Pétrole et gaz : l'Inde a accordé 31 permis d'exploitation, une première depuis six ans

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L'Inde importe 50% de son gaz et au moins 80% de son pétrole depuis l'étranger, rendant ses finances publiques très dépendantes des fluctuations des prix du pétrole. Un taxi en attente de faire le plein à une station-service à Calcutta, la plus grande métropole de l'est de l'Inde.
L'Inde importe 50% de son gaz et au moins 80% de son pétrole depuis l'étranger, rendant ses finances publiques très dépendantes des fluctuations des prix du pétrole. Un taxi en attente de faire le plein à une station-service à Calcutta, la plus grande métropole de l'est de l'Inde. (Crédits : Reuters)
Le troisième consommateur mondial d'énergies fossiles importe 80% de son pétrole, et tente d'améliorer l'état de ses finances publiques en relançant sa production locale. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour la santé des Indiens, en passe de détrôner les Chinois en matière de mortalité pour cause de pollution.

Dans le but de réduire sa coûteuse dépendance aux importations énergétiques de l'étranger, l'Inde, troisième plus grand consommateur mondial d'hydrocarbures, a accordé des permis d'exploitation pour 31 petits gisements de pétrole et de gaz, a déclaré le ministre des Finances indien, Arun Jaitley.

Lors de sa première vente aux enchères de ce type depuis six ans, des contrats ont été distribués à 22 entreprises, pour la plupart des nouveaux-entrants dans le secteur gazo-pétrolier.

"Le gouvernement s'efforce de mettre en oeuvre ces contrats au plus vite pour que leurs détenteurs puissent commencer la production", a déclaré la direction générale des hydrocarbures dans un communiqué mercredi.

L'Inde importe 50% de son gaz et au moins 80% de son pétrole depuis l'étranger, rendant ses finances publiques très dépendantes des fluctuations des prix du pétrole.

"Une goutte d'eau dans l'océan des besoins énergétiques du pays"

Cherchant à augmenter sa production intérieure, le gouvernement a annoncé en 2015 des mesures pour encourager des entreprises à investir dans des petits champs pétroliers ou gaziers, considérés comme trop mineurs pour les géants énergétiques.

"C'est un geste très positif du gouvernement de rendre rentable l'investissement des entreprises", grâce à des conditions financières favorables, a déclaré un analyste du secteur gazier sous couvert d'anonymat.

"Mais le problème de fond est qu'en Inde nous n'avons pas beaucoup de pétrole et de gaz donc c'est une goutte d'eau dans l'océan des besoins énergétiques du pays", a-t-il ajouté.

Investir dans les renouvelables mais relancer l'exploitation pétrolière ?

L'autre problème de fond, c'est la pollution aux particules fines qui est devenu un problème de santé publique majeur : en termes de décès liés à la pollution, l'Inde s'apprête à dépasser la Chine. La situation est alarmante et des villes indiennes comme New Dehli atteignent régulièrement des records de pollution au niveau mondial.

Pour faire face à ces difficultés, les autorités indiennes se sont engagés à réduire de 35% d'ici 2030 "l'intensité carbone" en ratifiant l'accord de Paris sur le climat en décembre 2015. En parallèle, le pays prévoit de forts investissements dans les énergies renouvelables pour poursuivre son développement industriel.

Vouloir relancer l'exploration et l'exploitation de gisements d'énergies fossiles semble donc à tout le moins contradictoire.

(Avec AFP)

     >Lire : Décès liés à la pollution : l'Inde s'apprête à dépasser la Chine

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Commentaires
a écrit le 16/02/2017 à 13:39 :
Ben la croissance mondiale est en berne du fait de la baisse du pouvoir d'achat des ménages, c'est donc la crise, le mot qu'il ne faut surtout pas prononcer afin de ne pas culpabiliser notre système économique pourtant tellement efficace, chaque pays bidouille donc dans son coin pour limiter la casse.

Parce que comme vous dites tout ceci est bien contradictoire voir complètement à contrario des tendances mondiales mais bon dans ce contexte de crise endémique cela se comprend. Par contre il est évident que le lobby pétrolier va se retrouver avec un nouveau problème sur les bras si l'inde se met à exploiter du pétrole et du gaz, on voit mal comme les prix, déjà tenus artificiellement au dessus de leurs valeurs réelles, vont faire pour ne pas repartir à la baisse.

Enfin si, on devrait encore voir les cotations du pétrole régulièrement interrompues... à défaut de voir une quelconque main invisible, baliverne néolibérale par excellence, on devrait voir la main de plus en plus visible de notre oligarchie.

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