Energie : Engie se positionne en pionnier de la transformation digitale

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Développés par une équipe d'une centaine de spécialistes, ces softwares sont censés accompagner l'entreprise dans sa transformation vers une industrie totalement décarbonée et largement décentralisée.
Développés par une équipe d'une centaine de spécialistes, ces softwares sont censés accompagner l'entreprise dans sa transformation vers une industrie "totalement décarbonée et largement décentralisée". (Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Le groupe français a lancé jeudi sa Digital Factory, fabrique de logiciels novateurs développés en propre. Il sera accompagné par deux sociétés américaines respectivement leaders du big data et des applications mobiles: C3 IoT et Kony.

"Nous sommes convaincus que les investisseurs sont déjà en train de trier les acteurs qui prennent le chemin d'une transformation radicale de l'industrie de l'énergie. Nous avons donc choisi d'être des pionniers".

Ce sont les mots utilisés jeudi 23 juin par Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie, pour présenter le lancement d'une nouvelle entité du groupe : la Digital Factory, fabrique de logiciels novateurs adaptés aux besoins de ses diverses équipes métiers. Développés par une équipe d'une centaine de spécialistes, ces softwares sont censés accompagner l'entreprise dans sa transformation vers une industrie "totalement décarbonée et largement décentralisée", en appuyant les choix déjà opérés par l'entreprise de désinvestir des énergies fossiles, d'accélérer dans les renouvelables et de promouvoir un management plus horizontal, détaille Isabelle Kocher.

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"Dans un contexte où les prix de production de l'énergie solaire ont chuté et les techniques de stockage évoluent, le digital occupe une place essentielle, puisqu'il répond à la nécessité de relier en temps réel production, stockage et consommation", explique la directrice générale, en insistant: "Il devient aussi important que l'air qu'on respire".

Une approche partenariale

Pour Engie, qui se targue d'avoir déjà développé en propre 4.500 logiciels métiers, le lancement de la fabrique représente toutefois non pas tellement une entrée en matière, mais une rationalisation et une accélération. Le travail des nouvelles équipes tournera en effet surtout autour de cinq axes, explique Yves Le Gélard, directeur général adjoint et à la tête des systèmes d'information du groupe: le big data, à des fins surtout d'"entretien prédictif" ; la mobilité, incontournable dans les relations clients ; l'internet des objets, industriels comme de la vie quotidienne ; la communication entre softwares, encore défaillante ; et la cyber-sécurité.

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Dans trois de ces domaines, deux partenariats ont d'ailleurs déjà été signés jeudi, pour trois ans, avec deux sociétés américaines leaders dans leurs secteurs : C3 IoT, spécialisée dans l'analyse des big data, notamment provenant des objets connectés ; et Kony, spécialiste du développement d'applications mobiles. Une quinzaine de personnes de C3 IoT intégreront notamment la fabrique, alors que Kony en mobilisera six de manière permanente et quelques autres dizaines selon les besoins.

D'autres partenariats, en fonction des exigences, ne sont d'ailleurs pas exclus, notamment dans le domaine de la cyber-sécurité. Les deux signés jeudi font d'ailleurs suite à celui conclu début mai avec la société de design danoise d'Accenture, Fjord. Une approche qui correspond à une conviction d'Isabelle Kocher : le  futur de l'innovation dans l'énergie  "est partenarial et repose sur des plate-formes ouvertes".

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a écrit le 23/06/2016 à 19:34 :
Décentralisation, transversalité, Intégration : l’avenir est aux intégrateurs et aux gérants d’infrastructures locales. Car ce qui se profile est bien un coût bas de l’énergie, en raison du développement du solaire et autres technologies encore à venir. Par contre avec la décentralisation et de l’individualisation des modes de production et de consommation d’énergies (autoconsommation, véhicules électriques, stockage,…), ceux qui sauront gérer cette complexité seront les gagnants.
Cela revient également à renforcer la relation client, grace au Big data
et assurer la sécurité de ces mêmes données (les blockchain ont montré des défaillances à ce niveau)

Isabelle Kocher est une visionnaire et même si l’avenir n’est pas tracé, au moins elle a le mérite d’essayer d’amener le groupe vers la bonne direction.
C’en est surprenant dans le paysage national de l’énergie, plutôt soumis au culte du conservatisme ambiant. Comme si ce qui a marché pendant les 30 glorieuses était censé perdurer indéfiniment.
Bravo aux initiateurs de cette stratégie courageuse et innovante
Réponse de le 23/06/2016 à 23:22 :
Enfin, la stratégie d'Engie prend un réel tournant et se rapproche de plus en plus de la vision de Jeremy Rifkin qui promeut "une troisième révolution industrielle". Notamment en ce qui concerne la production d'électricité individualisée et distribuée à travers un réseau de prosommateurs connectées.

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