A Nice, l’énergie renouvelable a la cote

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La capitale azuréenne se distingue pour ses avancées technologiques vers la ville de demain.
"La capitale azuréenne se distingue pour ses avancées technologiques vers la ville de demain." (Crédits : lamax - Fotolia.com)
Classée « quatrième smart city au monde » l’an dernier, Nice est entrée de plein pied dans le cadre de la ville de demain. Présentation de cinq innovations énergétiques qui se sont développées dans la métropole niçoise ces dernières années.

La capitale azuréenne se distingue pour ses avancées technologiques vers la ville de demain. En 2015, le cabinet d'études américain Juniper Research a en effet décerné à Nice la quatrième place de son classement « Smart Cities », qui consacre « les innovations (...) et les partenariats industriels noués pour faire émerger une ville connectée, durable et intelligente ».

Toujours l'an dernier, Nice Métropole Côte-d'Azur a été reconnue « Territoire à énergie positive pour la croissance verte », suite à un appel à projets lancé par le ministère de l'Environnement. Le fruit d'une série de projets et d'innovations pour la maîtrise de la dépense énergétique dans la ville et ses environs, dont voici une liste non exhaustive :

L'énergie solaire testée à l'échelle d'un quartier

Le « premier démonstrateur français de quartier solaire intelligent » a été mis en place début 2012 à Carros, au nord de Nice. Son but, mieux cerner les enjeux des réseaux d'énergie du futur, en testant un concept de réseau électrique intelligent fonctionnant grâce à la production d'électricité photovoltaïque.

Des panneaux solaires ont été installés sur les toits de quelques 300 volontaires (particuliers et bâtiments professionnels), reliés à des batteries au lithium-ion, censées pallier les périodes de production moindre. Un système de stockage doit aussi pouvoir constituer « de véritables stocks d'énergie », réutilisables en cas de besoin, rappellent ses initiateurs, un consortium d'entreprises (ERDF, Alstom Grid, EDF, Saft, Armines, RTE, Daikin, NetSeenergy, Socomec et la PME Watteco). Pour assurer le lien entre systèmes et consommateurs, 2.350 compteurs électriques intelligents Linky ont été installés. L'association entre moyens de production et de stockage d'électricité doit permettre au quartier de fonctionner en complète autonomie électrique.

Prévu pour s'étendre sur quatre ans, le projet Nice Grid a été prolongé d'une année, jusqu'à décembre 2016.

Un « boulevard connecté »

Le boulevard Victor-Hugo, à Nice, est le théâtre depuis 2013 d'une expérience -à l'époque- unique à l'échelle mondiale. Grâce à un partenariat noué entre la Ville, la Métropole et le géant informatique américain Cisco, il est ainsi devenu le premier « boulevard connecté » : 200 capteurs y ont été placés dans les lampadaires, la chaussée ou les conteneurs à ordures. Autant de données à traiter qui permettent de mieux gérer le stationnement, les déchets et la dépense liée à l'éclairage public. Sur ce point, la technologie mise en place permet de réguler l'allumage des lumières des lampadaires en fonction du flux de passants.

Selon l'Association française de l'éclairage (AFE), en 2014, l'éclairage public représentait 12% de la consommation totale d'électricité en France (bâtiments publics et privés + collectivités locales).

Le premier bus électrique à autonomie illimitée

L'aéroport Nice-Côte d'Azur est équipé depuis février 2015 du premier bus électrique à autonomie illimitée. Ses batteries se rechargent à chaque arrêt en un temps très réduit -10 à 20 secondes-, grâce à un bras mécanique qui vient se connecter au bus. Ce système, baptisé WATT System, est développé par la société française PVI. Il assure une autonomie de quarante kilomètres hors recharge à ce bus de douze mètres, qui effectue une boucle d'environ cinq kilomètres entre les deux terminaux de l'aéroport et les parkings alentours.

L'exploitation d'une ligne de bus WATT System permettrait, selon ses développeurs, d'économiser pas moins de 400.000 litres de diesel par an par rapport à des bus thermiques.

Plus de 10.000 kilomètres ont été parcourus depuis sa mise en service, pour quelque 5.000 transferts d'énergie. L'exploitation est prévue pour durer -au moins- jusqu'à juin 2016.

L'un des premiers services d'auto-partage de véhicules électriques

Né à Nice, en 2011, le service d'auto-partage de véhicules électriques Auto Bleue, exploité par Transdev, compte aujourd'hui plus de 9.500 abonnés. Ceux-ci disposent de 68 stations de recharge réparties dans neuf communes de l'agglomération.

Depuis le lancement du service, 4 608 923 kilomètres ont été parcourus par les 210 Auto bleues. Mi-2015, à l'heure du premier bilan, 180 tonnes d'émission de Co² ont été évitées à l'atmosphère azuréenne.

A noter que plus de 300 véhicules électriques extérieurs au service (particuliers comme d'entreprises) utilisent régulièrement les bornes de recharge Auto Bleue.

Du chauffage à partir des eaux usées

Chauffer tout un quartier à partir de ses eaux usées : c'est la technologie proposée depuis 2013 par Veolia pour le quartier Cap Azur, à Roquebrune-Cap-Martin, près de Nice. Une énergie 100% renouvelable disponible pour 300 logements, répartis sur 20.000 mètres carrés, qui offre le chauffage en hiver et la climatisation en été. Les calories des eaux usées sont acheminées vers une pompe à chaleur réversible. Celle-ci restitue l'énergie et produit une eau à température à destination des foyers.

Le système, baptisé Energido, est également utilisé à Toulouse, Arras, ou encore au Cercle des nageurs de Marseille. Grâce à elle, celui-ci a réduit sa facture énergétique d'environ un tiers.

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