Que signifie la nomination de Nicolas Hulot ?

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Au soir du premier tour, tout en appelant à la mobilisation en faveur du candidat d'En Marche, Nicolas Hulot avait tenu des propos graves sur les enjeux écologiques et formulé une espèce de mise en garde à l'intention du prochain président.
Au soir du premier tour, tout en appelant à la mobilisation en faveur du candidat d'En Marche, Nicolas Hulot avait tenu des propos graves sur les enjeux écologiques et formulé une espèce de mise en garde à l'intention du prochain président. (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Conformément aux rumeurs qui circulaient depuis quelques jours, Nicolas Hulot, journaliste puis militant associatif, est devenu le nouveau ministre à la la Transition écologique et solidaire". Une nomination qui interroge sur le rôle qu'il pourra jouer dans le nouveau gouvernement.

C'est à lui qu'on doit l'idée d'un grand ministère unique consacré à l'écologie, proposé en 2007 dans le contexte du Grenelle de l'Environnement. Son "Pacte écologique", qu'il avait fait signer aux candidats à l'élection présidentielle de l'époque, évoquait même un "vice-Premier ministre" à l'Environnement. Si ce dernier n'a jamais été nommé, le ministère unique, lui, a vu le jour, et au fil des années pris du poids, s'élargissant, selon les divers gouvernements, à des questions étroitement imbriquées les unes aux autres: les transports, le logement, l'aménagement du territoire, la mer et la biodiversité, mais surtout -sauf entre 2010 et 2012, lorsqu'elle est confiée à Eric Besson au sein du ministère de l'Economie de Christine Lagarde- l'énergie. Aujourd'hui, Nicolas Hulot prend lui-même la tête de ce ministère, désormais dénommé "de la Transition écologique et solidaire".

La politique pas "partie de son métabolisme"

La rumeurs circulait depuis plusieurs jours, et elle a quelque peu surpris. Elle marque un retour inattendu de Nicolas Hulot à la politique, alors que son éviction à la primaire des écologistes de 2012, à laquelle il s'était présenté sous l'étiquette écologiste, lui avait laissé un goût amer. "Je suis étonné qu'autant de gens souhaitent exercer le pouvoir. C'est un exercice très dur [...] Il faut être solide", a-t-il affirmé, confiant que le stress de la vie politique "ne fait pas du tout partie de [son] métabolisme"...

L'ancien journaliste a d'ailleurs refusé d'entrer au gouvernement de François Hollande. Il s'est limité à accepter la mission d'"envoyé spécial pour le climat", dans une période particulièrement importante pour la France, qui organisait alors la COP21, la grande conférence internationale sur le changement climatique. Pour 2017, il avait de nouveau réfléchi à se présenter à la présidentielle, avant de jeter l'éponge."En ce qui me concerne, ce n'est pas le moment", avait-il finalement déclaré à l'été 2016, suscitant une vive déception à gauche. Aux yeux de beaucoup, c'en était alors terminé du flirt entre Nicolas Hulot et la politique, au profit d'une action dans la durée au sein de la société civile.

Des "convergences" et des points à clarifier avec Macron

La nomination surprend aussi pour l'attitude jusqu'à présent tenue par Nicolas Hulot vis-à-vis du candidat Emmanuel Macron, et interroge sur le rôle qu'il pourra jouer dans le gouvernement présidé par Edouard Philippe. En contact depuis longtemps avec le nouveau président, avec lequel il avait "commencé à dialoguer avant même qu'il déclare sa formation", il reconnaît "des convergences", mais aussi des points à clarifier notamment sur sa "conception du libéralisme". Pour cette raison, en avril 2016, il avait réfuté l'idée d'un "ticket" avec Emmanuel Macron. Il avait réaffirmé cette position au soir du premier tour: tout en appelant à la mobilisation en faveur du candidat d'En Marche, Nicolas Hulot avait tenu des propos graves sur les enjeux écologiques et formulé une espèce de mise en garde à l'intention du prochain président.

Ses relations avec le nouveau Premier ministre posent aussi question: "C'est un homme de droite et, en matière d'écologie, ce n'est pas son truc", résumait mercredi matin Cécile Duflot sur France Info. Ancien cadre d'Areva, Edouard Philippe y a eu pour activité principale de "s'assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l'atome", a expliqué au Monde l'Observatoire du nucléaire. Il a également voté contre les deux principaux textes soutenus par le ministère de l'Environnement pendant le quinquennat de François Hollande -comme les autres députés LR: la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte et la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Le maire du Havre aurait été à l'origine de la décision de Ségolène Royal de revenir sur la date de la fermeture de la centrale thermique d'EDF de la ville, reportée de 2023 à 2035. Et devant le blocage du dossier de Notre-Dame-des-Landes, il avait appelé en octobre sur France Info à passer à l'action, en espérant qu'on puisse "engager les travaux avant mai ou juin 2017". Or, si Nicolas Hulot avait reconnu le résultat du référendum du 26 juin 2016, sur le fond il était opposé au projet du nouvel aéroport.

Un porte-feuille à part entière

Cette nomination ne sera-t- elle qu'un "trophée", ou Nicolas Hulot parviendra-t- il "avec sa sincérité et sa détermination à faire radicalement changer les choix actuels du président?", s'interrogeait alors Cécile Duflot mercredi matin, alors que le nom de l'ancien animateur n'était encore qu'une rumeur. Même si le périmètre doit encore être précisé, l'intitulé du ministère attribué à Nicolas Hulot semble en ce sens être destiné à rassurer. Emmanuel Macron a en effet choisi d'attribuer un porte-feuille à part entière à la "transition écologique", confié à l'un des trois seuls ministres d'Etat, et incluant le domaine des transports -attribué à  Elisabeth Borne, "ministre auprès du ministre d'Etat, ministre de la Transition écologique, chargée des Transports". Et en ajoutant aux compétences de Nicolas Hulot  la "transition solidaire", le nouveau président reconnaît par ailleurs officiellement l'importance de l'autre cause embrassée par le militant associatif, qui dans une tribune publiée dans Le Monde le 29 avril lui demandait de prendre "la mesure de l'exigence de solidarité dans laquelle se trouvent le pays, l'Europe et le monde".

Pour Pascal Canfin, ancien ministre de François Hollande délégué au développement, aujourd'hui directeur général du WWF France, personne n'a intérêt à ce que cette nomination soit purement médiatique.

"C'est pour cela qu'il faut construire les conditions politiques en termes de responsabilités gouvernementales, en termes de situation et du cap des priorités pour que l'arrivée de Nicolas Hulot soit clairement un symbole d'une ambition gouvernementale sur l'écologie", insiste-t-il.

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Commentaires
a écrit le 21/05/2017 à 8:25 :
Suite. Je précise que cette taxe sur l'énergie correspond à la proposition de Jean Tirole de mettre une taxe sur l'énergie pour protéger le climat, à l'étude de Coe-Rexecode sur une réforme de la fiscalité et à la note n°6 du CAE. Il faut faire la synthèse de toutes ces propositions. Nous sommes sur la bonne voie.
a écrit le 21/05/2017 à 8:09 :
La notion de "transition solidaire" permet d'envisager une mesure à caractère social comme le financement des charges sociales avec le produit d'une taxe sur l'énergie. C'est la bonne solution. Mais comment la mettre en application? Car cela nécessite un accord général de la part des intéressés, les ménages, les entreprises, les écologistes et surtout les syndicats. Bonne chance à NH.
a écrit le 18/05/2017 à 11:53 :
nicolas hulot à fait beaucoup de reportages sur la nature,mais ,parrainé par RONE POULAIN, le plus grand pollueur de la planète;et cet homme vient d etre nommé ministre de l'environnement.ATTENTION DANGER .
a écrit le 18/05/2017 à 11:29 :
" Il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l'obtint."
Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro (1784)

Il y a deux vrais scientifiques dans le gouvernement. La cohabitation risque d'être cocasse.
a écrit le 18/05/2017 à 9:58 :
A t-il le niveau de compétence pour traiter des problèmes extrêmement compliqués (problèmes significatifs de EDF, Areva, etc.., il faut pouvoir discuter avec des X.Mines....) ?
Entre faire des reportages télé et être ministre, il y a une différence.
A t-on besoin d'un ministère de l'écologie ?
Notre Président avait promis 15 ministres, il y en 19 soit 25% de plus.
C'est un gouvernent de transition pour gagner les élections.
Cordialement
a écrit le 18/05/2017 à 9:18 :
Hulot est nommé pour qu'aux legislatives des écolos votent pour un candidat d'En Marche ,ils gonfleront le score de ce gouvernement de droite.
a écrit le 18/05/2017 à 8:39 :
Nucléaire , NDdL ....... c'est au pied du mur qu'on voit le maçon !
Bonne chance ..... a moins qu'il ne jette son tablier rapidement , s'apercevant qu'entre verbiage et actions possibles il y a un fossé !
a écrit le 18/05/2017 à 8:02 :
Dans moins de 6 mois il sera parti.....
a écrit le 18/05/2017 à 7:16 :
L'écologie pour M. Hulot est un sujet basé sur les taxes. L'écologie est un sujet important mais i doit avant tout être consensuel et ce n'est pas la taxe écologique la taxe carbone la taxe sur le diesel la taxe la taxe qui seront payées par le citoyen et non par les entreprises car la répercution sera automatique qui amèneront les citoyens vers un transition écologique.
a écrit le 18/05/2017 à 1:27 :
Est-ce le meilleur choix?
J'en doute. A-t-il la carrure pour traiter les dossiers du nucléaire, de l'aéroport de Nantes?
La sortie du nucléaire ne peut se faire sans tenir compte de son coût pour l'Etat, donc pour le citoyen.
Les dogmes sécuritaires ne doivent pas mettre EDF à genoux comme cela a été le cas avec Aréva qui a cumulé également une mauvaise gestion et dont le contribuable sera bel et bien obliger de sauver en mettant la main à la poche s'il ne veut pas que les centrales nucléaires ne deviennent des bombes atomiques à retardement.
Pour EDF c'est exactement le même cas à la puissance 10.
a écrit le 17/05/2017 à 20:49 :
Si Nicolas Hulot n'aura pas la possibilité d'agir, il aura celle d'exprimer une nouvelle vision de l'économie dépendant de la relation entre le cout du travail et le prix de l'énergie. En effet le travail et l'énergie sont de même nature, le travail produit de l'énergie, l'énergie fournit du travail; les charges sociales doivent être réparties sur le travail et sur l'énergie, sur la production et sur la consommation. Nous en reparlerons. Tout ça est expliqué dans la note n°6 du CAE.
a écrit le 17/05/2017 à 19:47 :
Les vacances de Monsieur Hulot , c'est terminé. Au charbon notre écologiste national.
Du boulot en perspective et pas mal de couleuvres à avaler. ND des landes, le nucléaire
les chasseurs , le gaz de schistes, l'agriculture intensive etc.... surtout , présenter l'écologie comme une chance et pas une contrainte , en finir avec les ayatollahs vert , politisés comme jamais du type Duphlot et sa bande.
a écrit le 17/05/2017 à 19:46 :
Je lui donne 6 mois avant qu'il démissionne.
Quand l'economie et les finances lui donneront des ordres et lui diront que l'ecologie passe apres l'economie, il claquera la porte.
Faut pas oublier que c'est un gouvernement de droite administré par un banquier, or, l'ecologie de droite, ca n'existe pas.
Réponse de le 17/05/2017 à 23:51 :
Oui mais la soupe est très bonne.
a écrit le 17/05/2017 à 18:46 :
Nicolas Hulot ministre de l’écologie pourquoi pas, le connaissant je doute qu’il reste longtemps à ce poste. Ce ministère est-il utile ? À mon avis non ; il est créé pour « verdir » l’action gouvernementale. L’écologie, elle doit être intégrée à chaque ministère. La première mesure que j’attends de lui….. Ramener le prix de l’essence sur celui du diesel….J’ai bien dit baisser le prix de l’essence pour l’aligner avec celui du diesel. Mais je rêve…. !
a écrit le 17/05/2017 à 18:39 :
j'etais prêt a voter en marche mais pas apres les marchandages BAYROU HULOT
J"espere que ce dernier va stopper ses reportages pour qu'il n'y est pas colusion d'interets
a écrit le 17/05/2017 à 18:00 :
A voir ou à revoir: "Les vacances de monsieur Hulot" :-)
a écrit le 17/05/2017 à 17:34 :
La surconsommation de kérosène pour brasser de l'air. Des kilomètres en voiture pour ne rien faire. Et des leçons de morales pour les français et les françaises. Une pure escroquerie intellectuelle.Une publicité mensongère. Un mauvais plan marketing Mais je vais être censuré.
Réponse de le 17/05/2017 à 19:56 :
Idiot comme reflexion.
Pour montrer l'immense beauté de la planète mais aussi nous avertir sur ca fragilité, il faut en effet bruler de pétrole (il n'y a guerre le choix aujourd'hui). Au niveau d'une personne c'est beaucoup de CO2 biensur mais c'est le résultat qui compte, le grand nombre de français qu'il a touché et sensibilisé à l'écologie et à l'environnement.
Réponse de le 17/05/2017 à 20:30 :
Non, je suis un démocrate, un républicain. Je suis pour l'égalité pure et stricte. Sans dieu, ni gourou. Sans les classes supérieures du temps de la monarchie. Donc si pour sauver la planète je dois sacrifier ma voiture. Tout le monde doit le faire sans exception. C'est pour moi l'Égalité, la Fraternité. Et le nous naissons égaux en droits. Plus de carrosses royaux, ni d'avions, ni d'hélicoptères que des transports urbains ou en communs pour tous. Nous sommes plus au temps ou une étroite élite a tous les droits et le peuple que des devoirs et des restrictions. Des punitions et des coups de bâtons fiscaux. Cet homme est une antiquité avec une culture de pensée soviétique. Le peuple doit être éduqué aux idées de l'être supérieur. Tous des dinosaures qui n'ont pas encore compris le 21 avril 2002. On regardera le résultat du premier tour en 2022. La com a donné Trump aux États-Unis. A suivre. Cet homme ne fera pas un an.
a écrit le 17/05/2017 à 17:08 :
Bref dans 6 mois il "ferme sa gueule ou il démissionne".

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