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Nuages en vue sur le secteur de l'énergie solaire

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latribune.fr (avec AFP)  |   -  619  mots
De Photowatt en France à First Solar en Allemagne, l'industrie de l'énergie solaire accumule les déboires. En Europe, les fabricants de panneaux subissent des surcapacités criantes, conjuguées à une révision à la baisse des aides gouvernementales.

"Le marché a explosé au cours des trois dernières années d'une manière qui était difficilement soutenable sur le long terme". Gaëtan Masson, chef économiste de l'EPIA, l'Association européenne des industriels du photovoltaïque, explique ainsi l'accumulation des déboires qui s'abattent sur l'indutrie de l'énergie solaire.

Ainsi, l'an dernier, près de 28 gigawatts de panneaux solaires ont été installés dans le monde, dont près de 22 gigawatts en Europe (près du double de l'année précédente), l'Italie et l'Allemagne se taillant la part du lion. Mais les gouvernements européens, qui avaient largement alimenté cette croissance effrénée en accordant des tarifs de rachat très favorables pour l'électricité produite à partir du soleil, dans un but environnemental, sont en train de briser tour à tour cet emballement, débordés par le succès de leurs régimes d'aide.

Les prix chutent car l'offre représente près du double de la demande

L'Italie a ainsi revu à la baisse ce-mois ci son dispositif de soutien au solaire, après la France, l'Allemagne, l'Espagne et au Royaume-Uni, qui ont déjà raboté ou suspendu leurs mesures incitatives. Parallèlement, la capacité mondiale de fabrication de panneaux solaire a atteint 55 gigawatts en 2011, soit près du double de la demande totale, faisant chuter les prix de vente.

Résultat, "cela conduit un certain nombre d'acteurs à se demander s'ils peuvent continuer à produire", et "on commence à assister à une série de fermetures, de faillites, et de gels de capacités de production", résume Gaëtan Masson.

"Une phase normale et salutaire"

"Le marché est entré dans une phase de maturation à la fois normale et salutaire, sachant qu'il ne peut continuer à croître de manière exponentielle", et à dépendre éternellement de régimes d'aide, abonde Jean-Yves Lindheimer, qui dirige les activités françaises du géant chinois Suntech, premier fabricant mondial de panneaux solaires.

Selon lui, "la baisse plus brutale qu'attendu des tarifs de rachat en Europe pose des problèmes de stratégie et de financement à certaines entreprises, mais cela va permettre un assainissement global du secteur, et faire ressortir les sociétés qui font des efforts de recherche et développement, qui leur permettent ensuite d'abaisser leurs coûts de production".

Répercussions mondiales

Le coup de frein brutal en Europe commence à avoir des répercussions mondiales. La semaine dernière, SunPower, filiale de Total basée aux Etats-Unis, a annoncé la fermeture d'une usine aux Philippines, dans le cadre d'un programme de réduction de ses coûts. Et l'américain First Solar, en plus de fermer son usine allemande de Francfort, va suspendre quatre lignes de production à Kulim, en Malaisie.

Dans ce contexte, les fabricants asiatiques sont souvent accusés de faire du dumping au détriment de leurs rivaux occidentaux. Des reproches rejetés en bloc par le patron de Suntech France. Selon lui, les industriels chinois sont financés à des taux comparables à ceux pratiqués en Europe (4 à 5% par an), bien au-dessus des à 1 à 2% dont avait bénéficié le groupe américain Solyndra grâce au soutien de Washington. Au final, les bas prix des industriels asiatiques sont liés, assure-t-il, à des innovations technologiques et des "effets de taille", qui leur permettent de produire à moindre coût.

"Si toutes nos lignes de fabrication sont en Chine (excepté pour les Etats-Unis), l'essentiel de l'équipement de production et certaines matières premières utilisées (silicium, verre...) sont européens", relève-t-il également, ajoutant que la conception, l'installation et la maintenance des panneaux créent au bout du compte plus d'emplois dans les pays de destination que leur fabrication, elle-même très automatisée.

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Commentaires

AWI1  a écrit le 24/04/2012 à 14:27 :

CHERCHE DEMARREUR POUR MOTEUR DE CROISSANCE
Que nous ayons droit à un ou plusieurs débats entre François Hollande et Nicolas Sarkozy avant le second tour à l?élection présidentielle, il serait souhaitable que les vraies questions relatives au développement économique de notre pays, qui intéressent tous les Français, soient traitées. Car les réalités liées à l'activité des entreprises de toutes tailles, tous secteurs confondus, publiées lundi par Markit sont venues frapper au tableau noir, dés lundi matin. D'ou l'intérêt d'un débat entre les deux candidats en lice. Un débat qui doit avoir par essence la capacité d'attirer l'attention du plus grand nombre, et pour dessein de nous proposer des solutions innovantes visant à relancer, en France, le moteur de croissance, aujourd'hui en panne sèche.

La chronique audio qui vous est proposée sur la webradio indépendante AWI vient confirmer l?analyse faite par Chris Williamson qui précise : « Les responsables politiques et économiques devraient se préoccuper davantage des perspectives de croissance que de l'évolution de l'inflation en ce moment. La demande est si faible que les entreprises ne peuvent tout simplement pas répercuter les hausses de prix", avant d?affirmer : « Il n'y a aucun véritable moteur de croissance ».

On aimerait donc entendre nos fins stratèges- qui pourraient être accompagnés d'experts de leur choix - nous exposer leur plan de bataille pour relancer l'activité économique, combattre le chômage et donc par définition assurer la protection et la cohésion sociale. La France est une grande entreprise qui doit savoir mobiliser et motiver ses acteurs.

Leraleur  a répondu le 24/04/2012 à 15:37:

C'est pas un peu hors sujet ?
C'est un article sur le solaire et non pas pour promouvoir Sarko...
D'ailleur c'est ce Sarko qui a fait son intéressant avec sont Grenelle vert pour de faux.C'est encore lui qui a promu le solaire de façon austentatoire , puis amputé les subventions faute de fioul...
Encore et encore : le défiscalisable c'est NUISIBLE !!!!
Le défiscalisable c'est FBI (fausse bonne idée !).
100% avec DEDE35 .La prime fiscale est intégrée aux prix.Les bénéficières de l'ISF achètent n'importe quoi à n'importe quel prix.Pure perte pour l'état.Autant baisser les impôts , c'est plus franc et moins démago...
La bulle solaire explose.A quand l'explosion la bulle immobilière, elle aussi bidonnée à la défisc !!!!????

PS : si votre démarreur est alimenté au solaire, on aura une croissance grecque !

AWI1  a écrit le 24/04/2012 à 14:26 :

CHERCHE DEMARREUR POUR MOTEUR DE CROISSANCE

Que nous ayons droit à un ou plusieurs débats entre François Hollande et Nicolas Sarkozy avant le second tour à l?élection présidentielle, il serait souhaitable que les vraies questions relatives au développement économique de notre pays, qui intéressent tous les Français, soient traitées. Car les réalités liées à l'activité des entreprises de toutes tailles, tous secteurs confondus, publiées lundi par Markit sont venues frapper au tableau noir, dés lundi matin. D'ou l'intérêt d'un débat entre les deux candidats en lice. Un débat qui doit avoir par essence la capacité d'attirer l'attention du plus grand nombre, et pour dessein de nous proposer des solutions innovantes visant à relancer, en France, le moteur de croissance, aujourd'hui en panne sèche.

La chronique audio qui vous est proposée sur la webradio indépendante AWI vient confirmer l?analyse faite par Chris Williamson qui précise : « Les responsables politiques et économiques devraient se préoccuper davantage des perspectives de croissance que de l'évolution de l'inflation en ce moment. La demande est si faible que les entreprises ne peuvent tout simplement pas répercuter les hausses de prix", avant d?affirmer : « Il n'y a aucun véritable moteur de croissance ».

On aimerait donc entendre nos fins stratèges- qui pourraient être accompagnés d'experts de leur choix - nous exposer leur plan de bataille pour relancer l'activité économique, combattre le chômage et donc par définition assurer la protection et la cohésion sociale. La France est une grande entreprise qui doit savoir mobiliser et motiver ses acteurs.



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Steph  a écrit le 24/04/2012 à 12:47 :

Le probleme du PV est nos politicards sortants (Sarko, Follon, Besson, NKM, Borloo) n'ont jamais compris que le PV devait etre soutenu (tout comme le nuke l'a ete, et a une echelle bien plus importante) pendant un temps court de 5 a 10 ans maximum avec un dispositif de reduction du tarif d'obligation d'achat progressif et annonce a lavance afin que chaque acteur industriel puisse s'y preparer. Or on nous a matraque de mesure comme reduction sauvage de tarif, annonce 3 jours avant, de moratoire retroactif digne d'une republique bananiere.
Consequence : de 25 000, on tombe a 5 000 emplois alors meme que le PV est moins cher chaque annee et bientot a parite reseau.
Gouverner c'est prevoir et notre malheur, c'est que n'avons ps de gouvernants. A qui profite le crime ?

pmxr  a écrit le 24/04/2012 à 12:33 :

Entre le prix d'un chauffe-eau solaire ... du photovoltaïque ... y' a pas photo... y compris au niveau du rendement !

alexj  a répondu le 26/04/2012 à 11:10:

Personnellement je suis passé au propane depuis 3 mois et je vois déjà le changement!! C'est vraiment plus intéressant! Je vous conseille d'aller voir ce site qui donne plein d'infos sur le sujet: http://lepropane.com/citernes/faq/contrat

Jbouille  a écrit le 24/04/2012 à 11:41 :

L'exemple de l'industrie photovoltaïque est symptomatique des erreurs de l'Europe, incapable de s'organiser face à ses rivaux économiques, en tout premier lieu la Chine. L?Europe, et surtout l?Allemagne, a littéralement financé le développement de l?industrie solaire chinoise. L?industrie arrive à maturité, et au terme de sa croissance, la Chine en tire tous les bénéfices, du côté de l?offre comme de la demande : son nouveau plan quinquennal préconise le développement massif de l?énergie solaire, elle bénéficiera donc de panneaux à moindre coûts et de technologie supérieure à ce qui a déjà été installé en Europe, panneaux qui bien sur seront de conception et de fabrication ? chinoise? L?Europe elle aura payé ses installations au prix cher, sans pour autant avoir réussi à pérenniser un secteur industriel nouveau, que tant de politiques décrivent comme la solution miracle pour l?emploi et pour l?entrée dans l?ère des énergies renouvelables? L'Allemagne semble s'être résignée, perdant ses anciens fleurons les uns après les autres, et nous, français, encore dans notre monde, espérons encore pouvoir créér une filière. Tristes hommes politiques, complètement déconnectés des réalités industrielles. Navrant.

capcha  a écrit le 24/04/2012 à 9:33 :

Il est évident que l'approche du photovoltaïque suite au Grenelle de l'environnement était incompatible avec une gestion économique de l'énergie. D'ailleurs toutes les publicités, et même encore aujourd'hui ne parlait pas d'écologie mais de placement (8% de rentabilité).
Les installateurs se taillaient une part du gâteau des aides.
Aujourd'hui, bon nombre de ceux-ci ont déposé le bilan, laissant leurs clients en panne incapable de trouver un dépanneur. On pourrait croire qu'ils sont les seuls victimes, mais non, le contribuable aussi, son argent est parti par les toits!.

JB38  a écrit le 24/04/2012 à 9:30 :

L'erreur de promotion du photovoltaïque est que cette filière ne peut survivre sans être ad vitam eternam subventionnée.Ce n'est pas possible, la filière est condamnée, sauf à réduire drastiquement les prix des composants et faire en sorte que la production d'électricité soit stockée et consommée sur place. C'est possible pour la consommation domestique, mais ça risque d'entamer le monopole d'Edf. Alors...

Dédé35  a répondu le 24/04/2012 à 12:42:

Depuis que les subventions ont baissé, les prix des capteurs a été réduit de plus de 60% !
Notez, c'est aussi valable pour les Pompes à Chaleur et les capteurs pour eau sanitaire, par contre les poêles à bois qui sont maintenant subventionnés voient leur prix doubler,...
La vérité des prix, il n'y a que cela de bon; mais s'il faut des aides pour accompagner le changement énergétique il faudrait qu'elles soient "ad hominem" dans un cadre d'accompagnement social.