle source d’énergie serait le bienvenu pour le mix énergétique polonais. Ce dernier repose majoritairement sur le charbon (plus de 80 % de l’électricité consommée dans le pays est produite dans des centrales thermiques polluantes) et sur le gaz importé à grands frais de Russie, une donnée géopolitique qui complique encore l’équation polonaise.
Le temps que les nouvelles règles soient intégrées par les principaux acteurs, l’échéance la plus régulièrement affichée en Pologne est désormais 2015, et non 2014, pourtant annoncée par le gouvernement comme l’année du passage à une production industrielle. Il faudra donc encore attendre avant de savoir si le gaz de schiste polonais deviendra une fois pour toutes une chimère ou une réalité.

• Gilles Paris

AN  a écrit le 31/10/2014 à 18:53 :

Les pays du Maghreb et ceux producteurs de petrole doivent accorder leurs violents sur cette question de gaz de schiste,du fait qu’elle touche directement leurs economies et influe sur la cadence de leurs developpements.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 18:51 :

Les pays du Maghreb et ceux producteurs de petrole doivent accorder leurs violents sur cette question de gaz de schiste,du fait qu’elle touche directement leurs economies et influe sur la cadence de leurs developpements.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 18:47 :

Prenez le temps de mieux reflechir,rien ne sert de courir.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 18:42 :

En Arizona ,c’est le solaire qui fait la une l’Algerie doit prendre l’exemple du fait que geologie et climatologie de cet etat se raprochent enormement.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 18:37 :

Il y’a un probleme juridique qui se pose avant meme de commencer.
Il est imperativement necessaire que les pays du Maghreb,se mettent d’accord sur cette histoire de gaz de schiste.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 18:07 :

La solution a moins de 105 dollars n’est pas economique,le probleme des dechets ou residus n’est pas resolu techniquement d’une manière satisfaisante.
Elle comporte ,aussi des risques consequents sur l’environement qui restent meconnus ou qui ne sont pas totalement maitrises’.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 18:06 :

La solution a moins de 105 dollars n’est pas economique,le problem de dechets ou residus n’est pas resolu techniquement d’une manière satisfaisante.
Elle comporte ,aussi des risques consequents sur l’environement qui restent meconnus ou qui ne sont pas totalement maitrises’.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 17:59 :

A quoi ca sert de s’empresser ou de contribuer a faire chuter le prix du baril du petrole a` moins de 105 dollars.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 17:47 :

La Tunisie et la Pologne ont connu leurs mesaventures dans cette histoire de gaz de schiste.
La France a su s'abstenir intelligement et en toute connaissance de cause.
La Chine,la Russie et l'Allemagne rsistent toujours a` la tentation.Ils ont opte' pour la prudence energetique et le respect de l'environement.Une solution ecologique qui donnera de l'avantage aux futures generations.
L'Algerie a decide' de commencer la phase experimentale avant de passer a` l'exploitation industrielle en 2020.
Par entetement et meprise totale de l'ensemble des composantes scientifiques et et techniques du pays.
Vous avez plus de 20 Universites a` votre disposition.Vous n’avez donc pas le droit a l’erreur.Un rapport technique de 2 a` 4 pages de chaqu’une d’elles,permetra de faire la synthese globale, dans les meilleurs conditions.
Une fois de plus ,il ne s’agit pas de tout connaitre mais de savoir poser des questions avec politesse.

Ce qui marche pour le Canada et les USA n’est pas sense’ marcher automatiquement pour l’Algerie.Ces deux etats n’ont pas de probleme d’eau,ni de technologie,de meme que les conditions climatiques et la geologie sont totalement differents.
Les algeriens ont fait leur choix entre le gaz de schiste et l’eau.Esperant qu’ils ne vont pas le regretter.

AN  a écrit le 31/10/2014 à 13:49 :

A voir une video interessante dans:

- Dalymotion
Dangers Schistes en Tunisie.Maghreb et Geopolitique

jp11  a écrit le 20/03/2012 à 8:57 :

c'est de la folie ! l'espèce humaine s'acharne à détruire la biosphère...
une étude récente aux USA a montré que l'exploitation des gaz de schiste entraine des émissions massives de méthane, dont la contribution à l'effet de serre est 20 fois plus élevée que celle du CO2.

Photo73  a écrit le 19/03/2012 à 19:35 :

Ils feront comment tous ces gens quand l'eau sera déclarée valeur stratégique mondiale ? Boire de l'eau polluée pour avoir de quoi mettre dans son réservoir, est-ce le bon choix ? Nettoyer l'eau qu'on vient de polluer sciemment, ça risque de coûter très cher, il faudra une Centrale Nucléaire à côté, zut, plus d'eau pour la refroidir.