Le financement participatif se diffuse largement dans l’énergie renouvelable

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Le financement participatif, une aubaine pour les énergies renouvelables.
Le financement participatif, une aubaine pour les énergies renouvelables. (Crédits : ANDREA COMAS)
De nouveaux acteurs français du secteur font appel au crowdfunding, la réglementation favorise les projets qui y font appel, le montant des opérations s’accroît et le dispositif se perfectionne. Tous les voyants sont au vert.

Cela figurait dans la longue liste rappelée par Ségolène Royal lors de son adieu aux acteurs des énergies renouvelables. Certains ont d'ailleurs reconnu qu'elle avait dû les convaincre de l'intérêt du financement participatif pour les énergies renouvelables.

On connaît la suite. En 2016, les montants concernés par les prêts, dons et capital ont augmenté de 40% par rapport à 2015, pour atteindre un montant total de près de 234 millions d'euros. Avec 96,6 millions, le prêt se taille la part du lion, devant la prise de participation (equity) avec 68,6 millions.

Les énergies renouvelables, capables de garantir des rendements réguliers dans la durée, et porteuses de sens citoyen et écologique, font particulièrement bon ménage avec ces méthodes alternatives de levées de fonds. C'est pourquoi plusieurs plateformes spécialisées (dont Lendosphère, AkuoCoop, Lumo) ont vu le jour depuis un an ou deux, tandis que les plateformes généralistes (telles que Wiseed, Lendix, Unilend, etc.) leur réservent une place toujours plus importante. Avec 9 millions d'euros collectés en 2016, Lendosphère occupe 70% du marché du prêt dans le secteur, que l'on peut donc évaluer à près de 13 millions.

Bonus aux projets recourant au financement participatif

De leur côté, les acteurs des énergies renouvelables sont toujours plus nombreux à réserver une part du financement ou du capital aux citoyens. Non seulement cela permet d'accroître l'acceptabilité des projets de la part des riverains, mais (pour cette même raison) de plus en plus d'appels d'offres prévoient des tarifs préférentiels pour les projets cochant la case « financement participatif ». C'était le cas de 60% des dossiers sélectionnés pour l'appel d'offres photovoltaïque CRE4, qui a octroyé 500 MW de solaire le 10 mars dernier. A condition que 40% du capital (crowdequity) ou 40% du financement total (crowdlending) aient été levés conjointement ou distinctement auprès de 20 investisseurs (personne physique, collectivité territoriale ou groupement de collectivité), que les personnes physiques résident dans le département du projet ou limitrophe et que les investisseurs soient engagés pour 3 ans après l'achèvement du projet, les constructeurs ont obtenu entre 3 et 5 € de bonus par mégawattheure (MWh).

Un million d'euros levés en une semaine

Dernière preuve en date du succès du financement participatif dans les énergies renouvelables : le million d'euros levé en une semaine par Générale du Solaire, l'un des principaux acteurs français du secteur, via la plateforme Lendosphère. Avec 120 MW de capacités installées dont la moitié en France, Générale du Solaire, qui emploie 50 personnes dans 14 pays et affiche un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros en 2016, veut accélérer son développement à l'international ainsi que ses projets dans l'autoconsommation et dans le stockage. L'objectif a donc été déverrouillé une première fois à 1,5 million, et pourrait l'être de nouveau à hauteur du plafond autorisé pour les CIP (conseillers en investissements participatifs), soit 2,5 millions d'euros. Les souscriptions sont ouvertes jusqu'au 2 juin 2017, et depuis le 18 avril, 330 personnes ont décidé d'investir 1,02 million d'euros, à un taux d'intérêt annuel de 5,15%, pour une durée de 4,5 ans, avec remboursements semestriels incluant intérêts et principal.

Les prêts des particuliers abondés par un fonds

Les investissements des particuliers sont abondés par le fonds Eiffel investment group, qui investit au même titre et dans les mêmes conditions qu'eux sur Lendosphère dans le cadre d'une enveloppe de 500 000 euros. « Cet abondement sécurise l'emprunteur sur le montant levé, et rassure les prêteurs, en leur octroyant une garantie de liquidité sous conditions », explique Laure Verhaeghe, co-fondatrice de Lendosphère. Ce type de partenariat représente aussi une forme de caution supplémentaire quant à la qualité des projets proposés par la plateforme.

Eiffel investment group vient également de nouer un partenariat avec Akuo Energy autour de la plateforme « propriétaire » de financement participatif AkuoCoop lancée le 22 mars dernier. Un premier investissement de 350 000 euros doit permettre d'abonder les prêts consentis par les particuliers sur les trois premiers projets proposés.

Et le sujet du financement participatif dans le secteur des énergies renouvelables n'est pas prêt de se tarir, à en juger l'intérêt qu'il suscite auprès des innovateurs.

Ainsi, les deux projets récompensés lors de l'Innovathon organisé par Total du 26 au 27 avril, et qui ont ainsi gagné l'opportunité d'être accueillis dans un accélérateur, sont OneFunding, plateforme en ligne de financement de projets sur l'énergie durable, et E-solar  plateforme de crowdfunding de l'énergie solaire...

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Commentaires
a écrit le 30/04/2017 à 19:15 :
C'est vrai qu'il y a eu de réels progrès. Même si le montant des financements participatifs est parfois symbolique par rapport au montant global des projets.
Il est vrai qu'il demeure une part de risque et certainement que les limites sont aussi fixées pour protéger les crowdfunders.

Il faut aussi vérifier dans quoi on investit.

Éthiquement, l'idéal serait de lier le participatif et le coopératif.
Les SCIC (Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif) sont certainement adaptées au montage de projets d’énergies renouvelables. D'autant plus que ce sont des projet auxquels les collectivités pourraient participer (La loi sur l’ESS, votée le 31 juillet 2014, permet aux collectivités territoriales et à leurs groupements de détenir jusqu’à 50 % du capital d’une Scic). Et comme les projets ENR sont obligatoirement liés à des territoires.

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