EDF mise de nouveau sur le marché français des renouvelables

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EDF EN comptabilise 190 MW de projets en construction
EDF EN comptabilise 190 MW de projets en construction (Crédits : Fotolia)
Après une période de ralentissement dans le solaire, EDF Energies nouvelles annonce de nouveaux projets et affiche sa volonté d’accélérer sur ce marché. Cette stratégie s’appuie notamment sur des partenariats avec d’autres acteurs du secteur.

Les chiffres n'ont rien de réellement  spectaculaire. 100 MW (solaire et éolien confondus) ont été mis en service en 2016 en France, un marché qui représente 15% de l'activité de EDF Energies Nouvelles. Le groupe annonce également ce 14 mars la mise en service  du parc éolien de la Montagne-Ardéchoise, le plus important de la région Auvergne-Rhône-Alpes avec une puissance de 66,5 MW, capable d'alimenter 72.000 habitants, soit un cinquième de la population du département de l'Ardèche.

5 à 6 gigawatts supplémentaires en 2030

Mais c'est le signe d'une accélération de l'activité que Nicolas Couderc, directeur général  EDF Energie réparties, tient à souligner. Ainsi, les 190 MW de projets, majoritairement éoliens,  actuellement en cours de construction en France et qui devraient voir le jour d'ici à la fin 2018, ne sont qu'un début pour le groupe, qui vise de 5 à 6 gigawatts supplémentaires de renouvelables (hors éolien offshore) sur le territoire d'ici à 2030, dans le cadre, précisément, de son plan stratégique Cap 2030. Soit environ 200 MW de capacités supplémentaires chaque année, correspondant à 5 à 10 projets. Et un investissement annuel de 250 millions d'euros pendant 15  ans.

« La décomposition entre éolien et solaire n'est pas encore arrêtée, précise Nicolas Couderc ; elle dépendra des coûts et de la réglementation respectifs des deux technologies. » À ce jour, EDF a construit quelque 10% du parc photovoltaïque français, mais n'en a conservé que les deux-tiers, soit une vingtaine de parcs pour 210 MW. En revanche, avec une puissance installée de 1,2 GW, ses 80 parcs éoliens représentent 10% des capacités éoliennes installées, une part de marché que Nicolas Couderc aimerait voir atteindre 15% en 2030.

Un groupe friand d'appels d'offres

Il a de bonnes raisons de croire en ces objectifs. Si en France, le groupe était quasiment sorti du solaire suite à l'éclatement de la bulle en 2011/2012, il est de retour, comme en témoignent deux parcs actuellement en construction, auxquels s'ajoutent deux autres projets remportés lors du dernier appel d'offres pour les centrales au sol. À 62 euros en moyenne par mégawatt, les prix atteints dans cet appel d'offres ont d'ailleurs  fait couler beaucoup d'encre, d'aucuns n'hésitant pas à les mettre en regard d'un coût du nucléaire produit par EPR deux fois  plus élevé. Une comparaison qui n'a guère de sens si l'on tient compte du caractère intermittent du photovoltaïque. Nicolas Couderc préfère louer la complémentarité des énergies décarbonées proposées par le groupe.

Si EDF EN n'a remporté que deux projets sur les six présentés, elle ne renonce pas pour autant aux quatre autres. Déjà de mise pour les grands centrales, ces appels d'offres sont appelés à se multiplier, dans un contexte où les tarifs de rachat sont voués à disparaître  progressivement. Les petits acteurs ont d'ailleurs dénoncé une évolution plus favorable aux grands groupes...De fait, Nicolas Couderc y voit une garantie de visibilité sur des volumes importants, en salue la récurrence et se dit  favorable à ce que cette méthode soit étendue à l'éolien.

L'autoconsommation constitue également une piste de croissance pour l'énergéticien. Bien positionnée sur les toits de grande surface, pour lesquels elle a remporté 40% des 20 MW attribués par appel d'offres elle 9 mars dernier, EDF EN a également atteint ses objectifs avec 1500 kits « Mon soleil et moi » vendus depuis le lancement en juin dernier de cette offre destinée aux particuliers. « Nous anticipons un démarrage fort à la suite des décrets annoncés par la ministre », se réjouit Nicolas Couderc.

Des partenariats pour aller plus vite

Enfin, pour aller plus vite encore, EDF EN poursuit sa politique de partenariat. C'est dans le cadre d'un partenariat à parts égales avec le Montpelliérain Arkolia et d'un autre à trois avec également VSB Énergies Nouvelles que seront développés, construits et exploités deux projets éoliens d'une puissance cumulée de 84 MW dans la région Occitanie. Cela s'inscrit dans le cadre de la reprise par Arkolia des activités et des salariés de cet opérateur francilien indépendant également présent dans la méthanisation. Ce partenariat n'est pas le premier noué par EDF EN, avec Arkolia déjà, ou avec l'allemand Wind Vision.

EDF EN se veut davantage un développeur d'énergies renouvelables qu'un propriétaire de parcs,  et envisage de céder notamment les centrales développées en toitures.

Pour autant, ces annonces de l'opérateur historique ne masquent pas le retard français en matière d'énergies renouvelables tel qu'il apparaît dans le rapport Eurostat rendu public ce 14 mars : la France est encore à près de 8 points de l'objectif de 23% fixé pour 2020 (15,2% de sa consommation énergétique contre 17% en moyenne dans l'Union européenne) alors que 11 États membres sur 28 l'ont déjà atteint ou dépassé.

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Commentaires
a écrit le 16/03/2017 à 8:55 :
Dans l'état actuel du prix de l'énergie (très bon marché comparé au cout du travail), le calcul économique n'est pas convainquant pour une véritable politique d'économie de l'énergie. Il faudrait appliquer la note n°6 du CAE.
a écrit le 15/03/2017 à 11:20 :
l énergie solaire est rentable .. en GRECE. toute les maisons sont équipées de chauffe eau solaire... en FRANCE areva et ..ext.. metterait il un frein ? ? ? ,hypocrisie totale.des politiques
Réponse de le 15/03/2017 à 13:34 :
Attention à bien distinguer les panneaux solaires thermiques et les panneaux solaires photovoltaïques... Le solaire thermique auquel vous faîtes référence repose sur une technologie initialement très simple (faire pré-chauffer votre eau chaude sanitaire en exposant votre réserve d'eau au soleil), très présente effectivement dans tous les pays du Sud, qui a été par la suite optimisée (fluides caloporteurs, inertie...). Elle a la vertu de stocker l'énergie, contrairement au PV qui pose le problème de l'intermittence. Il n y a pas de notion de coût de rachat, placement financier, etc... C'est simplement une baisse de charge directe pour les résidents (pas forcément propriétaires). Bref beaucoup d'avantages à mon sens et pourtant les politiques et les médias n'en parlent jamais, où pus exactement ne font aucune distinction entre les différentes technologies de l'énergie solaire.
a écrit le 15/03/2017 à 7:02 :
Millaux et Arles, 300 jours soleil/an attendent toujours leurs centrales solaires sur les terres seches et non exploitables du Larzac et de la Camargue :))

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