Prix du pétrole : l'Opep satisfaite... les concurrents américains aussi

 |   |  526  mots
La remontée des cours provoquée par ces accords rend de nouveau rentable l'exploitation de certains gisements de pétrole de schiste aux Etats-Unis.
La remontée des cours provoquée par ces accords rend de nouveau rentable l'exploitation de certains gisements de pétrole de schiste aux Etats-Unis. (Crédits : Reuters)
Les accords intra et extra-Opep de réduction de la production pétrolière commencent à porter leurs fruits et la tendance est globalement à la hausse des prix. Mais cette évolution redynamise aussi la concurrence du pétrole de schiste aux Etats-Unis...

Deux accords de limitation de l'offre conclus par l'Opep, l'un en son sein, l'autre avec ses partenaires dont la Russie, sont entrés en vigueur le 1er janvier. Ces accords portent sur une baisse de l'offre de quelque 1,8 million de barils par jour.

Ce mercredi, le président en exercice de l'Opep, le Qatari Mohamed Saleh al-Sada, a estimé que le marché pétrolier réagissait "bien" à la réduction de l'offre de la part des principaux producteurs.

"Je pense que le marché réagit bien et vous pouvez voir la baisse de l'offre", a déclaré M. Sada, ministre de l'Energie du Qatar, à un groupe de journalistes à Doha.

Cette politique de réduction de l'offre sera encore renforcée, selon les dires du ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, qui a déclaré hier soir depuis Doha, au Qatar, que l'Opep devrait réduire "un peu plus" sa production au second semestre 2017, rapporte mardi l'agence de presse iranienne Fars.

L'objectif de l'Opep (60 dollars le baril) contrecarré par la hausse du dollar

Les pays membres de l'Opep sont tous d'accord pour que le pétrole remonte à 60 dollars le baril, a ajouté Bijan Zanganeh, cité par l'agence Fars.

Mais la remontée du dollar affecte les cours du baril de Brent et du brut léger américain qui refluent respectivement de 0,60% et 0,90% à près de 54 dollars et 51 dollars. Ainsi, hier, mardi vers 17h35 GMT, sur le marché, le Brent s'échangeait à 54,85 dollars le baril, en repli de 3,38% depuis le début de l'année.

Chevron et Exxon impactés

La Bourse de New York, qui a paru mardi reprendre des couleurs, a vu ses gains se réduire sous l'effet d'une baisse du secteur de l'énergie pour terminer sans grand changement avec tout de même un record de clôture pour le Nasdaq.

La baisse des cours du pétrole, sous la pression d'une faible demande et de signes indiquant un redémarrage de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis, a ensuite pesé sur la tendance, le secteur de l'énergie cédant 1,37% avec notamment des reculs de 1,4% pour Chevron et 0,65% pour Exxon Mobil.

La contre-attaque du pétrole de schiste américain

L'objectif de réduction de l'offre est de rééquilibrer le marché, mais la remontée des cours provoquée par ces accords rend de nouveau rentable l'exploitation de certains gisements de pétrole de schiste aux Etats-Unis.

Les analystes pensent aussi que la nouvelle administration Trump pourrait prendre de nouvelles mesures de soutien au secteur pétrolier et gazier aux Etats-Unis.

"Le présidence Trump devrait profiter au secteur pétrolier. On ne sait pas encore quelles seront les mesures prises mais des baisses d'impôts et un moindre souci des contraintes environnementales seraient bénéfiques aux producteurs américains de pétrole", dit l'analyste d'Intesa SanPaolo Daniela Corsini.

Ces politiques risquent de déboucher sur une hausse encore plus forte de la production américaine, qui a déjà commencé à augmenter plus vite que prévu, une évolution qui a son tour pourrait faire retomber les cours, disent plusieurs analystes.

(Avec Reuters et AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/02/2017 à 14:22 :
On voit que l'OMC a encore brillé par son absence , le club des riches de l'OPEP a décidé lui même .
Réponse de le 08/02/2017 à 23:40 :
@justin et citoyen blasé: le prix, c'est l'offre et la demande. Dans tous les cas, l,e producteur va pousser pour obtenir le prix maximum. Et quand on en a vraiment besoin, on paie le prix demandé :-)
Réponse de le 12/02/2017 à 9:15 :
@Patrickb. L'énergie ne correspond pas à l'application des lois de l'offre et de la demande. Il faut comparer le prix de l'énergie au cout du travail et tenir compte de ce qu'on appelle "les externalités". Tout ça est expliqué dans le livre de Benjamin Dessus "déchiffrer l'énergie". C'est très compliqué. Merci.
a écrit le 08/02/2017 à 11:45 :
Entre la baisse de la consommation mondiale, des croissances économiques moribondes, l'explosion des énergies renouvelable et les gaz de schistes peut on affirmer que 55 dollars c'est sa véritable valeur ?

Le pétrole, un lobby sous respiration artificielle, débranchons le tuyau d'abord et voyons ensuite.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :