Lassés de leur « bullshit job », les cadres désertent les open space

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De plus en plus lassées par leur quotidien, ces « têtes » sont un certain nombre désormais, à choisir une reconversion professionnelle. Quitte à redescendre dans l'échelle sociale et à perdre en confort de vie.
De plus en plus lassées par leur quotidien, ces « têtes » sont un certain nombre désormais, à choisir une reconversion professionnelle. Quitte à redescendre dans l'échelle sociale et à perdre en confort de vie. (Crédits : Tim Gouw / Unsplash)
[ DOSSIER 1/4 ] Ils ont fait HEC, Sciences Po et autres Essec. Ils ont travaillé pour une multinationale ou une entreprise du CAC 40. Et pourtant, ils ont tout quitté pour redonner du sens à leur quotidien. Adieu salaire confortable et poste stable, bonjour épanouissement professionnel, relationnel et actes concrets. Zoom sur le phénomène grandissant des cadres qui désertent les open space pour se reconvertir dans un domaine radicalement différent.

Un facteur ex-chargé de communication, un boulanger qui a fui une tour de La Défense ou une décoratrice d'intérieur qui a abandonné le télémarketing. De plus en plus de personnes issues de postes CSP++ quittent un travail qu'ils jugent « vide de sens » pour se tourner vers une profession plus manuelle et « concrète ».

Le phénomène a été largement médiatisé et étudié ces dernières années, notamment par David Graeber, initiateur de la formule « bullshit jobs » (que l'on peut traduire par « boulots à la con ») ou plus récemment en France, dans l'ouvrage de Jean-Laurent Cassely, La révolte des premiers de la classe [1]. Pour résumer, des personnes diplômées, très souvent cadres, jugent leur profession inutile et bien trop abstraite. Il s'agit souvent des métiers du marketing, des « fonctions supports », du télécommerce, le consulting... La faute à une industrialisation des processus et des tâches intellectuelles, créatrice de grandes frustrations. Depuis le stress permanent, cause de burn-out, jusqu'à l'ennui profond (bore-out), les symptômes du mal-être sont nombreux et diffèrent selon les personnes.

Désir de rupture

Ainsi, de plus en plus lassées par leur quotidien, ces « têtes » sont un certain nombre désormais à choisir une reconversion professionnelle. Quitte à redescendre dans l'échelle sociale et à perdre en confort de vie. Philippe Caumont a fui le marketing pour ouvrir sa startup spécialisée dans les produits alimentaires. Il explique :

« Le bien-être au travail est plus important que la sécurité du poste (...) La question revient souvent sur le tapis : est-ce que vraiment ça valait le coup ? Est-ce que l'on est prêt à sacrifier ses avantages ? »

Pour le jeune homme de 33 ans, lorsqu'il compare son épanouissement actuel à celui du passé, la réponse ne fait aucun doute : c'est oui.

| Lire aussi : « Au travail, ce qui est prioritaire, c'est le sens et non plus l'argent et la sécurité »

Alors, s'agit-il de comportements marginaux ou bien est-ce une vraie tendance de fond ? Rémy Oudghiri, sociologue et directeur général adjoint de Sociovision, apporte des précisions sur l'étendue du phénomène :

« En 2016, 42% des Français ont affirmé vouloir changer de vie. C'est 10 points de plus qu'il y a une dizaine d'années. Si cela reste du déclaratif, ce désir de rupture n'a jamais été aussi important. Et pour les 25-34 ans, la volonté est encore plus forte, puisqu'ils sont 53% à le souhaiter. »

Système à bout de souffle et démobilisation

Beaucoup choisissent ainsi de passer le cap. Et les reconversions professionnelles, pour le moins radicales, ont le vent en poupe. En 2014, 74% [2] des actifs envisageaient de changer de vie quand 60% avouaient avoir déjà connu un changement d'orientation professionnelle. En 2017, une étude [3] révèle que 85% des sondés sont favorables à la reconversion professionnelle.

Pour expliquer l'ampleur du phénomène, il faut relever les changements profonds du monde du travail et de la société. Ce qu'ont en commun ces reconvertis ? « Nous sommes dans une société de l'hyperchoix. Si un chemin ne convient pas, on peut en changer », analyse Rémy Oudghiri. Pour le sociologue, l'une des caractéristiques de la génération Y, principale touchée par le phénomène selon beaucoup d'observateurs, est « qu'ils réfléchissent 'en mode projet' ». Il détaille :

« Il y a une vraie rupture par rapport aux générations précédentes, clairement habitées par l'idée de carrière. C'était notamment le cas des baby boomers. La génération X a eu plus de mal, a connu le chômage, s'est sacrifiée, en quelque sorte, alors que la génération Y n'est pas prête à le faire. Il faut qu'un projet plaise. Ces jeunes refusent d'entrer dans un moule. Ils se démobilisent ou changent de voie et vivent au jour le jour. »

Pour Rémy Oudghiri, c'est là la preuve que, pour les cadres concernés, le système est à bout de souffle. « Avant, progrès social et technique allaient de pair alors qu'aujourd'hui, cela n'est plus vrai. » Pour autant, « les démarches sont individualistes, énonce Rémy Oudghiri. Il ne s'agit pas tant de s'opposer à un système capitaliste ».

Sociologue et codirecteur du master management interculturel à l'Université Paris-Dauphine, Philippe Pierre voit le phénomène de manière plus large. Selon lui, la crise des open space n'est pas tant propre à la génération Y si ce n'est au milieu social. « Il faut de l'argent pour se reconvertir tout de même. Je pense que l'usage idéologique de la génération Y est plus complexe. (...) c'est trop facile de ne résumer le rapport qu'à ça. »

Le nouveau modèle de « l'archipel »

Pour lui, plusieurs modèles cohabitent dans le monde du travail. Ainsi, à côté d'une hiérarchie pyramidale traditionnelle, un nouveau modèle émerge, celui de « l'archipel », explique le chercheur :

« On passe d'île en île. Les personnes n'ont pas un statut unique mais travaillent par intermittence. »

Pour Philippe Pierre, cela résulte de plusieurs facteurs : le développement du travail à la demande (télétravail, travail à distance, nouvelles technologies de l'information et de la communication), la réorganisation familiale (explosion du modèle traditionnel, etc.), la multiplication des offres de formation tout au long de la vie, la démocratisation des voyages à l'étranger, et donc une ouverture sur le monde plus forte...

Un phénomène bien parti pour durer ?

Pour autant, plusieurs vagues de reconversions professionnelles ont déjà eu lieu, détaille Jean-Laurent Cassely dans son ouvrage : phénomène des librairies premium [4], syndrome de la chambre d'hôte [5]... Mais en quoi cette vague-ci diffère-t-elle des précédentes ? Est-ce une mode ou un phénomène plus ancré ? Pour l'auteur de La révolte des premiers de la classe, cette « rupture », une fois observée dans le détail, est moins « rupturiste » que les précédentes.

« L'aspiration à se réaliser dans l'entrepreneuriat est passée par là : plutôt qu'une rupture radicale, cette révolte permet de réformer certains aspects de la société de consommation de plus en plus largement rejetés par les consommateurs comme par les travailleurs. De ce point de vue, cette révolte est aussi une réinvention et un renouvellement de l'économie de marché qui 'se met à jour' en intégrant de nouvelles aspirations : une exigence d'épanouissement et d'expression personnelle pour le travailleur, dont le produit est une extension de sa personnalité, qui rencontre une demande de sens du côté des consommateurs (écologie, authenticité, etc.). »

Pour le journaliste, le phénomène est bien parti pour durer « dans la mesure où les causes de cette désaffection vis-à-vis des métiers de cadre sont profondes ». Il ajoute :

« La numérisation en cours de l'économie, même si elle promet (quelques) créations d'emplois bien rémunérés, va accélérer chez les travailleurs d'open space la crainte - justifiée ou exagérée - d'être remplacés par les algorithmes ou a minima de voir leurs conditions de travail se dégrader sous l'effet des outils de gestion et de surveillance en ligne. Cette révolution numérique va amplifier et généraliser dans le même temps l'impression chez beaucoup de travailler dans le vide et d'être déconnecté de l'aspect concret du travail. (...) On peut enfin évoquer la possibilité que la médiatisation du phénomène et l'aura dont jouit le néo-artisan amplifient le phénomène en faisant sauter certaines réserves de la part de ceux qui hésitent. »

« Il faut arrêter de faire l'apologie de la reconversion »

Et, en effet, racontées dans des médias, ces « reconversions atypiques » sont à la mode. A côté, un marché se saisit du phénomène et surfe sur la tendance pour proposer des services. Des coachs offrent désormais des accompagnements et des associations organisent des suivis. C'est le cas de l'association So Many Ways, qui vient en aide aux personnes qui souhaitent changer de travail.

Et là encore, quel est le public concerné ? « Des profils urbains, parisiens, diplômés d'au moins un bac +3 et qualifiés. Ils ont travaillé, 3-4 ans et se remettent en question autour de leur 30 ans », explique Anaïs Georgelin. « Ils en ont assez de 'produire de la slide' sans trouver de sens. D'autant que nous sommes dans une société où les champs des possibles sont plus vastes. » La jeune femme cofondatice de l'association, a elle-même connu ce sentiment de déception face à la vie professionnelle quand elle est arrivée sur le monde du travail.

Jordane Zanguereh, coach, est aussi un reconverti professionnel. Il propose des forfaits pour accompagner le changement professionnel. Il a déjà accueilli une soixantaine de personnes, qui ont entre 25 et 35 ans, beaucoup en burn-out, d'autres en bore-out. « Des jeunes parents aussi, car le premier enfant est souvent déclencheur d'un nouveau départ. » Il salue volontiers la prise de conscience grandissante de cette « nécessité de l'épanouissement ». Et ajoute : « Il y a quelques années, la reconversion était un gros mot. Aujourd'hui, on est beaucoup plus encouragé. » Trop peut-être ? Si Anaïs Georgelin a accompagné avec son association plus de 1.000 personnes, elle, préfère en effet tempérer :

« Ces transitions professionnelles demandent de se poser les bonnes questions. L'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs. Il y a des difficultés très présentes dans les métiers artisanaux aussi. Parfois, ils sont fantasmés, mais la réalité est bien loin de l'idée qu'on en a. »

Et de conclure : « Il faut arrêter cette apologie de la reconversion. Il y a aussi beaucoup d'échecs et pour y faire face, il faut être équipé. »

| Lire aussi : Fuite des open space : les cadres, spécimens interchangeables pour les RH

Un problème d'orientation ?

« CAP is the new HEC », titille Jean-Laurent Cassely dans son ouvrage. Mais si ces cadres désertent leur poste pour des professions plus artisanales ou plus concrètes après avoir passé, souvent par une formation supplémentaire, n'est-ce pas lié à un mauvais choix dans leur parcours scolaire ?

Pour Jordane Zanguereh, coach accompagnateur dans les reconversions, c'est sans aucun doute le cas. « Il y a un gros soucis dans l'orientation professionnelle. Souvent, ce sont les parents qui nous influencent. Ou les professeurs. » Lui-même a occupé un poste de fonction support dans lequel il ne se reconnaissait pas avant de se lancer dans l'aventure du coaching. « Dans mon cas, les profs ou mes parents ont été élevés par des personnes hantées par le spectre de l'après-guerre. Pour eux, le besoin de sécurité était très important. Il fallait faire de longues études pour avoir un bon travail. Or, beaucoup de personnes, après de longues études, ne se sentent pas à leur place. On a le sentiment de se faire arnaquer par le système scolaire et on idéalise les métiers. Une fois dedans, on se rend compte que les valeurs sont différentes aux nôtres. »Pour Anaïs Georgelin, de So Many Ways aussi, il y a un souci dans l'orientation scolaire : « Tout le monde passe par la voie générale et on n'apprend pas les nouveaux contextes de travail », d'où la chute spectaculaire entre le réel et le fantasme. La jeune femme prône la multiplication des stages pour se rendre compte et aller au « bout de son idée ». Et Rémy Oudghiri d'ajouter : « C'est vrai qu'en France, l'apprentissage par exemple, n'est pas assez valorisé. De fait, il faut faire un long détour pour retourner à l'artisanat. »

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[1] La Révolte des premiers de la classe, Editions Arkhé, mai 2017, 17,50€.

[2] Etude Reconversion professionnelle menée par l'AFPA et Opinion Way, 2014.

[3] Sondage Odoxa pour OpenClassromms, intitulé « Changer de métier ? La perception des français » a été réalisé sur un échantillon de 1001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus entre le 17 et le 18 mai 2017

[4] Cadres ayant mis fin à leur carrière dans des multinationales pour ouvrir un commerce dans une ville moyenne de province.

[5] Cadres s'installant en zone rurale pour ouvrir un lieu d'accueil « plus chaleureux ».

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Commentaires
a écrit le 11/11/2017 à 17:39 :
Ce qui est difficile à vivre dans ces grands groupes est qui vous êtes hyper fliqué, toute votre activité est stockée dans le réseau, quand votre employeur veut vous licencier il n'a plus qu'à rechercher dans votre activité informatique de quoi le faire pour faute lourde, la plus part du temps il n'a aucun mal.
Réponse de le 12/11/2017 à 14:55 :
En fait le monde du travail est entrain de se scinder en deux : d’un côté des dirigeants complètement déconnectés et «  se croisent aux dessus de tout »
De l’autre une population qui prend de plus en plus conscience de la «  maladie collective ambiante »et très malsaine dans certaines grandes entreprises.

Le pouvoir de l’argent et l’avenement Technologique a déshumanisé «  les valeurs collectives du vivre ensemble »
a écrit le 10/11/2017 à 13:29 :
Je ne comprends pas... il faut sortir de HEC, ScPo, Essec pour se rendre compte que travailler sans reconnaissance est frustrant ? Pour ces supers cadres, la solution est pourtant simple : expatriation... ou changer. Ahaha bosser comme un dingue pendant 10 ans et être augmenté 1 fois, hahaha mais pour ma part j'aurais quitté le poste au bout de 2 ou 3 ans. Y en a quand même parfois qui aime la complication.
a écrit le 10/11/2017 à 11:50 :
Je l'ai fait moi même. Lassé par un boulot répétitif, pressurisé par les clients et par la hiérarchie, augmenté une fois en 10 ans. Effectivement au bout d'un moment on se demande à quoi tout cela sert. J'ai tout plaqué pour créer ma propre boîte et j'en ai profité pour quitter Paris (qui participe aussi beaucoup au bore out/burn out) en même temps.
Aujourd'hui je ne regrette rien. Mes conditions de vie sont meilleures, ma santé est meilleure, c'est plus de temps pour faire des trucs avec les enfants. Et professionnellement j'en apprends plus en une journée qu'en un mois dans mon précédent job.
Ah si, je regrette quelque chose : le salaire et le confort du salariat. Car il ne faut pas se leurrer, repartir de zéro, c'est repartir pour ne pas gagner grand chose dans la grande majorité des cas. A vous de faire vos calculs et de peser le pour et le contre.
Réponse de le 10/11/2017 à 17:48 :
on dit: Pressuré autrement c'est pour l'avion ou le sous marin.
a écrit le 10/11/2017 à 10:10 :
Le mot "Bullshit job" est vraiment mal choisi, il faut vraiment relativiser leur mal être. En effet, ces cadres ont tout de même pu travailler dans des domaines de pointes et fortement rémunérateur. On est loin des vrais "bullshit job" auquels sont lotis beaucoup d'employés des fast food, de la grande distribution et dans les centres d'appels, sans parler des employés de PME auquel l'évolution salariale est inéxistante et dont la plupart de ces employés sont aussi diplômés dans le supérieure.
a écrit le 10/11/2017 à 8:08 :
Je pense aussi que beaucoup de cadres qui travaillent dans de grandes entreprises en ont assez de bosser comme des chiens pour n avoir aucun retour et avoir comme seul objectif de devoir verser un dividende toujours plus important aux actionnaires...
Si on ajoute des sous effectifs important du à de multiples PSE dans ces groupes, on comprend leur désir de faire autre chose...
a écrit le 09/11/2017 à 20:01 :
Les entreprises laissent la réflexion aux consultants dupliquant les stratégies à l'identique à leurs clients. Les cadres (de base) ne sont plus que des exécutants. Au somment de l'entreprise, les dirigeants perçoivent de généreux salaires au regard de chiffres clefs ou KPI balancés par centaines et sans plus aucune signification.
a écrit le 09/11/2017 à 19:20 :
ça rassure : moi aussi j'avais l'impression qu'ils ne servaient pas à grand chose...
a écrit le 09/11/2017 à 18:07 :
Ils n'aiment pas faire (et faire faire aux autres) des boulots de con.

La procéduralisation des activités, corrélative à la umérisation qui uniformise à l'excès a maintenant atteint les cadres et ils doivent appliquer des procédures pré-écrites sous peine de sanctions.

Finit le temps ou ce qu'on demandait à un cadre c'était d'utiliser son expérience, son instruction, ses compétences, son intelligence, voire sa créativité pour faire fonctionner un service, une machine, une usine.

Maintenant il est là pour appliquer des procédures et les faire appliquer par d'autres... bref un job de garde chiourme sans intérêt.

Pas étonnant qu'ils désertent.
Réponse de le 10/11/2017 à 9:32 :
Les cadres, sup ou pas, ne sont que les clébards, chargés de garder les moutons pour le plus grand bonheur des porcs actionnaires :-)
a écrit le 09/11/2017 à 18:01 :
" Dans mon cas, les profs ou mes parents ont été élevés par des personnes hantées par le spectre de l'après-guerre. Pour eux, le besoin de sécurité était très important. Il fallait faire de longues études pour avoir un bon travail".

La télé aussi le martèle depuis des années.
a écrit le 09/11/2017 à 16:08 :
" Il faut arrêter cette apologie de la reconversion. Il y a aussi beaucoup d'échecs et pour y faire face, il faut être équipé. "

ET en général les CSP+ le sont équipés, ils ont des économies d'avance leur permettant de faire face et tenir quelques années par ailleurs ils sont également sûr de retrouver du travail quelque part si vraiment ce dans quoi ils se lancent foire totalement.

Merci pour cet article qui redonne de l'espoir, les gens en ont marre d'être des bons toutous obéissants qui ne savent pas pourquoi ils sont super bien payés à bosser comme des chiens pour des résultats invisibles.

Par ailleurs bien souvent ceux qui sont arrivés là par la force de leur esprit et non parce que papa a acheté le diplôme et l'usine dans lequel travail le fiston incompétent, se retrouvent justement à devoir bosser plus pour pallier aux déficiences exponentielles de ces parasites de luxe, de ceux qui se font virer pour incompétence mais qui toucheront quand même 200000 euros par an pendant deux ans tandis que l'ouvrié viré pour "raison économique" lui aura 6 mois de salaires seulement.

Bref non seulement ils ont entièrement raison de vouloir retrouver du sens à ce qu'ils font et en plus vous ne trouvez pas que vu comme ça elle est quand même sacrément belle l'humanité ?
Réponse de le 09/11/2017 à 20:43 :
Citoyen blasé, je ne suis pas d'accord sur un point : le retour facile du cadre à son ancienne vie dans le cas où il n'aurait pas réussi.
En France, les DRH veulent recruter des personnes qui resteront en poste. Et accessoirement, qui ont fait le même parcours que le prédécesseur. Elles fuient les gens téméraires aux profils originaux. Trop dangereux...
Réponse de le 09/11/2017 à 20:45 :
Citoyen blasé, je ne suis pas d'accord avec ce que vous avancez : le retour facile du cadre à son ancienne vie dans le cas où il n'aurait pas réussi sa reconversion.
En France, les DRH veulent recruter des personnes qui resteront en poste. Et accessoirement, qui ont fait le même parcours que le prédécesseur. Elles fuient les gens téméraires aux profils originaux. Ceux qui ont ose quitter l'Entreprise sont trop dangereux...
Réponse de le 10/11/2017 à 13:49 :
@ Ardéchois connecté

Votre raisonnement tiens en effet mieux la route que le mien qui est encore parfois un peu trop naïf, merci.
a écrit le 09/11/2017 à 15:59 :
Je travaille dans une tour à La Défense depuis plus de 10 ans, et je n'ai pas l'impression que mon travaille soit vide de sens. Ces gens sont des faibles, c'est mieux pour eux qu'ils partent, ça leur évitera de nous assommer avec leur négativité.
Réponse de le 09/11/2017 à 17:08 :
C'est sûr qu'entre celui qui bosse depuis 10 ans dans une tour à la Défense et qui y voit son avenir radieux et celui qui devient son propre patron, qui choisit ses propres projets et ses propres risques, ce n'est ni la même force, ni le même courage. C'est un peu comme le sportif en canapé et celui qui est sur le terrain !
Réponse de le 09/11/2017 à 18:05 :
"et je n'ai pas l'impression que mon travaille soit vide de sens".

Par contre tes propos.Avec Gragol je positive.
Réponse de le 09/11/2017 à 19:35 :
Merci Gragol de ce commentaire . A 2000 % d'accord avec vous .
Réponse de le 09/11/2017 à 20:51 :
"je n'ai pas l'impression que mon travaille soit vide de sens."

10 ans de fautes d'orthographe?
a écrit le 09/11/2017 à 15:01 :
Je suis témoin de ce désir de changement dans ma société et je ne le comprends pas, même si je vois bien qu'il y a une attente professionnelle (voire personnelle, parfois, pour des gens qui ne vivent que par leur travail, ce qui est néfaste à mon avis) non comblée. Qui veut tuer son chien l'accuse d’avoir la rage : un "bullshit job" peut ne pas être très gratifiant, mais comparé à ramasser les ordures, travailler dans une mine de charbon ou curer les égouts, il y a quand même une marge, et il faudrait relativiser un peu le terme bullshit. Où est le sens, quand on travaille dans une usine d’incinération des déchets ?

C'est triste pour ceux qui n'arrivent pas à se contenter de ce qu'ils ont. Ils en souffrent certainement. Sinon ils ne choisiraient pas des solutions aussi radicales pour essayer de régler leur problème. Mais en choisissant des solutions radicales ils pénalisent aussi les gens avec qui ils ont au départ choisi de travailler, et qui doivent les remplacer quand ils partent élever des chèvres dans le Larzac : il ne faut pas non plus imaginer que ce phénomène ne concerne que les gens qui quittent leur travail, malgré ce que sous-entend cet article.

Tout ça me donne l'impression que tout le monde se laisse avoir par le fait que l'herbe est toujours plus verte chez le voisin (surtout les plus jeunes, qui n'ont pas l'expérience pour voir que parfois faire des compromis est la meilleure façon d'obtenir une situation acceptable, et que renverser la table n'est jamais une solution à long terme). Changer de vie pour obtenir quelque chose d’éventuellement pire ne me semblant pas cohérent, je n'arrive pas à comprendre pourquoi des gens que je considère comme intelligents font un choix qui ressemble à un caprice d’enfant gâté.
a écrit le 09/11/2017 à 14:58 :
D'une génération à l'autre ...

1. Génération silencieuse (1925 - 1942) - Loyauté et sens du devoir
2. Baby-boomer (1943 à 1959) - Accomplissement dans le travail
3. Génération X (1959-1977) - Recherche de défis et besoin d'apprendre
4. Génération Y (1978-1994) - Coaching et rétroaction
5. Génération Z (1995 - ?) - La nouvelle génération silencieuse
http://www.psycho-ressources.com/bibli/generations-x-y-z.html
Réponse de le 10/11/2017 à 9:11 :
Intéressant votre message :
Mais tout dépend de quel angle on regarde :
Dans ces générations vous mettez toutes les catégories actives ? ( toute la population ou juste la population Française ?)
Je parle des actifs issus de l’immigration qui sont présents en France depuis plus de 50 ans avec colonisation et sans colonisation ?
J’aime la clarté.
Merci pour vos réponses d’avance.
a écrit le 09/11/2017 à 14:30 :
Il ya du vrai, j'ai moi meme fais une ecole de commerce et en prenant du recul sur ce que je fais depuis plusieurs années, je peux le resumer ainsi: EXECUTER.
au final, il m'est demandé d'executer des taches et je dois dire qu'un bon 30% d'entre elles non't aucune utillité mis à part colorer des KPI en vert, orange ou rouge.
ma direction prend note de mes remarques pour améliorer des choses mais rien n'est appliqué.
a écrit le 09/11/2017 à 13:11 :
Sans avoir ce niveau de diplôme, il faut avouer que la reconversion n'est pas facile, le travail en indépendant non plus d’ailleurs.
L’avantage des grands groupes est d’offrir un contexte de travail collaboratif qui permet d’atteindre un certain niveau d’expertise. Expertise qu’il est difficile et coûteux de maintenir en tant qu’indépendant. Je parle du cadre lambda, pas du consultant doté de super-pouvoirs.
Le contexte : il faut tout de même admettre, que malgré tous les inconvénients, l’Ile de France a un potentiel d’emploi et un niveau de productivité supérieurs.
Si en plus on change de région, le temps de créer un réseau de clients ou prescripteurs, on a vite fait de se retrouver en déshérence.
Amis heliotropistes attention ou vous mettez les pieds, la tendance est au repli et au rejet des étrangers. Dans un premier temps mieux vaut rester à proximité des métropoles pour valider son projet. Le mieux est de prendre contact avec des associations locales de cadres. Bonne chance.
a écrit le 09/11/2017 à 12:40 :
Je trouve que c’est une bonne évolution des jeunes : ils ont envie d’être eux même et pas esclave d’un système conditionné , ...les entreprises sont malades d’un capitalisme corrompu ,malsain : sauve qui peut....
Souvent aussi les parents prolongent leur désir( de métiers ou regrets) sur leur enfant et l’éducation fait les jeunes font un choix pour d’autres et pas pour eux et avec la maturité , les jeunes le comprennent par la suite.
a écrit le 09/11/2017 à 12:13 :
J'ai 25 ans et je suis sous-traitant en informatique chez Airbus.

Dans mon entourage, tout le monde est démotivé, on vient pour pouvoir manger et rigoler entre collègues tout en sachant pertinemment que notre salaire sera le même dans 10 ans (dans ma boite en tout cas), pas d'évolution possible. Et la sale impression de n'être qu'une ressource inhumaine est réelle dans ces grosses boîtes.

Du coup je suis en cours de reconversion dans la charpente...
a écrit le 09/11/2017 à 11:24 :
Plutôt que de s'entasser dans une île de France qui concentre le quart de la population dans 50 Km 2 , les jeunes cadres feraient bien d'envisager de s'installer en province.
La vie est plus facile. Il y a des villes au bord de la mer qui ne sont occupées que quelques mois par an par ex.
a écrit le 09/11/2017 à 10:49 :
4 mots anglais (ou plutôt "globish") sur 11 dans le titre... Bravo...
Et si c'était aussi un peu de ça dont les cadres ont marre, croire qu'on fait sérieux et crédible parce qu'on parsème son discours d'anglicismes...
Réponse de le 09/11/2017 à 11:27 :
Vous avez bien raison, pubs insipides en anglais, jargon des journalistes
ou tous les trois mots , ils utilisent l'anglais. Et dire que l'on veut féminiser les mots égalité H/F oblige. On ferait déjà mieux de s'occuper du français.
Langue qui grâce à l'Afrique sera la 3ème parlée dans le monde dans quelques années.
a écrit le 09/11/2017 à 10:11 :
Ne rêvez pas le phénomène est marginal mais "tendance" ,je suis travailleur indépendant depuis 30 ans et j'interviens dans les stages de préparation à l'installation des chambres de métiers .
Globalement il y a un taux de survie de 65% après 3 ans d'activité .Créer et gérer son entreprise même artisanale c'est une implication 24 heures sur 24 pendant des années pour des revenus aléatoires !!
L'erreur pour les prétendants est de croire qu'ils seront libres de leurs décisions et qu'ils n'auront pas à subir leur hiérarchie .......mais ils ignorent qu'un client est beaucoup plus exigeant .-.et de loin - qu'un chef de service !!!!
a écrit le 09/11/2017 à 10:08 :
La génération Y a bon dos.
Je ne pense pas qu’il s’agisse que d’un changement de mentalité de cette génération. C’est aussi et en plus grande partie les faibles perspectives d’évolution dans des groupes sans croissance ou la gérontocratie règne en maître.
Il était beaucoup plus intéressant de faire carrière il y a 20-30 ans quand les dynamiques étaient positives. Aujourd’hui dans trop de cas les groupes français sont rentiers avec peu de place aux jeunes et pas d’évolution. Les dernières notes intéressantes sont américaines (Gafa, tesla...) => l’Europe est passé à côté de se dynamisme.
a écrit le 09/11/2017 à 10:08 :
Ne rêvez pas le phénomène est marginal mais "tendance" ,je suis travailleur indépendant depuis 30 ans et j'interviens dans les stages de préparation à l'installation des chambres de métiers .
Globalement il y a un taux de survie de 65% après 3 ans d'activité .Créer et gérer son entreprise même artisanale c'est une implication 24 heures sur 24 pendant des années pour des revenus aléatoires !!
a écrit le 09/11/2017 à 10:02 :
Je n'ai pas fait essec, hec, ou je ne sais quoi, une simple ecole d'ingenierie. J'ai fini mon cursus en 74. Deja mon job etait remplace par des machines. Je suis alors parti aux USA pour mon stage de fin d'etude et la, surprise, une ouverture totalement # de cette vieille France et ses structures obsoletes a la Vauban. Depuis j'ai fait toute sorte de job, je ne me suis jamais ennuye. J'etais bien seul dans cette situation.
Réponse de le 09/11/2017 à 19:38 :
Pour finir au beau pays des matins calmes ? Nickel
a écrit le 09/11/2017 à 9:49 :
"Changer d'orientation, de vie", c'est se retrouver souvent seul face aux difficultés...qui ne sont pas forcément liées au travail que l'on a choisi, mais à tout l'environnement, réglementaire, social, fiscal...et le plus désagréable, celui de la banque. Salarié ou indépendant, à moins d'être très riche, on perd toujours des morceaux de liberté. Le choix et donc celui de savoir quelles libertés on est prêt à accepter de perdre pour en gagner une autre plus conforme à ses attentes personnelles.
a écrit le 09/11/2017 à 9:49 :
"Changer d'orientation, de vie", c'est se retrouver souvent seul face aux difficultés...qui ne sont pas forcément liées au travail que l'on a choisi, mais tout l'environnement, réglementaire, social, fiscal...et le plus désagréable, celui de la banque. Salarié ou indépendant, à moins d'être très riche, on perd toujours des morceaux de liberté. Le choix et donc celui de savoir quelles libertés on est prêt à accepter de perdre pour en gagner une autre plus conforme à ses attentes personnelles.
a écrit le 09/11/2017 à 9:40 :
Un témoignage : Ma fille, docteur en informatique dans le domaine de l'intelligence Artificielle - choisit de changer de cap - pour ne pas passer sa vie en compétition, devant un écran. Elle est aujourd'hui professeur de Lettres et poursuit des études de philosophie.
Réponse de le 09/11/2017 à 10:22 :
Père d'une fille professeur depuis environ 10 ans, confrontée à tous les maux de la société actuelle se traduisant par des classes extrêmement difficiles, le ne peux que souhaiter bon courage à la vôtre
Réponse de le 09/11/2017 à 10:56 :
@Daniel Roux
Les études scientifiques qu'a suivies votre fille a très certainement influé sur sa manière d'aborder les lettres et la philo dont elle a fait son métier. Elle les enseigne de façon certainement très différente d'un·e collègue qui n'aurait suivi qu'une filière littéraire.
Réponse de le 09/11/2017 à 10:57 :
La vie professionnelle est d'environ 42 ans. C'est long ! Cela vaut le coup de chercher ce qui nous convient le mieux quitte à s'y reprendre à plusieurs fois.

Avec la mondialisation sauvage et les délocalisations, le contrat de confiance entre l'employeur et l'employé n'existe plus.

Ma devise : Si vous trouvez mieux ailleurs, allez-y !
a écrit le 09/11/2017 à 9:12 :
cf. par exemple article Ouest France d'août dernier sur les israéliens de la "high tech" qui laissent tomber ces métiers vides de sens ("De la High Tech aux légumes bio au pays des startups", OF, 27/08/2017).
marketing, communication, finance, informatique/numérique, etc... sont des "métiers à la con". et la principale activité des grands groupes aujourd'hui, c'est tailler dans les coûts. pas étonnant que les gens veuillent se reconvertir, aller en région.
le capitalisme exubérant est dans une impasse.
Réponse de le 09/11/2017 à 10:52 :
Mais... la "high tech" (qui souvent n'en est pas...) peut AUSSI servir à rendre la culture bio rentable !
Réponse de le 09/11/2017 à 11:06 :
"Le capitalisme exubérant est dans une impasse" et si vous ajoutez à ça la robotisation à tous les niveaux (Chatbots, robots industriels, robots dans les dépots pour les préparations des commandes internet, robots dans les pharmacies...) il est temps d'inventer un nouveau modèle... Mr Hamon à très mal introduit le sujet avec son revenu universel lors de la dernière campagne présidentielle, mais le problème est réel...

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