BP s'inquiète de l'impact des imprimantes 3D sur l'industrie pétrolière

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BP craint que l'impression 3D entraîne une baisse de la consommation de pétrole par les compagnies de fret maritime.
BP craint que l'impression 3D entraîne une baisse de la consommation de pétrole par les compagnies de fret maritime. (Crédits : Mike Mozart/Flickr)
British Petroleum s'intéresse aux conséquences des imprimantes 3D sur le commerce de marchandises et la consommation de pétrole par les compagnies de fret maritime. L'impression en trois dimensions pourrait contribuer à relocaliser une grande partie de la production d'objets. Si c'est une bonne nouvelle pour l'environnement, les acteurs de l'industrie pétrolière se posent déjà des questions. Cependant, de nombreuses incertitudes demeurent sur le marché potentiel des imprimantes 3D.

L'impression en trois dimensions pourrait obliger l'industrie pétrolière à se renouveler. British Petroleum est en train d'étudier l'impact des imprimantes 3D sur le marché pétrolier, a annoncé lundi 30 janvier l'économiste en chef du groupe Spencer Dale dans les colonnes du Financial Times. Le développement de la fabrication d'objets en trois dimensions par des imprimantes pourrait diminuer la nécessité d'échanger des biens au niveau mondial. Les compagnies maritimes de fret, qui subissent actuellement de grandes restructurations, pourraient consommer de moins en moins de pétrole dans les années à venir.

>> Lire aussi : Fret maritime : les trois plus grandes compagnies japonaises fusionnent

Ce n'est pas la première fois que la compagnie pétrolière s'intéresse aux imprimantes 3D. Dans une note publiée fin 2015, la société déclarait que "les imprimantes 3D [...] pourraient signifier que des composants complexes pourraient être fabriqués sur place, permettant de gagner du temps et de gagner en efficacité. L'usage de l'impression 3D est amené à croître dans les 10 prochaines années".

Une baisse du fret maritime

La voie maritime pour les échanges de biens internationaux est devenue le moyen de transport le plus utilisé par les compagnies de transport. Selon Éric Foulquier maître de conférences en géographie à l'Université de Bretagne occidentale et auteur de l'étude "Les ports maritimes au cœur de la mondialisation" publiée en 2015 :

"De nos jours, 80 % des échanges commerciaux planétaires s'effectuent en effet par voie maritime et passent par les ports. Commandant la vie économique internationale, les grands ports maritimes mondiaux sont devenus les baromètres de la mondialisation".

Selon le Financial Times, le transport de marchandises par fret maritime représenterait plus de la moitié de la consommation de pétrole dans le monde, en raison notamment des longues distances parcourues par les porte-conteneurs. Mais cette tendance pourrait ralentir dans les prochaines décennies. Dans ses projections annuelles publiées la semaine dernière, BP prévoit que si la demande en pétrole dans le fret maritime pourrait croître jusqu'en 2040, la relocalisation de la production de biens par le développement de l'impression 3D pourrait faire baisser ces besoins énergétiques.

Des prévisions incertaines

Les projections relatives au développement du marché des imprimantes en trois dimensions demeurent incertaines. Selon les dernières prévisions de Gartner publiées à l'automne dernier, les ventes mondiales d'imprimantes 3D devraient passer de 455.000 unités à 6,7 millions en 2020. Le vice-président du département de recherche chez Gartner Pete Basiliere a déclaré que "les imprimantes 3D sont actuellement utilisées pour de multiples applications par des étudiants du niveau secondaire et de l'enseignement supérieur où l'usage de ces imprimantes peut les préparer à des carrières dans l'ingénierie, l'industrie, l'aérospatial ou la robotique".

Dans une autre perspective, la Commission européenne avait rendu public un rapport à l'automne dernier sur les difficultés du secteur de l'impression 3D à se développer.

"L'impression en trois dimensions est toujours à un stade peu avancé dans la plupart des zones d'application et dans les petites et moyennes entreprises qui doivent en particulier faire face à des obstacles pour développer cette technologie onéreuse..."

Au regard de ces incertitudes, les projections concernant l'avenir de l'industrie pétrolière et le développement de l'impression en trois dimensions doivent donc être interprétées avec prudence.

>> Lire aussi : En Europe, l'impression 3D fait couler de l'encre

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Commentaires
a écrit le 12/02/2017 à 21:52 :
"Selon le Financial Times, le transport de marchandises par fret maritime représenterait plus de la moitié de la consommation de pétrole dans le monde..."

Le transport maritime de marchandise consommerait plus de 50 % du pétrole produit chaque année ? Sans aller chercher le chiffre exact, il y a manifestement une erreur !

Du coup, citation du FT : "Freight transportation accounts for more than a fifth of total oil consumption, much of it involving long-distance shipments across oceans and continents."

20% vs 50%
a écrit le 31/01/2017 à 22:05 :
Çela n'a pas de sens: la fabrication par imprimante 3D ne changera pas fondamentalement le fret et pour cause: la matière étant ce qu'elle est, il faudra toujours la transporter, qu'elle soit sous forme brute ou sous forme sophistiquée. C'est juste le lieu de fabrication qui changera ...
a écrit le 31/01/2017 à 22:05 :
Çela n'a pas de sens: la fabrication par imprimante 3D ne changera pas fondamentalement le fret et pour cause: la matière étant ce qu'elle est, il faudra toujours la transporter, qu'elle soit sous forme brute ou sous forme sophistiquée. C'est juste le lieu de fabrication qui changera ...
a écrit le 31/01/2017 à 13:42 :
N'importe quoi...

Au grand maximum, les imprimantes 3D vont servir à produire des composants un peu complexe mais je n'imagine pas une seconde qu'elles deviennent une option viable pour les produits technologiques (composants électroniques) ou les produits finis complexes (voiture, éléctro-ménager...)

Donc elles ont le potentiel de venir compléter la panoplie de robots déjà utilisés dans les usines existantes à la place des ouvriers mais je ne crois pas une seconde que ça suffise à déclencher une relocalisation de ces usines qui resteront de toute façon moins chère à faire tourner dans les pays à bas coûts.

Et les porte-conteneurs continueront à sillonner la planète pour transporter les produits qui auront été fabriqués (partiellement) par des imprimantes 3D.
a écrit le 31/01/2017 à 13:21 :
Merci beaucoup pour cet article.

"Si c'est une bonne nouvelle pour l'environnement, les acteurs de l'industrie pétrolière se posent déjà des questions"

Voici résumé en une seule phrase tout le mal de notre économie.

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