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Total lance "2 actions principales" pour stopper sa fuite de gaz

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latribune.fr (avec agences)  |   -  668  mots
Total met en œuvre deux actions "en parallèle" pour stopper la fuite de gaz sur sa plateforme du champ d'Elgin en mer du Nord, a indiqué vendredi un responsable du groupe français, qui a également révélé que les premiers problèmes avaient été décelés le 25 février, soit près d'un mois avant l'incident qui a entraîné l'évacuation de l'installation offshore. Jeudi, on apprenait, qu'avec d'autres plateformes pétrolières, elle avait déjà été épinglée par un organisme de sécurité britannique pour avoir déversé des hydrocarbures.

Le pétrolier français Total met en oeuvre deux actions "en parallèle" pour stopper la fuite de gaz sur sa plateforme du champ d'Elgin en mer du Nord, a indiqué vendredi un responsable du groupe lors de sa première conférence de presse 5 jours après l'incident, à Aberdeen en Ecosse.

"Etouffer le puits à partir d'une base flottante" et "forer deux puits de dérivation"

"Nous avons lancé deux actions principales qui progressent en parallèle, la première vise à étouffer le puits à partir d'une base flottante, la seconde consiste à forer deux puits de dérivation" a indiqué Philippe Guys, directeur de la branche exploration au Royaume-Uni. Dans les deux cas, il s'agit d'arrêter la fuite, la première directement, en injectant des boues à haute densité, si les conditions de sécurité permettent d'approcher la plateforme. A défaut, deux puits de dérivation seront forés pour soulager la pression du gaz et permettre l'injection des boues pour sceller le puits. "Pour cela, nous avons suspendu les opérations de deux de nos appareils de forage pour les rendre disponibles, pour travailler sur les puits de dérivation", a-t-il précisé.

Risques d'explosion

La fuite prend son origine environ 1.500 mètres au dessus du réservoir principal en activité à 5.500 mètres au dessous du niveau de la mer, soit à 4.000 m de profondeur, a-t-il précisé. Le gaz à haute pression s'échappe au niveau de la plateforme. Le danger serait que ce gaz, qui se répand en mer sous forme de condensat ou de nuage volatile, entre au contact de la torchère qui brûle le gaz résiduel resté dans la plateforme après son arrêt et son évacuation par Total dimanche. Le groupe français espère que la torchère s'éteindra spontanément. Les vols de surveillance effectués jeudi ont montré un affaiblissement de la flamme, selon la compagnie.

"Les premiers problèmes (...) avaient été décelés le 25 février"

Philippe Guys a révélé que les premiers problèmes sur le puits G4 de la plate-forme avaient été décelés le 25 février. Le groupe a alors injecté des boues pour étouffer le gaz. "Pendant ce processus, le 25 mars nous avons observé une forte augmentation de la pression suivie d'expulsion de boues et de gaz". A la suite de l'incident en février, le groupe a vérifié tous ses autres puits sur le champ d'Elgin, et aucun n'a montré d'anomalie, a-t-il précisé. "Nous ne nous attendons pas à des problème sur d'autres puits". Le groupe a conservé "quelques effectifs" sur une plateforme voisine à des fins de surveillance, selon lui, la situation ne présentant pas de danger pour eux à cette distance.

Au cours des dernières années, Total a été sanctionnée plusieurs fois

En outre, la plateforme Total avait déjà déversé du pétrole et du gaz en mer du Nord au cours de ces dernières années. Comme d'autres infrastructures de ce type, elle aurait régulièrement déversé des hydrocarbures en mer du Nord entre 2009 et 2010. C'est ce qu'indique LeMonde.fr, citant un article du "Guardian" datant de juillet 2011. Au rythme d'une fuite par semaine, quelque 34.000 kg d'hydrocarbures s'étaient alors répandues, selon un rapport de l'organisme britannique "Health and safety executive", que s'était procuré le quotidien d'outre-Manche. Dans le classement des compagnies responsables du plus grand nombre de fuites, Total figurait même en deuxième position derrière Shell. Le groupe Français, qui compte une vingtaine de plateformes pétrolière dans cette zone, a même été sanctionné plusieurs fois par l'organisme britannique, comme l'avait exposé le journal écossait "Herald Scotland".

Jeudi, le groupe a mis en ligne une vidéo dans laquelle Pierre Bang, directeur des Opérations Total Exploration-Production, donne ses explications de l'incident et sur les mesures prises par le pétrolier

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