Etats-Unis : incendies et inondations relancent le débat sur le rôle du réchauffement climatique

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La gravité de la catastrophe en Louisiane a conduit le gouverneur de l'Etat, John Bel Edwards, à la qualifier de sans précédent.
La gravité de la catastrophe en Louisiane a conduit le gouverneur de l'Etat, John Bel Edwards, à la qualifier de "sans précédent". (Crédits : Reuters)
83.000 personnes évacuées en Californie pour échapper au feu, 40.000 maisons affectées par des inondations en Louisiane. Face aux catastrophes naturelles exceptionnelles qui viennent de frapper les Etats-Unis, la communauté scientifique cherche les preuves menant au réchauffement climatique.

Sur la côte Ouest, siccité et feux. Dans le Sud-Est, déluge et inondations. En l'espace de quelques jours, des dizaines de milliers de personnes ont dû être évacuées, aux Etats-Unis, pour échapper aux catastrophes naturelles qui se sont abattues sur le pays. Un incendie géant, qui a démarré le 16 août au matin à côté de Los Angeles, a notamment entraîné la déclaration de l'état d'urgence en Californie, Etat desséché par la rareté des pluies ces cinq dernières années. Quelque 7.200 hectares sont partis en fumée en moins de 24 heures et presque 83.000 personnes ont dû quitter leurs foyers. Six autres gros incendies sont en cours dans l'Etat et une vingtaine dans l'ensemble des Etats-Unis.

La Louisiane, pour sa part, déplore depuis vendredi des inondations ayant fait huit morts et affecté 40.000 maisons. De nouvelles alertes aux crues continuent d'être émises par les services météorologiques. Si la gravité de la catastrophe a conduit le gouverneur de l'Etat, John Bel Edwards, à la qualifier de "sans précédent", cinq autres Etats du Sud des Etats-Unis ont aussi expérimenté des inondations meurtrières aux cours des 15 derniers mois, souligne le New York Times. Moins d'un an après la COP 21 et sa couverture médiatique, le milieu scientifique américain se retrouve donc inévitablement confronté à une question : ces catastrophes seraient-elles les premières conséquences du tant redouté changement climatique ?

De nouveaux records de température

Certes, et en premier lieu, aussi peu de temps après les événements, il est trop tôt pour en établir la cause, conviennent nombre d'experts. Il n'empêche que les désastres constatés ressemblent de manière inquiétante aux scénarios prévus en appliquant les modèles climatiques, soulignent d'autres scientifiques, dont le directeur du National Centers for Environmental Information américain, David Easterling, cité par le NYT. Les nombreuses inondations dévastatrices qui ont frappé le reste du monde cette année accréditent d'ailleurs selon lui cette hypothèse. Sans compter que la Nasa vient d'enregistrer un nouveau record pour les températures mondiales au mois de juillet 2016, inégalées depuis au moins 136 ans.

Les preuves du lien entre catastrophes et réchauffement planétaire étant insuffisantes - mais l'absence de preuve ne prouvant pas l'absence de lien - la fréquence accrue de ces événements extrêmes souligne au moins la nécessité de perfectionner les modèles prédictifs, voire d'élaborer de nouvelles hypothèses. Il s'agit notamment de mesurer et d'intégrer des données concernant la surface de la Terre, telles que l'urbanisation, l'état des sols etc., qui influencent notamment le cycle de l'eau.

Autre adaptation nécessaire, celle des stratégies de protection de la population mises en place par les autorités étatiques et locales, souligne Rob Moore, analyste auprès de l'ONG Natural Resources Defense Council. Elles devront tenir compte d'un niveau accru du risque, insiste-t-il, citant notamment en exemple le Programme national d'assurance inondations (National flood insurance program) américain, auquel il reproche de ne pas tenir compte de la montée des eaux. La troisième évaluation nationale du climat (National Climate Assessment) effectuée aux Etats-Unis en 2014, d'ailleurs, n'avait pas identifié le Sud du pays parmi les zones les plus menacée par une augmentation des pluies, se contentant de souligner que "la quantité de pluie tombée dans le cadre de précipitations très importantes" avait significativement dépassé la moyenne depuis 1991.

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Commentaires
a écrit le 18/08/2016 à 17:16 :
"la communauté scientifique cherche les preuves menant au réchauffement climatique."

Les scientifiques n'en sont plus là !!! Les preuves du réchauffement climatiques, elles sont partout ! A commencer par les mesures de températures elles mêmes et elles sont indiscutables.

Il est vrai qu'il y a un problème spécifique aux USA dont le mode de vie est intimement lié au gaspillage énergétique, et dont les responsables conservateurs, de GW Bush à Trump sont dans le déni absolu, ce qui les a empêché d'évoluer.

Je subodore que même avec la moitié des USA en feu et la reste sous les eaux, il resterait des personnes pour nier la réalité du réchauffement global et du dérèglement climatique.

Malheureusement, le gaz de schiste, en reportant la crise énergétique (qui arrivera quoi qu'on fasse) a bloqué la réflexion, dans ce pays en particulier, mais on n'est pas totalement innocent non plus de ce qui va nous tomber dessus.
a écrit le 18/08/2016 à 10:13 :
Le problème c'est que la vénalité des nos décideurs économiques et politiques est peu rassurante quant à leurs capacités de protéger les populations concernées.
a écrit le 18/08/2016 à 4:21 :
l'homme dans son immense betise scie la branche sur laquelle il est assis.
Nous n'en sommes qu'au debut, les lendemains qui dechantent vont se faire plus nombreux et devastateurs. Se battre contre les elements en furie est illusoire.
Continuons a polluer apres nous le deluge. (louis XIV)

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