Nucléaire : Ségolène Royal renie-t-elle sa loi de transition énergétique ?

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Fessenheim, est en fonctionnement depuis 1977.
Fessenheim, est en fonctionnement depuis 1977. (Crédits : © Vincent Kessler / Reuters)
L’annonce faite dimanche par la ministre de l’Écologie qui s'est dite "prête à donner (le) feu vert" au prolongement de dix ans de la durée de vie des centrales nucléaires françaises a ému les écologistes. Ils y voient un renoncement à l’un des piliers de la loi de transition énergétique : l’abaissement de la part du nucléaire à 50% du mix électrique en 2025. Cette conclusion résulte d’un raccourci un peu rapide, mais seule la publication très attendue de la programmation pluriannuelle de l'énergie pourrait apaiser les inquiétudes sur le sujet.

L'annonce de la ministre ne fait que confirmer les propos de Jean-Bernard Lévy une dizaine de jours plus tôt. Le PDG de EDF avait en effet évoqué lors de la présentation de ses résultats le 16 février dernier l'accord de l'État « pour que nous modernisions le parc actuel de façon à ce que la durée de vie qui a été conçue pour quarante ans, nous la montions à cinquante et soixante ans, sous réserve que la sécurité nucléaire soit garantie ».

Soit précisément ce qu'a indiqué Ségolène Royal dimanche dans le 12/13 de France 3, non sans y ajouter deux précisions : cette prolongation doit permettre de produire une électricité moins onéreuse par des équipements déjà amortis et s'inscrit « dans le contexte de la baisse de la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d'électricité pour monter en puissance sur le renouvelable ». Ces deux points font débat.

Réacteurs... en fermer ou pas

Concernant le coût de production de l'électricité, la Cour des comptes, qui dans son rapport annuel publié le 10 février, estime à quelque 1,7 milliard d'euros par réacteur les investissements nécessaires à la rénovation des équipements baptisée « grand carénage », évalue le MWh du parc rénové  entre 63 et 70 euros. Soit plus que le coût actuel du parc amorti, mais nettement moins que celui de l'EPR, attendu aux alentours de 110 ou 120 euros.

Concernant la durée de vie des centrales (dont la plus vieille, Fessenheim, est en fonctionnement depuis 1977), la limite des 40 ans n'est nulle part gravée dans le marbre. En revanche, comme l'a rappelé la ministre elle-même, seule l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a la possibilité d'en autoriser le fonctionnement au-delà. Mais rien ne l'empêche (elle ou le Président de la République), de prendre la décision politique de fermer un certain nombre de réacteurs pour respecter les objectifs de la loi.

Sur ce point, les avis divergent fortement : alors que dans son rapport la Cour des comptes avait estimé que le passage à 50% du mix électrique en 2025 devait conduire EDF à fermer 17 à 20 de ses 58 réacteurs français dans l'hypothèse d'une consommation constante, selon les projets de EDF rappelés par son PDG mi-février « il n'y a pas [de] fermeture [de centrale] prévue dans les dix ans à venir » en dehors de celle de deux réacteurs destinée à compenser l'entrée en service de l'EPR de Flamanville attendue en 2018. Seule une augmentation significative de la consommation permettrait à l'électricien de maintenir sa capacité de production actuelle sans contrevenir à la loi.  Or celle-ci stagne depuis plusieurs années, et malgré les transferts d'usage prévus (dont le principal concerne le développement de la voiture électrique), elle ne devrait pas évoluer de plus ou moins 0,16% par an selon les prévisions de RTE.

En outre, la loi de transition énergétique a vocation à développer les énergies renouvelables, domaine dans lequel la France accuse un retard par rapport à ses objectifs de 23% en 2020 et 32% en 2030.

Surtout, la loi de transition énergétique prévoit de diviser la consommation d'énergie par deux d'ici à 2050 (soit une diminution de 20% en 2030 et environ 15% en 2025), et même si les énergies fossiles devraient être les premières concernées, cela devrait aussi affecter l'électricité.

Que ce soit pour des raisons techniques ou financières, l'export n'est pas une solution pour absorber une éventuelle surcapacité. Les interconnexions qui permettraient d'en accroître la part au-delà des 20% actuels impliquent d'importants investissements, à l'instar des 700 millions d'euros consentis pour la liaison avec l'Espagne inaugurée en 2014. Surtout, cela ne ferait qu'aggraver la situation de surcapacité de production qui affecte aujourd'hui l'ensemble de l'Europe de l'Ouest et entraîne les prix bas dont souffrent les opérateurs, à commencer par EDF.

Des options insuffisamment chiffrées

Au-delà des autorisations réglementaires et des décisions politiques, les différentes options ne représentent pas le même coût pour l'opérateur, son principal actionnaire l'État (à 84%), et donc le contribuable. Prolonger la durée de vie des centrales s'accompagne d'investissements chiffrés par EDF à 55 milliards d'euros sur 10 ans, et à 100 milliards d'euros sur 15 ans par la Cour des comptes. En fermer une vingtaine génèrerait des économies de maintenance estimées entre 25 et 35 milliards, mais s'accompagnerait de frais de démantèlement qui n'ont pour l'heure pas été précisément calculés. Selon un rapport de la Commission européenne sur le nucléaire européen, si la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont respectivement provisionné 100 % et 94 % des frais et l'Allemagne 83%, la France aurait un taux de couverture de ces frais de démantèlement de 31%, seulement.

Dans le chapitre de son rapport consacré à la maintenance des centrales nucléaires, la Cour des comptes constate qu' « aucune évaluation n'a encore été réalisée, ni par l'État ni par EDF, sur les conséquences économiques potentielles » d'un passage à 50% de nucléaire dans le mix électrique français. Elle a d'ailleurs demandé à l'État d'évaluer l'impact économique, social et environnemental de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE).

Ce texte très attendu a vocation à transcrire concrètement les objectifs de la loi, en fixant des trajectoires d'évolution de la consommation et de la production d'énergie par filière (nucléaire, énergies renouvelables, gaz, etc.) pour 2018 et 2023, puis à cinq et dix ans. Si Ségolène Royal a annoncé mi-novembre des objectifs concernant les différentes énergies renouvelables, la publication de la PPE complète n'en finit pas d'être reportée. D'abord prévue avant la fin de l'année 2015, elle a été annoncée par la ministre pour fin février...

D'ici là, la distillation d'annonces parcellaires telles que celle de ce week-end ne fait qu'accroître la tension sur le sujet du nucléaire, même s'il y a peu de chances que les promoteurs français des énergies renouvelables aillent jusqu'à imiter les coopératives belges, néerlandaises et luxembourgeoises du secteur qui, dénonçant une aide d'État illégale, ont formellement déposé plainte ce lundi auprès de la Commission européenne contre la prolongation des centrales nucléaires belges de Doel et Tihange.

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a écrit le 13/03/2016 à 19:48 :
Il manque à ces explications un point fondamental, qui justifie la prudence du gouvernement : en cas d'arrêt prématuré de centrales nucléaires, même pour respecter la réduction de 75% à 50% prévue par la loi, le Conseil Constitutionnel qui a analysé la loi a indiqué qu'EDF serait indemnisé du préjudice subi.
Pour Fessenheim, première centrale sur la liste, deux députés (Mariton / Goua) appartenant à des tendance politiques différentes, ont évalué ce manque à gagner à 4 milliards par réacteur !!!
L’État n'a pas les moyens de débourser de telles sommes, ni de demander aux contribuables de mettre la main à la poche.
Conclusion : les centrales nucléaires, qui produisent un kWh sûr, exempt de rejets de CO2, et à un prix imbattable (40% sous la moyenne européenne), continueront de fonctionner. Le seul problème est lié à l'idéologie antinucléaire qui guide la tendance politique actuellement en place, mais cela devrait disparaître après 2017.
a écrit le 03/03/2016 à 8:51 :
Sous l'angle politique, cette loi est un leurre, d'abord parce qu'elle sera abrogée ou fortement remaniée par le prochain gouvernement de 2017.
Et aussi parce qu'elle confond les objectifs (limiter le réchauffement de la planète) et les moyens, quand elle donne des cibles pour le % d'énergies renouvelables (EnR) à atteindre en 2030.
Sur le fond, on confond généralement les EnR électriques (éolien, solaire PV) et les EnR thermiques (biocarburants, biomasse, géothermie, bois énergie...). Et seuls ces derniers, en se substituant directement aux énergies fossiles, sont écologiquement utiles. Les autres (les EnR électriques) sont totalement inefficace car l'électricité est produite EN FRANCE sans émission de CO2, et inadaptées en raison de leurs coûts que le consommateur subit sans aucun bénéfice.
Une fois compris ces principes simples (mais beaucoup de médias n'en sont pas encore là, les politiques non plus d'ailleurs), on voit que le nucléaire n'a rien à faire dans une loi de Transition Energétique destinée à supprimer les émissions de CO2.
Conclusion : sans vouloir prendre parti, vivement un changement de majorité, de droite modérée ou de gauche réaliste, pour que la loi de TE soit retoquée et que le nucléaire, pilier de notre économie, soit remis à sa juste place : car le navire France coule !!!
a écrit le 02/03/2016 à 19:15 :
elle a bien renié les droits de l'homme , en trouvant la justice chinoise efficace ...alors ,
elle n'est pas à celà près !
a écrit le 02/03/2016 à 10:12 :
Ce n'est pas 60 ans mais 80 ans qui sont visés a terme, en suivant avec attention le vieillissement des plus vielles installations PWR du monde, EDF et l'ASN y veilleront.
Parlons des couts immédiats ,6Mds d'Euros par an pour les énergie renouvelables, en France (Excusez du peu c'est du suicide soit un EPR avec durée de vie 15ans) , qui participent avec ses subventions à produire de l'électricité bas marché dont nous n'avons pas besoin au moment opportun,(et qui enrichissent les investisseurs et constructeurs étrangers) le comble qu'il faut dire et redire, la transition énergétique à la Française a servi à financer des cogénérations inutiles mais trés polluantes en co2, voire de nombreuses turbine à gaz sous pavillon étranger.
Il n'existe pas actuellement de moyen de stockage de forte puissance capable d'assurer une exploitation normale.
Et le comble c'est qu'a terme pour assurer la stabilité du réseaux et compenser ces énergies intermittentes de forte puissance encore merci à l'énergie nucléaire qui seule au monde est capable d'assurer des variations de 2000mw instantané à l’échelon national.
Pour Jean Vincent Placé et les Ecolos Bobo destructeurs de notre entité voici le résultat:
La progression irrémédiable de la production de CO2 en France, l'achat du Kwh Allemenand carboné issu du charbon américain sur les spots électrique européen,la spoliation des acquis du bénéfice du nucléaire Français à travers la loi Nome, après GDF la destruction programmée du soldat EDF qui fait tâche.
Sur le fond EDF a un bilan plus que solide, et l'état ponctionne comme toujours sur les bénéfices, sans payer ses dettes ( 6Mds d'euros dus pour la CSPE justement)
Cela n’inquiète personne de voir la stabilité de la consommation nationale, c'est la désindustrialisation nationale patente et la perte des compétences qui sera difficile à reconquérir, après l'industrie lourdes , voilà les domaines techniques avancés qui vont être cédés pour une bouchées de pain, après, Alstom(mollement défendu), Areva, EDF est dans la ligne de mire ,arrêtez de tirer sur l'ambulance, on en reparlera quand les Chinois seront aux manettes. cela a été dit avec 2000Mds de dette la France devra céder un jour EDF qui aujourd'hui est valorisé au tiers de son chiffre d'affaire cherchez l'erreur.
Réponse de le 02/03/2016 à 11:08 :
Je doute qu'on aille au delà des 60 ans car le Corps des Mines en général et l'ASN, l'Andra en particulier sont tétanisés par le discours incapacitant des verts. Ils imposent de plus en plus de contraintes à une industrie qui traverse une mauvaise passe
a écrit le 02/03/2016 à 9:27 :
lire : ..." recuperer les energies ...generées par ...Segolene & Hollande ..."
a écrit le 02/03/2016 à 9:25 :
mais , a t on encore besoin du nuclèaire ? ne peut on pas recuperer de Segolène qui joue les éolienne , et Hollande qui godille à tout va ...?
a écrit le 01/03/2016 à 18:54 :
Le déni de réalité trouve sa fin.. l'argent est toujours le nerf de la guerre, et les problèmes d'EDF dont le cours de bourse n'en finit pas de tomber (divisé par 2 en un an), tout comme le cours d'Areva aussi d'ailleurs, ramènent les participations de l'état à 55 milliards aujourd'hui (à comparer à nos 2000 milliards de dettes).. Il y a un moment où il faut regarder les chiffres..
a écrit le 01/03/2016 à 15:11 :
Décision courageuse de Mme Royal.
Maintenant, il reste encore 2 choses à faire :
- augmenter le prix de l'électricité pour prendre en compte les besoins du grand carénage et de construction de nouveaux réacteurs,
- arrêter de ponctionner les bénéfices pour alimenter l'Etat
a écrit le 01/03/2016 à 14:41 :
Royal, l'archétype de la blabladeuse de service prête à dire tout et n'importe quoi pour exister, (Il n'y a qu'a voir le trou laissé dans son ancienne région). Ce ramassis de parasites passent sont temps dans les médias pour faire le buzz sur tous les sujets qui font oublier l'essentiel. Vivement l'année prochaine qu'on s'en débarrasse, mais quel désastre ils vont nous laisser.....! Problème, qui mettre à la place ???? Vaste question.....!
Réponse de le 01/03/2016 à 19:17 :
Certes, Royal, c'est triste. Mais là, ce serait n'importe qui d'autre, ça ne changerait pas le problème. Peut-être faut-il faire le parallèle avec une voiture : elle finit par coûter une FORTUNE (royale) en entretien, même si elle est amortie. Et 1,7 milliard par réacteur, ça me parait beaucoup pour pas grand-chose car COMME dans une bagnole, le moteur, c'est la cuve. Pas la peine de changer tous les accessoires autour quand le moteur est en train de calancher. C'est là que ça compte, le reste est du baratin. Sinon, au cas OU vous n'auriez pas remarqué, le nucléaire est la dernière solution (HORS BARRAGE) pour éviter le CO2 en étant pas trop cher ni peu fiable. Le solaire et l'éolien, c'est du gadget à gogo-écolo.
a écrit le 01/03/2016 à 13:55 :
Bravo a l'auteur, enfin un article un peu complet.
Quelques precisions : cette annonce intervient une semaine apres que Sego aie refusé une augmentation de tarif imploré par EDF, ca sent le deal : je t'augmente ta duree (qu'importe la securite) et tu accepte de te contenter du tarif actuel.

On rappelera une petite chose concernant nos centrales : quel que soit les investissements faits, des elements cruciaux comme la cuve ou le radier, ne peuvent pas etre remplacés, ces centrales donc ne seront pas aussi sures que des nouvelles.

Enfin, si le cout de revient du kWh nuke ancien est de 63 a 70 € / MWh et ne se stocke pas non plus, celui du solaire est de 70 € et l'eolien a 80 € (neuf), sans dechets a surveiller pendant 100 000 ans. Cela vaut-il vtaiment le coup (cout) de s'accrocher ?
Réponse de le 01/03/2016 à 16:00 :
Les centrales type Fessenheim sont plus sûres maintenant qu'à leur mise en service du fait des modifications et du rajout d'équipements de sûreté.

Et contrairement au PV ou à l'éolien, ces centrales nucléaires peuvent produire sans vent et sans soleil. Elles ne rendent pas le même service, elles produisent, elles, toute l'année.

Par ailleurs, vous mélangez tout : Le chiffre de 63 à 70€/MWh calculé par la Cours des Comptes est un coût courant, établi pour je ne sais plus quelle année, dans laquelle les investissements du grand carénage ont un poids prépondérant. Dans 15-20 ans, quand le grand carénage sera sur la fin, le coût courant du nucléaire ancien sera largement plus bas. Tandis que les coûts cités pour les Enr sont des coûts sur l'ensemble du cycle de vie, n'incluant pas la gestion de l'intermittence (qui est assumée par les autres).

Et les chiffres que vous citez pour les Enr sont bien évidemment sous-estimés : On est plus proche de 90€/MWh pour l'éolien et 100€ pour le PV (prendre le meilleur chiffre du meilleur appel d'offre n'est pas très représentatif de l'ensemble de la situation, n'est-ce pas Steph...).
Réponse de le 13/03/2016 à 19:55 :
Je me permets de vous signaler une erreur importante de compréhension :
- les énergies éoliennes et solaire PV produisent de l'électricité de manière aléatoire, au gré de la météo. Pour qu'on puisse s'en servir à satisfaire la demande, il faudrait pouvoir stocker massivement l'énergie produite, ce que l'on ne sait pas faire.
- l'énergie nucléaire (comme l'énergie hydraulique des barrages) produit à la demande, en ce sens qu'on peut moduler leur puissance pour y répondre exactement, et ce à la milliseconde. Cet avantage majeur fait qu'il n'y a pas besoin de stocker puisque ce qui est produit est immédiatement consommé.
C'est ce qui explique que les énergies Vertes ne seront jamais que des énergies d'appoint (moins de 30% du mix), la base étant fournie soit par des centrales hydrauliques, soit nucléaires, soit au charbon (celles-ci étant abandonnées à cause des émissions polluantes).
a écrit le 01/03/2016 à 12:47 :
LES CENTRALES ON ETE PREVUES POUR 40ANS IL FAUT RESPECTEZ CES NORMES? ET ACTIVEZ LES NOUVELLES ENERGIES CAR LE NUCLEAIRE RESTE DANGEREUX? ET LE DEMENTELLEMENT COUTERAS TOUJOURS MOINS CHER QU UN ACCIDENT NUCLEAIRE EN FRANCE???
a écrit le 01/03/2016 à 11:55 :
Pourquoi toujours agiter le spectre du coût de démantèlement des réacteurs toujours présenté comme non chiffré ? On nous sort toujours l'exemple du réacteur de Brennilis, d'un type très particulier (en aucune façon comparable à un PWR qui constitue la totalité du parc à démanteler) mais dont le démantèlement est surtout rendu difficile par la guerilla judiciaire menée par de soit-disant défenseurs de l'environnement. Pourquoi ne pas donner plutôt l'exemple de la centrale de Maine Yankee, aux USA, en tout points identique à nos réacteurs PWR (sous la même licence Westinghouse) dont le démantèlement est terminé et a coûté 700 millions de $ ? Même si la France est un pays cher (voir le coût de l'EPR démesuré parce qu'en 20 ans la France a perdu une grande partie de son savoir-faire en matière d'industrie nucléaire) 1 milliard d'€ par réacteur à démanteler (soit une vingtaine de milliards pour 20 réacteurs) devraient s'avérer amplement suffisants.
Réponse de le 01/03/2016 à 13:21 :
Passons sur les coûts de démantèlement. Les anglais estiment le coût à 3 milliard/réacteur, les allemands à 800 millions, les Suisses à 5 milliard/réacteur... Les USA ne sont pas un bon exemple en matière de sécurité technologique, la transposition est aléatoire. Je vais quand même garder votre estimation de 1 milliard/réacteur.

Il y a une petite soixantaine de réacteurs en service, donc qu'il faudra démanteler un jour, et dont la majorité à été construite entre 72 et 86 , ce qui veut dire qu'ils arriveront à obsolescence quasiment en même temps.

Ensuite, il y a le site de stockage de Bure, dont le coût de construction et de fonctionnement est estimé par l'Andra elle-même à 34 milliards d'€ pour les 15 années à venir.

Et puis il y a les coûts de maintien en sécurité du parc actuel , qui fluctuent eux, entre 55 et 100 milliards (rien que ça) selon EDF ou la cour des Comptes.

Ce qui veut dire une facture incompressible de 100 milliards, qui pourrait doubler en cas de maintien du parc encore 15 ans.

La question est de savoir si l'on n'a pas mieux à faire de ces 100 milliards pour préparer notre avenir énergétique,

Sans compter qu'un Fukushima bis sur une centrale en bout de course nous couterait a peu près 100 milliards d'€ en plus de pénalité
Réponse de le 01/03/2016 à 16:14 :
@ Pourquoi 20 ? :

En prolongeant un parc de 63GW pendant en moyenne 30 ans, on va lui faire produire environ 13000TWh de plus (à 80% de taux de production). À 30€/MWh (valeur basse), ça nous fait environ 400 milliards d'euros de chiffre d'affaire en plus.

Et ce pour un investissement de moins de 100 milliards d'euros, et un coût de démantèlement inchangé (mais plus de temps pour provisionner).

Si EDF se lance là dedans, c'est qu'il y a une bonne raison.
Réponse de le 01/03/2016 à 16:14 :
@ Pourquoi 20 ? :

En prolongeant un parc de 63GW pendant en moyenne 30 ans, on va lui faire produire environ 13000TWh de plus (à 80% de taux de production). À 30€/MWh (valeur basse), ça nous fait environ 400 milliards d'euros de chiffre d'affaire en plus.

Et ce pour un investissement de moins de 100 milliards d'euros, et un coût de démantèlement inchangé (mais plus de temps pour provisionner).

Si EDF se lance là dedans, c'est qu'il y a une bonne raison.
Réponse de le 01/03/2016 à 20:02 :
@Pourquoi20 : en même temps le CA annuel d'EDF est de plus de 70 milliards par an, près de 1000 milliards sur 15 ans. CA qui devrait dailleurs augmenter avec les 2 EPR britanniques.
a écrit le 01/03/2016 à 11:52 :
La France n'a pas besoin de produire de l'électricité renouvelable.

En France, le responsable de la facture énergétique, c'est le pétrole.
Le premier responsable des émissions de CO2, c'est le pétrole.

Or, le pétrole en France n'est plus utilisé pour produire de l'électricté.

Pour réduire la consommation de pétrole, il faut investir dans l'isolation, le chauffage biomasse, le chauffage solaire et développer le fret fluvial et ferroviaire.
Réponse de le 01/03/2016 à 14:01 :
Et mon Kangoo EV a fait 88 000 km en 4 ans avec de l'electricite solaire, donc votre argument ne tient pas.
Réponse de le 01/03/2016 à 16:18 :
Si tout le monde se met à acheter des Kangoo électriques, c'est que la conso française d'électricité va augmenter.

Se précipiter pour fermer des centrales nucléaires en parfait état de marche serait donc bien la dernière des sottises à faire...
Réponse de le 01/03/2016 à 16:18 :
Si tout le monde se met à acheter des Kangoo électriques, c'est que la conso française d'électricité va augmenter.

Se précipiter pour fermer des centrales nucléaires en parfait état de marche serait donc bien la dernière des sottises à faire...
a écrit le 01/03/2016 à 11:52 :
Bref il va falloir passer a la caisse

C'est normal qu'a force d'investissements ratés à l'internationnal, d'avantages salariaux prohibitifs et de décision politiques anti business, il faille a la fin payer

Le gouvernement cherche juste a gagner du temps avant d'augmenter massivemment les prix de l'electricité
(Note: La poste a bien reussi a augmenté le timbre de 7%)
a écrit le 01/03/2016 à 11:36 :
Ce n'est pas, contrairement a ce que l'on croit, des décisions franco-française dont la planification serait aléatoire mais bien notre perte de souveraineté!
a écrit le 01/03/2016 à 10:54 :
"mais s'accompagnerait de frais de démantèlement qui n'ont pour l'heure pas été précisément calculés." normalement, c'est intégré à la facture d'électricité depuis des lustres, du moins censé être, mais le client étant "captif", les réajustements se feront selon le besoin réel constaté (et étalé sur 20 années), comme l'Etat avec les impôts divers.
Les frais n'étant pas connus, provisionner c'est bien mais imprécis (pour ça qu'on n'est qu'à 31%, on sous-estime trop les frais, ou table sur 10% du prix du réacteur, mais y a 40 ans). D'où l'utilité de repousser à 50 ou 60 ans, le problème sera décalé (procrastination, poussière sous le tapis, passage de relais, le nucléaire pas cher ne peut devenir cher d'un coup (indéfendable)).
Si on veut 50% de renouvelable, les centrales qui font les 50% autres, il faut bien les conserver en état de marche ou bien construire des EPR neufs pour remplacer les vieilles bouilloires.
Réponse de le 01/03/2016 à 12:02 :
On sait ce que coûte un démantèlement puisqu'il y en a déjà eu un aux USA pour une centrale totalement semblable aux nôtres.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Maine_Yankee
Et encore, il est surestimé puisqu'on ne construira pas de bâtiment de stockage de combustibles usagés, ceux-ci étant en France stockés et retraités à la Hague. Il faut arrêter l'intox sur les coûts de démantèlement, ils sont largement connus.
a écrit le 01/03/2016 à 10:41 :
L'énergie concerne plusieurs domaines: l'écologie, la technique, ( les deux pouvant être liées), la géopolitique, l'économie. Il faut raisonner de manière à satisfaire chaque domaine.
a écrit le 01/03/2016 à 10:41 :
C'est une femme politique non ? Je pense que cela suffit largement à répondre à votre légitime question.
a écrit le 01/03/2016 à 10:11 :
Il faut revoir notre politique en matière d'énergie. L'énergie remplace le travail en assurant des gains de productivité. L'énergie doit être associée au travail pour financer les charges sociales. Cela consiste à basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. Il est urgent de prendre position et cela doit figurer en priorité dans les programmes électoraux.
Réponse de le 01/03/2016 à 11:45 :
Je crains que vous retardiez d'une guerre. Le temps n'est plus forcément à l'utilisation extensive de l'énergie pour gagner en productivité. C'est plutôt la connaissance, le big data par exemple, qui permet de le faire. L'échange de données sera le moteur de l'économie à venir dans tous les domaines, plutôt que l'énergie.
Réponse de le 01/03/2016 à 16:56 :
Que feriez-vous sans énergie? L'informatique doit être considérée comme un outil.
Réponse de le 01/03/2016 à 19:15 :
L'économie dépend de la démographie, du capital humain et de l'efficacité énergétique. Il y a toujours une relation avec l'énergie, le savoir et l'outillage.
Réponse de le 02/03/2016 à 9:23 :
@Gépé : les progrès en cours et à venir de l'informatique c'est justement, plus tellement d'accroître les capacités de traitement et de stockage, mais plutôt de réduire les consommations. Un prélèvement uniquement basé sur l'énergie est condamné à voir son rendement s'étioler, d'une part grâce aux efforts d'économie d'énergie, d'autre part à cause des délocalisations vers des pays ne pratiquant pas cette taxation. Si on vise un prélèvement pérenne, c'est sur la consommation finale qu'il faut l'asseoir, car on vise non seulement les facteurs de production (énergie, travail) mais aussi les importations.
Réponse de le 02/03/2016 à 13:44 :
@bruno. Effectivement, les prélèvements doivent concerner la consommation, ce qui permet de réduire les prélèvements sur la production. C'est le sens de la réforme fiscale proposée par Coe-Rexecode. Piketty semble s'orienter vers cette alternative.

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