Climat : les 100 milliards promis aux pays du Sud "en route"

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Nous reconnaissons que l'adaptation est une priorité pour de nombreux pays en développement, précise aussi le rapport, qui relève que le financement des mesures destinées à affronter les impacts du réchauffement devrait au moins doubler d'ici 2020.
"Nous reconnaissons que l'adaptation est une priorité pour de nombreux pays en développement", précise aussi le rapport, qui relève que le financement des mesures destinées à affronter les impacts du réchauffement devrait au moins doubler d'ici 2020. (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
38 pays du Nord se sont engagés lundi à tenir leur promesse de financement vis-à-vis des pays en développement. Selon l'OCDE, qui a conduit une analyse pour appuyer leur feuille de route, les fonds pourraient même dépasser les 100 milliards de dollars en 2020.

Ils tiendront leur promesse. Les pays riches, qui lors de la COP 15, en 2009 à Copenhague, se sont engagés à fournir au moins 100 milliards de dollars annuels à partir de 2020 pour soutenir la politique climatique des pays en développement, l'ont assuré lundi 17 octobre, en publiant une "feuille de route".

"Nous sommes confiants et pensons que nous remplirons l'objectif de 100 milliards à travers une variété de sources et réaffirmons notre engagement à le faire", soulignent les 38 pays signataires d'un rapport conduit sous la houlette de l'Australie et de la Grande-Bretagne. En 2015, l'Accord de Paris a par ailleurs précisé que ce seuil ne constitue qu'un "plancher".

Le financement privé prend pied

Selon l'OCDE, qui a conduit une analyse pour appuyer cette feuille de route, les financements publics seuls pourraient s'élever à quelque 67 milliards en 2020, selon une évaluation basée sur les seuls engagements annoncés en 2015 par les gouvernements, institutions et autres banques de développement. L'OCDE en revanche ne s'avance pas sur un chiffre pour les financements privés mais fournit plusieurs hypothèses, allant de 77 à 133 milliards, avec une hypothèse médiane de 92 milliards USD. Les fonds pourraient ainsi dépasser au total les 100 milliards de dollars en 2020, note le rapport, publié à l'occasion de la "pré-COP22", réunion ministérielle préparatoire à la conférence climat annuelle, organisée à Marrakech.

La présidente de la COP21, la ministre française Ségolène Royal, s'est dite "optimiste" et compte sur "un effet levier" de tous ces financements entre eux: "le privé va aller beaucoup plus vite et plus loin qu'on ne le pense", a-t-elle assuré à l'AFP lundi. Notamment les "coalitions" lancées à la COP21 autour de thématiques concrètes (le solaire, les énergies renouvelables en Afrique, les systèmes d'alerte etc), porteuses de projets opérationnels, devraient contribuer à entraîner les financements, explique-t-elle.

"Les priorités exprimées par les pays en développement" reconnues

"Nous reconnaissons que l'adaptation est une priorité pour de nombreux pays en développement", précise aussi le rapport, qui relève que le financement des mesures destinées à affronter les impacts du réchauffement devrait au moins doubler d'ici 2020. Selon un rapport de l'OCDE publié en 2015, seules 16% des aides fournies en 2013-14 étaient allées aux mesures d'adaptation, au grand dam des pays pauvres, premiers à souffrir des impacts du réchauffement. L'essentiel des fonds allant plutôt aux politiques pour limiter le réchauffement. Sur la "feuille de route" des pays du nord publiée lundi, il est ainsi question de remplir les engagements "en lien avec les priorités exprimées par les pays en développement", de les aider à mettre en place des plans permettant d'attirer les investissements et de mobiliser la finance privée.

"La publication de la feuille de route représente une avancée pour la solidarité climatique", a réagi Lucile Dufour, de la coalition d'ONG Réseau Action Climat. "Mais les pays riches doivent redoubler d'efforts pour garantir qu'ils atteindront véritablement l'objectif".

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 18/10/2016 à 14:15 :
Une fois de plus nous sommes dans l'individualisation des gains et dans la socialisation des pertes.

Que les pays en voie de développement bénéficient de financement lié au réchauffement climatique est logique mais que ce soit les états et donc les contribuables qui payent pour cela l'est quand même beaucoup moins.

Quels sont les responsables de ce réchauffement climatique ? Nos décideurs économiques et politiques qui ont orienté la société dans le gaspillage de masse et la pollution à outrance du fait de la société de consommation afin de satisfaire le seul ressentiment lié à l'appât du gain, à savoir l'avidité.

Alors certes les politiciens sont nos représentants et nous sommes un peu responsables de les avoir mis au pouvoir même si comme on le voit avec les élections actuelles les élections sont particulièrement instrumentalisées et orientés en permanence de sorte que ce soient toujours les mêmes qui profitent des largesses du pouvoir, mais le peuple doit il payé pour les erreurs de ses décideurs ?

Quand aux décideurs privés, principaux profiteurs et bénéficiaires, si tant est qu'on puisse l'être, de cette société de consommation, de production, de gaspillage et de destruction systématique de la nature et des gens qui vivent avec, comment cela se fait il qu'ils donnent si peu ?

Combien de multinationales dans le monde ? NE pourrait on pas leur prélever 5% de leurs bénéfices pour compenser les dégâts occasionnés par leur business ?

Production de déchets par habitant par an (sachant que dépendant beaucoup déjà des produits qu'ils achètent et de comment ils sont emballés): 400 kg

Production de déchets de l'industrie par an par habitant: 14 tonnes.

De qui se moque t'on encore une fois ?

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