Nucléaire : l’exécutif « découvre » que l’objectif arrêté pour 2025 est irréaliste

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Pour Nicolas Hulot, l'objectif de 50% de nucléaire dans l'électricité en 2025 est un objectif difficile à tenir.
Pour Nicolas Hulot, l'objectif de 50% de nucléaire dans l'électricité en 2025 est un objectif "difficile à tenir". (Crédits : POOL New)
Sur fond de COP23 et sur la base du bilan prévisionnel présenté par le gestionnaire de réseau RTE ce même jour, Nicolas Hulot a reconnu la difficulté d’abaisser la part du nucléaire dans le mix électrique à 50% d’ici à 2025 sans accroître les émissions de CO2 de la production d’électricité française. Comme le souligne RTE dans son rapport, un pilotage de la transition énergétique est plus nécessaire que jamais.

Nicolas Hulot ne pouvait rêver meilleur timing pour faire cette annonce que tout le monde pressentait depuis un moment. Ce 7 novembre, en présentant son Bilan prévisionnel pour l'année et ses projections d'ici à 2035, RTE a montré qu'il était impossible de faire passer de 75 à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique à l'horizon 2025 tout en respectant la baisse des émissions de CO2 exigée par les engagements français sur le climat et la sécurité d'approvisionnement. Et alors que la COP23 a ouvert lundi 6 novembre à Bonn, tout renoncement au nom de la lutte contre le changement climatique devient plus recevable qu'à l'accoutumée.

« Si on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50 %, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon », a expliqué le ministre de la Transition écologique et solidaire à l'issue du Conseil des ministres de ce 7 novembre.

« L'objectif de baisse de part du nucléaire 2025 me semblait quelque peu brutal ou irréaliste », a -t-il déclaré, avant de poursuivre : « Nous prendrons le temps de décider d'une date réaliste, dans un délai le plus rapide possible. »

A court terme, choisir entre charbon et nucléaire

Selon les calculs de RTE dans son bilan prévisionnel, un « oracle énergétique » d'après son directeur général François Brotte, il faudrait, pour atteindre 50% d'électricité nucléaire en 2025, fermer 24 réacteurs sur les 58 que compte le parc français. Même dans un contexte de consommation électrique stable voire en légère baisse -une première depuis que RTE se livre à cet exercice- et en dépit d'un développement accéléré des énergies renouvelables, cela impliquerait d'après l'opérateur de réseau de doubler la capacité de production à partir de gaz et les émissions de CO2 avec. Impensable pour le pays champion de la lutte contre le changement climatique, qui surfe depuis 2015 sur le succès de la COP21.

Pourtant, les émissions liées à la production électrique française ne pèsent aujourd'hui que 22 millions de tonnes de CO2 sur un total de 700 millions de tonnes au niveau national et un tel doublement permettrait à la France de conserver un excellent bilan carbone de sa production électrique. Sans compter qu'il pourrait être compensé par des progrès en matière d'efficacité énergétique réalisés dans d'autres secteurs.

Etant donné les difficultés rencontrées pour fermer la seule centrale de Fessenheim (dont Nicolas Hulot assure qu'elle sera fermée « au cours du quinquennat ») et le manque d'anticipation sur le plan de la reconversion des compétences et des sites concernés, cette échéance de 2025 apparaissait en effet de plus en plus irréaliste.

A plus court terme, il n'est même pas possible au regard de la sécurité d'approvisionnement de fermer les quatre centrales à charbon encore actives en France d'ici à 2022, comme le prévoit le plan climat présenté par Nicolas Hulot en juillet, et les quatre réacteurs nucléaires qui auront atteint 40 ans d'ici là.

De 9 à 52 réacteurs fermés d'ici à 2035

A partir de 2030, cet objectif, annoncé d'abord par François Hollande en novembre 2012 avant d'être inscrit par Ségolène Royal dans la loi de transition énergétique de 2015 puis endossé comme promesse de campagne du candidat Macron au printemps 2017, devient plus atteignable. Mais, comme l'illustrent les différents scenarii élaborés par RTE à l'horizon 2035, à certaines conditions seulement, qui exigent un pilotage précis de la part des pouvoirs publics.

RTE a élaboré quatre trajectoires à l'horizon 2035 aboutissant à des mix énergétiques, des coûts économiques (allant de de 8 à 15 milliards d'euros par an) et des impacts climatiques assez différents. Baptisés Ampère, Hertz, Volt et Watt, ils correspondent à la fermeture de 9 à 52 réacteurs -dans l'hypothèse où la prolongation au-delà des 40 ans serait refusée pour tous- des émissions de CO2 en baisse de 60% ou au contraire en hausse de 45%, et une part du nucléaire dans le mix électrique allant de 11% à 56%. Différentes hypothèses de prix du CO2, de capacités d'interconnexions et d'exportations sont également prises en compte. Ainsi, dans le scénario Volt, un doublement des interconnexions permet à un nucléaire encore haut (56% du mix) de trouver des débouchés à l'export.

Tous les scénarios se fondent néanmoins sur un certain nombre d'hypothèses communes : une consommation stable ou en baisse malgré un fort développement du véhicule électrique (jusqu'à 15 millions en 2035) et d'autres transferts d'usage, grâce aux progrès de l'efficacité énergétique ; une progression de l'autoconsommation ; une diversification du mix électrique impliquant un déploiement accéléré des énergies renouvelables, la fermeture des centrales à charbon françaises et celle de réacteurs nucléaires.

50% de nucléaire et 50% d'émissions de CO2 en moins en 2030

Fort attentif à ne pas indiquer de hiérarchie ou de préférence entre ces différents scénarii et à rappeler que l'élaboration de ce bilan prévisionnel correspond à la mission qui lui est confiée dans le cadre du Code de l'énergie, le gestionnaire de réseau a néanmoins élaboré un scénario qui semble plus que les autres concilier un grand nombre des objectifs aujourd'hui fixés. Ampère, c'est son nom, permettrait en effet d'aboutir à une part de nucléaire de 50% en 2030 - seulement cinq ans plus tard que prévu par la loi de transition énergétique - et de diviser les émissions de CO2 par deux en évitant l'ajout de capacités de production thermique, dont la part tomberait à 4% seulement du mix électrique. Un triplement du rythme d'installation des énergies renouvelables serait nécessaire, ainsi qu'un développement important des mécanismes de flexibilité : effacement électrique, stockage, pilotage de la recharge de véhicules électriques, etc. Concernant les énergies renouvelables, l'objectif peut sembler d'autant plus ambitieux qu'il concerne uniquement le solaire et l'éolien, les capacités de développement de l'hydraulique (qui représente aujourd'hui la plus grande partie du parc renouvelable français) étant limitées. Mais c'est un rythme qui correspond à la fourchette haute de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) et au rythme de croisière de certains de nos voisins européens.

Ce scénario prend par ailleurs comme hypothèse une croissance annuelle de 2%, qui permet de financer ce développement des énergies renouvelables ainsi que des actions d'efficacité énergétique notamment dans la rénovation thermique des bâtiments. Difficile de savoir précisément comment il évoluerait si cette hypothèse optimiste ne se concrétisait pas...

Un pilotage plus nécessaire que jamais

RTE insiste sur la nécessité de piloter au plus près l'évolution du parc nucléaire, quels que soient les choix effectués. Le gestionnaire de réseau souligne notamment l'impact potentiel de la durée de fermeture des centrales pour la quatrième visite décennale. Limitée à six mois, comme cela a été le cas pour les visites décennales précédentes, cela n'interférerait pas avec la pointe hivernale et ne poserait donc pas de problème particulier. En revanche, si cette durée atteignait douze mois, cela les rendrait indisponibles durant l'hiver, ce qui pourrait menacer l'équilibre du système électrique.

« L'ampleur et la durée des travaux sont des éléments d'incertitude, souligne RTE dans son rapport. Les analyses de sensibilité renforcent ainsi le message de vigilance sur la période 2018-2022 et sur la nécessité de réaliser des choix séquencés de manière cohérente pour maintenir le niveau de sécurité d'approvisionnement, en parallèle aux actions qui seront menées sur l'évolution du parc de production d'électricité. »

En actant le report de l'échéance de 2025, et alors que débutent les travaux concernant la PPE pour la période 2019-2023, Nicolas Hulot n'en a pas fini pour autant avec l'évolution du parc nucléaire.

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Commentaires
a écrit le 08/11/2017 à 22:28 :
OU SONT LES E P R NOUVELLES GENERATION QUI DOIVENT RENPLACER NOS VIEILLES CENTRALES? POURQUOI TANT DE TEMPT POUR LES METTRE EN ROUTE ? QUI S EN MET PLEIN LES POCHES ET QUI A INTEREZ QU ELLES EST DU RETARD???
a écrit le 08/11/2017 à 15:27 :
Enfin des ministres qui disent la vérité aux Français. La vérité devrait être la règle nmr 1 de la politique. Dire ce qu'on fait et faire ce que l' on dit, on n' était plus habitué à ce langage de vérité depuis 50 ans.
La plupart des français naifs, et raleurs qui préférent les discours aux actes feraient mieux de soutenir ce gouvernement qui ne prend pas les français pour des imbéciles.
Réponse de le 08/11/2017 à 17:46 :
"Enfin des ministres qui disent la vérité aux Français".

Certes, mais après l'élection.

"feraient mieux de soutenir ce gouvernement qui ne prend pas les français pour des imbéciles".

Un peu quand même :

Macron :
"Nous réduirons notre dépendance à l’énergie nucléaire, avec l’objectif de 50% d’énergie nucléaire [dans la production électricité] à l’horizon 2025".
Site de campagne, 2 mars 2017
a écrit le 08/11/2017 à 15:07 :
idéologue ou naîf LES MEMES qui vont decider pour Notre dame des landes avec
une commission de conciliation ou 3 sur 4 sont amis de mr Hulot ,,??????
a écrit le 08/11/2017 à 13:25 :
Au moment de la COP 21 Macron etait ministre des finances.....en tant que ministre pourquoi n'a t-il rien dit et en tant que pilote de l'économie pourquoi n'a t-il émis aucune réserve sur le sujet qu'il "découvre" via M. Hulot .....ce personnage est une vaste blague, vide et Fabius a l'air bien malin maintenant avec sa mise en scène lorsqu'il agitait son petit marteau pour acter les decisions de cette reunion mondaine...décisions qui ne seront jamais appliquées....😂😁
a écrit le 08/11/2017 à 11:59 :
Tout a été dit sur l'énergie. La seule chose qu'il faut se rappeler, c'est que "l'énergie la moins chère, la moins polluante, c'est celle qu'on ne consomme pas". En tendant vers cet objectif, les problèmes se résoudront d'eux-mêmes. Pour commencer, il faut réduire drastiquement TOUS les transports et déplacements qui sont la source des problèmes.
Produire et distribuer sur place. Moins d'avions, de voitures, de camions, de bateaux...
Utopie totale? Alors il ne sert à rien d'épiloguer sur le climat, l'énergie, la pollution nous en subirons inexorablement les conséquences, et ce n'est qu'à titre individuel que nous pouvons faire ce que nous pensons juste.
Réponse de le 09/11/2017 à 10:30 :
Vous n'avez pas le début d'une once de compétence et de compréhension des enjeux écologiques. Le "small is beautifull" est écologiquement faux.
Prenons l'exemple concret d'une ferme. 10 fermes de 100 vaches polluent d'avantage de 1 ferme de 1000 vaches.
Car 1 ferme de 1000 vaches permet de mettre en place un méthaniseur, une gestion rationnelle, des équipements performants... Et transporter les vaches à 200 km ne représente pas un enjeu en terme d'émisison de CO2 transport.
Idem pour un outil électronique, une "petite usine" dans la campagne serait peu performante, ne pourrait disposer de technologies évoluées. Une méga usine en chine qui dessert le monde est plsu performante.
Là ou vous avez raison, c'est que l'électricité (grace au nucléaire) est moins polluante en France qu'ailleurs. L'électricité qui fait tourner les usines chinoises est très polluante. Si la Chine était nucléaire, aucun soucis.
a écrit le 08/11/2017 à 10:07 :
il a raison l'allemagne a arretee ses centrales ,relancee le charbon donc une augmentation du co2 ;Edf est incapable de maitriser la construction de ses E P R pays bas ,france alors on est pas pres de remplacer 2 centrale par 1 e p r !!!! d'autre part la construction d'eoliennes est possible mais toujours bloquée par des soit disant defenseur de l'environnement ou des oiseaux de l'horizon maritime enfin bref par les soit disant Ecolos Nicolas Hulot dit enfin tout haut ce que tout le monde pense tout bas en bref tout le monde est d'accord mais qui finance et surtout comme tout egoiste pas pres de chez moi
les essai en mer a peine etudier deja abandonner merci E D F
Réponse de le 08/11/2017 à 11:41 :
vous retardez, la RFA maintenant utilise de moins en moins de centrale aux charbon. La principale justifcation du charbon est d ailleurs electoraliste: la lignite est extraite dans l ex RDA (et unpeu dans la ruhr) et subventionnee afin de donner du travail aux gens. apres il faut bien en faire quelque chose de ce charbon

ps: on critique les allemands mais si dans 10 ans ils arrivent avec un techno au point avec smart grid et renouvellable, on va encore creuser notre deficit commercial. et c est pa avec des epr qu on arrive pas a construire (cf finlande) qu on va redresser le tir
Réponse de le 08/11/2017 à 15:33 :
totalement faux, les allemands utilisent énormément de combustibles fossiles qu' ils masquent dans leurs statistiques par charbon , lignites et autres produits.
voila les chiffres(facilement vérifiable) : 40 % d' énergie fossile en 2016.
plus facile de désinformer que de donner des chiffres.
a écrit le 08/11/2017 à 8:45 :
Ben ou vais-je alimenter mon 4x4 turbo électrique écologique s'il n'y a plus assez de centrales?
a écrit le 08/11/2017 à 8:28 :
Comme tout écologiste Mr Hulot sert à justifier les taxes sur l'immobilier,le carburant,le gaz,l'électricité bref à combler le trou sans fond du budget de l'état toujours plus déficitaire...
a écrit le 08/11/2017 à 8:04 :
Voilà une des rares exceptions où le pragmatisme surmonte encore un peu sur le dogmatisme!
a écrit le 08/11/2017 à 6:13 :
il s'accroche le Hulot , jour après jour il avale des couleuvres plus grosses les unes que les autres , ET il voudrait nous les faire avaler en nous promettant qu'il sera là pour solutionner le nucléaire dans vingt ans le diesel dans quarante etc...etc... . lui par contre ne mérite pas de sursis !!
a écrit le 08/11/2017 à 6:00 :
la mer monte :profitons-en construisons des usines marée-motrices !
Réponse de le 08/11/2017 à 22:06 :
EXAT? BONNE IDEE??? MAIS ON VEUT FERME L USINE FRANCAISE QUI FABRIQUE SES TURBINES NERPIC A GRENOBLE???
a écrit le 08/11/2017 à 5:55 :
Hulot est en passe de devenir le Mélenchon de l'écologie : un agitateur-moralisateur oisif !
Mais pas question de démissionner .... quand on y a pris gout !
Réponse de le 08/11/2017 à 9:59 :
FAux, Hulot est un écolo réaliste. L'objectif de 50% était une lubbie qui ne reposait sur rien.
Il fait ce qu'il peut, l'arbitrage émission de CO2, Ecologie, Finance est bien complexe
a écrit le 08/11/2017 à 0:07 :
C’était une évidence. De plus, Nicolas Hulot aurait perdu son temps, ou pire aurait servi de faire valoir.

Le problème semble insoluble et jusque là les dirigeants se sont contentés de se repasser la patate chaude. On a même l’impression qu’en France le nucléaire échappe à tout contrôle politique et parfois à toute logique tellement les enjeux paraissent disproportionnés. A se demander si cette technologie extrêmement puissante est gérable à l’échelle humaine. Mais il est trop tard pour se poser la question.
Entre enjeux financiers importants et encrage historique si prépondérant, les circuits de décision ne peuvent qu’en être influencés, sinon pervertis. Les raisons et déraisons sont multiples.

L’erreur fut faite de construire trop de réacteurs sur la même période (premier choc pétrolier) entrainant spécialisation et une surproduction d’électricité (si encore cela avait permis le développement des véhicules électriques, bilan : nous voilà les spécialistes du diesel).
Plusieurs décennies d’acquisition d’expertise ne peuvent être effacées et les techniciens de l’atome ne semblent pas particulièrement intéressés par les problèmes de déconstruction et de gestion des déchets. Sachant que la période de construction et d’exploitation n’est qu’une parenthèse dans le cycle nucléaire, il serait irresponsable de tout laisser en plan.

Il faudra obligatoirement s’atteler à la tache, car avec des centrales vieillissantes les coûts de maintenance ne peuvent qu’augmenter et d’un autre côté des énergies moins chères se développement, entrainant un effet de ciseaux.
Si l’on ne veut pas ajouter le risque lié à la vétusté aux problèmes déjà existants, à un moment donné va « naturellement » se poser la question de la rentabilité (pour comparaison LCOE : https://www.eia.gov/outlooks/aeo/pdf/electricity_generation.pdf).
Réponse de le 08/11/2017 à 18:49 :
Et pour compléter le propos, le problème étant essentiellement financier, rien ne vaut des chiffres.

. Car, on peut le rappeler pour ceux qui vivaient dans l’offshore, on a un sérieux problème d’endettement.
D’après un dossier très intéressant de l’IDDRI, « La transition du système électrique français à l’horizon 2030 », pour résumer : d’ici 2025 la moitié des réacteurs auront 40 ans.
Vu les enjeux financiers et technologiques il faut définir une trajectoire pour aboutir à la fameuse transition énergétique et pour cela fixer des priorités, établir un schéma directeur (PPE), échéancier, etc… Rien d’étonnant à cela, aussi on pourrait se demander pourquoi on a l’impression que les responsables du gouvernement sont parfois placés au pied du mur et qu’il y ait eu si peu d’anticipation, dans un secteur aussi strategique.et impactant pour l’avenir du pays.
Certes il y eut les demandes d’augmentation du prix du KWh de 5 % par an, qui furent reportées pour diverses raisons, des contributions qui ont été détournées à d’autres fins pendant un certain temps, etc… mais l’operateur ne semble pas faire preuve d’une grande proactivité, quand il ne s’enferme pas dans le déni.
Le problème est que plus on attend plus cela coutera cher.

Quelles solutions ?
- Augmenter le prix du KWh
- Les investissements nécessaires pour la prolongation des vieux réacteurs avaient été estimés par la Cour des Comptes à 75 milliards sur la période 2014-2030, plus 25 Milliards pour l’exploitation?). Les travaux devraient être effectués avant l’échéance de la 4e visite décennale, cela laisse peu de temps et oblige à déterminer préalablement quels réacteurs valent la peine d’être maintenus et lesquels vont coûter trop cher.
Ceci dit, si l’exploitant n’en connaît pas précisément la faisabilité, on ne peut que s’inquiéter pour la suite des processus.
- 75 milliards cela fait plus de 6 Milliards à trouver tous les ans, puisque le planning ira de 2018 à 2030 pour les >= 40 ans.
Comme dans ce dossier il s’agit essentiellement du coût du nucléaire historique, l’ARENTH étant à 42€/ MWh et ces dépenses devant amener le prix de revient à environ 60€/MWh pour une durée prolongée de 10 ans et à 50 €/MWh pour 20 ans de prolongation. Autre question : le facteur de charge sera-t-il maintenu ?
- Accélérer l’adaptation au marché, la période avantageuse des tarifs régulés étant en partie terminée.
Dans l’UE les prix de gros de l’électricité convergent et l’évolution des prix est globalement à la baisse, grâce à une plus grande fluidité du marché d’échanges sur le marché spot et le développement d’interconnexions entre pays.
D’après www.epexspot.com, les prix de gros moyens en France était en 2016 à 36.75 €/MWh,

- Malgré le risque du à l’endettement et au manque de cash-flow, EDF continue à distribuer un dividende conséquent (> 50 % du résultat net, 60 % pour 2016), avec la bonne idée de payer une partie du dividende en actions nouvelles. Ceci dit Engie est encore plus généreux, mais n’a pas à soutenir Areva et à gérer la durée de vie des centrales nucléaires.
Début 2017 il y eut l’appel au marché et une augmentation de capital. Voir article de Dominique Pialot du 08/03/2017
Il faudra attendre fin 2018 pour y voir clair, date de mise en service de l’EPR.

Il faut surtout accélérer le développement des ENR, puisque leur prix de revient est compétitif, y compris en France.
Réponse de le 14/11/2017 à 16:24 :
Et si on n'avait pas construit tous ces réacteurs, on aurait construit quoi à la place ?

Du charbon et du fuel, comme avant ? Du gaz ? On l'aurait payé à quel prix ? Cela aurait eu quel effet sur notre souveraineté et notre économie d'importer x milliards d'euros de gaz et de pétrole en plus par an ?

Combien de milliards d'euros d'exportations en moins d'électricité, de matériels et de services nucléaires pour notre troisième industrie nationale ?
a écrit le 07/11/2017 à 22:53 :
Comme quoi il faut tourner la langue 7 fois dans sa bouche avant de dire une bêtise :-)
a écrit le 07/11/2017 à 22:04 :
Pas assez de solaire thermique et d'hybride (aérovoltaïque/thermovoltaïque) on perd donc beaucoup (2/3) en énergie stockable ou différée afin de réduire les pics de conso. et alors que c'est assez vite amorti et durable (y compris sur les réseaux de chaleur comme à Châteaubriant etc). Réduction des pics de conso (moins de grilles-pain, plus de pompes à chaleur et solaire hybrides ou thermique). Meilleures connexions indispensables avec nos voisins. Léger coup de pouce fiscal souhaitable au financement participatif en faveur des projets énergies renouvelables, efficacité énergétique, transports efficients (Nawa Technologies), véhicules électro-solaires (Lightyear One), biogaz, biométhane/méthanation injection réseaux, stockage. Coopération renforcée avec nos voisins. L'Allemagne gère mieux ses forêts, est meilleure en efficacité énergétique, exporte son éolien, développe plus de systèmes de stockage compétitifs. Elle a moins augmenté sa consommation de charbon que nous ces dernières années (+ 5% à comparer à 37% en France) et son électricité supporte comme au Danemark des taxes d'efficacité énergétique d'où la différence de prix TTC pour les particuliers mais avec des résultats supérieurs en efficacité énergétique.
Réponse de le 07/11/2017 à 22:38 :
Mon bon ami, l' écologie est une préoccupation de pays riches, vous êtes ici dans un pays ruiné -dixit Fillon-, car au royaume de l' exil fiscal et de la dette illégitime ..


Alors l' écologie, vous pensez bien que ça ne s' entend qu'une fois par quinquennat !


Mais sur le fond vous avez bien sûr raison...
Réponse de le 14/11/2017 à 16:41 :
L'Allemagne peut en effet bien gérer ses forêts : Elle en a probablement 2 à 3 fois moins que nous avec un pib 50% supérieur...

Ensuite elle perd de l'argent à exporter son électricité éolienne à perte (quand personne n'en veut chez elle, et les prix sont négatifs).

Enfin sur l'augmentation du charbon, quelle blague :

Il ne nous reste plus que trois ou quatre tranches de 500MW au charbon quand il leur en reste 40GW ! Alors c'est sûr que quand on les mets en service on peut augmenter de 37% momentanément, mais avec un impact environnemental infiniment plus faible qu'en Allemagne !!

L'Allemagne émet 20 à 30 fois plus de CO2 que nous pour produire son électricité !!! Elle émet deux fois plus de CO2 par habitant que nous !!!
a écrit le 07/11/2017 à 21:40 :
la pensée écologique vole en éclat ! et perte de toute crédibilité des francais
Réponse de le 08/11/2017 à 5:57 :
.L.....il faut dire qu'avec ses representants depuis quelques années , les Duflot -Cosse -Pompili ou Placé tous plus arrivistes les uns que les autres , c'était pas gagné !
a écrit le 07/11/2017 à 21:00 :
oui, il faut noter qu'a priori ni duflot ni royal n'avaient decouvert qu'en Allemagne, la fin du nucleaire a remis une couche pour la consommation de lignite ( Braunkohle - charbon brun), que l'electricite coute le double en Allemagne, ce qui pose un probleme quand on passe son temps a changer les prix de la formule de regulation quand les prix doivent augmenter ( mais qu'on la garde quand ca les fait baisser), et que l'Allemagne est finalement tributaire de ses partenaires ( merci la france pour votre nucleaire, hein!) pour rester la premiere puissance industrielle du monde...
a écrit le 07/11/2017 à 20:38 :
Allez Nicolas, encore un effort pour le transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes.
Réponse de le 08/11/2017 à 11:18 :
cet apotre craint il les dignitaires pour défendre son intéret perso un ministere qui ne sert a rien
a écrit le 07/11/2017 à 20:36 :
Quand on veut prendre une bonne décision à peu près sur n'importe quel sujet y compris environnemental, il faut demander l'avis des écolos et en prendre le contrepied. Comme ça on est à peu près certain d'éviter les erreurs.
a écrit le 07/11/2017 à 20:28 :
Pkoi s'imposer deux défi à la fois? Réduire les émissions de co2 est déjà un sacré challenge! Pourquoi ne pas fermer nos dernières centrales à énergie fossile en compensant éventuellement par du renouvelable? Le nucléaire n'est pas l'ennemi dans cette bataille ...
Réponse de le 08/11/2017 à 6:48 :
Le renouvelable, solaire ou éolien, du fait de l'importante intermittence de sa production (et de la difficulté technique et du coût du stockage de sa production) ne permet de fermer des énergies fossiles que si le nucléaire permet techniquement de faire varier rapidement sa production pour pallier à l'extrême variabilité de la météo qui conditionne la production de renouvelables.
a écrit le 07/11/2017 à 20:15 :
Quoi... les pipolitiques ces être supraluminiques, qui parlent avant de penser auraient réussis à parler encore plus vite au point de se tromper ? Et dire que je leur accordais une confiance aveugle.
a écrit le 07/11/2017 à 20:05 :
Facile la politique....
Réponse de le 08/11/2017 à 5:59 :
oui .... TAXER !!!
a écrit le 07/11/2017 à 20:00 :
La France a dans son parc nucléaire actuel un actif de production extrèmement peu coûteux, qui lui permet d'afficher une électricité parmi les moins chères d'Europe, tout en ayant un électricien national qui maintient sa tête hors de l'eau (contrairement à ses concurrents), et tout en émettant quasiment pas de CO2 pour sa production.

Et l'électricien propose de prolonger de 100% la durée de vie de cet actif pour la moitié du prix de construction initial (corrigé de l'inflation).

Ce à quoi la France répond : OK, vous faites la totalité de l'investissement, mais vous n'en bénéficiez pas pendant les 30 ans prévus initialement (ça serait bête de le rentabiliser au maximum, hein). Et vous me jetez à la poubelle vos tranches les plus amorties (histoire de gâcher 4-5 milliards d'euros dans la foulée).

Comme ça on va ruiner l'industrie nucléaire nationale pour acheter des panneaux et éoliennes chinoises à la place, on va détériorer la fiabilité de l'électricité dont on dépend de plus en plus, et tout ça pour strictement aucun bénéfice écologique.
a écrit le 07/11/2017 à 19:56 :
Ségo aurait encore une fois mieux fait de se taire . Merci Emmanuel de nous avoir débarassé du couple sego/françois : que de mal ils ont fait à la FRANCE ces deux bobos
a écrit le 07/11/2017 à 19:28 :
L’exécutif « découvre »

Ne vous excitez pas, les journalistes semblent découvrir aussi... (et c’est pas faute de le leur avoir chanté sur tous les tons)

Bon sinon on parle ici d’investir 100 à 200 milliards d’euros sur 15 ans pour décarboner une électricité qu’il l’est déjà sans pour autant trouver de vraie solution de remplacement au nucléaire, et alors qu’on a d’autres problèmes urgents comme sortir du pétrole et du gaz.

On en discute de l’argent jeté par les fenêtres ou pas ?

Je rappelle que la facture pétrolière comme gazière, c’est des dizaines de milliards d’euros prélevés sur notre économie chaque année pour financer des Etats qui sont plus ou moins nos amis...
Réponse de le 07/11/2017 à 19:50 :
Ah, et accessoirement on a le problème du réchauffement climatique, la crise des réfugiés, la compétitivité de la France à redresser, la défense de l'Europe à construire, etc etc.

L'isolation thermique des logements prendra à elle seule deux à trois fois cette somme, mais cool hein, passons en priorité la réduction de la part du nucléaire.
a écrit le 07/11/2017 à 19:15 :
L'ensemble des promesses de Mme Royale et M. Hulot sont des promesses empruntées à Eole du vent du discours alors que ces personnages de BD sont incapables de gérer les problèmes écologiques du quotidien. On voit également le blabla de la COP 2, tous ses politiciens qui se gargarisaient d'arriver à un accord. Un accord aux forceps dont une partie est déjà devenue une nouvelle source de pollution tous ces gens ne sont pas crédibles.
Réponse de le 07/11/2017 à 20:28 :
Ben au moins Eole, à défaut de fournir de l'électricité à profusion bien qu'on plante des moulins à vent partout à perte de vue, sert au moins à ça.
a écrit le 07/11/2017 à 18:03 :
2025, un peu juste, 2050 serait plus vraisemblable surtout si l'on veut la voiture électrique.
a écrit le 07/11/2017 à 17:56 :
Nos hommes et femmes politiques sont si nuls.lles qu'ils, qu'elles finissent par donner raison à trump....
Réponse de le 07/11/2017 à 18:55 :
Déduction un peu nulle :)
a écrit le 07/11/2017 à 17:51 :
cette promesse pour 2025 ,elle était complétement illusoire , quand on voit le retard dans l'éolien et le photovoltaîque ! se représente t on , le nombre d'éoliennes et les km2 de photovoltaique qu'il faut pour remplacer une seule centrale nucléaire ? et en plus les éoliennes elles ne produisent que quand il y a du vent et le solaire , c'est pas la nuit et c'est avec du soleil : le nucléaire c'est 24h/24 365 jours par an
a écrit le 07/11/2017 à 17:50 :
cette promesse pour 2025 ,elle était complétement illusoire , quand on voit le retard dans l'éolien et le photovoltaîque ! se représente t on , le nombre d'éoliennes et les km2 de photovoltaique qu'il faut pour remplacer une seule centrale nucléaire ? et en plus les éoliennes elles ne produisent que quand il y a du vent et le solaire , c'est pas la nuit et c'est avec du soleil : le nucléaire c'est 24h/24 365 jours par an

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