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A Marie-Galante, le seul parc éolien de France avec stockage

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L'outre-mer : figure de proue de l'éolien français.
L'outre-mer : figure de proue de l'éolien français. (Crédits : Enedis)
C’est à Marie-Galante, en Guadeloupe, à plus de 6 000 kilomètres de la métropole que la première centrale éolienne avec stockage de France a été inaugurée l’an dernier. Un dispositif capable de sécuriser l’alimentation des habitants de l’île en cas de coupure avec le réseau.

La commune de Capesterre-de-Marie-Galante, en Guadeloupe, à quelques milliers de kilomètres de Paris, a vécu une première le 30 juin 2016. On y inaugurait ce jour-là la première centrale éolienne avec stockage de France.

Pour Jérôme Billerey, directeur général du groupe Quadran, à l'origine du projet établi sur le site de Petite-Place, la Guadeloupe montrait alors « une nouvelle fois (...) qu'elle est une région pionnière et vitrine du développement des énergies renouvelables ».

On y compte désormais neuf éoliennes rabattables de 275 kW, associées à une capacité de stockage de l'électricité de 460 kWh, via des batteries Lithium-Ion. Au total, l'ouvrage aura nécessité un an de travaux pour un investissement de neuf millions d'euros. Il permet d'éviter, selon Quadran, « la consommation annuelle de 600 tonnes de fuel lourd ».

La centrale a été bâtie pour assurer la consommation en énergie électrique des 3 300 habitants de la commune de Capesterre-de-Marie-Galante. Elle a notamment été mise à contribution début février : ce jour-là, durant douze heures, des travaux de raccordement de Marie-Galante au nouveau poste électrique d'EDF Archipel ont « coupé » l'île du réseau électrique de la Guadeloupe.

La centrale a pu, grâce à son système de prévision et de stockage, assurer la distribution du courant aux habitants, à raison d'une production injectée stable, comprise entre 1 500 et 1 800 kW. Pas moins de 40% des besoins électriques de la population ont ainsi été pourvus tout au long de cette demi-journée (les installations d'énergie renouvelables sans stockage ayant un plafond de 30%).

« Cette opération est un succès puisque les habitants de Marie-Galante n'ont perçu aucune différence de service avec le fonctionnement habituel du réseau lorsqu'il est connecté à la Guadeloupe », s'est-on félicité chez Quadran.

La Guadeloupe est considérée depuis longtemps comme un territoire à l'avant-garde, en France, sur les énergies renouvelables. Le premier parc éolien de Marie-Galante a en effet vu le jour sur le site de Petite-Place... dès 1997 (démantelé en 2013 au terme de son cycle d'exploitation).

En service depuis fin 2015, la centrale éolienne de Petite Place, dotée d'une puissance de 2,5 MW, produit à l'année 6 GWh d'électricité. Soit la consommation de plus de 6 000 personnes.

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a écrit le 15/05/2017 à 18:10 :
Il parait évident que les iles et l’outre mer offrent un potentiel de développement important pour le stockage et le lissage de la production à base d’énergies renouvelables (d’après les dossiers en ligne, de la CRE de fin 2015 concernant Mayotte et la Réunion et une dossier d’EDF, sur les énergies renouvelables en Corse et Outre-Mer).

En dehors de Quadran, acteur historique en région Languedoc Roussillon, beaucoup d’opérateurs sont présents sur le marché mondial, par exemple Engie avec son BattGrid, Akuo Energy qui a déjà 29 MW de projets photovoltaïques couplés à des batteries de stockage installés en Corse et à la Réunion, EDF.
EDF s'était "un peu endormi" sur un monopole de production qui a parfois été controversé quand il faisait surtout usage de groupes électrogènes. Alors qu'ils avaient déjà mis en place un système expérimental de stockage à la Réunion en 2010 aussi bien l’éolien que le solaire ?. Depuis quelques années il sont présents partout, avec EDF EN - 5 MWc en Guyane, 20 MW aux USA et 49 MW en Angleterre, aux USA et EDF Store & Forecast - Les enjeux du stockage vont maintenant au delà des îles et il s'agit aussi de moyens de régulation du réseau.

En France c'est surtout l'appel d'offre PV avec stockage dans les îles de 2016 qui a boosté les projets, 33 projets lauréats pour un total de 51,8 MWc.

Beaucoup de technologies : STEP, stockage par batteries, hydrogène, volants d'inertie, air comprimé, MCP et autres innovations...

A propos de SmartGrids et de lissage du réseau, qu'en est il du projet VENTEEA ? Il me semble qu'il y avait un large tour de table : avec Enedis, RTE, l'ADEME, Schneider Electric, Saft, Universités, etc... ?

Le stockage d’électricité étant devenu un problème transversal, commun à beaucoup de domaines d’applications, les innovations devraient arriver.

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