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Toulouse invente le réseau électrique de demain

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Sogrid et Enedis investissent les métropoles pour rendre le réseau électrique intelligent
Sogrid et Enedis investissent les métropoles pour rendre le réseau électrique intelligent (Crédits : Enedis)
Entre 2013 et 2016, Toulouse a expérimenté, auprès de 1 000 foyers, Sogrid, un réseau électrique intelligent. Cette première mondiale préfigure la ville de demain et place la métropole au cœur des enjeux du « Smart Grid ».

Quand Sogrid démarre en 2013, Enedis et ST-Microelectronics, les 2 initiateurs du projet, ont une ambition : démontrer que le Courant Porteur Ligne (CPL) peut communiquer une information numérique sur l'ensemble du réseau électrique. Pour cela, « il faut d'abord lever des freins techniques, afin de pouvoir observer et agir sur le réseau basse tension », comme l'explique Gaëtan Gueguen, directeur territorial d'Enedis, à Toulouse.

30 kms de réseau, moins d'une seconde de transfert

3 ans après, l'expérimentation (qui a duré 12 mois, dans sa phase opérationnelle) est un franc succès. Les 30 kilomètres de réseau sont parfaitement supervisés et Sogrid concrétise un peu plus la possibilité de maîtriser la demande en électricité.

Concrètement, le système s'appuie un ensemble d'objets connectés qui communiquent via le courant électrique. Chez le client, un compteur communicant envoie les données à un concentrateur, grâce à des capteurs installés sur le réseau. « On rend toute une chaîne intelligente en collectant des informations liées à la qualité de l'électricité, à des interruptions de fourniture ou des baisses de tension sur le réseau », poursuit Gaëtan Gueguen. Le tout circule d'un point à un autre en moins d'une seconde.

Prochaine étape : l'Occitanie

Si Sogrid s'affirme comme un pas de plus vers l'avènement des réseaux intelligents ou « Smart grids », il permet aussi d'envisager un meilleur traitement des énergies renouvelables. Car, pour Gaëtan Gueguen, « il n'y aura pas de transition énergétique sans réseau adapté. Le développement du renouvelable est conditionné par l'assurance d'avoir suffisamment de production pour alimenter les gens. »

La région Occitanie compte déjà plus de 54 000 producteurs d'énergie, qu'il s'agisse de photovoltaïque ou d'éolien. Or, « le renouvelable est, par nature, intermittent. S'il n'y a plus de soleil, on ne stocke plus. Une infrastructure telle que Sogrid permet de savoir quand et où il faut réinjecter du courant », poursuit-il. Avec, en point de mire, le maintien de l'équilibre crucial entre la production d'électricité et la demande des consommateurs.

L'expérimentation étant bouclée depuis septembre 2016, il reste à savoir ce que va devenir Sogrid. S'il semble encore trop tôt pour parler de généralisation, une étude à l'échelle de l'Occitanie commencera, dès 2017. Une nécessité pour Gaëtan Gueguen : « vous ne voyez pas d'usine place du Capitole car l'électricité que l'on consomme en ville vient de la campagne. Croyez-moi : il n'y aura pas de smart city sans smart ruralité. »

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Commentaires
a écrit le 20/02/2017 à 14:44 :
N'aurait-on pas plus besoin de plus d'autonomie énergétique locale propre, à énergies renouvelables, avant des réseaux prétendus "intelligents" (un humain ne sait -il pas quand éteindre les lumières et quand utiliser des machines en heures creuses, si cela est rabâché, indiqué dans toute notice de fonctionnement ?)
a écrit le 04/02/2017 à 12:32 :
A savoir : le potentiel solaire d'une ville dépend de son réseau routier (et non principalement de sa latitude). Et il faut faire attention à la consommation de tous les systèmes de régulation etc. Voir : http://spectrum.ieee.org/energywise/green-tech/solar/city-solar-power-potential-and-road-network-size-linked
a écrit le 03/02/2017 à 15:28 :
Tous les outils de communication et d’interfaçage sont au cœur des infrastructures des réseaux électriques de demain et ce qui avant était très hiérarchisé et pyramidal, évolue vers du downsizing. Avec en plus des interconnections à grande échelle, entre pays. Au delà du simple compteur Linky, ça promet beaucoup de changements. Dans un « monde idéal » la production devrait correspondre à la consommation et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, mais nous sommes dans une économie de flux et ni les producteurs ni les consommateurs ne sont habitués à se priver ou à patienter. Ce qui veut dire que pour piloter en temps réel le réseau et les flux, en chaque point du réseau électrique on doit pouvoir communiquer aussi bien en aval qu’en amont.
Ceci quels soient les pics de consommation ou de production.

Consommation :
En dehors des évolutions dues à l’efficacité énergétique, il faudra anticiper le développement des véhicules électriques, qui va obligatoirement nécessiter une adaptation des infrastructures réseau.

Production :
Il est évident que le potentiel d’installation de parcs solaires et d’éolien de fortes puissances est limité en agglomération. Quoi que, beaucoup de zones d’activités périphériques sont encore dépourvues de parkings ou de toitures solaires et le nombre de vieilles toitures amiantées est encore important en région Occitanie. A ce sujet, les projets déjà menés sur l’agglomération de Perpignan depuis 10 ans sont exemplaires.
Reste à éviter les parcs au sol, consommateurs de surfaces agricoles ou naturelles et peu esthétiques.

Autre potentiel solaire photovoltaïque : les routes solaires. Même si l’expérimentation valait d’être menée, le coût est important et les effets de l’usure le seront certainement également. Sachant qu’en Occitanie il y a largement moyen de développer d’autres projets, moins coûteux tout en restant respectueux de l’environnement.

Le stockage = dénominateur commun ?
En plus de l'indispensable usage des smart grids, les deux applications de l’usage de l’électricité, l’une de production, l’autre de consommation, ont aussi comme point commun le stockage d’énergie, que ce soit des batteries embarquées ou stationnaires. A terme, les deux pourraient peut être même être interchangeables.

De l’usage des technologies et des investissements

En attendant l’évolution ou la révolution technologique, toutes les recherches et expérimentations sont bienvenues. Cela va évoluer très vite et je ne suis pas sur que la seule « interface compteur » soit suffisante pour piloter les flux réseau, l’ensemble des systèmes de production, de consommation ainsi que tous les appareils connectés.

Surtout qu’en France on a pris un retard considérable dans le domaine du solaire photovoltaïque et notamment dans les technologies de conversion et de régulation. A ma connaissance on n’a pas de fabricants d’onduleurs (le leader Allemand SMA Solar Technology fait 1Milliars de CA) alors qu’historiquement on a une multitude de fabricants de transformateurs.

Nous sommes à une étape majeure d’évolution, disruption comme on dit chez les licornes du numérique, tout comme l’a déjà vécu l’informatique il y a quelques décennies. Rappel : la Chine est devenue la première puissance informatique, même si les GAFA ont aussi un leadership mondial.
Etant donné que souvent on progresse en faisant des erreurs et surtout en les reconnaissant (l’apprentissage est parfois laborieux), il faut pouvoir analyser et corriger ces défauts.
Pour l’informatique, je me permets de reprendre partiellement une explication donnée par un grand scientifique : Gérard Berry, professeur au Collège de France : « La France est un pays minier, orienté vers la matière et l’énergie…. Raisonner sur la matière et l’énergie, et raisonner sur l’information, c’est très différent. »
Il est donc primordial d’investir dans ces technologies et rapidement, sinon on risque d’être cantonnés à un rôle de simples consommateurs des technologies développées ailleurs. D’autant plus que ce ne sont pas les ressources en ingénierie qui manquent en France, mais ce sont ?????
a écrit le 02/02/2017 à 21:53 :
Qu'ils commencent donc par produire leur électricité, en ville.

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