Climat : un mix énergétique mondial encore trop carboné malgré le recul du charbon

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Engie a fermé en 2016 sa centrale de Hazelwood en Australie
Engie a fermé en 2016 sa centrale de Hazelwood en Australie (Crédits : Reuters)
Le bilan énergétique mondial 2016 publié ce mardi par le cabinet Enerdata montre qu’en dépit des progrès observés en Chine, la décarbonation des économies et en particulier de la production d’électricité demeure trop lente au regard des objectifs fixés par l’Accord de Paris.

Comme chaque année, le cabinet Enerdata analyse les tendances énergétiques mondiales sur la base des données des pays du G20. En 2016, malgré la plus faible croissance économique (+2,6%) enregistrée depuis la crise de 2008, la consommation mondiale d'énergie demeure stable (+0,9%), tout comme les émissions de CO2.

Ces tendances recouvrent des réalités bien distinctes selon les régions et les grands pays consommateurs. Ainsi, l'économie caracole en Inde, repart à la hausse au Japon, stagne en Russie, régresse au Brésil et voit sa croissance ralentir en Chine.

L'intensité énergétique fait du surplace

Globalement, les progrès de l'efficacité énergétique, qui avaient permis ces dernières années un découplage entre économie et consommation d'énergie, ralentissent. Nuls au Brésil et en Russie, ils sont corrects au sein de l'OCDE mais insuffisants par rapport aux objectifs fixés lors de la COP21. Grâce à une diminution de la demande et à son mix énergétique de moins en moins carboné, la Chine continue de progresser et voit ses émissions de CO2 stagner, en dépit de sa croissance économique qui se stabilise autour de 6 à 7%.  Elles sont également en baisse aux Etats-Unis (où le gaz se substitue toujours plus au charbon) ainsi qu'en Europe et au Japon. Mais elles explosent en Inde sous l'effet d'une forte croissance de la demande et du poids prépondérant du charbon dans le mix électrique.

Recul général du charbon y compris en Allemagne

De façon générale, le facteur carbone de la production d'énergie diminue très (et trop) lentement. En amélioration au Royaume-Uni (où la part du charbon a été divisée par deux), il reste stable dans l'Union européenne, notamment en France et en Italie, et affiche de mauvaises performances en Inde et en Allemagne. Pourtant, cette dernière voit le poids du charbon dans son mix diminuer pour la première fois depuis plusieurs années.

Seule énergie à ne pas bénéficier du rebond de la consommation, il recule globalement pour la troisième année : -4,7% en Chine où il est remplacé par les énergies renouvelables, le gaz et le nucléaire ;  -9% aux Etats-Unis où il cède du terrain aux gaz de schiste et aux renouvelables, notamment l'éolien porté par le maintien en 2016 d'un cadre fiscal très favorable ; -50% au Royaume-Uni. En revanche, le charbon progresse fortement en Inde, où pas moins de 16 gigawatts ont été installés. A 44% (contre 43% en 2000), le charbon  demeure aussi la première source d'énergie dans le mix électrique mondial malgré les progrès du gaz et des renouvelables.

Si l'on considère la globalité du mix énergétique, le pétrole est en passe de rattraper le gaz, à quelque 30%.

Les renouvelables explosent, tirées par le géant chinois

Selon les projections d'Enerdata, pour une croissance de 3% environ, il faudrait pour rester dans les clous de l'Accord de Paris, que l'intensité carbone de la production énergétique s'améliore de quelque 6%, sous l'effet à la fois d'une amélioration de l'efficacité énergétique (la quantité d'énergie pour un point de PIB) et de la décarbonation du mix.

L'autre enseignement marquant du bilan 2016 publié par Enerdata concerne le spectaculaire développement des énergies renouvelables qui se poursuit sous l'impulsion de la Chine. Grâce à une croissance de 30% en 2016 (soit 22 GW additionnels) le pays possède désormais un quart du parc éolien du G20 (contre 13% en 2010). Idem dans le solaire, où, avec 2% du parc, il n'était encore qu'un nain du G20 en 2010. L'Europe, longtemps le premier marché pour les énergies renouvelables, connaît une croissance modérée, et même une première baisse pour certains champions historiques tels que l'Allemagne.

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