Areva s'attaque au marché de la prolongation des réacteurs nucléaires

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Le patron d'Areva Luc Oursel prévoit d'engranger cette année 200 millions d'euros de commandes pour son offre de services et d'équipements de sûreté nucléaire post-Fukushima, et va par lancer une offre similaire pour le marché de la prolongation des réacteurs.

Le patron d'Areva Luc Oursel a indiqué ce lunid qu'il prévoyait d'engranger cette année 200 millions d'euros de commandes pour son offre de services et d'équipements de sûreté nucléaire post-Fukushima, et va par ailleurs lancer une offre similaire pour le marché de la prolongation des réacteurs. "A fin 2012 nous en étions à 170 millions d'euros de commandes" pour l'offre post-Fukushima, baptisée "Safety Alliance", dont 20 millions enregistrés en 2011 et 150 en 2012, et le groupe table sur 200 millions supplémentaires en 2013, a détaillé le président du groupe nucléaire. "Nous avons la volonté de positionner Areva comme un interlocuteur de référence dans le domaine de la sûreté des installations nucléaires et des réacteurs, que nous les ayons construits ou pas", a-t-il rappelé. Dans le cadre de ce programme, le groupe a notamment fourni des recombineurs d'hydrogène (appareils qui visent à éviter des explosions en cas d'accident grave) à des réacteurs au Japon, ce qui constituait "la première fournitures d'équipements pour des centrales japonaises par Areva", a dit Luc Oursel.
Autres exemples, Areva a aussi été chargé de concevoir le centre national de réponse aux accidents nucléaires aux Etats-Unis, de fournir des analyses de sûreté au Brésil, ou encore de livrer des systèmes de ventilation filtrée en Argentine, Roumanie et Corée du Sud, où ils équiperont des réacteurs de fabrication concurrente.

Fonctionnement  des centrales au-delà de 30 à 40 ans
Par ailleurs, dans le prolongement de cette offre élaborée en 2011 après la catastrophe de Fukushima, "nous allons lancer une nouvelle initiative, Forward Alliance, destinée à assurer la continuité de l'exploitation de la flotte existante" de réacteurs, a annoncé Luc Oursel. En clair, le groupe va développer une offre cohérente d'équipements et de services liés à la problématique de la prolongation du fonctionnement des centrales au-delà de 30 ou 40 ans, un marché appelé à monter en puissance au gré du vieillissement du parc nucléaire mondial.
Un dixième des 437 réacteurs existants a déjà dépassé 40 ans et "toute une série de réacteurs ont déjà plus de 30 ans, et une quantité très importante va arriver à l'âge de 30 ans. Donc l'idée, c'est de travailler avec les électriciens pour préparer ces échéances importantes, 30 ans, 40 ans et au-delà, avec un certain nombre d'améliorations qui sont possibles dans ces cas-là", a expliqué Luc Oursel, sans chiffrer à ce stade la taille de ce marché.

Les résultats s'améliorent
Sur le plan financier, Areva va mieux. Le groupe nucléaire français a annoncé jeudi qu'il visait un retour aux bénéfices dès cette année, après avoir quasiment effacé l'an dernier les pertes historiques essuyées en 2011 dans le sillage de la catastrophe de Fukushima et de dépréciations très importantes. Areva a ramené sa perte nette à 99 millions d'euros seulement l'an dernier, contre un trou de 2,5 milliards l'exercice précédent, et a en outre engrangé un bénéfice opérationnel de 118 millions d'euros, contre une perte correspondante de 1,87 milliard un an plus tôt, a détaillé le groupe public dans un communiqué. Pour le président du groupe Luc Oursel, cela montre les premiers résultats du plan de redressement post-Fukushima Action 2016. "Areva est en avance dans l'exécution de son plan de redressement", a-t-il estimé. L'objectif de réduction de coûts d'un milliard d'euros à l'horizon 2015 est déjà "sécurisé" à 80% selon lui.  Luc Oursel a également réaffirmé l'objectif de 10 prises de commandes d'EPR d'ici fin 2016, malgré une concurrence très vigoureuse des Russes et des Japonais.

La majeure partie des réacteurs japonais redémarreront

Par ailleurs, Luc Oursel a dit lundi s'attendre au redémarrage de 6 réacteurs supplémentaires d'ici la fin de l'année au Japon, et à la relance à terme des deux tiers du parc nucléaire de l'archipel. "On pense qu'il pourrait y avoir une demi-douzaine de réacteurs qui redémarrent d'ici la fin de l'année 2013", en plus des deux déjà relancés à Ohi (ou Oi) l'an dernier, a déclaré le président du groupe nucléaire français lors d'un point de presse, sans préciser de quels sites il pourrait s'agir. Par ailleurs, c'est à terme la majeure partie du parc nucléaire japonais (composé de 50 réacteurs) qui devrait être réactivée, a avancé Luc Oursel. "Le redémarrage de l'ensemble des réacteurs prendra lui plusieurs années, et tous les réacteurs ne redémarreront pas. A titre personnel, je reste dans l'idée qu'il y aura à peu près deux tiers qui redémarreront et un tiers qui ne redémarrerait pas", dont tous ceux situés à Fukushima, a-t-il expliqué. Alors que son prédécesseur voulait éliminer le recours au nucléaire d'ici 2040, le nouveau Premier ministre de droite Shinzo Abe, arrivé au pouvoir fin décembre, a d'emblée indiqué que cette énergie était économiquement indispensable au Japon.
 

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Commentaires
a écrit le 07/03/2013 à 13:34 :
On ferait bien de les fermer, et d'imiter le modèle allemand dans sa transition énergétique. Au moins ça servira de relance de l'économie utile. Plutôt que d'affubler l'Ille de France d'un nouveau réseau de transports à 27 milliards (plus probablement 40 au final). La perspective de finir comme les japonais (surendettés et atomisés), ne me fait bizarrement pas fantasmer.
a écrit le 05/03/2013 à 10:54 :
Tous ce qui rend le nucleaire est une bonne chosee.
a écrit le 04/03/2013 à 17:02 :
Bonne idée ! Ils peuvent commencer par Fessenheim...

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