Le Japon a-t-il trouvé la ressource miracle pour son approvisionnement énergétique ?

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Le gaz extrait des fonds marins pourrait être l'une des clés de l'indépendance énergétique souhaitée par Tokyo dans les prochaines années - Copyright Reuters
Le gaz extrait des fonds marins pourrait être l'une des clés de l'indépendance énergétique souhaitée par Tokyo dans les prochaines années - Copyright Reuters
Le Japon a annoncé mardi avoir extrait pour la première fois du gaz d'hydrate de méthane de ses fonds marins. L'archipel disposerait pour cent ans de réserves de ce gaz qui pourrait être l'une des clés pour faire face à sa facture énergétique galopante. Mais il faudra encore se montrer patient, car l'exploitation commerciale en quantité suffisante ne sera pas possible avant plusieurs dizaines d'années.

En plein débat sur le redémarrage de ses centrales nucléaires, deux ans quasi jour pour jour après le séisme qui a frappé le nord-est de l'archipel et causé la catastrophe de Fukushima, le Japon serait-il en passe de trouver une solution à son problème de facture énergétique galopante ? La question mérite d'être posée si l'on en croit l'annonce faite mardi par Tokyo.

Selon le ministre nippon de l'Industrie Toshimitsu Motegi, des chercheurs japonais ont réussi mardi à extraire des fonds sous-marins du gaz d'hydrate de méthane aussi appelé « glace qui brûle ». Il s'agit d'un pas important pour ce programme de recherche conduit par la Japan Oil, Gas & Metals National Corp (Jogmec) depuis une douzaine d'années. Cette ressource présentée par les experts comme révolutionnaire est encore plus compliquée à extraire que le gaz de schiste, plus connu en Europe. Pour l'heure, les chercheurs ont réussi à tirer le gaz pendant quatre heures d'affilée sans encombre.

Cent ans de consommation énergétique en réserve

Selon le ministère de l'Industrie japonais, le dépôt objet sur lesquelles ont eu lieu les recherches et situé dans la fosse de Nankaï pourrait assurer jusqu'à dix ans de consommation énergétique de l'archipel. Toujours selon Tokyo, l'espace maritime japonais pris dans son ensemble recèlerait de quoi assurer l'approvisonnement pendant une centaine d'années. Une manne, et la clé de l'indépendance énergétique,  enjeu majeur pour un pays qui ne dispose de quasiment aucune ressources naturelles.

« Ce sont des estimations raisonnables, » commente Chris Besson, spécialiste Pétrole & Gaz à l'Agence internationale de l'énergie. « On sait qu'il y en a énormément dans le monde, notamment au Japon, qui dispose de fonds marins très profonds, là où on trouve l'hydrate de méthane,» explique-t-il. A terme, Chris Besson considère cette alternative aux énergies conventionnelles comme « très réaliste ».

La transition énergétique n'est pas pour demain

Mais avant de crier victoire, le Japon va devoir se montrer patient. « On est encore loin de savoir produire, on n'en est qu'au stade de la recherche et il n'existe pas de technologie industrielle », prévient le spécialiste de l'IEA. Selon Jogmec, la production commerciale devrait commencer à l'horizon 2016-2018. Pas de quoi remplacer les importations énergétiques toutefois. « Cela ne se fera pas du jour au lendemain », tempère Chris Besson. Le spécialiste considère en effet que la production commerciale d'hydrate de méthane sera significative à l'horizon 2030.

Reste de plus à accomplir les progrès technologiques nécessaires à la production massive et à trouver un modèle économique viable. Selon une étude réalisée par Jocmeg en 2007, la production d'hydrate de méthane pourrait revenir à 92 yens par mètre cube. Soit un peu plus de deux fois ce que coûte l'équivalent en gaz de pétrole liquéfié, ou GPL, au Japon.

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Commentaires
a écrit le 22/04/2014 à 15:48 :
comme le monde a été crée par Dieu et que le japon est dans le monde alors il n'en manquera pas des ressouces indispensable pour son dévéloppement.
a écrit le 13/03/2013 à 16:06 :
Je recommande vivement aux lecteurs de La Tribune intéressés de lire l'ouvrage de John BARNES "la mère des tempêtes". Le coeur du roman porte sur la question des clathrates de méthane (http://fr.wikipedia.org/wiki/Clathrate) qui, n'en déplaise à nos écolos Bobo est une des sources les plus importantes, avec les bovins, de rejets de GES non taxés !
a écrit le 13/03/2013 à 15:20 :
je me permet d'intervenir suite aux nombreux mails que j'ai pu lire sur ce sujet, en tant que scientifique dans les risques naturels, je peux affirmer que l'exploitation des hydrates de méthane n'est en rien une solution "miracle". Ce gaz très instable soutient les talus continentaux. Avec une exploitation mal maitrisée, cela pourrait conduire à leur déstabilisation et engendrer d'importants glissements de terrain sous-marins, traduits en surface par des tsunamis. De plus ce gaz possède un pouvoir réchauffant 200x supérieur au C02 (tellement à la mode) cantonné alors au rôle de petit joueur dans l'effet de serre. Sans oublier les catastrophes biologiques marines qui découlent de son exploitation. Pour finir, une parenthèse sur le terme maladroit journalistique de "réchauffement climatique". Il s'agit à proprement parlé de changement climatique. Les conséquences à moyen terme sont un dérèglement des saisons avec une hausse des aléas extrêmes (pour résumer plus chaud en été, plus froid en hiver, phénomènes climatiques extrêmes en dehors des périodes, moins de pluies pour les moussons, plus de sècheresse sur les zones déjà concernées etc.). Bref... Ou comment faire pire que le pétrole... mais bon, c'est bien joli mais les lobbies économiques et la voracité de notre société n'a pas de limite ni vraiment le choix.
Réponse de le 13/03/2013 à 17:27 :
wow !!!!! Merci de ces éclairsisments !! On vit une époque de dingues pour prendre des risques pareils
a écrit le 13/03/2013 à 15:04 :
le Japon va exploiter les ressources en hydrate de méthane dans ses fonds sous marins BRAVO ! et la France avec ses 3000 km de cötes , doit bien posseder des fosses pour exploiter ce gaz ,? il faut dire que chez nous , on est contre tout , c'est 2% de la population ( les Verts) qui decident de notre politique energetique ! on va en creuver
Réponse de le 13/03/2013 à 16:51 :
quand on a rien à dire de constructif ; ... on se tait normalement !! tenez moi par exemple!
a écrit le 13/03/2013 à 14:32 :
Entre les USA qui fracturent leur sol et le Japon les fonds marins, on va bien réussir à la niquer cette planète ! Vivement qu'on soit 10 milliards pour la détruire. On fera une méga-fête où on célébrera les hommes dieux grâce aux monothéïsmes !
a écrit le 13/03/2013 à 11:56 :
"sur lesquelles on eu lieu les recherches"
a écrit le 13/03/2013 à 11:13 :
J'espere qu'ils (cette fois) ont pris en compte les activites des plaques tectoniques.
a écrit le 13/03/2013 à 10:57 :
C'est bien çà le problème avec les énergies fossiles : quand on nous explique qu'il n'y en a plus pour longtemps, que le "peak oil" est derrière nous, que les réserves seront bientôt épuisées, etc... on se retrouve en surabondance quelques années après.
C'est décourageant pour les partisans du nucléaire.
Qui, en plus, ne nous apportent pas vraiment l'indépendance énergétique : j'espère qu'on fait la guerre au Mali pour la liberté du monde, et pas que pour l'uranium.
Réponse de le 13/03/2013 à 13:35 :
mon pauvre c'est pour l'uranium ... naïf
Réponse de le 15/03/2013 à 14:58 :
Il n'y a pas d'uranium au Mali, juste des mines d'or canadiennes. J'irais dire aux Maliens de Montreuil que s'il ne tenait qu'à vous les extrémistes pourrait le décapiter tous, ils apprécieront.

Pour les énergie fossiles, on va les chercher de plus en plus loin, là où c'est de plus en plus sale. Tant l'extraction des schistes bitumeux que la fuite de BP dans le golfe du Mexique détruisent bien plus l'environnement que Fukushima.

Sur l'indépendance énergétique, si on veut vraiment on extrait l'uranium de l'eau de mer ou bien des engrais phosphatés. Ca serait beaucoup plus cher pour Areva, mais ça ne changerait pas tant que cela le prix final pour le consommateur, il resterait moins cher qu'en Allemagne.
a écrit le 13/03/2013 à 10:37 :
Au vu de la situation calamiteuse du Japon, ça ne sera pas du luxe.
a écrit le 13/03/2013 à 10:34 :
Il faut isoler, isoler isoler, isoler.....

Dans le monde, 47% de l'énergie finale est utilisée pour produire de la chaleur contre 27% utilisée dans les transports, 17% utilisée sous forme d'électricité et 9% pour les usages non énergétiques de l'énergie (Source : Agence internationale de l'énergie).

Il y avait environ 65 000 maisons passives (super isolées) en Europe en 2012 contre 20 000 en 2010. Il est temps de passer à la vitesse supérieure.
Réponse de le 13/03/2013 à 10:59 :
Isoler, c'est bien gentil, mais il y a toujours un moment où il faut ouvrir la fenêtre pour respirer.
Et constater que la planète ne se réchauffe pas, apparemment.
Réponse de le 15/03/2013 à 15:02 :
Les VMC double flux répondent à cela, éventuellement on force le flux au moment où on veut aérer complètement.
a écrit le 13/03/2013 à 10:10 :
nous , français , on s'en fout !! ils sont fous ces japonais !!!!
nous on a des écolos !!!!
Réponse de le 13/03/2013 à 14:33 :
Ouais, l'économie d'abord. La planète on s'en fout. C'est la problème de nos arrière-petits enfants et on sera sourds quand ils nous parleront.
a écrit le 13/03/2013 à 8:52 :
L'avenir est la fusion nucléaire, seulement comme il y a le mot "nucléaire" beaucoup de gens refusent,, nos bobos écolos en tête.
Réponse de le 13/03/2013 à 12:04 :
Pour l'instant, c'est un rêve pour le futur (d'ici cent ans? jamais ?), la fusion. Iter n'est qu'une plus grande machine que la précédente mais personne n'a d'idée sur comment une centrale pourrait être, ce sont des expériences de physique pour l'instant (changer d'échelle est déjà un défi).
La Résonance Magnétique Nucléaire qui sert pour l'imagerie médicale, il y a "nucléaire" pour nucléus, noyaux (d'hydrogène, des molécules d'eau). Peut-être pour ça qu'on parle de résonance magnétique, c'est plus chic et moins angoissant.
Pour les véhicules quand on aura des piles à combustible bon marché, ça fera déjà moins d'énergie électrique à produire, on fera le plein avec du méthanol.
Réponse de le 13/03/2013 à 14:27 :
@Photo73: la fusion nucléaire c'est aujourd'hui plus une affaire de volonté politique et de moyen financier, seulement en France il n'y a plus d'argent et encore moins de courage, à part pour les éoliennes qui sont plus un appoint qu'une source de production sûre, on investit dans le vent quoi.
a écrit le 13/03/2013 à 6:34 :
Bonjour, il faut voir, si Cela fonctionne, à quel prix et surtout les dégât environnemental ..... Dans tout les cas ils nous faut trouver une solution rapidement, le pétrole s'épuise, le gaz est compte ..... Comme les richesse sont mal repartie dans le monde, les tentions son importante..... Seul la recherche et la mise en ?uvre de nouveau moyen d'exploration sur d'autre énergies peut nous sauver d'une fin à coure terme. Le monde survirera mal à une fin des produit fossciles .....
Réponse de le 13/03/2013 à 8:54 :
Je vous rassure, le monde survivra à la fin du pétrole et autres dérivés. Meme si ca fait mal aux yeux, j'arrive bien à survivre à vos nombreuses fautes (15) !
Réponse de le 13/03/2013 à 10:15 :
Même et non pas Meme, et ça fait et non pas ca fait ! LOL
Réponse de le 13/03/2013 à 17:24 :
@oss117

Je suis désolé pour le meme... je suis en Allemagne et mon clavier ne possède pas cet accent...
Réponse de le 15/03/2013 à 15:13 :
En fait, la fuite de ces dépôt de méthane est le mécanisme par lequel il est prédit que le réchauffement climatique risque de déclencher un emballement désastreux.
a écrit le 13/03/2013 à 1:08 :
De mon avis, les capacités de réductions d'énergies peuvent être considérables grâce aux nouveaux matériaux construits à l'échelle nanoscopique, parce qu'on réduit les frottements, moindre dégagement de chaleur et moindre usure, bien sûr là on parle d'applications dans des décennies, mais il faut bien se rendre compte qu'on se rapproche ainsi du principe de la machine perpétuelle( avec un cycle énergétique), et dont la faible perte d'énergie( car il y en aura toujours ne serait-ce qu'à cause de la gravité) peut donc être compensée par même des faibles réserves d'énergie fossile ou chimique, c'est à dire que le siècle de réserve au japon pour les hydrates de méthanes pourrait être démultiplié par 10 ou même plus dans 30 ans. Le Japon, comme la Corée du sud, sont des pays qui misent tout sur le développement technologique à outrance.
a écrit le 12/03/2013 à 19:43 :
Le Japon est proche ou sur une faille sismique..des forages ?. Le volume extrait n'a rien à voir avec le bateau....
On est plus proche du labo que de l'exploitation industriel. Après le champ d'application ? à suivre les kamikasés...
à titre de cobail
a écrit le 12/03/2013 à 18:38 :
Et quand on aura tout pompé, on fera quoi ?
Réponse de le 12/03/2013 à 20:53 :
@boy: et bien on fera comme les shadoks, on continuera de pomper :-)
Réponse de le 13/03/2013 à 0:21 :
La même chose qu'une fois qu'on aura pompé tout le pétrole... autre chose !
Réponse de le 13/03/2013 à 3:02 :
Jamais entendu parlé de Nikola Tesla ?
a écrit le 12/03/2013 à 18:28 :
Va falloir voir combien ça produit de CO2 en échange, cette molécule "miracle". Si ça peut leur permettre d'être moins irradiés, c'est déjà ça de gagné. Notez, ici, en Bretagne, le printemps s'annonce bien : les congères qui bloquent les volets vont peut-être enfin fondre...
Réponse de le 13/03/2013 à 13:13 :
@ yvan : Puisque vous craignez tant d'être irradié, quittez donc la Bretagne! Son granit est particulièrement radioactif. Il dégage en particulier du radon (gazeux).
a écrit le 12/03/2013 à 18:20 :
Et le gouvernement français alors ? Avec notre zone économique exclusive maritime, seconde au monde, on n'aurait pas d'hydrates de méthane ?
Réponse de le 12/03/2013 à 18:43 :
Bien vu !
Réponse de le 12/03/2013 à 20:14 :
Nous on a François hollande!!!
Réponse de le 12/03/2013 à 23:58 :
Attention a ce que vous dites. Ce n'est pas la surdace de nos possibilités maritimes, c'est la profondeur des fonds sousmarins et au large du Japon la fose est sûrement le plus profonde à proximité d'un pys, je crois environ 8000 m. Si je me trompe merci de rectifier.
Réponse de le 13/03/2013 à 9:48 :
Non vous avez raison Iguazu c est meme l un des problemes géologique du pays ils sont assis en plein sur faille tectonique abyssale c est pour ca qu ils ont 5000 séismes part A terme le Japon est condamné à être englouti par les flots

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