Siemens prêt à payer 1 milliard de dollars pour racheter une pointure du logiciel d'ingénierie

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En 2013, le président du directoire Joe Kaeser a lancé une rationalisation du vaste portefeuille d'actifs de Siemens.
En 2013, le président du directoire Joe Kaeser a lancé une rationalisation du vaste portefeuille d'actifs de Siemens. (Crédits : Stefanie Loos/Reuters)
CD-adapco conçoit des produits très pointus (c'est avec ses logiciels que Renault a simulé et testé le fonctionnement interne de ses moteurs de F1). Par ce rachat, le conglomérat allemand, plus grand groupe industriel européen, espère pallier son déficit en personnel qualifié dans ce secteur... et ne pas se laisser distancer par GE au plan de l'innovation.

Siemens tient à son statut de géant de l'ingénierie. Le conglomérat allemand va racheter CD-adapco, une société américaine non cotée spécialisée dans les logiciels d'ingénierie, pour près de 1 milliard de dollars (925 millions d'euros) en numéraire, affirme Reuters ce lundi, citant une source anonyme. Les deux sociétés n'ont pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'agence de presse, mais la source qu'elle cite indique que l'acquisition pourrait être annoncée ce lundi.

CD-adapco, fournisseur de Renault

CD-adapco fabrique des programmes informatiques utilisés par les ingénieurs pour simuler le fonctionnement interne d'un moteur. Ses produits vont s'intégrer au sein de Siemens dans l'activité de gestion des cycles de vie des produits, selon la source citée par Reuters. Le constructeur automobile français Renault a par exemple utilisé ses logiciels pour simuler la combustion, le refroidissement et les échappements de ses moteurs de Formule 1. La société  CD-adapco, qui emploie 900 personnes, a généré un chiffre d'affaires annuel de 200 millions de dollars et connu une croissance annuelle de 15% sur les cinq dernières années, selon son site Internet.

Innover face à la concurrence de GE

Depuis qu'il a pris la tête du conglomérat industriel allemand en 2013, le président du directoire Joe Kaeser a lancé une rationalisation du vaste portefeuille d'actifs du groupe.

   |Lire Qui est Joe Kaeser, le patron de Siemens qui veut sa part du gâteau Alstom ?

Siemens est néanmoins confronté à la concurrence de plus en plus forte de fabricants de logiciels capables de développer plus rapidement de nouveaux produits en raison de leur spécialisation. Chez Siemens, seuls 5% des 350.000 employés sont des ingénieurs spécialisés dans les logiciels. Le conglomérat allemand a annoncé en décembre qu'il allait encore augmenter son effort de recherche et développement (après une augmentation de 7% en 2015) pour tenter de conserver son avantage en matière d'innovation face à son principal concurrent, l'américain General Electric.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 30/01/2016 à 21:03 :
Ça crache beaucoup sur Siemens mais ils détiennent aujourd’hui la suite logiciel de conception/simulation/fabrication la plus complète du marché.
a écrit le 26/01/2016 à 15:49 :
Siemens a l'art de toujours se tromper. L'entreprise allemande régulièrement sauvée par son gouvernement, doit réformer la quasi totalité de ses divisions pour ne pas avoir su couper rapidement les branches pourries il y a 15 ans. N'investissant plus sérieusement, le géant a vu toutes ses sections se gâter lentement, obligé qu'il a été de s'en séparer mais toujours avec lenteur. Cette perte régulière de tempo ne lui a jamais permis de reprendre la main. Aujourd'hui sa division pharma, la plus rentable, est séparée, prête à la vente ou à servir de bateau de sauvetage si l'ensemble du groupe venait à couler. Siemens veut vendre sa division mobility au français Alstom qui se presse peu. Pour maintenir son chiffre -clôture en septembre- il est obligé d'intégrer les segments financiers auparavant non consolidés ou bien par les fruits de la vente de gros actifs considérés naguère comme participations financières, dossier Bosch, d'acheter en catastrophe des actifs ... dans le pétrole, encore plus catastrophiques. Ses spin-offs du passé s'avèrent comme autant d'arnaques financières que le marché allemand a bien voulu compenser à ses frais et quand ce n'était pas, le gouvernement. Il y a donc un problème Siemens comme il y a d'ailleurs au niveau mondial un problème "conglo". Dans un premier temps, Siemens devrait vendre sa division pharma à Frésénius afin de constituer un géant de qualité et de reprendre sérieusement en main son portefeuille. La vente par une bonne négociation croisée - presque seul le gouvernement passe commande- de ses actifs rail à Alstom permettraient ensuite une vision plus sereine. Peut-être une fusion avec Thyssen ? Il semble que le nouveau dirigeant -après un vertige de nominations précédentes- ait enfin les moyens d'une action franche bien que tardive. Nous verrons.
a écrit le 25/01/2016 à 15:38 :
Tiens, Siemens découvre que la R&D, c'est important pour conserver ses avantages stratégiques... bizarre, ils faisaient comme chez VW les dirigeants de Siemens ? vendre du vent ou de la pseudo amélioration ?
Réponse de le 25/01/2016 à 15:59 :
Tiens, visiblement vous ne connaissez pas Siemens.

Déjà vous sauriez qu'ils ont une division logiciel qui compte parmi les plus gros éditeurs de solutions PLM, CAO, Simulation, Manufacturing, MES, etc. (10000 employés je crois) et que cette acquisition vient justement renforcer le portefeuille d'application de la-dite division.

Aucun rapport avec une quelconque "concurrence de plus en plus forte de fabricants de logiciels capables de développer plus rapidement de nouveaux produits en raison de leur spécialisation" (phrase qui ne veut rien dire au demeurant).

D'ailleurs, Siemens est assez unique vu qu'ils éditent les outils dont ils se servent dans l'ingénierie.

Bref, article qui ne vaut pas grand chose, et réaction qui vaut encore moins.

Je me demande bien dans quoi travaille Picsous, tient. Une quelconque administration française ?
Réponse de le 25/01/2016 à 20:00 :
"seuls 5% des 350.000 employés sont des ingénieurs spécialisés dans les logiciels" ce qui fait 17 500 'informaticiens'. C'est pas mal....

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