Energie : le rapport annuel de l’AIE illustre un point de bascule

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Les énergies renouvelables ont attiré 297 milliards de d'investissements en 2016.
Les énergies renouvelables ont attiré 297 milliards de d'investissements en 2016. (Crédits : © Yves Herman / Reuters)
Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie sur les investissements consentis en 2016, publié ce 11 juillet, montre une inflexion de tendances historiques : les investissements dans l’électricité pour la première fois devant le pétrole, le charbon et le gaz ; des capacités renouvelables installées et une production en forte croissance malgré des investissements qui stagnent ; une hausse des investissements dans les réseaux, le stockage et l’efficacité énergétique…

C'est une première. En 2016, les investissements mondiaux dans l'électricité ont dépassé ceux effectués dans le charbon, le pétrole et le gaz. C'est l'un des principaux enseignement du rapport annuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Si les premiers restent stables à 718 milliards de dollars, les seconds en revanche connaissent des baisses importantes. Les investissements dans le pétrole et le gaz ont chuté de 25% entre 2015 et 2016, mais de 38% depuis 2014. Et si l'on s'attend à un léger rebond en 2017, la situation devrait demeurer contrastée entre le boom du pétrole de schiste américain et la morosité du reste du monde.

Quant au charbon, qui a perdu 20 GW de nouvelle capacité installée entre 2015 et 2016, et où les investissements ont chuté d'un quart en Chine, premier marché mondial, la situation est plus noire encore. Sauf en Inde, où les investissements demeurent soutenus.

Stagnation des énergies décarbonées malgré le boom des renouvelables

Si les énergies renouvelables (43% des investissements) ont mobilisé, en 2016, 297 milliards de dollars, soit 3% de moins qu'en 2015 ou qu'il y a 5 ans, les nouvelles capacités installées sont 50% plus importantes, pour une production qui devrait être de 35% plus élevée. Autre signe des temps : 40% des investissements ont été réalisés sur des marchés fonctionnant essentiellement par enchères et accords de gré à gré entre producteurs et clients industriels. Pour autant, la production des renouvelables suffit à peine à compenser le ralentissement des décisions d'investissement observées dans le nucléaire et l'hydroélectricité. Si 10 GW de nouveau nucléaire (un record depuis 15 ans) sont entrés en service en 2016, seulement 3 GW ont commencé à être construits.

Si les renouvelables n'accélèrent pas encore un peu plus leur déploiement, cela pourrait nuire à la stabilisation des émissions de CO2, observée pour la troisième année consécutive.

Réseaux, stockage et efficacité énergétique attirent les investisseurs

Outre une modification des ressources allouées dans les différentes sources d'énergie, plusieurs secteurs clés de la transition énergétique attirent de plus en plus d'investissements : les réseaux - qui se modernisent et se digitalisent toujours plus - , le stockage et l'efficacité énergétique, déployée à 40% dans le secteur du bâtiment. Sur tous ces secteurs, la Chine joue le rôle de locomotive. Avec 21% des 1.700 milliards dépensés dans l'énergie en 2016 (en baisse de 12%), elle devance les Etats-Unis (16%), l'Europe (en baisse de 10%) puis l'Inde, qui attire 7% d'investissements de plus qu'en 2015.

Mesurés pour la première fois, les investissements en recherche et développement sont stables, à 67 milliards de dollars. Ils se répartissent à parts égales entre les secteurs public et privé, le premier étant plus actif dans les énergies décarbonées.

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a écrit le 12/07/2017 à 17:19 :
Les montants d'investissement dans les EnR stagnent tandis que la puissance augmente de 50%, donc le cout au kW installé baisse de meme que le prix de revient du kWh EnR, ce qui confirme la tendance à la parité réseau des EnR.
a écrit le 12/07/2017 à 10:24 :
Beaucoup de disparités entre pays, mais il y a manifestement des pays et continents avec de forts besoins, notamment en Afrique et en Inde.

D'autres chiffres qui donnent un aperçu des marges de progression.
Aux USA le photovoltaïque aurait progressé de 40 % en un an dans le secteur résidentiel et de 20 % dans le commercial et l'industriel.
Il n'y pas beaucoup de secteurs

L'IEA publie des dossiers de synthèse intéressants, pour les amoureux des statistiques. Le dossier sur l’énergie en France, essentiellement pour voir l’évolution historique puisque la majorité des tableaux s’arrêtent en 2014, mais cela donne un bon aperçu des tendances générales.

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