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Marie-Caroline Lopez
EDF va finaliser samedi sa prise de contrôle de l'électricien italien Edison après la validation jeudi par l'autorité boursière de la péninsule de son offre relevée. Au total, la facture pourra aller jusqu'à 1 milliard d'euros. L'épilogue d'un feuilleton démarré en 2001 par un raid boursier foudroyant d'EDF.Le long et complexe feuilleton EDF/Edison devrait connaître un dénouement samedi avec la tenue des conseils d'administration d'Edison et de Delmi ( le holding regroupant les coactionnaires italiens de la société) qui boucleront l'l'opération. EDF a annoncé vendredi avoir obtenu l'accord du gendarme boursier italien, la Consob, à une offre améliorée aux minoritaires d'Edison, ouvrant ainsi la voie à sa prise de contrôle du numéro deux de l’électricité italien. Dans le détail, l'offre aux actionnaires minoritaires va être relevée de 5 centimes à 89 centimes d'euros par action d'Edison. Mais ce surcoût sera partagé à égalité entre EDF et Delmi, ce qui représentera une charge supplémentaire de 25 millions d'euros au maximum pour l'électricien français.
EDF va devoir débourser jusqu'à un milliard d'euros
Le bilan de cet imbroglio reste en demi teinte pour EDF qui va devoir débourser juqu'à un milliard d'euros pour piloter enfin le groupe italien qu'il détenait déjà à 50 %. Au passage, le français va devoir laisser la deuxième place du marché italien de l’électricité à un concurrent local (Edipower) auquel il est obligé de céder des parties d’Edison. Dans un premier temps, EDF va se retrouver avec 80,7% d’Edison en échange de 780 millions d'euros. Il devra encore rajouter 900 millions d'euros (au maximum) pour acquérir les 19,3% qui lui manquent via une OPA qui va être lancée en juin. L’électricien français fait valoir qu’il va récupérer, indirectement, 680 millions d’euros, produit de la vente par Edison de certains actifs à Edipower.
L'épilogue d'un feuilleton commencé en 2001
C’est l’épilogue du long feuilleton qui avait débuté en mai 2001 par un foudroyant raid boursier d'EDF, alors dirigé par François Roussely, aidé dans cette opération par l’homme d’affaires Romain Zaleski et Fiat. Cette l'irruption d'EDF fait alors l'effet d'une bombe dans les milieux dirigeants transalpins. Le gouvernement de centre-gauche, en pleine campagne électorale qui verra la victoire de Silvio Berlusconi, réagit en limitant à 2 % les droits de vote des sociétés contrôlées par un État étranger à l'instar d'EDF. Rome s'irrite de voir justement un pays voisin n'ayant pas libéralisé son marché de l'énergie profiter de la libéralisation pionnière du marché de l'énergie lancée par la gauche italienne. Il faudra des années de négociation et un arrêt de la Cour de justice européenne condamnant l'Italie pour « restriction à la libre circulation des capitaux » pour trouver un modus vivendi entre EDF et les actionnaires italiens d' Edison . En tout onze longues années pour obtenir un accord, encore bloqué in extremis il y a un an par le gouvernement italien qui refusait de voir un nouveau joyau industriel passer sous pavillon français, après le rachat de Bulgari par LVMH.
Pilule amère
Entre-temps, pour faire passer la pilule aux Henri Proglio a du accepter de faire de la place à un nouveau concurrent de taille sur le marché de l'électricité italien. Edison va se faire souffler sa place de numéro deux de la production électrique dans la péninsule par un nouveau groupe formé par A2A et une partie des centrales électriques d' Edison dont EDF a accepté de se séparer. En particulier de modernes centrales à gaz qu'Henri Proglio guignait depuis longtemps. Au terme de cette cession, Edison va se retrouver avec un parc de 7,7 gigawatts (GW), derrière l'électricien national Enel, mais aussi derrière le nouvel ensemble de A2A qui alignera, selon la régie, 10 GW, dont 3,8 rachetés environ 800 millions d'euros à Edison . EDF se console en soulignant que cette cession lui permet de diminuer la sortie de cash nécessaire pour contrôler, finalement, Edison .
EDF table surtout sur Edison pour établir une forte position dans le gaz en Europe même si Edison, grand opérateur gazier, a connu récemment des déboires sur ce segment. Ses marges dans le gaz ont été grignotées par des contrats à long terme dont les conditions de prix dépassent les cours du marché physique, tandis que l'activité de production d'électricité a souffert de la concurrence. En 2011, Edison a publié une perte nette de 871 millions d'euros, après dépréciations.
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