Veolia prend pied dans le recyclage des panneaux solaires

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Les fabricants et importateurs de panneaux ont la responsabilité de leur fin de vie
Les fabricants et importateurs de panneaux ont la responsabilité de leur fin de vie (Crédits : Reuters)
Lauréat de l’appel d’offres lancé par l’éco-organisme PV Cycle France, le géant du recyclage va ouvrir la première usine de recyclage de panneaux solaires de France. Et espère à terme tirer parti de cette première expérience sur de plus vastes marchés à l’international.

Les panneaux solaires installés en France et arrivant en fin de vie (ou plus probablement, dans un premier temps, ceux qui seront endommagés lors de leur transport ou de leur installation) pourront désormais être recyclés dans l'Hexagone. L'antenne française de l'éco-organisme européen PV Cycle vient en effet de signer un contrat de quatre ans avec Veolia, via sa filiale Triade Electronique.

Jusqu'à présent, les panneaux récupérés en France étaient transportés en Belgique pour y être recyclés. PV Cycle avait également déjà signé des contacts de partenariats en Allemagne, Espagne ou Italie, marchés solaires plus matures que la France, avec des spécialistes du verre plat ou des experts des déchets d'équipements électriques et électroniques (D3E)

Une directive européenne anticipée par les acteurs

La directive européenne sur les D3E solaires date de 2012 et n'a été transposée en France qu'en août 2014. Mais cela n'a pas empêché PV Cycle de collecter depuis sa naissance en 2010 plus de 16.000 panneaux auprès de ses adhérents, qui représentent 90% des fabricants et metteurs sur le marché de panneaux solaires.

Fondée en 2014, l'antenne PV Cycle France assure la responsabilité élargie du producteur de plus de 180 acteurs de la filière photovoltaïque française, qui les engage à s'assurer du recyclage de leurs panneaux dans les règles de l'art, via une filière dédiée dès lors qu'il en existe une.

55.000 tonnes de panneaux installés en France

C'est sur la base d'une étude de marché démontrant la montée en puissance du gisement que PV Cycle a lancé un appel d'offres pour la France, où sont aujourd'hui posés 55.000 tonnes de panneaux. Et, avec une puissance installée qui doit passer de 6,8 GW fin 2016 à 20,2 GW en 2023 selon la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), les perspectives sont prometteuses. Si ces panneaux-là n'arriveront en fin de vie que d'ici 25 à 30 ans, en revanche le taux de déchets va mécaniquement augmenter avec le nombre d'installations.

« On peut aussi s'attendre à une évolution des technologies qui va pousser les producteurs à remplacer leurs panneaux par des plus récents », observe Bernard Harambillet Directeur général Recyclage & Valorisation des Déchets de Veolia en France.

« Notre technologie de recyclage innovante, qui résulte d'un assemblage efficace de techniques existantes, permet d'augmenter le taux de valorisation de la matière récupérée sur un panneau, précise-t-il. Et cette technologie est appelée à évoluer au fil du temps au fur et à mesure que les panneaux eux-mêmes évolueront. »

Décliner l'expérience française à l'international

C'est sur son site de déconstruction de D3E à Rousset (Bouches-du-Rhône) que Veolia va construire la première ligne de France dédiée aux panneaux. Les matières premières secondaires seront réinjectées dans diverses filières (aluminium, verre, cuivre, etc). De 1.300 tonnes fin 2017, la quantité recyclée doit ensuite s'accroître de 40% par an pour atteindre 4.000 tonnes d'ici à 2023, selon les calculs de PV Cycle. Une expérience qui devrait permettre au géant du recyclage de roder sa technologie et de pouvoir envisager la rentabilité pour les années suivantes. « Jusque là, nous nous inscrivons plutôt dans une optique de R&D », précise Bernard Harambillet. Mais ensuite, outre le renouvellement espéré de ce premier contrat, il n'est pas interdit de s'attaquer à des marchés plus importants mais pour l'heure pas plus organisés que le marché européen, tels que les Etats-Unis ou la Chine.

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Commentaires
a écrit le 28/03/2017 à 16:40 :
Je suis pour le modernisme, mais l'éolien à ses limites. Je m'explique en ce sens que les éoliennes sont fonctionnelles que lorsqu'il y a du vent, sinon elles ne sont productrice de rien. L'éolien ne permet pas de stocker l'électricité, donc peine perdue. Et, qui plus est, E.D.F. achète deux fois le prix de l'électricité fournie, aux particuliers. Alors, où sont et où vous les économies que les contribuables doivent dépenser ? L'Allemagne doit remettre ses centrales à charbon en fonction lorsque l'éolien ne peut pas fournir d'électricité. Il faut expliquer ceci à tous les contribuables et à quoi, exactement, sert cette gabegie tellement bien orchestrée ?

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