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Rio Tinto se déleste de 8 milliards de dollars d'actifs dans l'aluminium

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latribune.fr, avec Reuters  |   -  460  mots
Le géant minier anglo-australien Rio Tinto a annoncé ce lundi son intention de vendre treize sites de sa branche aluminium dans le monde, dont l'usine française de Gardanne (Bouches-du-Rhône) qui produit de l'alumine.

Le groupe minier Rio Tinto a annoncé lundi qu'il vendait pour quelque 8 milliards de dollars (5,8 milliards d'euros) d'actifs dans l'aluminium, quatre ans seulement après racheté le géant Alcan pour 38 milliards de dollars.

Il compte vendre des actifs en Australie, en Nouvelle-Zélande, ainsi que des usines en France (Gardanne), en Allemagne, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

L'opération est interprétée comme un moyen pour Rio Tinto d'affecter davantage de ressources à l'exploitation du minerai de fer, qui représente déjà 80% de ses bénéfices.

"Les retours sur investissement sont déterminants, et les grands miniers, dont Rio Tinto, réévaluent en permanence leurs activités; le minerai de fer est une vraie vache à lait pour Rio Tinto en ce moment", a commenté Gavin Wendt, analyste du secteur minier chez Mine Life.

L'essentiel des ressources de Rio Tinto dans l'aluminium serait ainsi concentré dans ses activités canadiennes, plus rentables. Le groupe veut plus que doubler sa marge bénéficiaire sur l'aluminium pour la porter à 40% d'ici 2015. A titre de comparaison, la marge bénéficiaire sur le minerai de fer est de 70%.

Il conservera également sa mine de bauxite Weipa en Australie.

"La seule manière d'y arriver est de se débarrasser de tous ces actifs qui ne pourront jamais avoir une envergure internationale", a dit Peter Chilton, analyste de Constellation Capital Management.

Le titre a pris 3% à cette annonce pour atteindre un plus haut d'un mois à 70,29 dollars australiens. A 5 h 35 GMT, il progressait de 2,42% à 69,95 dollars.

Rio Tinto a toutefois pris soin de ne pas paraître trop pressé de vendre, en soulignant que l'aluminium, dans lequel il est présent depuis les années 50, restait une de ses activités fondamentales. Il a ainsi dit que la demande mondiale restait relativement bonne et qu'il envisageait des investissement dans des actifs aluminiers de qualité.

"Nous n'allons pas vendre dans l'urgence", a affirmé la directrice générale du groupe Jacynthe Cote, lors d'une téléconférence avec la presse. Elle n'a pas souhaité dire si le groupe était déjà en contact avec des repreneurs potentiels.

Rio Tinto envisage par ailleurs d'autres pistes pour les actifs mis en vente, comme une scission via la création d'une nouvelle entreprise cotée.

Les spécialistes du secteur estiment plus probable que ces actifs intéressent des groupes de taille relativement modeste plutôt que d'autres géants du secteur tels que le russe UC Rusal ou le chinois Chinalco. A l'image de Rio Tinto, les grands groupes sont plutôt en quête d'actifs à haut retour sur investissement.

Au cours du trimestre écoulé, les cours de l'aluminium ont reculé de près de 15%. Selon la banque suisse UBS, le métal devrait encore perdre 8% en 2012.

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