Irak : faut-il craindre un choc pétrolier ?

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Si les attaques des islamistes venaient à gagner le sud et menacer les zones principales de production de pétrole, alors les prix du pétrole pourraient augmenter de 30-50% par rapport aux niveaux actuels, met en garde Adam Slater, d'Oxford Economics. (Photo : Reuters)
"Si les attaques des islamistes venaient à gagner le sud et menacer les zones principales de production de pétrole, alors les prix du pétrole pourraient augmenter de 30-50% par rapport aux niveaux actuels", met en garde Adam Slater, d'Oxford Economics. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Les cours du pétrole ne cessent de grimper depuis le début des attaques éclair des djihadistes en Irak en début de semaine. Selon l'AIE, le risque d'un choc pétrolier n'est pas immédiat. Mais il existe.

L'économie mondiale devra-t-elle faire face à un choc pétrolier inattendu ? La question se pose depuis le début de l'offensive éclair entamée en début de semaine par le mouvement djihadiste de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Et pour cause, les craintes qu'elle suscite font d'ores et déjà augmenter les cours de l'or noir depuis que les combattants ont mis la main sur la ville de Mossoul, centre important de l'extraction pétrolière irakienne, et qu'ils se rapprochent rapidement de Bagdad. A l'ouverture ce vendredi à New-York, le "light sweet crude" (WTI) pour livraison en juillet gagnait 16 cents, à près de 107 dollars. Son plus haut niveau depuis septembre 2013.

Le risque n'est pas immédiat

On n'en est pas encore au choc durable, a répondu en substance l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui ne voit pas de risque "immédiat", "pour autant que le conflit ne s'étende pas".

De fait, la production a augmenté dans le sud du pays, qui n'est pas encore touché par les attaques du mouvement djihadiste. Et la zone nord, coeur des combats, était déjà perturbée par des violences dans la vaste province d'Al-Anbar et l'attaque par des insurgés, en mars, de l'oléoduc reliant la province de Kirkouk au port turc de Ceyhan. L'oléoduc ne transporte d'ailleurs plus aucune goutte de brut aujourd'hui, a précisé le bras énergétique des pays développés.

Mais l'inquiétude est bien présente sur le marché. D'éventuelles perturbations accrues dans l'offre du grand pays producteur de pétrole qu'est l'Irak ont continué de faire grimper les cours vendredi, après de fortes hausses jeudi.

Risque de choc pour l'économie mondiale

Si les inquiétudes se confirmaient, les conséquences pourraient être importantes pour l'économie mondiale, et notamment pour la zone euro, explique Adam Slater, Senior economist à Oxford Economics, un cabinet d'étude de l'Université d'Oxford.

D'autant plus que la demande mondiale du précieux combustible est attendue à un niveau record de 92,8 millions de barils par jour, selon une prévision confirmée vendredi par l'agence basée à Paris. Ce qui devrait tirer encore les prix vers le haut.

"L'Irak représente environ 4% de l'offre mondiale de pétrole mais aussi près de 30% de la hausse de la production mondiale depuis 2005 et est attendue comme grand contributeur à la croissance de la production dans les années à venir. Si les attaques des islamistes venaient à gagner le sud et menacer les zones principales de production de pétrole, alors les prix du pétrole pourraient augmenter de 30-50% par rapport aux niveaux actuels. Ce serait suffisant pour éteindre la croissance déjà faible en zone euro et au Japon et ralentir la croissance des États-Unis en dessous de 3%", s'inquiète Adam Slater.

Réaction de la communauté internationale

Face à ce risque, la communauté internationale tente de se mobiliser. A l'issue d'une réunion à huis clos, les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont condamné jeudi tous les actes de terrorisme commis en Irak.

Le président américain Barack Obama a affirmé que son équipe de sécurité nationale étudiait "toutes les options". Les Etats-Unis, qui ont retiré fin 2011 leurs troupes d'Irak après huit ans d'engagement, pourraient ainsi envisager des frappes de drones. Inquiété par la progression de djihadistes sunnites, l'Iran chiite a offert vendredi après midi de coopérer avec les Américains.

L'enjeu n'est pas seulement d'enrayer la progression de l'EIIL, mais aussi d'éviter une guerre civile. "Une guerre civile prolongée en Irak pourrait avoir un effet à la hausse durable sur les prix du pétrole en décourageant les investissements nécessaires pour assurer la hausse de la production actuellement prévue", met en effet en garde l'économiste d'Oxford economics.

Article publié le 13/06/2014 à 12h10 et mis à jour à 15h30

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a écrit le 15/06/2014 à 2:55 :
Il faut aller plus vite vers les énergies renouvelables (et l'efficacité énergétique) dont l'objectif est de 20% de la consommation d'énergie en Europe en 2020 (un peu moins de 15% actuellement contre environ 20% dans le monde) , il faudrait être plus ambitieux pour 2030, comme certains pays européens en avance le démontrent.
a écrit le 14/06/2014 à 12:59 :
Les reactions ici sont indigentes, je conseille a tous le blog 'oilman', ou resilience.org pour des infos contradictoires sur les GdS et PdS.
Petit rappel utile : les GdS francais permettraient selon beaucoup d'analystes de produire 8% de notre consommation de gaz pendant 10 ans, de plus aux dernieres nouvelles, on roule au petrole et non au gaz. De plus, le vrai cout economique - et accessoirement environnemental - des GdS en France est inconnu.
Réponse de le 14/06/2014 à 14:40 :
On vous remercie de vous être porté volontaire pour un forage expérimental à proximité de votre logement et de vous prêter à quelques analyses médicales de temps en temps. Signé : l'oligarchie enfumeuse du gaz de schiste
a écrit le 14/06/2014 à 9:37 :
n'est-ce pas bon pour la France? pour la compétitivité nous sommes bien moins dépendant que les autres du pétrole grâce à nos centrales nucléaires
Réponse de le 14/06/2014 à 13:38 :
La France consomme autant de pétrole que l'Allemagne et la Grande Bretagne.

Consommation de pétrole par habitant en 2012.
France : 9.9 barils
Allemagne : 10.4 barils
Grande Bretagne : 8.7 barils
Italie : 7.8 barils.
Espagne : 9.8 barils.

Source
ENI Oil Per Capita Consumption in Europe.
Réponse de le 15/06/2014 à 14:09 :
Le jour où tu feras sauter tes centrales nucléaires comme au Japon tu m'en donneras de tes nouvelles.
N'as-tu pas vu ce que sont devenus les fruits, les légumes et autres plantes à cause de la radio activité qui mutent (qui transforme, change) la forme de tout ce que nous connaissons : des plantes doubles comme des ENFANTS A DOUBLES TÊTES : UNE EN HAUT, L'AUTRE EN BAS ?!!
La mort brutale des millions d'humains non seulement dans le pays mais ailleurs aussi. La radio activité n'a pas de frontière ! Les brûlures atroces, les séquelles à vie, la catastrophe sans nom...
Et quoi encore ?
Il n'y a jamais de sécurité garantie absolue ! Jamais contre un RAS de MARÉE, contre un TREMBLEMENT DE TERRE ou tout autre évènement naturel !
IL NE FAUT JAMAIS JOUER AVEC LE FEU !
Cordialement...
a écrit le 14/06/2014 à 4:11 :
Au lieu de faire des annonces sur les prix du pétrole, il vaudrait mieux orienter les politiques gouvernementales sur de vrais énergies alternatives comme le solaire pour les régions ensoleillées, éoliennes pour celles ventées, marémotrices pour celles côtières, sans oublier la géothermie.
Par contre, pour les utiliser repenser et redéfinir les vrais besoins énergétiques individuels et collectifs est impératif, car la société industrielle et économique actuelle n'est pas compatible avec leur mode d'utilisation.
Réponse de le 14/06/2014 à 13:26 :
des panneaux solaires quelle blague , il faut du pétrole pour pouvoir créer les panneaux qui ont besoin d'autres composants mais il faut aussi du pétrole a la base comme tous les biens actuels et la gamme est large jusqu'aux médicaments .. mieux vaut se renseigner , l'impact sera une inflation dans tous les produits qui sont fabriqué avec un certain pourcentage de pétrole ..
Réponse de le 15/06/2014 à 2:51 :
@ Balzac : Les énergies renouvelables c'est près de 20% de la conso d'énergie dans le monde et près de 15% en Europe actuellement. Et ce n'est qu'un début. Des pays et régions ont déjà prouvé que l'on peut être autonomes. Alors développer les énergies renouvelables ne nécessite pas spécifiquement du pétrole etc.
a écrit le 13/06/2014 à 19:25 :
Pour l'indépendance énergétique, il y a le pétrole et le gaz de schiste! L'Allemagne, la grande -Bretagne l'ont bien compris. 100 ans de réserves, cela n'est pas rien !
Réponse de le 14/06/2014 à 3:55 :
Il ont encore mieux compris l'intérêt des énergies renouvelables dans lesquelles ils investissent bien plus et qui ont bien plus d'avenir que le gaz de schiste, sans les problèmes et risques. Quant au pétrole sous forme combustible quelle erreur alors qu'il est recyclable et à bien plus haute valeur ajoutée.
a écrit le 13/06/2014 à 19:18 :
4% de la production mondiale et 50% d' augmentation.....pendant la guerre d' Irak le baril
n' était à 220 dollars
a écrit le 13/06/2014 à 17:47 :
Le général Marshall et James Forrestal avaient tout prévu il y a 66 ans.

En 1948, le général Marshall, responsable du plan Marshall, avait prédit à Harry Truman des attaques terroristes contre les USA et une guerre sans fin entre arabes et Israël.
James Forrestal, secrétaire à la Défense de Harry Truman, avait prévu des menaces sur la production pétrolière.
a écrit le 13/06/2014 à 15:54 :
Lorsque l'on voit les cours bondir à l'annonce d'un conflit secondaire, l'on peut être certains qu'il s'agit d'un cartel mis en place par des décideurs invisibles. Il est question de voir monter le baril à 27 et certains pensent déjà 57 sans oser le dire. J'ai précisé depuis longtemps que la question pétrolière était systémique en voyant les prix s'écrouler ou du moins baisser fortement. C'est la solution contraire qui a été adoptée. Les deux sont destructives mais il semblait que la baisse laissait un recouvrement bien plus rapide et positive. La hausse sera terrible pour l'emploi en supprimant tous les intermédiaires ainsi que de nombreux emplois directs. Elle permettra la recomposition totale du secteur si elle dure mais ne permettra pas celle de l'économie car les rélais de croissance seront étouffés. la baisse les aurait stimulés. l'autre question est de savoir si nous pouvons imposer la hausse aux pays en développement ou nouvellement développés ? Si oui, c'est une petite porte entrouverte pour la croissance occidentale, si non c'est assurément sa déroute effective. Nous aurons une croissance de papier via des dérivés déjà à leur plus haut qu'il sera impossible de dégonfler même en écroulant ensuite les prix du pétrole dans 10 ans. Espérons donc que la hausse ne soit que momentanée permettant une restructuration rapide du secteur, espérons.
Réponse de le 14/06/2014 à 13:29 :
de fait l'Irak ou meme l'Iran ne représentent pas une grosse part de production pétrolière en 2014 , l'Arabie saoudite , le venezuela et le Nigeria sont les principaux pays producteurs , là serait le début d'une vraie escalade dans les prix du pétrole .. pour le moment il s'agit juste d'éviter qu'un état s'effondre totalement ou plonge dans une guerre religieuse voir ethnique aux conséquences incalculables et qui dépasserait les frontières du moyen orient .. là est l'enjeu principal ..en surveillant le lait sur le feu au nigeria et au venezuela
a écrit le 13/06/2014 à 15:31 :
Qui finance ces gens là qui sèment la terreur ? Pourquoi personne ne nous informe sur le sujet ?que font les journalistes au lieu de faire des titres pour créer la peur économique au lieu d'informer avec objectivité ?
a écrit le 13/06/2014 à 15:18 :
avant du sable après du sable , la BIBLE
a écrit le 13/06/2014 à 13:15 :
Grotesque de laisser dire sans réagir que les US cherchent une solution. Ils ont créé le problème pour commencer, mais surtout au delà, le renchérissement du pétrole serait un atout faramineux pour leur pari énergétique actuel, dont les limites se font jour, en raison notamment d'un prix de revient qui explose et d'un prix de marché qui baisse.
a écrit le 13/06/2014 à 12:58 :
"Si les inquiétudes se confirmaient, les conséquences pourraient être importantes pour l'économie mondiale, et en particulier pour la zone euro, explique Adam Slater, Senior economist à Oxford Economics, un cabinet d'étude de l'Université d'Oxford."

Les Canadiens n'ont en rien a faire. Tout ceux qui ont ete dans ce pays savent qu'ils vivent tous (Allez 80%) dans leur petite banlieue avec leur grosse voiture et qu'ils aiment bien les sables bitumineux de l'Alberta.

Pareil pour les américains. La bas prendre le transport en commun est une honte sociale. Gaz de schiste a fond !

Les européens tiennent a leur eau potable et a leur santé^(ce qui n'a pas de prix quand on y pense) mais ils le paieront donc économiquement.
Réponse de le 13/06/2014 à 15:55 :
le ’Energy Information Administration (EIA) vient d' annoncer que les prévisions annoncer il y a quelques années sont faux.Ils se sont juste tromper d'un milliard de barils à la baisse pour la Californie....

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